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	<title>Stagiaires d'Alternatives &#187; Bolivie</title>
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	<description>Le blog des stagiaires d'Alternatives</description>
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		<title>L&#8217;homme au charango</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Sep 2010 00:38:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie-ClaudeR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Amérique du Sud]]></category>
		<category><![CDATA[Bartolina - 2010]]></category>
		<category><![CDATA[Bolivie]]></category>
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		<description><![CDATA[Une vidéo de Coralie Dumoulin et Marie-Claude Rouillard Croisé au hasard dans les rues marchandes de La Paz, en train de mettre la clé à sa caverne d’Ali Baba, Pedro Mar est une de ses personnes généreuses et affables à qui nous avons le plus naturellement du monde tendu le micro. Entre une prescription de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><object width="480" height="385"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/WSeXMsDHM_Y?fs=1&amp;hl=en_US"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/WSeXMsDHM_Y?fs=1&amp;hl=en_US" type="application/x-shockwave-flash" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true" width="480" height="385"></embed></object></p>
<p><strong>Une vidéo de Coralie Dumoulin et Marie-Claude Rouillard</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Croisé au hasard dans les rues marchandes de La Paz, en train de mettre la clé à sa caverne d’Ali Baba, Pedro Mar est une de ses personnes généreuses et affables à qui nous avons le plus naturellement du monde tendu le micro. Entre une prescription de médecine traditionnelle pour nos estomacs usés et une anecdote invraisemblable sur les sirènes du lac Titicaca, l’énigmatique Pedro nous a parlé de ses <em>charangos</em>. Instruments à corde d’origine bolivienne,  ses multiples <em>charangos</em> trônent au sommet de son atelier de musique où ils côtoient quenas, zampoñas et divers autres instruments de musique folklorique. Voici donc Pedro, un homme dont l’histoire personnelle s’entremêle à celle de la Bolivie d’Evo Morales, dorénavant fière de ses racines autochtones et digne de ses accents musicaux distinctifs :<a href="http://www.youtube.com/watch?v=WSeXMsDHM_Y">L&#8217;homme au charango</a>.</p>
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		<title>Droit de barrage</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Aug 2010 20:49:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc-AndreBl</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bartolina - 2010]]></category>
		<category><![CDATA[Billets d'humeurs]]></category>
		<category><![CDATA[Bolivie]]></category>

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		<description><![CDATA[De Schefferville à Potosi… Chaque semaine je reçois dans mes courriels plusieurs liens que je dois reléguer aux oubliettes. Ici, ouvrir une page Web nous ramène à notre stoïcisme de 1996, époque ou il était tout à fait normal d’attendre 5 minutes pour que s’ouvre la page désirée. Cette semaine, j’ai pris mon mal en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><img title="potosi" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2010/08/potosi.jpg" alt="potosi" width="262" height="187" /></p>
<p style="text-align: left;">De Schefferville à Potosi…</p>
<p>Chaque semaine je reçois dans mes courriels plusieurs liens que je dois reléguer aux oubliettes. Ici, ouvrir une page Web nous ramène à notre stoïcisme de 1996, époque ou il était tout à fait normal d’attendre 5 minutes pour que s’ouvre la page désirée. Cette semaine, j’ai pris mon mal en patience et épié quelques touristes pendant que s’ouvrait cet article de Louis Hamelin.<span id="more-1533"></span>Parfois, la monotonie de l’actualité québécoise réserve dans ses marges quelques surprises. Généralement commentateur de l’actualité littéraire, Louis Hamelin s’est rendu au nord de la Côte Nord pour documenter la présence d’un barrage amérindien qui obstrue actuellement les rares routes de la région. Depuis le 11 juin, le passage par lequel les camions de la Labrador Iron Mines et la New Millinium sortent le minerai de fer de Shefferville est bloqué. Les revendications mises de l’avant n’ont rien d’une surprise; les ententes signées par des bras cerclés de montres dorées quelques part dans des bureaux de Montréal, Toronto ou ST-John, ont fait fi de la légalité précoloniale et des droits terriens revendiqués par les communautés Innus du Québec. L’obscénité de ces camions qui « take the money and go » a ravivé les souvenirs douloureux de cette ville que l’on va piller et abandonner pour une deuxième fois dans l’histoire. Cette actualité québécoise, probablement peu documentée en dehors des médias de la Côte Nord, nous semble ici familière. Depuis plus de deux semaines, la ville de Potosi est obstruée par des barrages routiers. L’amplitude de ces blocages et les raisons n’ont évidemment rien en commun avec la situation québécoise. Pourtant, dans les deux cas, il y a  ce même geste de désobéissance et jusqu’à maintenant, l’absence de réaction coercitive directe de la part des autorités.</p>
<p>La situation de Potosi prend aujourd’hui des proportions nationales. Dans la mémoire des gens d’ici, on n’a jamais vu une commotion d’une telle ampleur dans la région. La grève générale illimitée est en vigueur dans la capitale départementale depuis 15 jours. Compte tenu de la fragilité du circuit routier bolivien et du rôle vital qu’occupe chacune des routes, la région est aujourd’hui presque entièrement paralysée. L’accès à Sucre et Santa Cruz est impraticable sans une laborieuse et improbable négociation. L’accès à Oruro et La Paz était encore possible il y a quelques jours grâce à un détour par le désert du Salar. Cette semaine, le barrage s’est refermé sur les entrées du désert de Sel. Les autobus attendent maintenant que le froid de la nuit ait raison de la volonté des insurgés pour prendre la route. Nous, qui revenions d’une visite au plan pilote d’exploitation du Lithium, avons dû contourner cavalièrement un de ces barrage sous un tir croisé de pierres. Dans cette escalade impressionnante des moyens de pression, Uyuni est le prochain terrain à conquérir. Déjà, on prévoit des arrêts temporaires d’électricité, des pénuries de gaz et le seul guichet de la ville est sans liquidité depuis une semaine. Les élites de la ville et la <em>Federacion regional de trabajadores campesinos del Altiplano Sur</em> (FRUTCAS), notre partenaire local, refuse de prendre partie pour cette étrange mobilisation dont j’exposerai plus loin les mobiles. L’importance économique du tourisme, qui souffre beaucoup du blocage, y est évidemment pour beaucoup, mais il y a plus. Cette grève générale est d’une composition sociale et politique très hétérogène. Si les moyens mis en œuvres sont celle d’une grève politique offensive, son programme réunit des demandes sectorielles élaborées par une alliance sociale dont l’articulation principale porte le nom de développement RÉGIONAL (pour régionalisme). </p>
<p>Pour nous, cette histoire commence avec notre escale manquée vers Coroma où nous allions assister à la cérémonie du nouvel an Aymara. Ce moment a laissé dans ma mémoire une forte impression dont je vais relater ici quelques détails. Notre voiture s’était arrêtée devant un pont surplombant une des rares rivières de la région. Sur celui-ci, une barrière de roches étalées sur le sol, un drapeau tendu de la Bolivie et derrière, des gens de Coroma veillant à ne laisser passer personne traverser. Après quelques échanges avec des représentants de la FRUTCAS, on nous laissa aller jusqu’à un autre barrage situé à environ une heure de marche. Là, on avait improvisé dans la cours arrière d’un restaurant cerclé de montagnes une arène politique ou circulaient, entre les hommes et les femmes, quelques poules. Des curieux massés tout autour des murs écoutaient l’interminable succession des discours. Comme dans tous les rassemblements populaires, un groupe de femme préparait une soupe populaire dans un énorme chaudron déposé sur le feu. De ce portrait se dégageait un mélange étrange de gravité festive. Dans un champ en retrait, la « population prise en otage » s’affrontait dans une épique partie de football. Fait étonnant, aucune force de l’ordre n’était présente, exception faite du garde du corps craintif et désarmé du gouverneur. En pleine tourmente du G20 (ou G8?) canadien, cette absence m’apparaissait être un fait exceptionnel et exemplaire. Ce même gouverneur était venu pour discuter dans cette assemblée rustique sans tentures avec les maires des municipalités environnantes, les autorités originaires et la population présente. Dans l’assouplissement des interdits, l’hostilité à la présence des seuls étrangers s’exprimait à travers des regards sombres, blagues et remarques. Là-bas, les gens ont parlé abondamment mais évidemment, aucune conclusion positive pour Coroma n’avait pu surgir de cette rencontre précipitée. Le gouverneur avait profité du souper pour disparaître et la population de Coroma et de Quillacas, dans un grand nuage de poussière, expurgèrent leur frustration dans une courte escarmouche.   </p>
<p>Sans foi ni classe</p>
<p>Il m’est encore difficile d’expliquer avec précision les motifs de cette réunion. D’abord, il y a cette fabrique de béton que l’on projette de construire dans le département d’Oruro près de la frontière du département de Potosi. La population de la province de Coroma, situé dans le département voisin de Potosi, revendique depuis longtemps cette part de la frontière. Le litige est historique. On parle d’une invasion de Coroma au cours d’une nuit déjà centenaire, d’un massacre, de droits de propriété familiaux usurpés, etc. Mais de cette démonstration subsiste une question, comment les griefs territoriaux de cette population fort peu nombreuse a pu conduire à la paralysie complète du département? C’est à partir de l’approbation de la loi Marco de la Autonomia, loi cadre de la décentralisation politique de la Bolivie, que la population de Coroma a radicalisé ses méthodes. Des barrages sur la route de Potosi ont alors été érigés. C’est à partir de ce moment que le mouvement a pris de l’ampleur grâce à un ensemble d’alliances stratégiques.</p>
<p>Pour les gens de Coroma, c’est d’abord la faiblesse numérique du mouvement qui motiva ces alliances. Ajoutons à cela le caractère exigu du discours et des revendications, dont les fins ne peuvent être généralisées à l’ensemble de la population en tant qu’orientation politique universelle. Car au fond de cette histoire, l’on réclame  quelques ajustements techniques et des investissements sectoriels qui tardent. De cette faiblesse naîtra une première alliance avec le comité civique de Potosi. Pour ce comité constitué d’élites départementales, dont la composition rend difficile l’initiation d’un important mouvement de masse, la radicalité de la population de Coroma et le blocage qu’elle a initié est l’opportunité de donner une forme populaire à leur propre agenda voire, de subvertir la contestation. Le comité réclame notamment la construction d’un aéroport internationale dans sa ville. Simultanément, les étudiants et professeurs universitaires répondirent positivement à l’appel du comité civique en déclarant la grève générale illimité. La troisième alliance nait avec l’appui des mineurs de Potosi et leur puissant syndicat, la C.O.B. (centrale ouvrière bolivienne). Avec eux, c’est toute la force symbolique de la tradition militante et révolutionnaire des mineurs du département qui joint le mouvement. Leur principale revendication consiste en une opposition à la fermeture de la mine de Cierro Rico, cette montagne appauvrie dont l’exploitation est aujourd’hui quatre fois centenaire. Cette masse orangée perd annuellement plusieurs dizaines de pieds sous l’impact des affaissements. Le gouvernement a entamé récemment des évaluations pour déterminer les zones les plus à risque, lesquelles devront être interdites d’exploitation. Autour de ce noyau de revendications vient s’ajouter quelques demandes depuis longtemps ignorées, tel l’achèvement du pavage des routes, réfection d’usines, etc. De cette alliance de classes sociales et d’intérêts divergents ne peut émerger de discours ou un quelconque programme progressistes. On peut constate l’absence de thématiques fondamentales pour la région comme par exemple, la nationalisation des projets miniers existants ou la protection des sources d’eau du Silala, actuellement exploités sans compensation au profit des minières établies sur le territoire chilien. </p>
<p>Le 4 août , plus d’une centaine de milliers de personnes défilèrent dans les rues de Potosi sous les couleurs rouge et blanche du drapeau du département. Cette foule exulta son appartenance régionale. Comme une menace séparatiste, l’on hurle « Potosi fédéral! ». Ces défilés sous les drapeaux départementaux rappellent étrangement les débordements autonomistes de l’orient bolivien. Cependant, ici l’on peut s’appuyer sur une histoire faite de souffrances et d’abnégation. Ce fils appauvri de la Bolivie fut et est un pôle important dans l’accumulation national et international du capital. Toute les années de service à la nation rendues grâce à l’exploitation de son riche sous-sol, longtemps la source principale d’échange sur les marchés internationaux, n’ont laissé que très peu à la région. Potosi est le département possédant le pire indice de développement humain. Parmi toutes les statistiques, notons que 6 personnes sur 10 vivent dans l’extrême pauvreté et que 101 enfants sur mille meurent à la naissance. Aujourd’hui, l’ignorance feinte des autorités, le refus de négocier et la lenteur des projets sont accueillit comme une insulte insupportable. Cette attitude a permis d’accélérer l’évolution de la crise, qui à chaque journée élargit ses appuis auprès des commerçants, travailleurs(ses) et bientôt, d’autres villes et villages. Le mouvement s’appui largement sur une dynamique contestataire fondé sur la solidarité régionale. Chacun des nouveaux venus ajoute une ou deux revendications : pavage de sa route, électrification, etc. À défaut d’un programme politique bien définis, le mouvement carbure à la frustration cumulée d’une pauvreté endémique et surtout, de l’espoir sans cesse exacerbé par les promesses et slogans clamant « le changement » et le « bien vivre ». Car ce qui est réclamé a été mainte fois promis.</p>
<p>Du coté du pouvoir, difficile de déchiffrer la présence d’une stratégie cohérente face à la crise. On appel à des négociations conditionnelles à l’arrêt des moyens de pression. Pendant ce temps, le président voyage en Corée, parle des mouvements sociaux au Forum Social des Amériques et joue au soccer à Cochabamba. Il y a, on peut le supposer, improvisation et dépassement. Cette crise fait naître plusieurs dilemmes au sein du pouvoir. D’abord, la peur de voir des mouvements de revendications similaires se multiplier dans les autres départements si des concessions importantes sont accordées. Ensuite, en tant qu’instrument des mouvements sociaux, il est primordial que l’État se refuse à toute solution coercitive malgré les débordements de violence signalés dans la ville de Potosi (dynamite, assaut sur des personnes dont le gouverneur, incendie de voitures, etc.). Il est à supposer que le désordre actuel et l’inertie des casernes laisse une partie de l’élite militaire conservatrice furieuse. Assurément, cette crise provoque au sein du pouvoir une situation déstabilisante ; le département de Potosi, qui a appuyé à plus de 70% le MAS (Mouvement vers le socialisme) à la dernière élection, a vu dans la dernière année une écrasante majorité de postes municipaux, assembléistes, gouverneurs et sénateurs remportés par lui. Cet évènement provoque un transfert structurel de pouvoir. Aujourd’hui, ce sont les gens associés à l’opposition qui se font les porteurs de la contestation populaire, discréditant ainsi l’élite <em>masiste</em>. Une forme de renversement des rôles traditionnels. Évidemment, le mouvement se prétend apolitique. La réalité est cependant différente. Ainsi, par alliance partisane, les élus du MAS sont incapables de porter les revendications et faire pression sur le gouvernement. Comme preuve de fidélité et de soumission, les organisations grévistes ont exigé que tous ces représentants soumettent leur corps à la grève de la faim. Les <em>juntas vecinales</em>, forme de conseil de quartier, les comités civiques et les autres organisations civiles, qui sont généralement animés par les anciennes et nouvelles élites de l’opposition, sont devenus aujourd’hui les porte-paroles de ce mouvement populaire. Par le biais de ces organisations et de la forte mobilisation, ils se sont réapproprié temporairement le pouvoir départemental. Par exemple, le conseil de grève de Uyuni a  décrété la prise en charge du canal de télévision municipal, lequel diffusait une information jugée trop critique. Par ailleurs, les mouvements sociaux comme la FRUTCAS, qui traditionnellement sont des acteurs s’appuyant sur la mobilisation populaire, tardent et peinent à prendre position au sujet de la grève actuelle. Rappelons que durant la dernière année, elle a activement favorisé l’élection du MAS dont plusieurs de ses membres et supporteurs sont maintenant des représentants. La FRUTCAS est ainsi partagé entre la stratégie électorale ou institutionnelle et la voie populaire. En ce sens, cette crise risque de discréditer l’indépendance de l’organisation et ainsi, affaiblir d’avantage ses appuis populaires. Pourtant, la FRUTCAS et d’autres organisations similaires ont le potentiel de donner à ce mouvement une véritable voie progressiste.</p>
<p>Au moment où j’écris ces lignes, Uyuni a apporté son support à Potosi. Réuni dans le colisée sportif, les <em>juntas vecinales</em> ont approuvé dans un grand débordement de joie la grève générale. L’on peut se demander aujourd’hui, avec le développement de ce mouvement, si nous assistons à un dépassement du pouvoir par sa droite? Ce sont assurément des sursauts déchirants de par leur propagation au sein des soutiens traditionnels du pouvoir. Chose certaine, la situation met en relief la faiblesse des velléités de redistribution et de développement d’un pays dont l’économie dépend essentiellement de la vente et l’exploitation des matières premières. Matières qui demeurent d’ailleurs majoritairement exploités par des entreprises étrangères. Dans un contexte de pénurie de ressources techniques, technologiques et financières, chacune des promesses chantées au cours des campagnes électorales interpellent secrètement patience et stoïcisme alors qu’elles suscitent en réalité les espoirs les plus ardents. Espoirs que l’on juge aujourd’hui trahis.</p>
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		<title>Grève générale illimitée : Uyuni paralysée</title>
		<link>http://www.stages.alternatives.ca/archives/1523</link>
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		<pubDate>Fri, 13 Aug 2010 18:53:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie-ClaudeR</dc:creator>
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		<description><![CDATA[En cet après-midi venteux du 11 août 2010, dans l&#8217;arène bondée du Colisée municipal, les uyunienses ont d&#8217;une même voix choisi d&#8217;appuyer la grève générale illimitée qui sévit dans la ville de Potosi depuis déjà 14 jours. Environ 2000 habitants formant une foule hétéroclite ont été sans appel face aux interrogations du maire qui sondait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="mceTemp mceIEcenter">
<dt class="wp-caption-dt" style="text-align: justify;">En cet après-midi venteux du 11 août 2010, dans l&#8217;arène bondée du Colisée municipal, les <em>uyunienses </em>ont d&#8217;une même voix choisi d&#8217;appuyer la grève générale illimitée qui sévit dans la ville de Potosi depuis déjà 14 jours. Environ 2000 habitants formant une foule hétéroclite ont été sans appel face aux interrogations du maire qui sondait ses citoyens : «Nous aussi nous voulons faire la grève». Il a bien essayé de renchérir, le pauvre, mais c&#8217;est un régime de feuilles de coca et d&#8217;eau qui l&#8217;attend pour les prochains jours. Donc, en plus de la grève générale, démocratie oblige, le maire, le comité civique et les <em>juntas vecinales </em>doivent se soumettre à une grève de la faim dont on ne voit pas la fin&#8230;</dt>
</div>
<div id="attachment_1528" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px"><img class="size-medium wp-image-1528 " title="Photo de Coralie Dumoulin" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2010/08/Coliseomunicipal-300x183.jpg" alt="photo de Coralie Dumoulin" width="300" height="183" /><p class="wp-caption-text">Assemblée du Colisée municipal</p></div>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1523"></span>«Nous demandons à toutes les délégations qu&#8217;elles se soumettent à cette grève, à la fédération des professeurs, aux commerçants, aux journalistes&#8230; Dès maintenant, nous entrons tous en grève. Nous allons organiser des blocages de routes, nous formerons un comité de grève», s&#8217;exclame le président des <em>juntas vecinales (</em>regroupement de quartiers<em>)</em> sous les hurlements approbateurs de la foule. Et puis, à la sortie du Colisée municipal, les restaurants, les commerces et les marchés de la ville ferment uns à uns boutique. Pas de lumière dans les rues, faute d&#8217;électricité. Une commerçante téméraire a gardé son commerce ouvert. Ce sera jusqu&#8217;à demain matin dix heures nous avertit-elle avec un geste de dépit, après ils viendront m&#8217;avertir de fermer. </p>
<p style="text-align: justify;">Depuis quelques jours déjà, il est presque impossible de trouver des légumes ou du gaz au marché local. Les blocages de route autour de la capitale départementale, Potosi,  qui perdurent depuis le 29 juillet, rendent les approvisionnements et les déplacements difficiles à Uyuni. Lorsque nous sommes revenus d&#8217;une visite à la plante de lithium le 10 août dernier, des paysans du village voisin attendaient notre jeep avec une brique et un fanal. Quand notre chauffeur a enfoncé son pied sur l&#8217;accélérateur, défiant le barrage, nous nous sommes écrasés dans nos sièges. Pas plus d&#8217;une quinzaine de <em>campesinos</em>, hommes et femmes de tous âges qui gardaient ce tronçon de route, ont lancé roches et bâtons en direction de notre voiture, qui heureusement s&#8217;en est tirée indemne.   </p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est pourquoi actuellement, les agences de tourisme d&#8217;Uyuni gonflent les prix afin de permettre aux touristes de sortir de la ville et ce, en pleine nuit afin d&#8217;éviter les barrages. Bientôt, on ne verra plus de tuques multicolores, de gilets en alpaca et d&#8217;appareils photos, les touristes auront tous decidé de plier bagage. Leurs ambassades respectives font déjà pression sur les autorités de la ville.</p>
<div id="attachment_1529" class="wp-caption aligncenter" style="width: 189px"><img class="size-medium wp-image-1529 " title="Photo de Coralie Dumoulin" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2010/08/Coliseofemme-199x300.jpg" alt="Une des seules femmes à avoir pris la parole " width="179" height="270" /><p class="wp-caption-text">Une des seules femmes à avoir pris la parole </p></div>
<p style="text-align: justify;">Et le pourquoi initial de cette grève? La frontière floue entre Potosi (Coroma) et Oruro (Quillacas) que se disputent les deux départements puisqu&#8217;il y aurait à cet endroit même une importante réserve de ciment. À cela s&#8217;ajoute cinq autres revendications puisque chaque ville et village du département de Potosi semble vouloir sa part de gâteau dans cette grève générale illimitée. À Uyuni, c&#8217;est aussi contre l&#8217;interruption de la contruction de la route Uyuni-Huancarani que les citoyens s&#8217;insurgent. Dans la ville, le mouvement d&#8217;insatisfaction a été récupéré par l&#8217;opposition politique, l&#8217;<em>Alianza Social</em>, qui semble vouloir tirer profit de cette grève pour marquer des points.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans tous les cas, la situation ne semble pas près de s&#8217;améliorer. Les 28 organisations affiliées au Comité Civique de Potosi (Comcipo) et six provinces attendent la visite du président, qui ne semble pas prêt à vouloir négocier. Selon les journaux de la région, le Forum Social Mondial au Paraguay serait beaucoup plus chaud et attrayant pour les autorités gouvernementales&#8230;</p>
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		<title>&#171;&#160;&#8230;Du sein d’une femme a coulé un désert de sel&#8230;&#160;&#187;</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Jul 2010 18:51:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc-AndreBl</dc:creator>
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		<description><![CDATA[  Plusieurs tergiversent sur le vocabulaire a utiliser pour nommer le changement en cours en Bolivie. S’agit-t’il d’une révolution? Il y a là matière à débat de théoriciens et de références. Une révolution se limite t’elle à une transformation profonde des fondements politiques et économiques. Á un renouvellement de  ses élites? Doit-elle être violente ou [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-1427" title="P1010119" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2010/07/P1010119-168x300.jpg" alt="P1010119" width="168" height="300" /></p>
<p> </p>
<p>Plusieurs tergiversent sur le vocabulaire a utiliser pour nommer le changement en cours en Bolivie. S’agit-t’il d’une révolution? Il y a là matière à débat de théoriciens et de références. Une révolution se limite t’elle à une transformation profonde des fondements politiques et économiques. Á un renouvellement de  ses élites? Doit-elle être violente ou impulsé par le bas, c’est-à-dire le peuple? Les avis divergent et les mots se font hésitants à définir ce qui se <span id="more-1426"></span>produit ici. Pour le signifier, on parle simplement de changement (cambios). Au Venezuela, on l´appel familièrement processus. Par ces mots, on pointe une réalité diffuse dont on laisse le privilège de l’analyse à d’autres. On signfie simplement sa foi envers ce changement possible que l’on nomme aussi développement, dignité. Dans les officines politiques, on ne parle pas à l’aide des catégories héritées du marxisme. On ne propose pas de grandes eschatologies propres à remplacer le capitalisme. Parfois on fustige l’impérialisme et on accuse les vieilles oligarchies parasitaires. On interpèle aussi quelques icones et slogans révolutionnaires. « Hasta la Révolucion Siempre » clament quelques affiches ou la figure du président cotoie celle du Che. En fait, le changement dont il est question rappel une variation sur un air connu. Ce vent de politiques sociales financées par la nationalisation partielle ou complète de ressources naturelles ainsi que par des investissements dans des secteurs stratégiques porte un charmant sobriquet produit par l’imagination sans borne des spécialistes de la banque mondiale : dévelopement par substitution des importations. Les moins technocrates diront avec mépris populisme. Terme vide par lequel les commentateurs du nord nomme avec condescendance les régimes qui, sensiblent à la misère populaire et l’inégalité des coditions, donnent un contenu politique au vivre ensemble. Ils préfèrent ces élites « éclairées » qui ne sont d’aucune façon liées à la satisfaction des demandes populaires.  </p>
<p>Parfois, le changement se matérialise devant nos yeux à travers des scènes ordinaires ou  semblent se agir une véritable révolution. Les coeurs sensibles sont alors promptes à en finir avec les débats théoriciens. Il me revient en tête les passages de contemplation enthousiaste décrit par George Orwell dans son hommage à la Catalogne. Alors soldat des brigades internationales engagés dans la milice trotkiste du P.O.U.M. lors de la guerre civile d’Espagne, il observe avec stupeur la matrice d’une nouvelle société. Un enthousiasme étonnant de la part du romancier qui, quelques années plus tard, dépeindra la fresque totalitaire qu’est 1984. À cet époque, le fascisme est encore loin d´emporter la victoire. Du moins, on ignore sa progression et les puissantes alliances qui permettront sa victoire. Là-bas, en Catalogne, les églises ne sont plus que des ruines fumantes ou des baraques d’armement. Les militaires sans rang et vêtu en haillons, avec leur bonet et leur foulard rouge, n´obéissent à aucune hiérarchie. Tous rêvent d’avoir la chance d’en finir avec quelques franquistes à l’aide de leur canon vieux de la guerre franco-prusse. Partout on s’appelle camarade et frère. On réitère par la forme l’égalité. On se traite en paire. Une multtitude de détails, parfois anodins, dépeignent la scène d’une expérience collective unique. La fièreté éveillée de l’ordinaire, du modeste débarassé de la tyrannie. Cette tyrannie sans visage de la privation, de l’humiliation, de la soufrance organisée et de l’effacement publique des simples travailleurs et campesinos. Le romancier ne discerne plus dans ce qu’il voit l’illusion de la réalité. Pourtant, il a toujours eu ce doute persistant concernant l’éventualité d’un autre hommes, ce héros des grandes espérances. Un doute qu’écarte la générosité des modestes au temps des grands sacrifices.</p>
<p>Dans un logis éclairé par la lumière naturelle d’une grande vitrine donnant sur les cours des maisons voisines, la famille de Donia Francisca besogne son entretient collectif. Dans une famille de neufs personnes, il y a beaucoup à faire. Les plus jeunes s’occupent de Brigitte, la nouvelle venue. Donia, vêtu d’un manteau et d’un bonnet usé pour se protéger du froid qui pénètre par tous les pores des maisons, tricotte un vêtement pour  la petite dernière. Le sang qui coule dans les veines de la famille est Quechua. Pour une femme, il s’agit d’une héritage taditionnel particulièrement lourd a porter. Élevé à l’époque des dictatures, cette femme s’est battu sa vie durant contre la discrimination et la fatalité collective.</p>
<p>Parfois, Francisca donne quelques indications d’une voie affectueuse aux enfants. Il y a ici une obéissance sans contrainte, quelque chose comme de l’amour. Tout en tricottant, elle pose un oeil discret sur un document placé devant elle sur la table. Nous venons de faire irruption dans le quotidien de milliers de familles boliviennes pourtant, ce document impose une singularité. Militante de longue date pour la FSUMCAS, l’association de femme de la FRUTCAS, Francisca est aujourd’hui une député nouvellement élu du MAS. Une semaine par mois, elle se rend à La Paz pour assister à des rencontres politiques. Le reste du temps, elle continu ses activités militantes pour la fédération et assiste à des réunions régionales. Elle nous accueille avec affection et maté. Nous qui sommes venues avec quelques demandes en poche. Nous sommes sur le point de partir à La Paz et nous voulons avoir accès à quelques commissions politiques. Elle écoute impassible nos demandes puis, sans tarder, fait quelques appels télphoniques par lesquelles elle nous ouvre les portes du Parlement. Plus tard, la discussion se porte sur le document qu’elle regarde d’un air distrait. Il s’agit d’un decret supême du président concernant l’exploitation régionale du Lithium. Ce decret occupe aujourd’hui l’ensemble des discussions des assemblées régionales. On travail sur un projet de loi par lequel la volonté décrété du président deviendra permanente. Au sein des organisations départementales, on cherche à trouver le consensus et aussi, apporter des précisions ou changements au projets. Pour la FRUTCAS, il s’agit d’un défis de taille.  </p>
<p>L’histoire du département de Potosi elle celle d’un  piage minier éhonté dont l’histoire de la mine de Cierro Rico n’est que l’exemple le plus spectaculaire. Véritable trésor d’argent, on dit ici que tous ce qui fut extrait de cette montagne pu permettre la construction d’un pont d’argent entre l’Amérique et l’Espagne. « Au 15<sup>ième</sup> et 16ièeme siècle, la &#8230; colline de Potosi fut le centre de la vie coloniale américaine » (Galeano, Edouardo p.49). Aujourd’hui, on continu inlassablement de grater les parroies fatiguées de la colline et de sa mémoire. La ville porte en son centre colonial les traces de la gloire passé. On raconte qu’ici, les artistes les plus en vogue d’Europe venaient faire leur première américaine. Homme maintenant âgé de 80 ans, le père d’Apolinaria, notre professseure d’espagnol, a parcouru 40 années durant les caves de la mine. Une force de la nature survivante parmi les ombres axphyshiés. Plus de 8 millions d’indiens sont mort pour extraire quelques onces d’argent qui servirent d’apparat à la vie mondaine. Dans les assemblées, on répète cette histoire amère de la Bolivie, qui constitue une accusation vivante au système colonial. « L’argent que l’on a extrait de nos mains a servi a développer La Paz, Santa Cruz et encore d’avantage, l’Espagne et l’Angleterre. »</p>
<p>Par le nouveau projet de loi, on affirme le monopole national sur le lithium, ressource jugé stratégique. Au cours de la révolution de 1952, l’on a de même nationalisé l’extraction de l’Étain. De ce chapitre aussi l’on conserve une mémoire salé. Ce métaux, alors appauvri par plusieurs siècles d’exploitation, nécessitait passablement de transformation pour en épurer la matière. La Bolivie fournissait toujours les bras de l’extraction au système économique mondial alors que la matière brute était transformée dans les fours étrangers. C´est de ces étapes successive que l´on produisait la richesse. Par conséquent, les cours du minérai n’étaient pas déterminés à Potosi ou La Paz, mais en Angleterre dans les grands centres industriels. Grâce au contrôle des réseaux commerciaux, « une demi-douzaine d’homme (à la peau blanche fixaient) le prix (de l’étain »(Galeano, Edouardo p.206) pendant que les mineurs boliviens, les poumons attaqués par la sillicose, en faisaient l’extraction pour quelques bolivianos. Aujourd’hui, on affirme la volonté d’industrialiser et commercialiser le lithium ici, dans le département de Potosi. L’on a créé, pour se faire, une entreprise d’État financé entièrement par le capital national : l’Empresa Boliviana de Recursos Evaporiticos (EBRE). Selon le présidentiel, il sera interdit à celle-ci de vendre un produit non raffiné ou sous-contracter la transformation tertiaire. La loi spécifie aussi que la matière ne devra pas être vendue en dessous du prix du marché pour satisfaire la gourmandise de quelques clients exigents. L’on veut maximiser les bénéfices de l’entreprise que l’on mettra à la disposition  du développement économique et social de la region d’abord, et de la nation ensuite, selon une distribution spécifique des profits. Cette entreprise aura également comme mandat d’explorer le sous-sol bolivien, d’exploiter toute autres ressources disponibles et finalement, d’en favoriser la transformation. Exemple de décentralisation, l’industrialisation et la gestion des activités concernant le lithium devront être accomplient sur les lieux de l’exploitation. De même, des représentants des sept régions du sud ouest de Potosi participeront à l’administration de l’entreprise d’État. D’autres articles soulignent la responsabilité sociale et environnementale de l’entreprise. Celle-ci devra, par exemple, parrainer des initiatives locales et des entreprises sociales et communautaires.    </p>
<p>Il y a cependant un bémol historique à ce projet d’avant-garde. Les penseurs latino-américains, selon William Strokes, sont les plus grands rédacteurs de constitutions au monde. Une grande tradition juridique permet d’occulter par des promesses instituées les dictatures comme les fantasmes de progrès les plus audacieux. « Et les rédacteurs latino-américains sont fondés pour argumenter que si les conditions contiennent des promesses fantasques à la multitude qui ne peuvent être tenues faute de fonds, elles peuvent cependant être justifiées comme l’expression d’idéaux envers lesquels le pays est consacré » (Corten p.15). Au cours de ces dernières années, les réformes légales se sont multipliées en Bolivie. Il y a évidemment la nouvelle constitution plurinational. Dans quelques mois, l’on attend la loi sur l’autonomie régionale et la réforme « Avelino Sinani y Elizardo Pérez » de l’éducation. Dans le cas du lithium, cette volonté de transformation légale a déjà prise une forme concrète. Un projet pilote d’exploitation est actuellement en place avec ses structures de béton, ses piscines de décantation et ses quelques 100 travailleurs, tous ou la plupart boliviens. Plusieurs millions de dollars sont déjà investis.     </p>
<p>La légende raconte que le Salar de Uyuni, ou se trouve la plus grande réserve mondiale de Lithium, coula du sein d’une déesse au coeur brisé. Comme une malédiction, c‘est dans la misère et la tristesse que toute la richesse de la région a été exploité. Aujourd’hui, de la peine de cette déesse jaillit les plus folles espérances de développement. Dans les Cumbres syndicales, ou la réthorique et l’éloquence peuvent avoir raison d’une assemblée hostile, on débat de chiffres et de détails légaux. Actuellement, les différentes régions fédérées à l’intérieur de la FRUTCAS ne parviennent à s’entendre sur les modalités de la décentralisation et du partage des bénéfices. Autant de divisions qui affectent la capacité d´action et d´influence de la fédération face à d´autres organisations élitistes comme le comité civique de Potosi. Des femmes comme Donia Francisca et Carmen Garcia, actuelle sénateur du département, luttent pour l’unité syndicale. Lorqu’elles se lèvent pour prendre la parole, un silence respectueux s’installe sur l’assemblée. On écoute ces forces de la nature : femme, mère, militante et auto-didacte. Elles ont grandi à l’ombre d’un lourd contentieux historique et contre lui, ont lutté implaccablement. Par la pratique militante et l’engagement, elles ont pu transcender la discrimination induite par leur teint, leur langue maternelle Quechua et la rigidité des rôles sexuels. Autant de singularités qu’elles peuvent maintenant porter avec orgueil. Leur histoires se confond aujourd’hui avec le récit de l’éveil des opprimés en Bolivie.</p>
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		<title>Au coeur de la tradition Aymara de l&#8217;Apthapi</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Jul 2010 15:38:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>CoralieD</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Une coutume ancestrale qui revit dans les écoles depuis 2 ans grâce à une nouvelle politique d’éducation. À découvrir en musique et en images … Voir Article de Gabrielle − El Willka Kuti]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Une coutume ancestrale qui revit dans les écoles depuis 2 ans grâce à une nouvelle politique d’éducation. À découvrir en musique et en images …</p>
<p style="text-align: center;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="480" height="385" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowscriptaccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.youtube.com/v/Ezrri9Oni1U&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="480" height="385" src="http://www.youtube.com/v/Ezrri9Oni1U&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always"></embed></object></p>
<p>Voir Article de Gabrielle − <a title="El Willka Kuti" rel="bookmark" href="http://www.stages.alternatives.ca/archives/1358">El Willka Kuti</a></p>
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		<title>4000 mots d&#8217;altitudes</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Jul 2010 02:02:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>NahouoloC</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y a environ un mois, nous étions tous coincés entre deux sièges à demander poliment de la nourriture d’avion, curieux de savoir ce que nous réservait cet inconnu montagneux, émerveillés par le décor majestueux aux travers des hublots. Notre atterrissage s’est fait sur les pistes de la belle Santa Cruz. Après un séjour exotique [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="mceTemp">
<p><img class="size-medium wp-image-1375" title="Dan et Marc andré" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2010/07/dan-marco-300x200.jpg" alt="Photo de Nahouolo Coulibaly" width="300" height="200" /></p>
<p>Il y a environ un mois, nous étions tous coincés entre deux sièges à demander poliment de la nourriture d’avion, curieux de savoir ce que nous réservait cet inconnu montagneux, émerveillés par le décor majestueux aux travers des hublots. Notre atterrissage s’est fait sur les pistes de la belle Santa Cruz. Après un séjour exotique dans cette ville riche en mélange, nous avons eu notre premier contact avec Sucre, &laquo;&nbsp;la volcanique&nbsp;&raquo;. On ne dira jamais assez l’intensité de nos premières 24 heures dans cette ville. Nous avons ensuite pris la route d’Uyuni.</p>
<p><span id="more-1374"></span></p>
<p>Uyuni est aujourd’hui notre humble demeure, avec ses routes poussiéreuses, ses chiens enragés et ses nombreux terrains de sports déserts. Rien de plus reposant que l’horizon au bout de la ville! Les vagues surfaces pleines de sables, d’amas de sels et de…déchets.</p>
<p>En fait, Uyuni connait aussi les revers de l’industrialisation. Les bouteilles de plastiques, les cd-rom qu’aucun vautour ou animal sauvage ne saurait consommer et qui hantent le paysage tels des fantômes modernes. A part ca, la ville affiche une propreté exemplaire. Les gens sont généralement polis, et je crois sincèrement que l’enfant qui a lancé, aujourd’hui, en me voyant « Hay un negrito! » ne connaissait aucune autre façon de le dire. Bien sur, j’ai trouvé ca drôle!</p>
<p>A force de nous voir, certains comprennent que nous ne sommes pas des touristes comme les autres.  A force de toujours prendre les mêmes coins de rues, on finit par croire connaitre la ville.</p>
<p>De toutes les façons, ici tout est si différent! Les chiens se déplacent en meutes et se nourrissent dans des poubelles au lieu de dormir confortablement devant la télé. Les émissions télévisuelles sont loin d’être résumées, généralement avec un montage minime, le comble du live! On en rit ou on en pleurt du haut de notre altitude citadine, mais on admire quand même la simplicité de cette culture. Ce monde où les hommes se réunissent dans des « Cumbrés » pour débattre des maux de la société. Des rassemblements qui n’en finissent pas tant tout le monde a droit à la parole. &laquo;&nbsp;La palabra! Hermanos!&nbsp;&raquo;</p>
<p>La palabra, on aimerait aussi l’avoir chez nous. On aimerait avoir autant d’oreilles attentives que nos &laquo;&nbsp;companeros&nbsp;&raquo; d’Uyuni. Ici, les gens ne sont pas riches mais on ne voit pas de clochards, pas de mendiants.</p>
<p>Demain, on prend le bus, direction la Paz. J’ai le pressentiment que cette ville porte mal son nom. Le temps nous le dira! En attendant, je pourrais écrire 4000 mots de plus, dans ce coin du monde où nombreuses sont les occasions de prendre du recul.</p>
<p><img class="alignnone size-medium wp-image-1376" title="Naolo et marie-claude" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2010/07/me-marie-200x300.jpg" alt="Naolo et marie-claude" width="200" height="300" /></p>
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		<title>Rêve bitumineux : de Santa-Cruz à Uyuni une rivière noire creuse son nid</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Jun 2010 15:23:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marc-AndreBl</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Bartolina - 2010]]></category>
		<category><![CDATA[Bolivie]]></category>
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		<description><![CDATA[L’insomniaque fasciné observe par la fenêtre de l’autobus un pays qui défile devant ses yeux. Il croit saisir un peu des secrets de cette terre de contrastes. Il entrevoit aussi un peu de sa misère. Ses sens sont saturés par le vacarme du moteur fonctionnant à bas régime, l’odeur de diesel qui pénètre par quelques [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’insomniaque fasciné observe par la fenêtre de l’autobus un pays qui défile devant ses yeux. Il croit saisir un peu des secrets de cette terre de contrastes. Il entrevoit aussi un peu de sa misère. Ses sens sont saturés par le vacarme du moteur fonctionnant à bas régime, l’odeur de diesel qui pénètre par quelques fenêtres ouvertes et les paysages fascinants. L’itinéraire de cette longue route, effectué il y a déjà plus de deux semaines, compta 4 arrêts et environ 30 heures. Une longue période pendant laquelle les voyageurs sentent dans leur corps la douleur persistante qu’inflige la surface accidentée d’une route en grande partie sans bitume.<br />
<img class="aligncenter size-medium wp-image-1363" title="P1000516" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2010/06/P1000516-225x300.jpg" alt="P1000516" width="225" height="300" /></p>
<p><span id="more-1361"></span></p>
<p><strong>Terres arides pour mains courageuses </strong></p>
<p>Plusieurs heures sont nécessaires pour quitter Santa Cruz, ville de plus de 1.2 millions d’habitants sans reliefs ni autoroutes. Toujours et partout bourdonne cette circulation dense et son vacarme incessant. En périphérie de la ville, les bordures de la route principale que nous suivons depuis plus d’une heure perdent de leur animation. Les commerces sont remplacés par des murs derrière lesquels semblent s’organiser sur la terre luxuriante une vie rurale. D’imposantes demeures contrastent avec quelques habitations de fortunes à peine visible. Dans l’Orient bolivien, nous ne croisons pas ces bidonvilles surpeuplés répendues en périphérie des mégapoles latino-américaines. Gigantesques complexes urbains où viennent s’agglutiner de façon anarchique les populations rejetées par la terre pauvre, par l’injustice de sa distribution et par le labeur sans bénéfice. En Bolivie aussi, l’émigration interne ou à l’étranger est le seul moyen de régulation quand le  travail se fait rare. Attirés par la prospérité de la région, beaucoup viennent à Santa Cruz pour se jeter, fascinés, dans les flux incessants de la ville. La terre est fertile et la métropole étincelante d’un idéal de réussite.</p>
<p>Les murs que nous voyons défiler organisent une distribution politique du visible et de l’invisible. Ces petites routes qui s’enfoncent dans les terres, ces murs qui en protègent la vue et ces haciendas fièrement dressées organisent une réalité sensible : celle du travail invisible des ouvriers agricoles sur des terres dont la propriété et la prospérité leur est refusée. Pour seule manifestation perceptible de ce labeur et son misérable bénéfice, la multitude colorée qui parcourt les rues avec fruits, légumes et produits de première nécessité vendus pour quelques bolivianos. Fréquemment, l’autobus arrête à quelques postes de péage où, avec l’accord du chauffeur, des  marchands, souvent des enfants, entrent pour offrir sacs d’orange, pains chauds ou autres aux voyageurs. Chaque jour, ils parcourent les routes avec ce poids de quelques bolivianos chargé sur les épaules. C’est cet éternel recommencement sans répit qu’il faut voir, imaginer.</p>
<p>La région de Santa Cruz, la plus fertile du pays, a historiquement été épargnée par les tentatives de réforme agraire. On a distribué avec une générosité calculée la propriété des terres arides et pauvres de l’ouest aux paysans et autochtones pour en acheter l’obéissance. Pendant des années, ils constituèrent ainsi le soutien passif des dictatures militaires. Ici, dans l’Orient bolivien, « c’est par grandes superficies, latifundios, qu’elles ont été accordées ou accaparées au bénéfice d’un petit nombre de propriétaires éleveurs et d’entrepreneurs forestiers ou agro-industriels, le plus souvent amis du régime…(entre 1964 et 1993)…plus de 38000 kilomètres carrés de terres … ont été concédé à des entrepreneurs, des politiciens, à des investisseurs étrangers ou autres »(Langlois, Denis, p.45). À cela s’ajoute évidemment l’ensemble des concessions historiques attribuées lors de la colonisation espagnole. Dans le tournant des années 80, la culture agro-industrielle d’exportation fut la pièce maîtresse d’un projet de substitution économique de la production minière durement touchée par la chute des prix des métaux. Une masse de mineurs de l’altiplano, vaincus durant la dure lutte qui opposa la COB (Centrale Ouvrière Bolivienne) aux autorités lors du démantèlement de la propriété nationale des mines, furent rejetés dans la précarité. C’est par dizaine de milliers qu’ils abandonnèrent ce travail lucratif  pour émigrer vers l’Orient pour se convertir en travailleur agricole. Par cette nouvelle orientation économique la Bolivie devint, à côté du Brésil et des États-Unis, un nouveau pion dans la compétition mondiale que se livre les pays exportateurs de soja. Pour compenser l’absence de moyens technologiques, mécaniques et chimiques, nécessaires pour assurer un avantage économique comparatif et apaiser les conséquences dévastatrices du soja sur la terre, on utilise une main-d’œuvre bon marché et l’on dévore de nouvelles terres. À titre évocateur de la situation générale des travailleurs agricoles de la région, l’on rapporte que plus de 30 000 travailleurs de la canne à sucre de Santa Cruz sont actuellement soumis au travail forcé et à des conditions de servitude.</p>
<p><img class="aligncenter size-medium wp-image-1364" title="P1000515" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2010/06/P1000515-300x225.jpg" alt="P1000515" width="300" height="225" /></p>
<p><strong>Promesses de routard</strong></p>
<p>Au matin, l’autobus sillonne la route à travers les montagnes. L’on traverse quelques villages, qui à cette heure, s’éveillent lentement. Les villages de l’Altiplano, avec leurs maisons de pierres, d’argile et de pailles, disparaissent presque dans le décor aride et sec de cette terre sans végétation. Parmi les quelques maisons, des indices de vie : un chien, un feu, une femme balaie son entrée avec une feuille de palmier. Si la terre est peu fertile et la vie en altitude difficile, la propriété de la terre confère un espace de liberté et d’or0gueil à ceux qui la possèdent. Signe  de l’hostilité des éléments, à travers les quelques maisons occupées sont maintenues érigées des ruines délaissées. Des maisons sans toits, aux murs instables et à l’aspect millénaire, sont entourées de petits murets de pierres qui délimitent des espaces d’abandon. L’agriculture et l’élevage que l’on pratique ici sont essentiellement destinés au marché intérieur. Les producteurs vendent leurs produits dans les marchés des villes et villages, « foire à la misère plutôt caravansérail de l’abondance, ou le paysan obtient, après des heures de transport, le seul et unique revenu monétaire dont il dispose »(rouqié, Alain p.389). Inutile de chercher tracteurs et moyens mécanisés, ici l’on utilise la traction animale, humaine et de vieilles camionnettes rafistolées.</p>
<p>Sur les murs qui longent la route, les ruines ou les maisons volontaires, des fresques appuient Evo Morales ou les candidats départementales du M.A.S. Avec elles, est revenu le bitume. Cette route réalise un rêve de développement inachevé : celui de l’occupation géographique du territoire national. Pays enclavé à l’intérieur des terres et constitué d’une géographie accidentée par la cordillère des Andes dans l’ouest, il ne possède ni espace côtier, ni grande rivière navigable pour relier ses différents espaces. Cette route est donc une nécessité économique et stratégique maintes fois promises. Aujourd’hui, elle avance lentement dans le paysage désertique séparant Potosi et Uyuni. Cette région du sud ouest du département de Potosi est actuellement la plus pauvre de Bolivie avec plus de 90% de sa population vivant sous le seuil de la pauvreté. Parfois, l’autobus s’arrête. Signe d’un horizon habité, quelques paysans débarquent dans ce paysage lunaire et marchent dans l’immensité où aucune maison n’est visible.</p>
<p>Dans les communautés, on discute ce projet de route, on revendique un itinéraire. Un matin de juin, une camionnette de la FRUTCAS (Fédération Syndicale Paysanne avec laquelle nous travaillons) surchargée de représentants syndicaux roule 3 heures durant vers Sullchi, petit village isolé prêt de la frontière d’Argentine. Dans une petite école déserte, on discute avec animation, on s’agite. On sait que le bitume amène avec lui la prospérité ou du moins, quelques routards en quête d’une soupe ou d’un café. Assurément, il facilite le transport des produits locaux. Le rapport de cette discussion et les quelques noms recueillis sur la pétition iront à Potosi garnir un document général. Ceux qui décideront de l’itinéraire de cette route devront intégrer l’existence de ces paysans dans leurs calculs. Plus tard, viendront se joindre des assembléistes, sénateurs et députés élus, majoritairement des femmes de la région. Carmen Garcia, sénatrice du MAS, est catégorique : « Notre président Evo Morales doit écouter le peuple qui l’a élu ». Après huit heures de rencontres interrompues par un dîner collectif servi par la communauté, la camionnette de la FRUTCAS partira pour une autre consultation publique dans un autre pueblo. Elle suivra un chemin improvisé dans la nature pour éviter la route officielle dont le vent a rendu la surface trop cahoteuse pour s’y mouvoir rapidement. De village en village, l’on crée dans des lieux improvisés des assemblées publiques. Le nouvel exécutif ouvrira la séance avec les mêmes excuses de ne pas être venu plus rapidement puis, on servira à l’assemblée des feuilles de coca que chacun recevra au creux de ses mains croisées. De longues élocutions parsemées d’altercations et de discours enflammés suivront. Certains dormiront, d’autres prendront une part active à la rencontre. Ce patient travail d’organisation continue depuis maintenant plus de 25 ans. Il a déjà permis l’élection par une majorité historique écrasante du MAS,  gouvernement issu des mouvements sociaux. Aujourd’hui, on milite pour la réalisation de ses promesses, pour que l‘isolement et la précarité de la région ne soit pas une fatalité. Cette route essentielle sera aussi le chemin qu’empruntera le lithium vers les marchés internationaux. Le lithium, source inespéré de prospérité pour la région.</p>
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		<title>El Willka Kuti</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Jun 2010 14:22:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>GabrielleMR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Amérique du Sud]]></category>
		<category><![CDATA[Bartolina - 2010]]></category>
		<category><![CDATA[Bolivie]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Groupes de stagiaires]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>

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		<description><![CDATA[Bonne année 5518 à tous! Prospérité et fertilité pour cette nouvelle année! Oui oui, vous avez bien lu… Depuis le 21 juin, nous venons de commencer une nouvelle année selon le calendrier Aymara. Le calendrier Aymara se divise en cycle de quatre années. Les trois premières années comprennent treize mois et un jour. La quatrième [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Bonne année 5518 à tous! Prospérité et fertilité pour cette nouvelle année! Oui oui, vous avez bien lu… Depuis le 21 juin, nous venons de commencer une nouvelle année selon le calendrier Aymara. Le calendrier Aymara se divise en cycle de quatre années. Les trois premières années comprennent treize mois et un jour. La quatrième année tant qu’à elle n’a que trois mois et deux jours. Nous sommes actuellement dans la cinquième ère Aymara.<span id="more-1358"></span></p>
<p>Les Aymaras est un peuple qui se trouve principalement au nord-ouest de la Bolivie, plus précisément dans la région de La Paz. Cette communauté représente environ 25% de la population Bolivienne. De nos jours, leur culture et leurs traditions sont toujours vivantes. Grâce à la nouvelle constitution de 2007, Evo Morales a mis l’accent sur les diverses cultures et  traditions existantes sur le territoire Bolivien. Depuis deux ans, il a d’ailleurs déclaré que le 21 juin est un jour férié afin de célébrer le <em>Willka Kuti</em>, le nouvel an Aymara.</p>
<p>Les célébrations du nouvel an Aymara consistent à demander à la Pachamama (la mère nature) la prospérité et la fertilité de la terre pour l’année qui commence. Au lever du jour, les Aymaras lèvent les mains en direction des premiers rayons du soleil afin d’en recueillir toute l’énergie qu’ils procurent. Suite à ce ressourcement, l’<em>Apthapi</em> est célébré, ce qui se décrit comme le partage d’un repas fait à partir des récoltes de l’année terminée. En cette année 5518, Evo Morales à implorer à la pachamama la prospérité, la fertilité, l’équité, la justice sociale et l’égalité pour tous les Boliviens et Boliviennes.</p>
<p>******</p>
<p>En tant que stagiaires qui tentent de comprendre le quotidien de la communauté d’Uyuni, nous avons eu la chance d’observer cette célébration Aymara dans les écoles de la ville. Une cérémonie qui nous a tous laissé des frissons, de beaux souvenirs et quelques calories…</p>
<p>Dès la matinée, nous avons d’abord commencé par visiter une école maternelle où les enfants étaient initiés à cette célébration et aux aliments récoltés dans la région. Chaque enfant ainsi que nous pouvions déguster les chuños (pommes de terre déshydratées), le quinoa, le charque (la viande de lama séchée), le fromage local, le mote (maïs) et les œufs durs.</p>
<p>Par la suite, nous avons visité une école primaire où les élèves présentaient des danses et un rituel à la pachamama. Lors de ce rituel, des feuilles de coca, des cigarettes et de l’alcool étaient offerts en offrande. Une fois de plus, un repas commun était partagé entre tous les participants.</p>
<p>Nous avons ensuite visité un collège où les jeunes nous ont expliqué ce que représentait cette célébration pour eux. Nous pouvions y percevoir une fierté de leur identité, de leur président et de leur pays. (voir vidéo de Coralie Dumoulin)</p>
<p>Cette journée remplie d’émotion et de nouvelles expériences restera gravée dans notre mémoire et nous aura permis de nous initier à la culture Aymara.</p>
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		<title>Cité de sel</title>
		<link>http://www.stages.alternatives.ca/archives/1344</link>
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		<pubDate>Mon, 28 Jun 2010 20:01:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marie-ClaudeR</dc:creator>
				<category><![CDATA[Amérique du Sud]]></category>
		<category><![CDATA[Bartolina - 2010]]></category>
		<category><![CDATA[Billets d'humeurs]]></category>
		<category><![CDATA[Bolivie]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est une ville fantôme, au bord du plus vaste désert de sel. Pas un son, sinon le hurlement des chiens ou le sifflement incessant du vent. De concert avec le froid, il creuse les traits humbles et profonds des Cholitas, ces femmes aux innombrables jupes et aux chapeaux melons. Quand elles marchent, leurs pas se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">C’est une ville fantôme, au bord du plus vaste désert de sel. Pas un son, sinon le hurlement des chiens ou le sifflement incessant du vent. De concert avec le froid, il creuse les traits humbles et profonds des <em>Cholitas</em>, ces femmes aux innombrables jupes et aux chapeaux melons. Quand elles marchent, leurs pas se font lents. Elles se balancent au rythme de cette ville du bout du monde, Uyuni.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-1345 aligncenter" title="IMG_2031 web" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2010/06/IMG_2031-web1-300x224.jpg" alt="IMG_2031 web" width="300" height="224" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1344"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Au coin de notre rue, sans nom et sans adresse, le vide. À l’horizon, les montagnes brunes et arides de l’Alti-Plano. Ici, tous les touristes sont de passage, en attente. On leur a promis des paysages lunaires, des souvenirs exotiques et des photos à faire rougir de jalousie leurs amis. Une des soixante-quinze agences de la ville les entraînera sous peu dans un trek de trois jours à travers le Salar. Chaque année, depuis 20 ans, ils se font un peu plus nombreux. Le touriste amène la richesse, certes, mais les locaux grincent des dents devant le prix des aliments et des logements, qui eux, ne cessent de grimper. À Sucre, à La Paz ou à Cochabamba, il en coûte moins cher pour une livre de quinoa au marché local.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-medium wp-image-1347 aligncenter" title="IMG_1958 web" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2010/06/IMG_1958-web-300x225.jpg" alt="IMG_1958 web" width="300" height="225" /></p>
<p style="text-align: justify;">Bien qu’omniprésents au centre, où les cafés Internet et les pizzérias pullulent, les touristes se font rares dans les artères. Hors des sentiers battus, ce sont les chiens errants, à la peau rugueuse et au regard fatigués, qui règnent en maîtres. Et puis, il suffit de faire quelques pas vers les montagnes pour apercevoir l’importante quantité de déchets qui entoure et étouffe la ville. Enracinés dans le sol, de vieux sacs de plastiques, des bouteilles d’eau et des bouts de carton se mélangent au sable des larges avenues que nous foulons quotidiennement. Une élue du Conseil municipal ne cache d’ailleurs pas sa préoccupation par rapport au nombre de déchets qui s’accumulent à une vitesse ahurissante dans les rues d’Uyuni. À peine arrivées dans son bureau qu’elle nous demande amicalement de l’aider à sensibiliser les agences de tourisme, venues de partout en Bolivie afin de profiter de cette manne de voyageurs. Elle nous confie alors qu’il n’existe pas de budget lié à l’environnement à Uyuni et qu’elle en a plein les bras, avec seulement deux camions de poubelle et une poignée d’employés à sa disposition.  </p>
<div id="attachment_1348" class="wp-caption aligncenter" style="width: 346px"><img class="size-full wp-image-1348 " title="IMG_1963 web" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2010/06/IMG_1963-web1.jpg" alt="Gabrielle et Coralie" width="336" height="252" /><p class="wp-caption-text">Gabrielle et Coralie</p></div>
<p style="text-align: justify;">Alors, comment gérer ce flux incessant de touristes, une richesse incroyable pour cette ville de 20 000 âmes, sans pour autant compromettre le bien-être des locaux ou celui de la <em>pachamama</em>, la terre mère tant prisée par les nations autochtones? Voici un aperçu de quelques uns des nombreux défis d’Uyuni, ville secrète et envoûtante, comme les copieuses couches de jupes multicolores qui s’empilent sur les hanches des femmes bolivariennes.   </p>
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		<title>Tisser son appartenance</title>
		<link>http://www.stages.alternatives.ca/archives/1324</link>
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		<pubDate>Mon, 28 Jun 2010 19:22:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>CoralieD</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bartolina - 2010]]></category>
		<category><![CDATA[Billets d'humeurs]]></category>
		<category><![CDATA[Bolivie]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>

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		<description><![CDATA[Deux semaines bientôt que nous découvrons pas à pas la ville d’Uyuni. Les murs fragiles des maisons et des cours, le sol ensablé, le ciel bleu vif, le soleil brillant qui s’amuse avec le jeu des ombres. Nous prenons nos marques et nous lançons dans notre projet. Les allers-retours à la radio, les rencontres avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Deux semaines bientôt que nous découvrons pas à pas la ville d’Uyuni. Les murs fragiles des maisons et des cours, le sol ensablé, le ciel bleu vif, le soleil brillant qui s’amuse avec le jeu des ombres. Nous prenons nos marques et nous lançons dans notre projet. Les allers-retours à la radio, les rencontres avec l’équipe et les hauts responsables de la ville. À travers ses nouveaux horizons, les souvenirs de notre voyage jusqu’à Uyuni se frayent un chemin et, de temps en temps, se rappellent à notre mémoire, déjà remplie d’images.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-1325   aligncenter" title="DSC_0147_resize" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2010/06/DSC_0147_resize.jpg" alt="DSC_0147_resize" width="353" height="235" /></p>
<p style="text-align: justify;"><span id="more-1324"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Ces images vagabondes des routes, des bus, des manifestations. Observer, ressentir la Bolivie qui nous entoure.</p>
<p style="text-align: justify;">Je partage un souvenir des petites rues blanches de Sucre. Des rues colorées par les vêtements tissés des campesinas. Près du marché aux fleurs à côté du cimetière de la ville, les couleurs dansent sur leurs épaules. Que peuvent signifier ces formes géométriques, ses dessins d’animaux extraordinaires ?</p>
<p style="text-align: justify;">En allant visiter le mirador de la ville, nous passons devant le Musée d’Art indigène. Le lendemain, nous rentrons dans la cour ombragée à la découverte de l’art du tissage. Une exploration minutieuse des tissus, des teintures, de leurs différentes significations. Plusieurs communautés entourent la ville de Sucre dont les Tarabucos et les Jalq’as. Les femmes tissent le <em>Aqsu</em>, un vêtement qu’elles enveloppent amplement sur leur corps et qui scelle leur appartenance. Les dessins sur les textiles diffèrent grandement selon les deux communautés.</p>
<div class="mceTemp mceIEcenter" style="text-align: center;">
<dl id="attachment_1327" class="wp-caption aligncenter" style="width: 310px;">
<dt class="wp-caption-dt"><img class="size-medium wp-image-1327 " title="DSC_0137_web1" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2010/06/DSC_0137_web1-300x199.jpg" alt="Textile Tarabuco" width="300" height="199" /></dt>
<dd class="wp-caption-dd">Textile Tarabuco</dd>
</dl>
</div>
<p style="text-align: justify;">Les dessins Tarabuco sont segmentés en bandes, jouant avec la symétrie et créant ainsi une impression d’ordre. C’est la nature qui est représentée, la société humaine. Le monde visible est offert à nos yeux curieux. Les tisserandes Tarabuco créent un univers lumineux fait d’un dégradé de couleurs vives sur un fond de coton blanc.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous poursuivons la visite du musée où nous nous abreuvons des mots quechua, tentant de percer leurs secrets.</p>
<div id="attachment_1328" class="wp-caption alignleft" style="width: 209px"><img class="size-medium wp-image-1328 " title="DSC_0128_web" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2010/06/DSC_0128_web-199x300.jpg" alt="Textile Jalq´a" width="199" height="300" /><p class="wp-caption-text">Une représentation du sagra Textile Jalq´a</p></div>
<p style="text-align: justify;">Les textiles Jalq’a font référence au monde sacré des profondeurs et des lumières diffuses. Les fils des tisserandes se parent alors de rouge et de noir. Leur univers chaotique est peuplé de<em> khurus</em> – d’animaux imaginaires. Oiseaux à quatre pattes, mammifères ailés se dévoilent sur le tissu. Leur maître est une divinité du monde andin : le <em>sagra</em>. Le <em>sagra</em> appartient selon les croyances à l’espace du dedans. Cet espace est appelée <em>ukhu pacha</em> – monde intérieur. Les êtres le peuplant sont souvent confondus avec le diable chrétien. Le <em>sagra</em> également nommé <em>supay</em> appartient à la tradition orale : on entend ses bruits, on imagine ses danses. Il n’existe pas d’images tangibles sauf dans les mines où il est représenté comme<em> tio</em> – oncle. Mais les tisserandes ont donné une forme visible à l’imaginaire, mettant en images un temps mythique.</p>
<p style="text-align: justify;">Le travail des tisserandes s’accompagne de rituels. À la recherche d’inspiration, elles vont prier par exemple les vierges de pierre. Ce sont des pierres auxquelles les communautés confèrent un pouvoir.</p>
<div id="attachment_1329" class="wp-caption aligncenter" style="width: 435px"><img class="size-full wp-image-1329 " title="DSC_0153_web" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2010/06/DSC_0153_web.jpg" alt="Elizabeth, tisserande Tarabuco au Musée d´Art Indigène de Sucre." width="425" height="287" /><p class="wp-caption-text">Elizabeth, tisserande Tarabuco au Musée d´Art Indigène de Sucre.</p></div>
<p style="text-align: justify;">Le temps a filé, le coucher de soleil inonde les rues devenues orangées de Sucre. Une après-midi pour s’ouvrir aux traditions… trois mois seront nécessaires pour qu’une femme tisse son appartenance, tisse son <em>aqsu</em>.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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