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	<title>Stagiaires d'Alternatives &#187; Amériques</title>
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	<description>Le blog des stagiaires d'Alternatives</description>
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		<title>De jeune fille à jeune mère</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Aug 2011 23:43:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>AnneT</dc:creator>
				<category><![CDATA[Amérique du Sud]]></category>
		<category><![CDATA[Droit]]></category>
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		<category><![CDATA[Yanez Cossio 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Équateur]]></category>
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		<description><![CDATA[Nous l’avons suivi dans une petite maison faite de planches de bois espacées, d’un plancher de terre et d’un toit en tôle.  Il y avait deux jeunes filles avec leurs maris et cinq enfants.  Nous nous apprêtions à commencer une entrevue avec ces deux jeunes femmes.  Elles tenaient chacune un poupon dans leurs bras. On [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous l’avons suivi dans une petite maison faite de planches de bois espacées, d’un plancher de terre et d’un toit en tôle.  Il y avait deux jeunes filles avec leurs maris et cinq enfants.  Nous nous apprêtions à commencer une entrevue avec ces deux jeunes femmes.  Elles tenaient chacune un poupon dans leurs bras.<br />
On demanda à une des sœurs :<br />
- « Quelle est ton opinion sur la grossesse de ta soeur de 15 ans » ?<br />
- « Je trouve ça normal. »Répondit-elle.</p>
<p>Normal ? Qu’est-ce que cela veut bien dire ? Que c’est normal d’avoir un enfant à cet âge ? Que c’est commun ?  Qu’elle ne voit rien qui pourrait poser problème au fait d’avoir un enfant à cet âge ? Que cela est souhaitable ?</p>
<p>Johanna est tombée enceinte à quinze ans.  Aujourd’hui elle a seize ans et son fils a cinq mois.  Elle a huit sœurs, dont plusieurs ont eux des enfants à un très jeune âge.  En discutant plus longuement nous apprenions que la mère de Johanna était partie de Santo-Domingo depuis un an et son père ayant des problèmes de consommation d’alcool, était complètement absent.  Les sœurs s’offrent donc entre elles, le support dont elles sont capables.  Pour Johanna, son enfant est « un cadeau de Dieu » certes, mais dans quelles conditions de vie son petit grandira-t-il? Dans quelles conditions de vie grandira-t-elle, elle aussi, cette jeune fille de 16 ans ?</p>
<p><span id="more-2188"></span></p>
<p>L’Équateur est un des pays d’Amérique du Sud avec le taux le plus élevé d’adolescentes enceintes. Parmi ces jeunes filles, 11% de celles ayant complétées leurs études secondaires ont eu des enfants durant leur adolescence.  Chez celles n’ayant aucune éducation, ce taux s’élève à 43%.</p>
<p>Johanna a son secondaire deux.  Elle espère pouvoir terminer ses études à distance l’an prochain.  En ce moment, son copain pourvoit à ses besoins et à ceux de son fils.  Cette situation de dépendance est très commune en Équateur, et a un impact encore plus important sur la vie des adolescentes enceintes.  Jeunes, sans revenu propre, sans éducation ; ici, ces conditions engendrent souvent un cercle de pauvreté se reproduisant de génération en génération.</p>
<p><a href="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/08/Sin-título-831.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2199" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/08/Sin-título-831-300x198.jpg" alt="" width="262" height="152" /></a></p>
<p>Quand les droits précèdent la justice</p>
<p>Ici, les normes sociales sont encore plus fortes que les droits.  S’il y a de l’éducation sexuelle obligatoire au secondaire en Équateur, il est incontestable que les moyens de contraception sont sous-utilisés chez les jeunes.  S&#8217;il les femmes ont un droit sur leur corps et de décider du nombre d&#8217;enfants dont elles souhaitent avoir, leur capacité de revendiquer ces droits dans leur société est encore réprimé.</p>
<p>Tabous ? Refus du partenaire ? Craintes ?  Les jeunes filles vivant dans les milieux défavorisés et ayant peu d’éducation sont les plus susceptibles d’être prisonnières de cette culture du silence, de soumission et de manque d’informations.  Leurs droits de décider de leur corps sont donc bafoués par la société, par leur propre communauté.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui en Équateur, on veut les responsabiliser, les aider à planifier leur vie.  Le gouvernement crée des programmes axés spécifiquement sur la planification familiale de ces jeunes.  Parfait !  Mais il faut aussi responsabiliser la société.</p>
<p>En discutant avec le groupe de stagiaires ce midi, un constat s’est établi : ce sont aussi les parents qui devraient recevoir des ateliers sur l’éducation sexuelle pour leurs enfants.</p>
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		<title>À toi, Montréal</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Aug 2011 14:23:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>SogobaYa</dc:creator>
				<category><![CDATA[Amérique du Nord]]></category>
		<category><![CDATA[Billets d'humeurs]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce jour 21 juin 2011, premier jour d’été,  j’atterris  aéroport  Pierre Eliott  TRUDEAUÀ l’’accueil, un beau soleil, Mélanie Et  sur la route pour la ville De nombreuses belles  voitures Les voitures symboles de réussite personnelle : Grosses  voitures américaines, belles japonaises, élégantes européennes. Sur les plaques d’’immatriculation la mention, « Québec, je me souviens ». À moi [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left">
<p style="text-align: left"><a href="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/08/sgoba2.jpg"><img class="size-medium wp-image-2176 alignnone" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/08/sgoba2-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
<p>Ce jour 21 juin 2011, premier jour d’été,  j’atterris  aéroport  Pierre Eliott  TRUDEAUÀ l’’accueil, un beau soleil, Mélanie<br />
Et  sur la route pour la ville<br />
De nombreuses belles  voitures</p>
<p>Les voitures symboles de réussite personnelle :<br />
Grosses  voitures américaines, belles japonaises, élégantes européennes.<br />
Sur les plaques d’’immatriculation la mention,<br />
« <em>Québec, je me souviens</em> ».<br />
À moi de demander alors<br />
… Mais, Mélanie, que s’est –il passé de si important ici pour qu’on s’en souvienne toujours ?<br />
… C’est la devise du Québec rappelant ses origines.<br />
Ah,  Montréal</p>
<p><span id="more-2175"></span></p>
<p>Depuis mon Mali lointain dans le sahel d’’Afrique<br />
Après  la Méditerranée et l’’Atlantique<br />
Te voilà enfin.<br />
Ville  très propre et belle, pas de poussière, air  pur<br />
Partout des parcs, piscines, terrains de sport<br />
Les belles avenues et rues verdoyantes<br />
S’étendant  directions  Nord-Sud ou Est-Ouest.</p>
<p>Montréal,<br />
C’est l’’été la ville parée aux couleurs  des festivals  est dans la ferveur.<br />
À l’’affiche la fête  du Québec, la fête du Canada.<br />
Et durant l’’été le festival international du jazz, le festival international des nuits d’’Afrique, le festival international du blues.</p>
<p>Oui, un festival des nuits d’’Afrique à Montréal !</p>
<p>Espace des musiques, des danses,  de la culture africaines.<br />
Pendant deux semaines Montréal vibre aux rythmes de l’’Afrique et de sa diaspora<br />
Cet été, 25<sup>ème</sup> anniversaire du festival, une trentaine d’’artistes.<br />
Sont particulièrement attendusMeiwey et le Zogang de Côte d’Ivoire créateur du Zoblazo,</p>
<p>Véritable bête de scène qui fait danser le continent depuis les années 1990<br />
Les Soukous Stars du  Congo avec Lokassa,  monument de la guitare<br />
Dont les rythmes éveillent de bons souvenirs  aux générations des années 1985.<br />
Le groupe Kassav’, inventeur du zouk et du coller serrer, mélange de salsa et de blues<br />
Spécialement attendue, Oumou Sangaré la Diva du Mali.<br />
Lorsqu’elle apparût, l’’assistance ne put se retenir de hurler.<br />
Grande et  belle, superbement habillée<br />
Foulard à la tête, camisole,  jupe longue retombant jusqu’aux pieds,<br />
C’est la culture malienne qui se matérialise.<br />
Et que dire de cette voix envoutante et enivrante<br />
Cette voix du sahel qui vous déchire la peau, traverse la chair et les os,<br />
Et pénètre  jusqu’à  la moelle !</p>
<p>Les maliens, comprenant tout, étaient  en délire.<br />
Alors  libre vent à l’’incontournable cousinage à  plaisanterie.<br />
<em>Ah oui, toi un  COULIBALY ? Fais attention si non je te catapulte sur le podium tout de suite!</em><br />
S’écria un, pointant du doigt un voisin qui riposta aussitôt<br />
…<em> Toi TOURE, espèce d’ivrogne, quand pourras tu changer ?</em><br />
Un peu plus loin d’autres fausses altercations<br />
<em>… Mais que vient faire un sénoufo perdu ici, qui encore pour cultiver dans les champs au pays ?</em><br />
<em>… Depuis quand avez-vous vu un Gàna américain ? </em><br />
Ou encore entre les you you et cris de joie, <em>Ba Ladji den i sangare (Sangaré, fille de Ba Ladji)</em><br />
<em>… ETC.</em></p>
<p>Au nombre des chansons dont elle gratifia les montréalais<br />
Wayeïna , chanson du nord Mali, qu’elle chante partout en hommage au regretté Ali Farka Touré<br />
Diarabi, hymne à l’amour, tirée de son premier  album<br />
Welewele ,  en honneur aux femmes à qui elle demande de dire non au mariage forcé et au mariage précoce<br />
Seya, belle et élégante jeune fille,  qui se plait et se déambule partout,  symbolisant la joie de vivre.</p>
<p>Ah Montréal …</p>
<p>Comment mieux accueillir une communauté étrangère,<br />
Et lui témoigner respect et reconnaissance ?<br />
Lui dédier un temps consacré à sa culture afin qu’<em>elle s’en souvienne.</em><br />
Montréal…, je m’en souviendrais !<br />
Vive Montréal pour que vive le festival des nuits d‘’Afrique.</p>
<p style="text-align: left">
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		<title>Imaginez en images</title>
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		<pubDate>Tue, 26 Jul 2011 05:36:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>FelixL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets d'humeurs]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
		<category><![CDATA[Féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[Yanez Cossio 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Équateur]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[communication]]></category>
		<category><![CDATA[documentaire]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
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		<description><![CDATA[Question de langage, elles n’ont pu se comprendre vraiment, et la conversation s’est arrêtée là sans pouvoir aller plus loin. C’est qu’elles ne s’entendaient pas sur un mot, un seul. Pas à cause de la langue, mais à cause du langage, à cause de la définition de ce mot.
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="mceTemp"><a href="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/07/Sin-título-181.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2157" title="Sin título-18" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/07/Sin-título-181-300x198.jpg" alt="" width="300" height="198" /></a></div>
<p>Question de langage, elles n’ont pu se comprendre vraiment, et la conversation s’est arrêtée là sans pouvoir aller plus loin. C’est qu’elles ne s’entendaient pas sur un mot, un seul. Pas à cause de la langue, mais à cause du langage, à cause de la définition de ce mot.</p>
<p>Féminisme.</p>
<p>Je vois comment il faut être prudent avec les mots. Les mots disent parfois plus que ce que l’on croit. Avec le temps, depuis leur naissance, ils se complexifient. Parfois, ils signifient peut-être trop, quand un mot en vaut mille pour l’expliquer, pour le comprendre. Imaginez une image…</p>
<div id="attachment_2173" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/07/Guerrières-du-documentaire.jpg"><img class="size-medium wp-image-2173" title="Guerrières du documentaire" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/07/Guerrières-du-documentaire-300x198.jpg" alt="" width="300" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Anouk et Pauline en tournage</p></div>
<p><span id="more-2152"></span></p>
<p>Ce jour-là, j’étais avec mes amies Anouk et Pauline, deux filles qui ont plus que leur mot à dire sur la question. Elles ont donc posé la question : Te considères-tu féministe? C’est que la dame que l’on interviewait ce jour-là fait partie d’un regroupement de femmes activistes impliquées dans la lutte pour les droits des femmes ici en Équateur, La RED de mujeres*. Fatal. Féministe? Elle? Non. Elle et sa collègue juste à côté ne feraient jamais partie de ce mouvement radical de femmes qui veulent dominer les hommes et prendre le pouvoir. Elles ne sont pas des extrémistes, seulement des femmes qui se battent pour leurs droits et qui désirent un rapport égal entre hommes et femmes. Surprise chez mes deux collègues. Comment ces deux femmes en face de nous, impliquées comme elles sont dans cette lutte, peuvent-elles à ce point mésinterpréter ce mot. En fait, celles-ci se battent exactement pour ce que nous autres considérons comme le féminisme. Simplement, elles n&#8217;utilisent pas le même mot. Mes collègues et elles n’ont donc pu s’entendre, ni élaborer sur ce point et la discussion, ainsi que l’entrevue, se sont ensuite terminées. Je dis bien qu’<em>elles</em> n’ont pas pu s’entendre et non pas <em>nous</em> n’avons pu nous entendre parce que je ne suis pas justement encore en mesure de défendre une position sur ce mot. Plus en observateur sur ce point, j’ai tenté de comprendre. Tout ça pour un mot.</p>
<p>J’ai vu la difficulté du problème : est-ce que faire de la définition du terme féminisme un enjeu pour la lutte est toujours essentiel, ou à un moment faut-il laisser les débats de définitions théoriques derrière pour pouvoir se concentrer sur le concret d’une situation et s’allier dans un combat qui est finalement le même? Dans son ambigüité possible, ce mot est-il devenu un obstacle à l’unité, ou encore un terme simplement dépassé de par sa nature exclusive, c’est-à-dire exclusivement féminin alors que le problème touche aussi bien hommes que femmes? Notez bien que je ne parle ici que du mot en tant que mot et non de sa possible définition. Bref, tout ça sur un seul mot.</p>
<p>J’expérimente ce genre de situations fréquemment dans ma vie, et plus particulièrement récemment avec mes deux amies susmentionnées. Radicalisme, indépendantisme, relativisme, féminisme… Qu’est-ce que ces mots veulent réellement dire. C’est vraiment intéressant, mais c’est aussi vraiment devenu difficile de s’exprimer sur un sujet sans se brûler… et sans devoir s’expliquer. Question de langage.</p>
<p>Et s’il est si difficile de s’exprimer avec des mots, imaginez en images. À 24 images seconde. Mais il est vrai que les images ont ceci de particulier dans leur nature plus abstraite qu’elles sont davantage ouvertes à interprétation. Il faut les prendre pour ce qu’elles sont : une expérience subjective, beaucoup plus que le sont les mots. Par contre, elles font face au même défi, celui de l’interprétation; ce que des experts de la communication appellent le décodage.</p>
<p>***</p>
<p>Un peu de communication.</p>
<p>Communiquer est un combat en soi, difficile à gagner, toujours à recommencer. On est plus souvent mal compris qu’autre chose. Grand drame de notre vie. Nous ne pouvons plus seulement nous borner à survivre, nous devons en plus communiquer et nous comprendre entre nous. Si nous y pensons un instant, langages, médias, comportements, objets matériels, tout contient un message et signifie quelque chose, et c’est à nous de le décoder proprement pour pouvoir évoluer dans notre monde de communication. Pensez maintenant à cette question et jugez de son ampleur : Qu’est-ce que communiquer?</p>
<p>Pourquoi cette question maintenant? Laissez-moi d’abord vous donner une petite tranche de vie.</p>
<p>Dernièrement, je me suis rendu compte de l’importance de la dimension communication en cinéma. Pas fort après plus ou moins 7 ans d’études dans le domaine. Je me rappelle même la drôle de déception sur l’appellation de mon programme au cégep : cinéma et communication. C’est non sans une certaine gêne que j’avoue que le terme était pour moi comme une roche dans le soulier; quelque chose que j’aurais bien aimé enlever. Pire, à l’université, je me suis surpris à éprouver au début de mes études en cinéma le même sentiment étrange par rapport au fait de devoir appartenir à la fac de communication. Je pensais en quelque sorte ne rien avoir à faire avec eux, ceux des «comms». Mais dernièrement, je me suis rendu compte que la communication était partout, dans tous les aspects de ma vie, dans tout ce que j’entreprenais, dans toutes mes relations, dans tout mon travail, dans toute ma conscience et ma pensée. Que finalement, la communication est au centre même de notre existence et est un pilier fondamental dans toute entreprise humaine. Finalement, j’étais fier d’étudier une branche des communications.</p>
<p>***</p>
<p>Les années passées à étudier comment transmettre un message et en décoder un ont ressurgies entre autres ce jour-là où deux groupes avec les mêmes objectifs, mais utilisant des termes différents, n’arrivaient pas à outrepasser un mot pour se comprendre et continuer à communiquer. Ça nous arrive à tous et tous les jours et souvent en plus. Pensez à tous les malentendus dans votre vie, ou tous les problèmes reliés à des malentendus où deux parties n’arrivent pas à s’entendre. Ça varie selon plusieurs échelles, mais ça peut facilement mener à des conflits civils, des conneries politiques, des guerres de points de vue ou de religion, parce qu’on n’est pas capable d’interpréter le monde et de décoder les choses de la même façon. Et tout le monde trouve ça con quand on regarde ça de l’extérieur. En fin de compte, on se chamaille sur des pécadilles.</p>
<p>Bon, ne dramatisons pas, mais disons qu’il est intéressant de le noter. Dans le cas que je vous mentionne, c’est loin d’être dramatique. C’est juste un exemple de difficulté de communication à très petite échelle. Les deux parties ont dans un sens raison, car elles ont des réalités et points de vue différents. Là est tout le problème : qui a raison? Peut-être que je relativise trop et qu’il faut effectivement s’entendre sur une définition des termes qui soit précise et universelle, mais en considérant tout ce que je viens de dire, je trouve que de relativiser ici a l’avantage d’ouvrir la réflexion sur le sujet et de ne pas être pris dans une position figée. J’y repense et pour ce simple exemple, je n&#8217;ai même pas besoin de me forcer pour imaginer les défis et les questionnements reliés à la communication.</p>
<p>***</p>
<p>Autre questionnement: qu’en est-il du cinéma? Ce médium de communication pourrait-il servir à redonner une nouvelle perspective sur le monde qui nous entoure? De par son expérience subjective, il surpasse à mon avis le langage verbal ou écrit sur le terrain de la compréhension abstraite du sens. Parce qu’il peut faire appel à la fois aux émotions et à l’intellect, sur des concepts aussi froids et vastes que «violence», «liberté», «amour» ou «haine», lorsque ceux-ci sont présentés en mot, il permet justement une compréhension beaucoup plus concrète qu’abstraite. Ironique, non? Prenez par exemple le mot «violence». Lisez-le. Maintenant, imaginez-vous le en images, organisées en récits, avec des personnes vivant les événements. Voyez la différence possible au niveau de la compréhension? Finalement, ce que je dis, c’est qu’un mot dans sa forme est concret alors qu’une image est abstraite, et qu’en substance, une image est une expérience concrète, et un mot un concept abstrait. Enfin, loin de moi l’idée de lancer une guerre entre mots et images, même si l’on dit parfois que cette dernière en vaut mille de ce dernier. L’un et l’autre ont leur place dans la grande «famille» de la communication. C’est juste que je suis comme ça, je me pose des questions. Pourquoi fait-on un film et n’écrit-on pas un livre? J’imagine que c’est parce qu’il y a différentes manières de communiquer et que dans certains cas, l’une est plus efficace que l’autre. Dans le miens, le cinéma se trouve à être un moyen beaucoup plus pratique que le langage verbal. Bien des fois dans ma vie, je communique vraiment mal. Je suis poche pour expliquer bien des affaires et pour parler de bien des affaires. J’ai besoin de sous-entendus plus subtils et le cinéma m’offre sans doute cette possibilité. Question de moyen de communication.</p>
<p>***</p>
<p>Et donc jusqu’où doit-on accorder de l’importance à un mot? Je n’ai toujours pas la réponse et sans doute quelqu’un m’éclairera-t-il là-dessus. Mais ceci m’amène à découvrir une nouvelle facette de notre projet ici. Cinéma documentaire et féminisme. Comment l’un et l’autre peuvent-ils fonctionner ensemble pour mieux communiquer les idées? Je vous laisse vous l’imaginer comme vous le voulez. Pour ma part, j’ai l’impression que c’est exactement ce que je suis en train de découvrir ici en ce moment.</p>
<p>* <a href="http://redmujeres.org/">http://redmujeres.org/</a></p>
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		<title>De la passion et de la mort</title>
		<link>http://www.stages.alternatives.ca/archives/2133</link>
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		<pubDate>Wed, 20 Jul 2011 18:59:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>EtienneL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets d'humeurs]]></category>
		<category><![CDATA[Yanez Cossio 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Équateur]]></category>

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		<description><![CDATA[Le temps file. Les évènements s&#8217;empilent. Le blogue suivant fut rédigé en partie il y a trois semaines, et terminé hier soir. Samedi matin, Puerto Limòn, arrondissement Centro Poblado, petite communauté de deux mille sept cent âmes, à vingt minutes de Santo Domingo. Les yeux encore alourdis de la nuit dernière, nous revenons lentement à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le temps file. Les évènements s&#8217;empilent. Le blogue suivant fut rédigé en partie il y a trois semaines, et terminé hier soir.</p>
<p>Samedi matin, Puerto Limòn, arrondissement Centro Poblado, petite communauté de deux mille sept cent âmes, à vingt minutes de Santo Domingo. Les yeux encore alourdis de la nuit dernière, nous revenons lentement à nos corps, entassés à l’intérieur du taxi qui roule deux fois trop vite pour la petitesse de la route et la précarité des courbes. Une vingtaine de jeunes nous attendent dans une petite classe pour leur premier atelier de communication. Beaucoup moins de temps avec eux, nous ferons, espérons-le, de courtes histoires en trois plans de caméra sur leur réalité, leur village, leur vie.</p>
<p><span id="more-2133"></span></p>
<p>À notre arrivée, seulement cinq jeunes nous accueillent, en quelque sorte. Ils ont treize, quatorze, quinze ans. Ils sont timides, endormis et ne sourient pas particulièrement. Après tout c’est notre première rencontre et il est tôt. Ça viendra. Et d’autres vont arriver, en retard. Ça aussi ça vient. Mais pas cette fois. Ils ne seront que cinq tout au long de l’atelier qui s’étirera mollement sur trois heures. Comme du caramel de Banos qui ne prend pas au soleil.</p>
<p>À la pause nous sortons dehors pour admirer la rivière, en bas de la petite falaise que l’école domine. Nous sommes dans la jungle silencieuse. Du vert, des arbres inconnus de nous et une rivière sinueuse tout en bas. La vue est superbe, même avec les ordures en sa bordure. Quand on est entouré par la nature et que la collecte est déficiente, on fait ce que l’on peut. Ou ce que l’on veut…</p>
<p>Gabriella nous rejoint tranquillement. Je marche  un peu avec elle et lui partage ma petite déception de ne pas voir tous les jeunes présents. Elle me répond aussi tranquillement que la plupart sont à l’enterrement. Surprise contenue. Quel enterrement ? Le directeur de l’école, qui était aussi professeur.  Surprise moins contenue. Il est décédé avant-hier. Je redoute la réponse à ma prochaine question. Une maladie, un accident ? Non. Il a été tué à bout portant. À Santo Domingo, en plein jour, en pleine rue. Surprise il n’y a plus. Aucune expression. Il venait avec une collègue acheter du matériel scolaire pour les enfants. Un tableau, des craies, des crayons, des cahiers. Pour poursuivre comme tous les jours depuis trente ans sa mission, sa passion, l’enseignement. En sortant du magasin, il voit sa collègue prisonnière dans sa propre voiture, un homme armé assis à ses côtés, et un autre à l’extérieur collé à sa porte. Reste calme et tout va bien aller. Mais elle panique. L’homme lui assène un coup de crosse au front, un autre à la mâchoire.  Oscar se rue à sa défense, mais n’a pas le temps d’intervenir. Deux balles viennent terminer sa vie de la façon la plus sauvage, gratuite et banale. Le Journal de Montréal de Santo Domingo nous montre son corps sous une couverte rougie et son amie en pleurs, épongeant sa blessure au front. Un article court et sensationnaliste. Les gens de l’ACJ le connaissait peu, mais assez pour le savoir aimant, passionné et dévoué. Nous avions vu son engagement la semaine d’avant, à la fête pour l’éradication du travail infantile. Mort en service, mais un vrai service, du genre qui change les choses, qui ne les empire pas.</p>
<p>Deux jours plus tard, atelier de l’après-midi à l’ACJ. Alors que Félix s’agite à l’avant, après son deuxième café de trop, à expliquer aux jeunes le développement d’une idée documentaire, des pleurs étouffés parviennent à mes oreilles. Au fond de la classe attentive, Romel ouvre la porte et vient reprendre son siège près de moi. Il essuie ses larmes et remet ses lunettes. Mais les pleurs à l’extérieur ne cessent pas. J’étire les yeux par la fenêtre et voit à l’intérieur de la maison jointe à l’ACJ Geoffrey et son fils Oscar, en pleurs, assis dans le hamac de la cuisine, les yeux dans le vide. Geoffrey, c’est le gardien des lieux, l’homme à tout faire, et de la situation. Cinquante-deux ans, les cheveux longs et le regard dur, couteau guettant, toujours à la ceinture. Homme de peu de mots et de peu d’expressions. Ses traits ressemblent à ceux des montagnais. Ils sont maintenant tirés par une profonde tristesse. Ricardo, son neveu aimé, qu’il considérait comme son fils, est décédé lors d’un exercice de routine dans la marine à Guayaquil. Il est tombé du haut d’un mât et s’est fracturé le cou. Romel me raconte l’événement, secoué de voir cet homme solide et fier s’effriter. Il connaît bien son fils, et il connaissait aussi Ricardo. Mes amis et collègues ne voient pas ce qui est en train de se passer, absorbés par l’atelier et l’intérêt des jeunes. Pendant une discussion en petits groupes séparés, Oscar apparaît à la fenêtre et fait signe à Romel de le rejoindre dehors. Je poursuis avec mon groupe  la discussion sur le machisme, sujet qui me semble alors futile. Puis Romel revient, soulagé, et me raconte que Ricardo n’est pas mort. Il était dans un coma; les docteurs et la famille ont décidé de le débrancher et juste quelques secondes avant, la vie lui est revenue. État critique, mais vivant. Nous soufflons. Je vois Geoffrey sortir et embarquer sur sa moto, caché derrière ses lunettes noires. L’atelier se termine, notre routine continue.</p>
<p>Pendant la nuit, la vie quittera pour de bon le corps de Ricardo. Le lendemain, les lieux de nos ateliers accueilleront la grande famille et la dépouille de Ricardo. Et nous travaillerons de façon distraite dans un petit bureau humide, dans un silence  introspectif, à travers les pleurs qui s’intensifieront alors que le jour laisse place à la nuit. Chacun de nous revivra ses douleurs, confronté à cette triste réunion. Avant que la famille arrive, moi et Félix allons dans la salle, décorée et éclairée par des lumières dorées. À la vue des ornements, de la croix et du cercueil, mes propres morts me refrappent de plein fouet. Grand-maman, André, Alex, Dany, Roland, Sonia, Jessica. On pense souvent que le deuil est fait. Puis on réalise que certains ne furent qu’étouffés. Par le temps, et par le manque de temps. Parce qu’on est forts, et parce qu’il y en aura d’autres. Toujours. La vérité, ça aussi ça vient, ça passe. Mais ça ne partira jamais vraiment. Il faut découvrir, savourer, remercier, aimer. Pour soi-même et pour eux.</p>
<p>Il n&#8217;y aura pas d&#8217;autres ateliers à Puerto Limòn, faute de temps. Ce fut le seul. Et ça aussi, ça arrive. J&#8217;espère au moins que nous leur avons donné le goût d&#8217;en savoir davantage sur les médias alternatifs, sur les documentaires, sur les moyens qu&#8217;ils ont pour se faire entendre.</p>
<p>J’ai connu davantage Geoffrey. Oui il est fort, oui il est solide et a le regard dur. Puis, peu à peu, ses yeux sourient, ses traits s’adoucissent. Et sa voix et ses rires s’élèvent dans la nuit à travers ses histoires d’une vie  mouvementée, difficile et oh combien fascinante. Il connaît tout de la nature. C’est son métier, c’est sa passion. Et il la partage avec conviction. L’Équateur est son terrain de jeu. Il en est fier et ne le quittera jamais. Et avec son couteau, il te protège et te découpe les meilleurs fruits. Pour que tu les savoure, pour que tu le remercie, pour que tu aime toi aussi.</p>
<p>À mes chers disparus.</p>
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		<title>Feliz Cumpleaños!</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Jul 2011 22:26:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>AnoukmR</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Ouin, ouin, ouin, un nom ça voyage, ça voyage&#8230;</p>
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		<title>Du culte de la voiture</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Jun 2011 02:12:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>EtienneL</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Sous un nuage infini et permanent, la ville subsiste, persiste, mais ne signe pas. Pas encore. Ce plafond à moitié naturel retient les émanations constantes que produisent les voitures, les autobus, les taxis, tiens un quatre-roues, et une multitude de motos, de tailles et de forces différentes, mais arborant presque toujours sur le siège un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sous un nuage infini et permanent, la ville subsiste, persiste, mais ne signe pas.</p>
<p>Pas encore.</p>
<p>Ce plafond à moitié naturel retient les émanations constantes que produisent les voitures, les autobus, les taxis, tiens un quatre-roues, et une multitude de motos, de tailles et de forces différentes, mais arborant presque toujours sur le siège un dessin de femme dénudée offrant ses attributs aux postérieurs des hommes. Évocateur.</p>
<p><span id="more-2069"></span></p>
<p>Les fumées noires et bleutées montent au ciel, atteignent les nuages et retombent à bout de souffle en coulisses suintantes sur les édifices, les maisons, les rues, noircissant la ville et les poumons des enfants, eux-mêmes poumons de cette ville, de ce pays, de cette planète.</p>
<p>Souvent de longues minutes avant de pouvoir traverser, même lorsque la lumière est verte. Elle est à titre indicatif, sans plus. Tu peux traverser, mais fais comme tes parents t’ont appris : regarde à gauche, à droite et à gauche encore. Et répète la chose une deuxième fois, juste pour être sûr. Une moto, ça arrive vite. Et il y a la femme, le mari et les deux enfants dessus.</p>
<p>Ceinture  de sécurité… Qué ?! Que es esto ?&#8230; Attends, ça vient pas en option? J’ai ça moi ? Un chauffeur de taxi me parle des nombreux accidents qu’il y a chaque jour. Et je lui dis que pourtant il ne porte pas sa ceinture de sécurité. Il me répond en blaguant que ça serre trop son ventre qui déborde de son pantalon, sans plus, et avec un amusement tranquille aux lèvres.</p>
<p>Comme la nuit n’appartient pas aux hommes, la rue n’appartient pas aux piétons. Il nous arrive de nous faufiler, de réussir, parmi une lignée pressée et enfumée de taches jaunes (les taxis), rouges et blanches (les autobus) et oranges (les dossards des motocyclistes). Comme le soleil parvient à percer quelques fois l’épais manteau qui flotte au-dessus de nos têtes.</p>
<p>Ici, pas de lois environnementales que l’on peut apposer sur les tuyaux d’échappement. Ils n’ont pas ça en stock, dans chaque petit garage de chaque coin de rue, près de chaque petit dépanneur; tu sais, juste avant l’autre garage… C’est à se demander comment fonctionne la compétition, et si seulement compétition il y a.</p>
<p>Le culte de la voiture. La culture du trafic. Sur les terre-pleins qui séparent le sens des rues, des petits restaurateurs viennent installer leurs tables et leurs cuisines roulantes. Oui, on peut même manger entre amis ou en famille en plein milieu d’un boulevard bondé, si jamais on n’a pas eu sa dose quotidienne de monoxyde de carbone en marchant jusqu’à la pharmacie pour s’acheter des pastilles pour la gorge. Où elle est la pharmacie ? À côté de chaque petit dépanneur, juste avant chaque petit garage, en face du petit restaurant en plein milieu du boulevard.</p>
<p>À la plage, il y a peut-être des méduses qui piquent quand la nuit tombe, mais on respire mieux en enflant.</p>
<p>Ici c’est le paradis du patenteux, de la pièce de rechange à l’arrache et de la suie plein le chandail et les mains. Mucho gusto, patenteux. Y con respecto. Toi, tu sais te démerder avec (ce qu’on considère chez nous comme) rien.</p>
<p>Une promenade dans le centre-ville a concrétisé dans mon esprit cette évidence : toutes les rues se ressemblent. Tous les commerces ont d’abord cette impression de nouveauté, trop vite rattrapée par ce déjà-vu d’il y a une minute passée, juste là, deux coins de rue avant. Tous les réverbères et poteaux sont lacérés de fils électriques qui s’entrelacent et cisaillent la vue. Tous les édifices sont carrés, ternis, collés les uns aux autres. Va comme je te pousse. Et vite. Un peuple attend. Pas d’architecture. Pas de vision urbaniste à long terme. Aucune règle des tiers. Pourtant une harmonie. Chaotique mais quand même là. Il faut fouiller dans les détails, décortiquer le baroque. Puis ce capharnaüm visuel devient intéressant. La beauté émerge dans les détails. Une fleur pousse à travers le béton. Un glaçage rosé sur les biscuits dans la vitrine crée un contraste charmant avec le carrelage marron. Le chien boitant aux mamelles trop longues a les yeux d’un vert émeraude. Et dans le trafic incessant, on ressent finalement la vie, l’urgence, le pouls de la ville. Et elle ne dort pas à l’ombre sous un sombrero.</p>
<p>Sombre portrait peut-être. Trop plein de ville sûrement.</p>
<p>Heureusement, il y a les gens. Heureusement, il y a les enfants; leurs yeux grands, fixes et amusés nous scrutant incessamment. Nos cheveux, notre peau, notre accent, tout sur nous est intrigant.</p>
<p>Et il y a les adolescents, curieux, rêveurs, motivés, souriants. Source d’énergie quotidienne qui nous pousse chaque jour à traverser la lumière. Même si elle est verte…</p>
<p>Santo Domingo n’est peut-être pas attrayante pour le moment, mais si la jeunesse poursuit son cheminement surprenant et s’accroche à ses rêves, si elle manie plus tard la plume et l’image comme elle sait manier la peinture en aérosol, si elle fait danser ses idées comme son corps virevolte sur le ciment au son de la musique, si elle crée une égalité sexuelle, une justice sociale et environnementale comme elle crée l’espoir et l’émoi en nous, elle dissipera sans aucun doute les restants de nuages qui la couvre. Elle persistera, et signera.</p>
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		<title>Une leçon de cinéma</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Jun 2011 02:33:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>FelixL</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Elle avait tout. Tout pour que ça fonctionne...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Elle avait tout. Tout pour que ça fonctionne. Le charisme, le rythme, le souffle, le rire, la joie et la peine (en douces montagnes russe ), le visage qui parle de lui-même avec ses traits qui s’étirent et les recoins de ses plis au travers desquels se lit l’expérience, et ses yeux qui disaient toute la vérité et rien que la vérité, sans besoin de le jurer…</p>
<p>Dans son souffle rapide, elle manœuvrait l’auditoire. Elle nous racontait son histoire.</p>
<p>* * *</p>
<p><span id="more-2056"></span></p>
<p>Pendant ce temps, dehors à travers l’ouverture de la porte, on pouvait apercevoir des enfants jouer au ballon, allant et venant, puis disparaissant. Et il y avait les jeunes adolescents présent dans la salle qui écoutaient tous avec attention.</p>
<p>Parfois, une petite fille entrait avec le ballon en faisant du bruit. Elle venait voir sa grand-mère qui nous racontait sans s’interrompre l’immigration, les réfugiés, les familles séparées, les proches tués (massacrés), la guerre et le conflit armé, l’expérience d’une femme fuyant cette misère avec ce qui lui reste de courage. Une vie qui n’en finit pas de frapper et d’assommer : une vie de réfugiée…</p>
<p>Elle était toutes ces absurdités. Toutes ces vérités</p>
<p>* * *</p>
<p>Une entrevue presque parfaite. On savait que la simple présence de cette femme suffirait à l’image qu’elle imprimerait le droit d’exister. Et on avait aussi tout le reste sous la main : le personnage, la situation, l’histoire, le moment, le cœur d’un sujet énorme. Ça aurait pu être un moment de cinéma. Un vrai.</p>
<p>Pourtant on n’a rien filmé.</p>
<p>Moi et quelques membres du groupe se sommes questionnés. On filmes-tu ou pas? On peut pas rater ça. En plus ça nous tente; on veut faire des images, on veut la réalité d’ici, on veut filmer. Je ne vous donnerai pas les raisons du « non » qui a fait consensus. Seulement, je vous dirais que parfois, vaut mieux laisser les choses comme elles sont et se contenter d’écouter.</p>
<p>De toutes façon, y’a que les touristes qui filment tout ce qu’ils voient sans qu’ils y réfléchissent.</p>
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		<title>Los paredes que se expresan (les murs qui s&#8217;expriment)*</title>
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		<pubDate>Wed, 22 Jun 2011 22:02:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>AnoukmR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[*Clin d&#8217;oeil au documentaire de l&#8217;an passé, « Los paredes que hablan ». Quelles frontières faut-il traverser avant de voir le paysage mural urbain se transformer en un véritable tableau de revendications sociales? Quel est le lieu de passage entre les tags et les slogans à saveur politique? Quelles douanes faut-il franchir? S&#8217;il y a [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>*Clin d&#8217;oeil au documentaire de l&#8217;an passé, « Los paredes que hablan ».</p>
<p><a href="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/06/P1020795.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2035" title="P1020795" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/06/P1020795-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p>Quelles frontières faut-il traverser avant de voir le paysage mural urbain se transformer en un véritable tableau de revendications sociales? Quel est le lieu de passage entre les tags et les slogans à saveur politique? Quelles douanes faut-il franchir?</p>
<div id="attachment_2130" class="wp-caption alignright" style="width: 310px"><a href="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/06/P1030671.jpg"><img class="size-medium wp-image-2130" title="P1030671" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/06/P1030671-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Paredes blancas, ciudad muda (Murs blancs, ville muette)</p></div>
<p><span id="more-2034"></span></p>
<p>S&#8217;il y a bien une chose que l&#8217;on remarque en premier en mettant les pieds en Amérique latine, c&#8217;est bien l&#8217;omniprésence des graffitis comme un des outils privilégiés à la voix citoyenne.  Ce ne sont pas des discours, ce ne sont pas des débats, et ils sont loin d&#8217;être typiques à ce coin du monde. Mais ils ont une grandeur d&#8217;âme, ils prennent la couleur de manifestes et semblent vouloir crier la voix d&#8217;un peuple en pleine expansion, qui bouillonne d&#8217;idées, de luttes, de renvendications, d&#8217;avenir. Jamais je n&#8217;ai apprécié autant la place que peuvent prendre les graffitis dans une ville.</p>
<p><a href="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/06/P10301031.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2044" title="P1030103" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/06/P10301031-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<p>Est-ce parce qu&#8217;ils ont plus à combattre? Est-ce parce que du haut de notre « pays occidental prospère », il est possible de se conforter avec nos acquis et de venir ici leur donner une bonne tape dans le dos? S&#8217;il y a bien une chose que j&#8217;évite, c&#8217;est les expressions comme « pays en voie de développement », qui place d&#8217;emblée l&#8217;économie au centre de nos références sociales, et suppose une hiérarchie.  Il est vrai qu&#8217;elle nous soutient, cette économie, et qu&#8217;on l&#8217;incarne, cette économie, jusqu&#8217;au plus petit geste du quotidien. Mais elle commence à prendre un peu trop de place, cette économie. Même un Équatorien de la place s&#8217;est permis de l&#8217;affirmer : le capitalisme est allé trop loin, c&#8217;est le temps de la révolution.</p>
<p><a href="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/06/P1030102.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-2037" title="P1030102" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/06/P1030102-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a></p>
<p>Révolution, je ne sais pas encore. Luttes, certainement. Luttes pour tous ces grands mots que l&#8217;on retrouve sur les murs de Bogota, de Quito, de Santo-Domingo, qui prennent bien plus qu&#8217;un ton poétique ici, et qui nous rappellent à quel point là-bas, au Canada, ces mêmes mots possèdent une valeur bien abstraite, entremêlés comme ils sont dans le tissus de plus en plus opaque du vocabulaire de la spéculation, du profit, de la rentabilité, des « ajustements structurels », comme dirait l&#8217;autre. Le sens s&#8217;y perd, les luttes s&#8217;éclatent, l&#8217;individualisme prend le dessus et nous fait oublier que l&#8217;humanité dans son ensemble avance, pendant ce temps, et j&#8217;ose le croire, avance pour quelque chose de plus organique que des bouts de papier et des chiffres.</p>
<p>Mais des acquis sociaux, on en a, et ça, la blanche occidentale que je suis ose l&#8217;affirmer. Les mouvements sociaux de mon coin de pays m&#8217;inspirent, me poussent à continuer sans arrêt les remises en question, les déconstructions, les constructions, les transformations. Mais j&#8217;avoue envier le langage urbain d&#8217;ici qui s&#8217;articule des plus petites ruelles jusqu&#8217;aux boulevards, qui semble naître de personne, mais de tout le monde à la fois ; de cette réfugiée qui a perdu fils et mari, de cette mère de neuf enfants à 25 ans, de cette grand-mère qui a perdu 7 de ses 14 enfants, mais aussi de cet étudiant en droit, de ce médecin, de cette famille aisée qui transpire pourtant tous les jours l&#8217;engagement social. Alors que nous bafouons ces « paredes que hablan » à grands coups de panneaux publicitaires, ici, même en dehors des écoles, en dehors des ONG, en dehors des organismes communautaires, sur toutes les lèvres, on croit encore.</p>
<div id="attachment_2131" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/06/P1030925.jpg"><img class="size-medium wp-image-2131" title="P1030925" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/06/P1030925-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">&#39;&#39;La femme libre prend les rues&#39;&#39;</p></div>
<div>La dernière question que je veux me poser est alors celle-ci : comment font-ils? Peut-être parce qu&#8217;il est encore possible d&#8217;avancer. Parce qu&#8217;il est encore possible d&#8217;entrer en contact avec les réelles personnes concernées lors d&#8217;une manifestation. Parce que le gouvernement Correa vient de poser « 10 questions à son peuple », pour tâter le réel pouls de ce qu&#8217;il gère, rechercher les« instruments pour faire avancer sa révolution citoyenne* ». Le pouvoir ne se situe en effet pas juste en haut, il est dans les mains de chacun, dans les mains de la collectivité, et c&#8217;est bien ce que les gens d&#8217;ici semblent pouvoir nous donner comme première leçon. Cessons de nous taire!</div>
<div>*<a href="http://news.fr.msn.com/m6-actualite/monde/article.aspx?cp-documentid=157351482">http://news.fr.msn.com/m6-actualite/monde/article.aspx?cp-documentid=157351482</a>. Cette déclaration ne reste encore qu&#8217;une déclaration médiatisée, et peut être interprétée de différentes manières.</div>
<p><a href="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/06/P1030182.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2038" title="P1030182" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/06/P1030182-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
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		<title>Pouvoir d’achat</title>
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		<pubDate>Tue, 14 Jun 2011 03:33:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JosianeB</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Hier après-midi j’ai fait l’épicerie avec mon frère adoptif et sa femme. Ne lisant pas très bien les étiquettes présentes sur les différentes tablettes du super-marché, je me suis retrouvé à payer 5,00$ US pour une boîte de Q-tips et une barre de chocolat. J’aurais pu décider de laisser mes emplettes mais la vérité c’est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Hier après-midi j’ai fait l’épicerie avec mon frère adoptif et sa femme. Ne lisant pas très bien les étiquettes présentes sur les différentes tablettes du super-marché, je me suis retrouvé à payer 5,00$ US pour une boîte de Q-tips et une barre de chocolat. J’aurais pu décider de laisser mes emplettes mais la vérité c’est que le prix m’a choqué parce que  je suis en Équateur, un  pays où le salaire minimum mensuel est de 250$ après impôt. Plus je parcourais les hallés et plus je me disais qu’une mère monoparentale ayant un enfant telle que l’aînée de la famille avec laquelle je réside doit difficilement joindre les deux bouts. La pâte dentifrice 2,50$&#8230;le sac de sucre 1,65$,…1lbs de bœuf hâché 3,50$&#8230;</p>
<p><span id="more-2013"></span></p>
<p>J’ai eu un certain malaise en sortant de l’épicerie voyant que je venais de dépenser 5$ pour des futilités alors que tous les achats de ce dernier venait de coûter moins de 40$. Sur le chemin du retour nous nous sommes arrêtés  pour mettre de l’essence. 1,38$ le litre. En arrivant chez moi nous discutions et j’ai bien sentis que mon frère était intrigué par les prix canadiens après avoir remarqué ma surprise un peu plus tôt lors de nos achats. Il m’a demandé quel était mon salaire. Je lui ai repondu que le salaire minimum au Québec était de 9,50$ de l’heure. Je ne sais pas s’il avait déjà fait le calcul auparavant mais en le faisant en ma présence nous avons tous deux réalisés que s’est 40 heures de travail hebdomadaire lui donnait environ 1,65$ lorsque nous calculions son honoraire.</p>
<p>L’Équateur est le seul pays d’Amérique du Sud à utiliser le dollar américain, adopté au cours de l’année 2000, soit il y a à peine plus d’une dizaine d’année. Même si cette mesure a été mise sur pieds afin de stabiliser l’économie du pays, plusieurs semblent douter du bien fait de ce changement, moi y compris. Si 25 000 sucres, soit l’équivalent de 1US$, permettait jadis d’acheter une blouse ou un pantalon, ce n’est guère le cas aujourd’hui. L’objectif d’équilibre économique a été atteint mais le revenu des salariés n’a guère suivit la hausse des prix du marché. À qui la faute?</p>
<p>Pour dire vrai, j’ai horreur de parler d’argent parce que je n’ai alors d’autre choix que de me rendre à l’évidence que  le pouvoir d’achat  d’un  être humain, que ce soit ici ou ailleurs dans le monde, est ce qui, malheureusement, vient à le définir.  « Dis moi ce que tu peux acheter, je te dirai qui tu es ».</p>
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		<title>Dans la merde à Santo-Domingo</title>
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		<pubDate>Mon, 13 Jun 2011 03:15:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>FelixL</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Nous nous sommes mis dans la merde en venant ici à Santo-Domingo. C’est hier, assis en groupe autour d’une table que nous nous en sommes rendu compte. L’atmosphère entre nous était calme et détendue alors que nous parlions tous de ce genre de principes de vie que nous voulions suivre : le principe de mise en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2005" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/06/P1020872.jpg"><img class="size-medium wp-image-2005  " title="Fuego" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/06/P1020872-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a><p class="wp-caption-text">Feu de brousse à Santo-Domingo - Photo: Anouk M. Renaud</p></div>
<p>Nous nous sommes mis dans la merde en venant ici à Santo-Domingo. C’est hier, assis en groupe autour d’une table que nous nous en sommes rendu compte. L’atmosphère entre nous était calme et détendue alors que nous parlions tous de ce genre de principes de vie que nous voulions suivre : le principe de mise en danger. Le groupe y adhère à merveille. Nous sommes tous les 7 à la recherche du danger qui permet d’apprendre, et nous sommes heureux d’être en plein dedans et de se sentir en vie, ici, à Santo-Domingo.</p>
<p>Mais, pas besoin d’être dans une ruelle sombre et louche d’un <em>barrio</em>, d’embarquer à 8 personnes dans une petite voiture filant à toute vitesse sur une route trop étroite, ou de manger de la <em>street meat</em> pour se mettre dans le pépin. Alors, quelle est donc cette situation difficile au sujet de laquelle nous discutions l’autre jour autour de cette table? Pour moi, elle est la suivante : dans moins d’une semaine, je vais commencer à donner des ateliers sur le cinéma documentaire à deux groupes de 25 jeunes adolescent-es équatorien-nes, avec comme thème les droits des femmes en Équateur, le tout, bien sûr, en espagnol. Si l’on remet les choses en perspective : uno, je n’ai jamais animé un groupe de jeunes; dos,  je jase difficilement 2 phrases de suite en espagnol; tres, je suis comme un extra-terrestre dans le monde des droits des femmes. On gages-tu que ça va être toute une aventure? Mais voilà justement! C’est ça le but. S’il n’y a pas d’antagonisme, s’il n’y a pas de mise en danger, c’est le statut quo et on n’apprend jamais rien. C’est ce qu’on s’est dit : pourquoi rester tranquille à Montréal quand tu peux aller te mettre dans le trouble ailleurs.</p>
<p><span id="more-2004"></span></p>
<p>Et donc dans ce groupe, il y a 7 histoires comme celle-ci, 7 défis personnels, 7 stagiaires qui viennent se changer les idées – dans le sens le plus direct que peut prendre cette expression – à travers ce projet qui ne changera pas le monde, mais qui représente quelque chose de beaucoup plus grand que nous et ça, ça fout la chienne. Et on se demande alors ce qu’on peut bien venir faire dans cette galère. Quelle histoire…  Je me rappelle les 6 mois que j’ai investis dans la préparation de ce projet, que j’y ai consacré presque toutes mes fins de semaine, que j’ai dû vendre à un moment une partie de mes biens pour vivre parce que je n’arrivais pas à trouver un travail (à l’entrevue, les employeurs me remerciaient tout de suite poliment de m’être déplacé lorsqu’ils apprenaient non sans une certaine perplexité que je n’étais jamais disponible la fin de semaine, ni la plupart de soirs de semaine finalement. Tout ça pour un projet de bénévolat en coopération internationale. Ah!&#8230;Bon). Je me rappelle aussi les interminables levées de fonds après levées de fonds qui drainent toute ton énergie et ton temps pour un maigre 60$ qui n’aidera à financer qu’une petite partie du projet. Sept histoires comme celle-ci dans ce groupe. On est vite tenté de se dire : tout ça pour venir me mettre dans la …</p>
<p>Paradoxe encore, c’est à ce moment que tout s’éclaire. Sans tout ce temps et cette énergie investie avant notre départ, jamais notre groupe n’aurait pu avoir la dynamique qu’il a en ce moment, jamais je n’aurais vécu ces derniers mois si intensément, et jamais  je n’aurais rencontré ces personnes, ces amis, qui m’inspirent et m’impressionnent tous les jours. Mais par-dessus tout, je n’aurais pas eu la chance d’être ici et de pouvoir transmettre la passion et le désir du cinéma, d’assister à l’éveil de ces jeunes sur le point de découvrir toutes les possibilités de ce médium fantastique. Avec cet outil entre les mains, peut-être seront-ils une génération qui saura représenter la réalité d’ici pour être un moteur de changements sociaux, le cœur d’une nouvelle communication collective et communautaire. Finalement, je suis content d’être ici. Et toutes les difficultés du projet, tous les « dangers » auxquels je m’expose, toutes les fois où j’ai dit merde! , ne font que rendre ce projet plus essentiel.</p>
<p>En lisant ce blog, vous faites maintenant vous aussi partie de ce projet. Il sera mis à jour régulièrement tout l’été. So stay tuned !</p>
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