Articles classés dans 'Amérique latine' ↓

Le peuple des Andes

Auteur: Andreia Furtado

Au retour de notre excursion à la lagune du Quilotoa, je repense au peuple des montagnes que nous avons rencontré durant notre séjour dans la province du Cotopaxi. Les Kichwas, ce groupe autochtone qui vit dans les montagnes des Andes, fascine par sa capacité de survie malgré des siècles d’oppression.

Les femmes Kichwas sont particulièrement mémorables. Ces dames qui sont si joliment coiffées avec leur chapeau de feutre, certains arborant une plume de paon colorée, et leur longue tresse aboutissant sur leur dos couvert d’un châle artisanal. Avec leurs jupes ornées de décorations scintillantes et leurs escarpins à talons hauts, elles semblent quotidiennement porter leur habit du dimanche.  Dommage que je n’aurai pas la chance de les immortaliser sur photo : elles s’indignent lorsque un objectif pointe leurs visages. Sur la montagne du Quilotoa, elles sont plusieurs à guider des troupeaux de lamas ou à monter des touristes essoufflés à cheval afin d’atteindre le sommet de la montagne.

Au marché du samedi de Latacunga, mes camarades se laissent séduire par les chapeaux artisanaux que l’on retrouve sur les têtes autochtones de la région. Ils les porteront fièrement dans les quartiers de la ville malgré les ricanements des habitants qui dans leurs regards semblent nous avoir identifié comme des gringos copiant le style vestimentaire andin. De toute évidence, il nous manque de longs cheveux noirs ébène pour complémenter ces couvre-chefs à la Robin des bois.

Après deux jours à Latacunga et dans ses environs, je partage la fascination de ma colocataire de stage pour les peuples montagnards. Le climat frisquet d’altitude me réconforte. Le soleil, brûlant malgré l’air froid, nous laisse de jolies pommettes rouges. À 4000 mètres d’altitude sur la montagne du Quilotoa, notre position physique par rapport au ciel nous donne l’impression de pouvoir attraper un nuage. À l’horizon nous n’apercevons que de magnifiques structures rocheuses qui constituent une petite partie de la Cordillère des Andes. Et cette mystérieuse lagune qu’est le Quilotoa, dont la profondeur demeure inconnue, impressionne quiconque y pose les yeux. Il est rare de retrouver autant de beauté sauvage à un même endroit.

L’air pollué et humide de Santo Domingo semble si loin de nous. Les préoccupations du stage se sont noyées dans les eaux turquoise du Quilotoa.

Crédit photo : Marine Anaïs

État des lieux : 2 semaines plus tard

Auteur: Andreia Furtado

Deux semaines après notre arrivée en Amérique du Sud, nous intégrons tranquillement dans notre quotidien les repas salés à base de riz, le café instantané, le taux d’humidité se situant dans les 90%, les douches d’eau froide et les réunions de travail qui ne commencent jamais à l’heure.

On apprend aussi à apprivoiser nos quartiers : l’absence d’adresses postales fait que nous reconnaissons les rues grâces aux commerces environnant et aux paroisses. Nous n’avons pas encore rencontré nos voisins, mais nous reconnaissons le jappement de leurs chiens qui nous empêchent de dormir la nuit. Après le travail, nous transformons nos toits de maison en espaces 5 à 7. On découvre les marchés publics nommés après des dates importantes. On se débrouille avec l’espagnol même si nos collègues de l’ACJ nous perdent parfois dans leurs élans de paroles accélérées. On commence malgré tout à saisir certaines expressions locales et leur signification: les ¿mande? remplacent les ¿perdón?, le ya égale ok et au lieu du cool qui nous est si commun, ici on dit fièrement chévere.

On se laisse aussi séduire par la générosité des résidents de la ville qui partagent avec nous les origines de la population de la province. Santo Domingo est une province d’expatriés, un véritable carrefour où cohabitent les indígenas, réfugiés Colombiens et natifs de la côte Pacifique. La diversité des accents que nous entendons dans les rues, dans les bus et au marché nous fait comprendre le tissu social multiculturel de l’Équateur.

L’échange culturel se fait des deux côtés: curieux, les gens nous demandent pourquoi certains d’entre nous portent un carré de feutre rouge. Pourquoi nous parlons français. Ils ne semblent pas non plus comprendre le processus de fabrication du sirop d’érable, mais raffolent des petites gâteries made in Québec que nous leur avons apportées.

Dans nos phases nostalgiques, on fait une petite balade au centre commercial – au shopping – où l’on retrouve des produits qui nous sont plus familiers. Un détour au club vidéo du coin nous permet aussi de retrouver à l’écran nos films fétiches d’adolescence. Et quand le goût sucré nous manque, on hésite à acheter le pot de nutella dispendieux que nous fixons à travers la vitrine du dépanneur. Tranquillement, je prends aussi goût au dépaysement. Être déconcertée par les différences culturelles rencontrées ici me rapproche étrangement de ma propre culture, aussi métissée soit-elle.

La coopération que nous prônons à travers notre travail avec les jeunes se fait aussi sentir entre nous : on se parle de nos problèmes de santé comme on le ferait avec notre mère, on se partage la crème solaire, le chasse moustiques, les maillots de bain et les pains sucrés achetés au vendeur ambulant qui agite son klaxon tous les jours devant l’ACJ. La vie de notre groupe est entretenue par huit individus ayant grandi dans des milieux complètement différents et qui ne se connaissaient pas du tout il y a à peine neuf mois. Notre passion commune: partager nos connaissances – qu’elles soient sociales, anthropologiques ou cinématographiques – aux jeunes que nous côtoyons, tout en étant désorientés par la culture latine. Mais le choc culturel n’est pas si choquant : après tout, c’est en perdant nos repères culturels que nous approfondirons sans doute la connaissance de nous-mêmes.

 

Pouvoir d’achat

Auteur: Josiane Blanc

Hier après-midi j’ai fait l’épicerie avec mon frère adoptif et sa femme. Ne lisant pas très bien les étiquettes présentes sur les différentes tablettes du super-marché, je me suis retrouvé à payer 5,00$ US pour une boîte de Q-tips et une barre de chocolat. J’aurais pu décider de laisser mes emplettes mais la vérité c’est que le prix m’a choqué parce que  je suis en Équateur, un  pays où le salaire minimum mensuel est de 250$ après impôt. Plus je parcourais les hallés et plus je me disais qu’une mère monoparentale ayant un enfant telle que l’aînée de la famille avec laquelle je réside doit difficilement joindre les deux bouts. La pâte dentifrice 2,50$…le sac de sucre 1,65$,…1lbs de bœuf hâché 3,50$…

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« …Du sein d’une femme a coulé un désert de sel… »

Auteur: Marc-André Blais

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Plusieurs tergiversent sur le vocabulaire a utiliser pour nommer le changement en cours en Bolivie. S’agit-t’il d’une révolution? Il y a là matière à débat de théoriciens et de références. Une révolution se limite t’elle à une transformation profonde des fondements politiques et économiques. Á un renouvellement de  ses élites? Doit-elle être violente ou impulsé par le bas, c’est-à-dire le peuple? Les avis divergent et les mots se font hésitants à définir ce qui se Lire la suite →

Rêve bitumineux : de Santa-Cruz à Uyuni une rivière noire creuse son nid

Auteur: Marc-André Blais

L’insomniaque fasciné observe par la fenêtre de l’autobus un pays qui défile devant ses yeux. Il croit saisir un peu des secrets de cette terre de contrastes. Il entrevoit aussi un peu de sa misère. Ses sens sont saturés par le vacarme du moteur fonctionnant à bas régime, l’odeur de diesel qui pénètre par quelques fenêtres ouvertes et les paysages fascinants. L’itinéraire de cette longue route, effectué il y a déjà plus de deux semaines, compta 4 arrêts et environ 30 heures. Une longue période pendant laquelle les voyageurs sentent dans leur corps la douleur persistante qu’inflige la surface accidentée d’une route en grande partie sans bitume.
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« Sucre capital del facismo.. »

Auteur: Marc-André Blais

Sucre, Dan Cool

Sucre, Dan Coole

Au centre de Sucre, où s’affèrent vendeurs itinérants et touristes oisifs, éclate la clameur bruyante d’une foule. Dans la rue, quelques centaines de manifestants marchent dans un cortège dont la progression est rythmée par la cadence imprévisible de la détonation des  pétards. Ces éclats rappellent les coups de feu et plus troublant encore, le  surgissement possible de la violence.  Nous venons à peine d’arriver dans la ville de Sucre. Épuisés par l’épreuve d’un long voyage nocturne sur les routes accidentées de Bolivie, nous contemplons la beauté offerte par la blancheur narcissique des immeubles du centre colonial de cette ville lorsque surgissent les hurlements.

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Le forum social, c’est aussi des manifestations : les accords commerciaux sont dénoncés.

Auteur: Thomas Chiasson-Le Bel

Par Thomas Chiasson-LeBel

En plus d’être un espace d’échange entre les mouvements sociaux, le Forum social des Amériques (FSA) a également été une occasion pour certains mouvements sociaux de donner du poids à leurs actions en invitant des organisations d’autres pays touchés par les mêmes problématiques à y participer. Dans le programme du Forum, cinq manifestations étaient annoncées pendant les 6 jours du forum. L’une d’elles a attiré beaucoup d’attention puisqu’elle concernait les négociations commerciales avec l’Union européenne, négociation qui concerne tous les pays d’Amérique centrale.  Retour sur les motifs d’une action.

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Au FSA, les entreprises minières sont jugées, pendant ce temps…

Auteur: Thomas Chiasson-Le Bel

Une bonne partie des activités du Forum social des Amériques (plus d’une dizaine) porte sur les activités minières et leur impact sur l’environnement, les communautés installées aux alentours des lieux d’extraction, et le climat de peur qui règne dans les communautés qui manifestent contre les entreprises extractives. Des affiches sur le territoire du Forum avertissent les participants que certaines entreprises minières espionnent les ateliers. Le vendredi 10 octobre, un tribunal populaire sur les activités des transnationales jugera le cas de certaines entreprises minières.

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Après 2 jours : Les particularités qui marqueront le FSA 2008-Guatemala

Auteur: Thomas Chiasson-Le Bel

Après les deux premiers jours du Forum social des Amériques, dont le premier a été consacré à l’inscription et à la cérémonie d’ouverture, on peut déjà percevoir la teinte particulière qui marquera ce forum. En se déroulant au Guatemala, la dynamique de ce pays colore autant le site que la programmation. C’est le premier évènement de ce type à se tenir en Amérique centrale.
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Radio en direct !

Auteur: Stéphanie Rousseau

Pour ceux qui veulent connaître les enjeux du Forum Social des Amériques, vous pouvez suivre nos reportages en direct du 7 au 12 octobre à Midi-Libre, l’émission d’actualité de CIBL Radio-Montréal au 101.5 FM !  Cette émission est diffusée  du lundi au vendredi à partir de midi.

Le 8 octobre 2008, Thomas Chiasson-LeBel a également accordé une entrevue en directe à Mélanie Bélanger, animatrice de l’émission Nuestras Americas. Ce programme de la radio Internet de l’UQAM, Choq.FM, couvre hebdomadairement l’actualité latino-américaine. Vous pouvez entendre l’émission à l’adresse suivante :
http://archives.choq.fm/2008-10-08/128_74.mp3

et consulter le site de l’émission : www.choq.fm/nuestraamerica.html

Nous diffuserons bientôt d’autres liens pour voir nos reportages