des bas, des hauts

Auteur: Laurent-Dominic Chantal-Fortin

12 juin 2012 — Amérique du Nord, Amérique du Sud, Amériques, Billets d'humeurs, Canada, Coopération Internationale, Équateur, Mashi 2012, Technologie

Il est 11:03 am ici. Le temps est gris et au beau fixe depuis quelques jours. La torride pesanteur de la chaleur des premiers jours s’est estompée. Il fait frais le soir et cette fraîcheur se poursuit durant la matinée. Les atelier avancent. Ils ne pourraient pas faire autrement, mais au pays des Tsa’chila rien ne semble aussi simple que sur papier.

La barrière de la langue nous semble grande lorsque nous tentons de mettre au clair les malentendus et la barrière culturelle n’aide pas non plus. Notre habitude d’horaires ajustés à la minute près nous donne du fil à retordre lorsque mis face à face à un peuple qui voit le temps d’une façon différente.

Lorsqu’on arrive à s’ajuster par contre, tout semble rouler. Les aventures vers les cascades en nature et vers les lagunes volcaniques nous permettent de souffler un peu du rythme routinier de Santo-Domingo.

Nous avons une nouvelle brochette de jeunes dans nos ateliers car quelques uns se sont désistés. Nous avons donc du pain sur la planche pour rattraper le temps perdu. Nos thèmes de documentaires semblent se dessiner de plus en plus (la radio et la langue, le rôle des femmes, la commercialisation de l’image des Tsa’chila et la médecine traditionnelle) et nous en sommes fiers. Nous commenceront les premiers tournages la semaine prochaine.

Tout semble s’accélerer 🙂

Une premiere année de mini-projets

Auteur: Pauline Cordier

4 juin 2012 — Agriculture, Canada, Communication, Coopération Internationale, Groupes de stagiaires, Kaïdama - 2012, Mashi 2012

En réponse au désir de développer des projets d’éducation au niveau local et au besoin de trouver des manières plus créatives de former ses stagiaires, Alternatives  a, pour la première fois, lancé ce qui a été baptisé les « Mini-projets de partage de connaissance ».

Nous nous sommes aventurés dans deux « mini-projets » sans trop savoir à quoi nous attendre mais le résultat a donné deux beaux projets.

Ces projets pilotes se sont concrétisés tout au long des 6 mois de formation des stagiaires…Cela a été à la fois une expérience d’apprentissage pour nos stagiaires et a permis en même temps de  répondre à certains besoins d’organismes communautaires. Cela a également eu comme conséquence la création de nouveaux liens dans la communauté locale. L’idée était que les stagiaires acquièrent une expérience concrète qu’ils pourront directement appliquer en Équateur et au Cameroun cet été…

 

Mini-Projet groupe Équateur

L’organisme Les Pousses Urbaines offre à des jeunes adultes en difficulté un parcours d’intégration personnelle, sociale et professionnelle à travers des ateliers d’horticultures.

Les stagiaires du groupe Équateur sont venus les former à la fabrication de documentaires destinés à faire connaître leur travail au sein de cette organisme.

Le but de ces ateliers était de former les jeunes à l’utilisation de la caméra vidéo et à la réalisation d’une capsule vidéo. Les jeunes des Pousses Urbaines filmeront leurs propres projets d’agriculture urbaine pendant l’été. Quand les stagiaires seront de retour du stage outremer, ils aideront les jeunes à monter leur film et il les aideront ensuite à installer ce film sur le site des Pousses Urbaines. Leur travail sera presenté à l’occasion d’une soirée projection.

 

Mini-Projet groupe Cameroun (Anciennement connu sous le nom du groupe Mali)

Les stagiaires du groupe Cameroun ont  formé  les jeunes de l’organisme Carrefour jeunesse-emploi sur le thème de la création de jardins d’agriculture urbaine.

Les jeunes ont appris comment entretenir un jardin pour qu’ils puissent en prendre soin pendant que les stagiaires seront au Cameroun.

Les stagiaires ont aussi créé un plan de jardin et ont réalisé un jardin avec l’aide des stagiaires de CityFarm, un projet en lien avec Les jardins sur les toits.

Quand les stagiaires reviendront de leur stage au Cameroun ils aideront les jeunes à récolter ce qui aura poussé pendant l’été.

 

État des lieux : 2 semaines plus tard

Auteur: Andreia Furtado

1 juin 2012 — Amérique du Sud, Amérique latine, Coopération Internationale, Équateur, Groupes de stagiaires, Mashi 2012

Deux semaines après notre arrivée en Amérique du Sud, nous intégrons tranquillement dans notre quotidien les repas salés à base de riz, le café instantané, le taux d’humidité se situant dans les 90%, les douches d’eau froide et les réunions de travail qui ne commencent jamais à l’heure.

On apprend aussi à apprivoiser nos quartiers : l’absence d’adresses postales fait que nous reconnaissons les rues grâces aux commerces environnant et aux paroisses. Nous n’avons pas encore rencontré nos voisins, mais nous reconnaissons le jappement de leurs chiens qui nous empêchent de dormir la nuit. Après le travail, nous transformons nos toits de maison en espaces 5 à 7. On découvre les marchés publics nommés après des dates importantes. On se débrouille avec l’espagnol même si nos collègues de l’ACJ nous perdent parfois dans leurs élans de paroles accélérées. On commence malgré tout à saisir certaines expressions locales et leur signification: les ¿mande? remplacent les ¿perdón?, le ya égale ok et au lieu du cool qui nous est si commun, ici on dit fièrement chévere.

On se laisse aussi séduire par la générosité des résidents de la ville qui partagent avec nous les origines de la population de la province. Santo Domingo est une province d’expatriés, un véritable carrefour où cohabitent les indígenas, réfugiés Colombiens et natifs de la côte Pacifique. La diversité des accents que nous entendons dans les rues, dans les bus et au marché nous fait comprendre le tissu social multiculturel de l’Équateur.

L’échange culturel se fait des deux côtés: curieux, les gens nous demandent pourquoi certains d’entre nous portent un carré de feutre rouge. Pourquoi nous parlons français. Ils ne semblent pas non plus comprendre le processus de fabrication du sirop d’érable, mais raffolent des petites gâteries made in Québec que nous leur avons apportées.

Dans nos phases nostalgiques, on fait une petite balade au centre commercial – au shopping – où l’on retrouve des produits qui nous sont plus familiers. Un détour au club vidéo du coin nous permet aussi de retrouver à l’écran nos films fétiches d’adolescence. Et quand le goût sucré nous manque, on hésite à acheter le pot de nutella dispendieux que nous fixons à travers la vitrine du dépanneur. Tranquillement, je prends aussi goût au dépaysement. Être déconcertée par les différences culturelles rencontrées ici me rapproche étrangement de ma propre culture, aussi métissée soit-elle.

La coopération que nous prônons à travers notre travail avec les jeunes se fait aussi sentir entre nous : on se parle de nos problèmes de santé comme on le ferait avec notre mère, on se partage la crème solaire, le chasse moustiques, les maillots de bain et les pains sucrés achetés au vendeur ambulant qui agite son klaxon tous les jours devant l’ACJ. La vie de notre groupe est entretenue par huit individus ayant grandi dans des milieux complètement différents et qui ne se connaissaient pas du tout il y a à peine neuf mois. Notre passion commune: partager nos connaissances – qu’elles soient sociales, anthropologiques ou cinématographiques – aux jeunes que nous côtoyons, tout en étant désorientés par la culture latine. Mais le choc culturel n’est pas si choquant : après tout, c’est en perdant nos repères culturels que nous approfondirons sans doute la connaissance de nous-mêmes.

 

Le goût du cacao

Auteur: Simon Gosselin

24 mai 2012 — Billets d'humeurs

Ici les choses s’organisent de façon aussi inattendue qu’elles s’annulent et se reportent. La planification semble quasi superflue, le calendrier une décoration. C’est en suivant cette logique que mercredi matin, nous avons été convoqués au bureau d’un écrivain-architecte, un chercheur de justice sociale et de reconnaissance des droits Tsa’chilas, un dénommé Victor Hugo.

Arrivés premiers, nous trois cabelleros pénétrons dans l’édifice où se situe le bureau de notre bien aimable hôte. Un homme au deuxième étage nous fait signe par la fenêtre et nous invite, nous salue bien gentiment et après un bref échange, nous présente un film sur Santo Domingo et les communautés Tsa’chilas datant de 1949 qui dépeint un portrait en plusieurs points si près de la réalité actuelle, que c’est à s’y méprendre. Le reste du groupe ne se fait guère attendre et se joint au visionnement. Une fois notre équipe et celle de M. Hugo complète, nous sautons dans les bagnoles direction Comuna El Poste.

Sur place, un grande bâtisse sans mur fait office de salle de réunion, une trentaine de personnes déjà rassemblées écoutent le bilan de l’état actuel et attendent d’entendre les propositions et programmes de Victor. Après avoir obtenu la permission du président, nous nous sommes installés pour observer et écouter. L’orateur parle un curieux mélange de tsafiki et d’espagnol qui nous est tout de même compréhensible. Les statistiques, explications et commentaires nous familiarise pour une première fois avec leur réalité, du moins, leur vision de leur réalité.

La curiosité et la beauté des alentours nous tire tranquillement un à un hors de la réunion et notre conducteur, aussi guide touristique, s’empresse de nous faire découvrir les attraits environnants. Dessins avec de l’achiote et dégustation d’achiotillo, de café, d’herbes multiples et finalement de cacao, le tout fraichement cueilli soit devant ou avec nous, est au rendez-vous. Nous nous réunissons pour manger, pour déguster ce délicieux cacao jamaïcain, sa chaire fibreuse, douce et sirupeuse, légèrement acidulée et agréablement sucrée.

 Nous prenons le chemin du retour peu après midi, bien satisfaits, avec en souvenir, une grande cosse de cacao et partageant non seulement un coeur de palmito tout juste tranché à la machette, mais aussi une belle teinte d’un rouge assez prononcé, faute du soleil brûlant qui est d’habitude bien gêné, mais qui est en ce jour, particulièrement intense.

-Francis

-Crédit photos; Laurent

humedad

Auteur: Simon Gosselin

21 mai 2012 — Amérique du Sud, Amériques, Billets d'humeurs, Culture, Eau, Équateur

Retard par dessus retard, dès le début le rythme latin s’est imposé sur notre voyage. Après un court délai à Montréal-Trudeau, un autre (plus important celui-là) nous fit manquer le vol vers l’Équateur. C’est donc avec un bonheur mitigé que nous avons dû passer l’après-midi du 17 mai à l’aéroport de Bogota; un avant-goût de l’Amérique du sud.

L’arrivé à Quito se fit sans grandes effusions non plus. Le cortège que nous espérions n’était pas de la partie. En lieu et place, une petite québécoise et un fier équatorien nous attendaient pour nous emmener dans leur bus magique. Notre première nuit au centre de la Terre fut sans histoire, mais avec un délicieux repas dans le ventre, il ne nous en fallait pas plus.

La descente au paradis ne faisait que commencer. Des 2 865m d’altitude de Quito, nous avons dévalés les andes jusqu’aux 625 m d’altitude de Santo-Domingo de los Tsa’chilas à travers un paysage d’un vert profond et une brume a couper au couteau. Troisième ville en importance de l’Équateur, mais surtour haut lieu du commerce dans le pays, Santo-Domingo étonne. Véritable carrefour entre la sierra et la costa la ville regorge de fruits et de légumes en toutes sorte. Dans les marchés, le parfum de la guanabana, de la papaya et de la maracuya se mêle au grillades et aux échappements des voitures. Un beau chaos urbain et industriel d’une ville latine en pleine expansion.

La chaleur et l’humidité sont ici coutume et tradition. Elles régissent le rythme des jours et les averses quotidienne sont salutaires aux quelques 350 000 habitants de Santo-Domingo.

Les mois à venir s’annoncent riches en rencontre, en découvertes et en pluie…

-Laurent

Formation Médias Alternatifs

Auteur: Pauline Cordier

24 février 2012 — Groupes de stagiaires, Kaïdama - 2012, Mashi 2012

Les stagiaires du programme Québec sans frontières d’Alternatives se préparent pour leur départ !

Pendant leurs formations sur les médias alternatifs avec l’intervenant David Widgington, ils/elles ont été mis à l’épreuve avec un exercice difficile: ils ont eu 2 heures pour transformer un article venant d’un média de masse en une émission de radio (groupe Mali) et un reportage télévisuel (groupe Équateur) mais tout ça avec un point de vue de médias alternatifs.

L’objectif de cet exercice: les faire réfléchir sur la différence entre un point de vue venant d’un média de masse et celui venant d’un média alternatif, et donc, sur l’importance des médias alternatifs !

Voilà le résultat !

Groupe Mali

1ère émission radio:

Radio Mali 1

2ème émission radio:

Radio Mali 2

Groupe Équateur

1er reportage:

Image de prévisualisation YouTube

2ème reportage:

Image de prévisualisation YouTube

Kaïdama 2012 -Agriculture urbaine à Bamako

Auteur: Sophie Bonnet

11 février 2012 — Agriculture, Coopération Internationale, Environnement, Kaïdama - 2012

logo du groupe

À l’été 2012, le groupe Kaïdama s’envolera vers Bamako, capitale malienne, pour mener à terme un projet triennal d’agriculture urbaine.

Image de prévisualisation YouTube

Cissé Mariam Kaïdama Sidibé est la Première ministre du Mali, première femme à occuper ce poste au pays. Elle a occupé plusieurs postes ministériels depuis le début des années 90, notamment au Ministère de la Coopération internationale et au Ministère de l’Agriculture et de l’Environnement. Un nom tout indiqué pour le groupe.


Kaïdama ce sont:

Alexandre Brunet
Marie-Élaine
Gabrielle Lamontagne-H.
Martin Lopez
Roxanne Piché
Marie-Anne Viau

Et leur accompagnatrice Sophie Bonnet

De jeune fille à jeune mère

Auteur: Anne Thibault

3 août 2011 — Amérique du Sud, Droit, Équateur, Féminisme, Femmes, Yanez Cossio 2011

Nous l’avons suivi dans une petite maison faite de planches de bois espacées, d’un plancher de terre et d’un toit en tôle.  Il y avait deux jeunes filles avec leurs maris et cinq enfants.  Nous nous apprêtions à commencer une entrevue avec ces deux jeunes femmes.  Elles tenaient chacune un poupon dans leurs bras.
On demanda à une des sœurs :
– « Quelle est ton opinion sur la grossesse de ta soeur de 15 ans » ?
– « Je trouve ça normal. »Répondit-elle.

Normal ? Qu’est-ce que cela veut bien dire ? Que c’est normal d’avoir un enfant à cet âge ? Que c’est commun ?  Qu’elle ne voit rien qui pourrait poser problème au fait d’avoir un enfant à cet âge ? Que cela est souhaitable ?

Johanna est tombée enceinte à quinze ans.  Aujourd’hui elle a seize ans et son fils a cinq mois.  Elle a huit sœurs, dont plusieurs ont eux des enfants à un très jeune âge.  En discutant plus longuement nous apprenions que la mère de Johanna était partie de Santo-Domingo depuis un an et son père ayant des problèmes de consommation d’alcool, était complètement absent.  Les sœurs s’offrent donc entre elles, le support dont elles sont capables.  Pour Johanna, son enfant est « un cadeau de Dieu » certes, mais dans quelles conditions de vie son petit grandira-t-il? Dans quelles conditions de vie grandira-t-elle, elle aussi, cette jeune fille de 16 ans ?

Lire la suite →

À toi, Montréal

Auteur: Yacouba Sogoba

1 août 2011 — Amérique du Nord, Billets d'humeurs, Canada, Culture

Ce jour 21 juin 2011, premier jour d’été,  j’atterris  aéroport  Pierre Eliott  TRUDEAUÀ l’’accueil, un beau soleil, Mélanie
Et  sur la route pour la ville
De nombreuses belles  voitures

Les voitures symboles de réussite personnelle :
Grosses  voitures américaines, belles japonaises, élégantes européennes.
Sur les plaques d’’immatriculation la mention,
« Québec, je me souviens ».
À moi de demander alors
… Mais, Mélanie, que s’est –il passé de si important ici pour qu’on s’en souvienne toujours ?
… C’est la devise du Québec rappelant ses origines.
Ah,  Montréal

Lire la suite →

Deuxième bulldogs à gauche

Auteur: Josiane Blanc

28 juillet 2011 — Billets d'humeurs, Yanez Cossio 2011

À Santo-Domingo, lorsque tombe la nuit,  bon nombre de rues se ressemblent.  Mon unique point de repère lorsque j’entre à mon domicile en taxi le soir est une vielle maison  qui semble avoir été dévorée par les flammes et dont la carcasse est demeurée, jusqu’à ce jour, au coin de ma rue. Bien souvent, je la distingue difficilement dans la pénombre faute de lampadaires pour éclairer mon chemin mais j’ai toujours le temps de crier in extremis au chauffeur de tourner à droite alors que finalement je voulais qu’il tourne à gauche.

Il ne m’est guère plus facile d’indiquer le chemin vers la maison de mes camarades mais  je fais quand même de mon mieux : « à côté du pont, derrière le trou ». Si vous ne vous en étiez pas encore doutez, les rues ont des noms ici mais à l’exception des artères principales personne ne les connaît. De l’homme qui conduit l’autobus au chauffeur de taxi qui parcourent jours et nuits les rues de la ville,  nul ne serait en mesure de vous dire où sont situées les rues Padre Maya, Beloleo, Bruselas et j’en passe.

À Santo-Domingo, il est tout à notre avantage de s’orienter avec les chiens errants et de les utiliser comme point de repère plutôt que de chercher en vain les bonnes indications routières. En effet,  il y a davantage de chiens au beau-fixe dans chacune des rues de la ville que de pancartes indiquant leurs noms aux intersections.

Il y a deux jours de cela nous avons mis 1h15 afin de trouver le seul bureau de poste de la cité. Nous avons d’abord tenté de nous fier à une carte qui nous a été remise par l’institut de tourisme à notre arrivée pour finalement réalisé qu’à l’endroit où était indiqué « Correo nacional » sur le schéma il y avait en effet beaucoup de choses, mais certainement pas de bureau de poste. Nous nous sommes ensuite tourné vers la population qui à notre grand regret ne doit ni recevoir ni envoyer des colis de façon régulière. Celui qui disait savoir, ne savait pas; Celui qui ne savait pas prétendait savoir et nous, pendant ce temps, nous faisions l’aller-retour  de droite à gauche depuis une demi-heure sur une rue en suivant les indications contradictoires des passants. Tout cela pour finalement apprendre que le fameux bureau de poste a déménagé mais que personne n’a jugé bon de réactualiser les cartes de la ville ou dans informer la population.

C’est dans un bureau discrètement dissimulé  au côté d’une chaîne de télévision et avec une feuille 8 ½ x 11 blanche accolée dans la vitrine comme toute enseigne, que nous avons finalement trouvé Charlie* à peine un quart d’heure avant la fermeture des portes. Bonne nouvelle. La mauvaise? Les microphones que l’on  était allé chercher en provenance de Montréal  et que l’on attend depuis trois semaines ne sont toujours pas arrivés. J’aime bien me dire que tout cela fait partie du charme de cette ville au même titre que les coqs qui, à 5 heures du matin, ne cessent jamais de chanter ou encore les conducteurs qui nous insultent lorsque l’on traverse la rue alors que le feu de circulation donne priorité aux piétons.

* Charlie est le personnage principal de la bande dessinée « Où est Charlie » dans laquelle les lecteurs doivent s’amuser à retrouver Charlie dans parmi les milliers de personnages présents sur l’image.