Articles classés dans 'Région' ↓
Auteur: Étienne Langlois
23 juin 2011 — Billets d'humeurs, Coopération Internationale, Environnement, Équateur, Yanez Cossio 2011
Sous un nuage infini et permanent, la ville subsiste, persiste, mais ne signe pas.
Pas encore.
Ce plafond à moitié naturel retient les émanations constantes que produisent les voitures, les autobus, les taxis, tiens un quatre-roues, et une multitude de motos, de tailles et de forces différentes, mais arborant presque toujours sur le siège un dessin de femme dénudée offrant ses attributs aux postérieurs des hommes. Évocateur.
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Auteur: Félix Lamarche
22 juin 2011 — Billets d'humeurs, Communication, Coopération Internationale, Équateur, Femmes, Migration, Yanez Cossio 2011
Elle avait tout. Tout pour que ça fonctionne. Le charisme, le rythme, le souffle, le rire, la joie et la peine (en douces montagnes russe ), le visage qui parle de lui-même avec ses traits qui s’étirent et les recoins de ses plis au travers desquels se lit l’expérience, et ses yeux qui disaient toute la vérité et rien que la vérité, sans besoin de le jurer…
Dans son souffle rapide, elle manœuvrait l’auditoire. Elle nous racontait son histoire.
* * *
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Auteur: Anouk M.Renaud
22 juin 2011 — Billets d'humeurs, Colonialisme, Économie, Équateur, Yanez Cossio 2011
*Clin d’oeil au documentaire de l’an passé, « Los paredes que hablan ».

Quelles frontières faut-il traverser avant de voir le paysage mural urbain se transformer en un véritable tableau de revendications sociales? Quel est le lieu de passage entre les tags et les slogans à saveur politique? Quelles douanes faut-il franchir?

Paredes blancas, ciudad muda (Murs blancs, ville muette)
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Auteur: Marie-Mychèle Pratte
16 juin 2011 — Cameroun, Sita Bella-2011
Voici une vidéo faite sur la première semaine du stage Sita-Bella.
Auteur: Dominique Abana
15 juin 2011 — Agriculture, Billets d'humeurs, Mali, Wagadou 2011
On m’avait dit que dès le moment où je mettrais mes pieds à Bamako, j’aurais l’impression d’avoir été catapulté dans une autre dimension tellement les choses seraient différentes. C’est vrai qu’elles le sont, mais pas dans le sens auquel je me serais attendu. Elle n’est pas cette ville si désorganisée à laquelle je me préparais à résister. Quand on l’observe le matin se lever avec les premières lueurs du jour, on dirait une machine bien huilée qui a acquis une certaine autonomie dans son fonctionnement et dont chaque pièce sait exactement quoi faire et quand le faire, c’est fascinant. Lire la suite →
Auteur: Josiane Blanc
13 juin 2011 — Amérique latine, Économie, Équateur, Yanez Cossio 2011
Hier après-midi j’ai fait l’épicerie avec mon frère adoptif et sa femme. Ne lisant pas très bien les étiquettes présentes sur les différentes tablettes du super-marché, je me suis retrouvé à payer 5,00$ US pour une boîte de Q-tips et une barre de chocolat. J’aurais pu décider de laisser mes emplettes mais la vérité c’est que le prix m’a choqué parce que je suis en Équateur, un pays où le salaire minimum mensuel est de 250$ après impôt. Plus je parcourais les hallés et plus je me disais qu’une mère monoparentale ayant un enfant telle que l’aînée de la famille avec laquelle je réside doit difficilement joindre les deux bouts. La pâte dentifrice 2,50$…le sac de sucre 1,65$,…1lbs de bœuf hâché 3,50$…
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Auteur: Félix Lamarche
12 juin 2011 — Billets d'humeurs, Communication, Coopération Internationale, Équateur, Yanez Cossio 2011

Feu de brousse à Santo-Domingo - Photo: Anouk M. Renaud
Nous nous sommes mis dans la merde en venant ici à Santo-Domingo. C’est hier, assis en groupe autour d’une table que nous nous en sommes rendu compte. L’atmosphère entre nous était calme et détendue alors que nous parlions tous de ce genre de principes de vie que nous voulions suivre : le principe de mise en danger. Le groupe y adhère à merveille. Nous sommes tous les 7 à la recherche du danger qui permet d’apprendre, et nous sommes heureux d’être en plein dedans et de se sentir en vie, ici, à Santo-Domingo.
Mais, pas besoin d’être dans une ruelle sombre et louche d’un barrio, d’embarquer à 8 personnes dans une petite voiture filant à toute vitesse sur une route trop étroite, ou de manger de la street meat pour se mettre dans le pépin. Alors, quelle est donc cette situation difficile au sujet de laquelle nous discutions l’autre jour autour de cette table? Pour moi, elle est la suivante : dans moins d’une semaine, je vais commencer à donner des ateliers sur le cinéma documentaire à deux groupes de 25 jeunes adolescent-es équatorien-nes, avec comme thème les droits des femmes en Équateur, le tout, bien sûr, en espagnol. Si l’on remet les choses en perspective : uno, je n’ai jamais animé un groupe de jeunes; dos, je jase difficilement 2 phrases de suite en espagnol; tres, je suis comme un extra-terrestre dans le monde des droits des femmes. On gages-tu que ça va être toute une aventure? Mais voilà justement! C’est ça le but. S’il n’y a pas d’antagonisme, s’il n’y a pas de mise en danger, c’est le statut quo et on n’apprend jamais rien. C’est ce qu’on s’est dit : pourquoi rester tranquille à Montréal quand tu peux aller te mettre dans le trouble ailleurs.
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Auteur: Étienne Langlois
10 juin 2011 — Billets d'humeurs, Équateur, Yanez Cossio 2011
Santo Domingo de Los Colorados.
La nuit tombe tôt. Elle n’appartient pas aux hommes. Elle appartient aux chiens. Leur mélodie ponctuelle perce l’humidité, fend la noirceur par vagues, rappelant en sursauts à nos corps et à nos esprits médusés que nous sommes ailleurs, sur leur territoire. Ils déterminent la direction de nos rêves. Et si la nuit sera courte ou longue.
La sueur m’habille telle une seconde peau.
La pauvreté me pince le cœur tel un barbelé que l’on serre autour. À chaque fois, et on ne s’y fait pas.
La foi des habitants me touche telle l’étreinte de ma mère.
Je ne peux me l’expliquer, cette foi indicible, immuable. Cette façon d’accepter son sort, cette résignation devant une force qu’on ne peut toucher, qu’on ne peut raisonner, mais qui résonne partout et en chacun de nous, à différents degrés, à différents moments.
Ainsi je me surprends à prier. Pour ma famille, mon amour, mes amis, qui furent si présents. Pour ce groupe qui m’est si cher, et cette nouvelle famille qui m’inspire tant.
L’église est petite mais sa présence si grande. Elle est remplie, fière et modeste à la fois, surplombant la ville du haut de la montagne Bomboli, ancien site Tsachillas, où ce peuple autochtone y céda sa place il y a quarante-sept ans. À l’époque, quelques familles élurent domicile à ses pieds, pour accueillir et offrir un gîte aux voyageurs, commerçants et transporteurs qui y passaient, de Quito à Guayaquil et l’inverse, histoire de couper la route en deux l’instant d’une nuit. Son emplacement stratégique fit que d’autres gens s’y installèrent, flairant la bonne affaire. Aujourd’hui, Santo Domingo abrite plus de 300 000 habitants, majoritairement jeunes, de 30 ans et moins, qui essaient de se façonner une vie, de donner une âme à cette ville champignon qui les a vus naître, où leurs parents sont venus suer leurs rêves d’un avenir meilleur. Du Pérou, de la Colombie, de partout autour.
Une ville jeune, en pleine crise d’adolescence, et dont les parents semblent être sortis prendre un coup. La nuit, les chiens veillent sur elle. Et peut-être que les parents ne reviendront pas. Elle devra s’élever seule, avancer, se casser la gueule, se défendre, se relever, continuer. La jeunesse est l’espoir de cette ville, et de ce monde que nous souhaitons meilleur.
Ça commence ici. Partout.
Dans une maison qui abritera des femmes violentées.
Dans un programme pour éradiquer le travail des enfants. Pour qu’ils trouvent leur chemin vers l’école, vers leur plein potentiel et vers l’enfance à laquelle ils n’ont pas eu droit.
Dans la tête des hommes dominants, apeurés, ignorants. Leurs œillères noircies de la douce illusion que les femmes sont derrière, et eux devant.
Ça commence ici. Partout.
Dans nos mots. Dans leurs gestes. Dans ma maison. Dans ton cœur.
Un jour elle s’endormira sans soucis, sans peur. Ses prières seront pour d’autres. Les chiens s’assoupiront enfin à ses pieds fatigués. Et la nuit en sera meilleure, pour toute l’humanité.
Auteur: Caroline Jean
23 avril 2011 — Billets d'humeurs, Cameroun, Éducation, Sita Bella-2011

Plus de la moitié du stage est passé et personne n’a blogué sur le travail. Il est vrai qu’on aime décrocher et qu’on évite d’aborder ce sujet entre nous, mais c’est pour ça qu’on est tous ici, non? Nous savions tous que l’enseignement au Cameroun était différent du Québec, ça ne nous a pas empêché d’être choqué. Lire la suite →
Auteur: Étienne Dion-Marcil
9 avril 2011 — Afrique, Cameroun, Colonialisme, Sita Bella-2011
Elle est partout. Elle se montre la figure à la boulangerie, au super marché, dans les bars et même à la maison. Nous sommes officiellement dans un pays bilingue et pourtant, dur à y croire tellement les liens français semblent forts.
Dès le petit déjeuner, nous sommes confrontés à la sacro-sainte baguette. Par la suite, le bulletin télévisé de France24. Vous avez soif ? Buvez une bonne bouteille d’eau embouteillée Tanguy (officiellement, une branche de Vichy Int, holding français).
Besoin de nourriture ? Pourquoi pas le supermarché Casino, réplique à s’y méprendre à un super marché visité sur Valence.
Si loin et pourtant si proche. La Ve république et son néocolonialisme sont omniprésents. De plus, même plus besoin de faire des magouilles politiques pour s’insérer dans le pays, le tout se fait par le téléviseur et les Camerounais sont reconnaissant d’avoir la chance de gouter à ce bout de France.
Cela laisse un gout amer en bouche lorsque le bulletin télévisé montre les hauts faits militaires français en Lybie et maintenant les coups bizarres de l’opération Licorne en Côte d’Ivoire. La France s’accroche à ce continent qu’il voit bien déraper dans le giron chinois.
Jean-Marie Lepen me vient en tête en ce moment avec sa diatribe raciste : « La France tu l’aimes ou tu la quittes ». De cette affirmation je pose une question : que faire quand c’est celle-ci qui refuse de nous quitter ?

Ceci est un énième plaidoyer à la fin du néocolonialisme. Cessons de percevoir ce continent comme une pompe à fric.*
*Expression issue d’une de la chanson Pompeafrik de Tryo.