Articles classés dans 'Bolivie' ↓

Les mines du diable…

Auteur: Mylène Bellerose

Jeudi 2 juillet 2009. Les neufs stagiaires entrent dans une des mines du Cerro Rico à Potosi, armés de lampes frontales, casques, bottes et de vêtements larges. Si je ne m’étais fiée qu’au son, je me serais cru dans le film Blanche-Neige et les sept nains, lorsque ces derniers travaillent à la mine. Mais la réalité est bien loin d’un conte de fée. Lire la suite →

Dans le sable

Auteur: Marie-Soleil Desautels

Ça y est. Les montagnes ont disparu. Dans mon nez, mes yeux, ma bouche, du sable.

Pour seul son, celui du vent. Pour seule couleur, celle du sable. Pour seule sensation, celle de ces grains qui me pincent, décidés à percer mes orifices, à me fouetter, à se venger pour toutes les fois où je les ai piétinés. Lire la suite →

Neuf québécois et une famille

Auteur: Marie-Soleil Desautels

La modeste maison est sur deux étages. L’entrée donne sur le garage, voisin d’une pièce à débarras, de deux chambres et d’une toilette. À l’étage, quatre petites chambres, une salle de bain, une cuisine et une salle à manger. À l’arrière, une petite cour encombrée de roches, de planches de bois pêle-mêle, de cordes à linge et de bassins pour nettoyer les vêtements à la main. Habituellement y vit une famille dont trois des cinq enfants étudient à l’extérieur d’Uyuni. Lire la suite →

Un jus d’orange, s’il-vous-plaît!

Auteur: Marie-Soleil Desautels

Jus-orange
Bolivie, Potosi – Aux coins des rues très fréquentées ou près des parcs, des vendeurs de jus d’orange se partagent les passants en manque de vitamines. Pour 3 bolivianos en moyenne, soit environ 50 sous canadiens, s’obtient un verre de jus fraîchement pressé.

Le vendeur enlève la majorité de la pelure des oranges avec un petit tourniquet puis les presse énergétiquement. Le tout est versé dans un verre, à boire sur place, ou dans un sac de plastique, pour emporter.

À Potosi, une Association des vendeurs de jus d’orange a été fondée le 8 juillet 2002.

La Saint-Jean à tous les jours (partie II)

Auteur: Mylène Geoffroy

Evo à San Cristobal

26 juin, soleil levant. Une liste d inscription des participants circule dans un bus. Une affiche écrite à la main est collée sur le pare-brise: « FRUTCAS- San Cristobal ». Le véhicule est bondé, toutes les tranches d’âge s’y côtoient, les gens discutent entre eux. Evo Morales débarque à San Cristobal, village déplacé, développement minier oblige, se trouvant à une centaine de kilomètres de Potosi.

Le Président honora de sa présence l’inauguration d’un institut technique environnemental que met sur pied la minière japonaise , nouvellement entière actionnaire d’une des plus grandes mines à ciel ouvert du monde. La FRUTCAS et ses militants profitent évidemmentde l’occasion pour aller saluer le compañero presidente, à notre plus grand bonheur, évidemment…

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La Saint-Jean à tous les jours. (partie I)

Auteur: Mylène Geoffroy

23 juin, veille de la San Juan Baptista. 11H00. Je suis dans un café Internet d’Uyuni et je vis une matinée déprimée, de solitude, à des lieux de chez moi, où même les étoiles et les saisons s’entêtent à me signifier la distance qui me sépare de mon monde.. Mon Québec, ma ville, ma campagne me manquent en cette veille de fête nationale. Je retourne à la maison et je me cantonne dans un oasis temporaire, étendue sur mon sac de couchage, un rayon de soleil pénétrant jusqu’aux os, du Tom Waits plein les oreilles. Et puis me dis-je, qu’est-ce que j’aurais a fêter? Tant pis pour la St-Jean.

15h30. Je sors de mon lit. Notre groupe de 8 femmes stagiaires est invité à la FRUTCAS, notre partenaire, afin dy célébrer lélection dun des leurs, Eloy Caliza, à la direction départementale del Instumento Politico por la Soberania de los Pueblos - Movimiento al Socialismo (IPSP-MAS), le parti de Morales. Onze territoires sont ainsi gagnés pour une représentation totale de seize provinces. Une victoire pour le mouvement paysan et autochtone de la région de Potosi. La lutte se poursuit. Suivant les propos du nouvel élu, le Président et la nouvelle Constitution ne suffisent pas; c’est vers un changement structurel profond que l´on doit se diriger, et lélection d Eloy Caliza est une offensive de plus, et démocratique de surcroît!

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Doña Fransisca

Auteur: Mylène Geoffroy

Doña à San Cristobal

Doña est un terme quasi désuet dans la langue castillane, il s’utilise, paraît-il, en signe de respect à une personne plus âgée ou plus élevée hiérarchiquement. Quant à moi, le respect s’acquiert aussi à l’expérience et à la grandeur d’âme.

C’était notre deuxième jour à Uyuni, notre première rencontre avec la FRUTCAS, l’organisme partenaire. Il y avait Hector, Max et Don Fransisco. Et la voilà qui entrait, discrète, nous saluant brièvement. Elle s’assît près de nous, attentive aux propos de Don Fransisco, un des dirigeants de l’organisation. Alors que celui-ci nous entretenait des luttes de la FRUTCAS, elle l’interrompît soudainement, ou plutôt le « compléta »; personnellement, je n’aurais jamais osé couper la parole à cet homme prestant.

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J´ai vu Evo

Auteur: Stéphanie Perron

6h30. Le réveil. Nous nous rendons a la FRUTCAS dans un matin glacial. Dans quelques heures, le soleil qui se pointe derrière les montagnes réchauffera Uyuni, et fera fondre la glace qui s´est formée sur les trottoirs dès la tombée du jour.

7h30. Deux autobus attendent. Après trente minutes, les autobus remplis de boliviens et de 9 canadiens, nous quittons la ville. Nous roulons sur une route droite et cahoteuse pendant deux heures. Un mince trait de poussière dans un décor ocre, beige, vert et bleu, où pointent à l´horizon des dizaines de sommets enneigés.

9h50. San Cristóbal. Déjà plusieurs bus s´alignent sur la rue principale de la communauté minière. Trois drapeaux flottent au vent pour accueillir le président. Celui de la Bolivie, celui de San Cristóbal et étonnament, celui du Japon. Rapidement, la surprise s´atténue. J´apprends que la mine de San Cristobál est possédée par des entrepreneurs japonais. Lorsqu`on a découvert le potentiel minier du site, un problème de taille s´est posé. Le village de San Cristóbal y était établi. La solution ? Réétablir quelques kilomètres plus loins les centaines d`âmes du village en leur offrant de reconstruire les maisons et les installations communautaires. Il suffit de pénétrer dans la magnifique Église de style colonial qui retrace les étapes de sa reconstruction et de son transport vers le nouveau site du village. Aujourd´hui, la Sumitomo Corporation exploite sur ce site des gisements de plomb, de zync et d´argent dans l`une des mines à ciel ouvert les plus importantes de Bolivie.

10h45. Un soleil de plomb plonge sur la foule s´est rassemblée autour d´une scène où un groupe de musique joue quelques pièces andines. Les tambours s´élèvent au loin. Une fanfare joue des airs militaires. Il y a de l´électricité dans l´air. Des Wiphalas (drapeaux quadrillés des peuples autochtones des Andes), des drapeaux de la Bolivie et certains d´autres organisations s´élèvent. Des pétales blanches volent. Les gens se pressent. Evo Morales monte sur la scène, acclamé par la population locale et les autres qui ont roulés pendant plusieurs heures pour le voir. Les discours se succèdent : le représentant de la ville, le représentant japonais, et le président. Je remarque tous ces gens autours de moi. À droite, un groupe de travailleurs coiffés de casques bleus, derrière, une organisation autochtone, à gauche, quelques jeunes familles. Plusieurs braquent leur cellulaire pour prendre une photo, ou enregistrer quelques bribes de son discours qui traite de l´importance de l´énergie renouvelable dans les exploitations minières. Et je me questionne devant ce président symbolique qui a été porté au pouvoir par la force et les luttes sociales des plus défavorisés. Aux côtés de ces propriétaires japonais, son discours a-t-il encore toute sa force ?

Evo Morales (casque bleu) aux côtés de l´ambassadeur japonais et de propriétaires de la mine de San Cristóbal.

Evo Morales (casque bleu) aux côtés de l´ambassadeur japonais et de propriétaires de la mine de San Cristóbal.

Plusieurs Wiphalas se sont élevées pour saluer Evo Morales lors de son arrivée sur la scène.

Plusieurs Wiphalas se sont élevées pour saluer Evo Morales lors de son arrivée sur la scène.

Des gringas à la radio

Auteur: Hélène Robitaille-Hidalgo

Bienvenidas compañeras nous lance Delia, la directrice de la Fédération des femmes campesinas à notre arrivée mardi dernier dans les bureaux de la FRUCTAS, notre partenaire bolivien. Compañeras. Ce mot résonne en nous comme une invitation à l´action dans un esprit d´égalité et de solidarité peu commun. Peu de temps s´écoule avant qu`Hector, le directeur de la radio, vienne nous accueillir dans la cours où nous l`attendons fébriles et nerveuses. Il nous fait rapidement visiter les trois studios de radio et nous emmène dans le bureau de Don Francisco, le directeur exécutif de la FRUCTAS. Une photo d´Evo Morales, lui même ancien syndicalista cocalero, trône derrière le bureau du directeur et nous indique la ligne de pensée cette organisation.

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Je suis une gringa.

Auteur: Daphné Lemelin

Uyuni, Bolivie – Café internet, les doigts gourds de froid.

J’aimerais vous décrire le froid, les odeurs, la nourriture, les gens, les visages, les montagnes…

Je ne rapporte aucune photo de mon cru de ce voyage.. Première fois. Alors je vous laisse l’imaginer … un tant soit peu.

Pour comprendre Uyuni, il faut fermer les yeux et déguster le soleil sur sa peau.

Il faut bouger les orteils pour ne pas les perdre dans les dédales du froid.

Il faut se couvrir de couches et de couches de chaleur, mais ne jamais oublier le soleil qui brûle malgré tout.

Il faut ouvrir ses narines et laisser les odeurs de chair de lama, d’oranges, de riz et de poulet vous envahir.

Parce que Uyuni….  Lire la suite →