C’est à la tombée de la nuit, vendredi soir denier, le 14 mars, que près de 200 personnes se sont regroupées. Il y avait plusieurs tricycles pour handicapés mêlés à une foule pour voir un film qui était projeté en plein air dans le quartier Yantala, à côté du lycée Bosso et du local du Regroupement des Artisans Handicapés. Le film Le combat d’une femme: Fati Hamidou ou la victoire sur le handicape, de Jenna MacLellan et Amadou Souley « Koye », soutenus par le groupe Alternative Espaces Citoyens, se démarque par son engagement social à dévoiler l’autre côté du miroir de la poliomyélite, une maladie qui ne touche que six pays dans le monde, dont malheureusement le Niger. Le film est en réalité un témoignage d’espoir raconté à partir du récit de la vie de Fati Hamidou, une jeune femme qui malgré son handicape a su développer de multiples talents (chanteuse, athlète polyvalente internationale, couturière et militante féministe). La vie de Fati, depuis son jeune âge, a été celle d’une personne handicapée, mais elle a su surmonter plusieurs obstacles afin de se présenter aux autres personnes touchées par la polio comme un modèle de courage et de détermination. Nous voyons donc Fati parler de son travail de couture et de femme ménagère qui lui permettent de rester digne et de lui permettre de montrer au monde qu’une personne souffrant de n’importe quel handicap peut travailler, et même de manière plus large, a le droit au travail.
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Fati Hamidou, ou la victoire sur l’handicap
Auteur: Xavier Leroux
24 mars 2008 — Afrique, Droit, Niger, Politique, Sansuukyi 2007-08, Santé
II) La coopération internationale est-elle une pratique néo-coloniale ?
Auteur: Daniel Roy Torunczyk Schein
6 mars 2008 — Afrique, Amérique du Sud, Colonialisme, Coopération Internationale, Niger, Sansuukyi 2007-08
Les luttes sociales comme moteur de développement:
Les luttes constituent le résultat d’un long apprentissage historique, de lecture et de relecture des anciennes déroutes, d’essais et d’erreurs. Ainsi nous luttons en croyant que «nous sommes arrivés à bon port, quand en réalité nous sommes en haute mer», comme disaient Gilles Deleuze et Félix Guattari. Dans la mer comme dans la vie, il y a des vagues qui peuvent nous approcher à la côte, mais aussi il y a des courants qui peuvent nous avaler complètement. Comme la mer, les luttes dans l’histoire ne sont pas constantes, il y a des périodes de contre-courants, mais il y a aussi des périodes pendant lesquelles les courants de l’histoire nous sont favorables pour avancer dans la transformation sociale, économique, politique et culturelle en faveur des composantes sub-alternes dans la mondialisation capitaliste.
La période connue dans les années ’60 comme la décolonisation a été une époque fondamentale dans l’histoire des luttes des peuples africains en particulier, et pour l’ensemble des luttes de libérations des pays considérés autrefois comme le Tiers-Monde. L’espoir d’une révolution socialiste en Afrique, en Amérique Latine, en Asie, s’éparpilla dans le monde comme de la poudre : la Révolution Cubaine (1959) avait triomphée en Amérique Latine. Quelques années plus tard, la glorieuse résistance vietnamienne avait battu la superpuissance militaire nord-américaine. Le Che Guevara, symbole de la résistance anti-impérialiste à l’époque, exhortait les peuples opprimés du monde entier à créer: «Un, deux, trois, plusieurs Vietnam».
Passage à vif & éducation au Niger
Auteur: Xavier Leroux
5 mars 2008 — Afrique, Billets d'humeurs, Coopération Internationale, Niger, Sansuukyi 2007-08, Éducation
PASSAGES À VIF
L’histoire se prolonge comme les ombres qui s’allongent, alors qu’il fait bon de rentrer chez soi, toute l’ardeur du jour qui retombe, avec les rayons de la boule qui plombe, la boule de plomb qui fait vaciller les hommes, les âmes. La route ne mène pas nécessairement nulle part pour que l’on fasse des rencontres marquantes, ma route me mène à marcher beaucoup, sans que jamais je ne me sente las de sentir les même parfums chaque jour et encore. On pourrait rêver de décrire l’exotisme du voyageur, mais je n’ai pas d’aventures ‘exotisantes’, je n’ai pas d’histoires rocambolesques à décrire, je n’ai que des textures à modeler, des senteurs à faire imaginer, des visions la nuit que je garde pour moi, des questionnements dont je ne peux m’extirper. Seul face aux jours, je partage mes paroles avec les autres, je ne suis pas allé voir les girafes, ça ne m’intéresse pas beaucoup, je ne suis pas allé me promener loin dans la brousse, je ne sens pas que c’est ce que j’ai à faire ici, je n’ai pas pris de temps beaucoup pour moi, car d’une certaine façon, comme je l’ai entendu dire à maintes reprises, ici en Afrique l’individu n’existe pas, il n’a sa place que dans un ensemble que l’on désigne comme la société en général.
Ici je suis quelqu’un d’autre, dans la foule, avec son rôle qui se cherche, mais un rôle qui dans le quotidien finit toujours par trouver un sens, répétitif, nouveau ou encore difficile à saisir. La solitude se vit entourée, le travail se passe dans un dérangement constant, de coupures, de salutations, de politesses sur la douceur de la nuit, la chaleur des jours, du temps clément ou pas, des aléas de la santé, de la chance ou des malheurs. La plupart du temps, les malheurs ne sont pas évoqués, on parle plutôt de ce qui va bien, avec toujours ce grand sourire débordant, ce sourire qui évoque le prêt à rentrer en contact avec d’autres, le sourire qui ressemble à un je suis ici, tu es là, nous sommes ensemble. L’expression nouvelle pour moi mais elle veut tout dire : « Nous sommes ensemble ».

C’est vrai, c’est ce rire qui permet de vivre avec les autres, car sans l’allégresse, il n’est pas vraiment possible de vivre avec une telle promiscuité, les dents dans le vent, c’est le passeport pour des contacts humains plus humains que le reflet de l’homme dans l’eau, plus réels que la lumière déchirante, plus compréhensibles que toute l’incompréhension des jours à venir et de l’insécurité d’un avenir à la dérive.
La coopération internationale est-elle une pratique néo-coloniale ?
Auteur: Daniel Roy Torunczyk Schein
3 mars 2008 — Afrique, Colonialisme, Coopération Internationale, Groupes de stagiaires, Militarisme, Niger, Politique, Sansuukyi 2007-08, Économie
« Vous faites de nous des monstres, votre humanisme nous prétend universels et vos pratiques racistes nous particularisent.»
Jean Paul Sartre
L’accumulation sans fin du capital :
En 1492, grâce à la conquête de l’Amérique, l’Espagne devient la puissance européenne et les populations périphériques, non occidentales, non blanches et non chrétiennes entrent dans l’histoire moderne comme des peuples inférieurs et subordonnés dans la structure du pouvoir mondiale. À partir de la fin du XV ème siècle, le saccage de ressources d’or, d’argent, l’instauration du travail esclavagiste des indigènes en Amérique par l’Espagne, puis l’avènement du marché mondiale de la traite négrière transatlantique (1) en Afrique par le Portugal pour travailler dans les plantations de coton, de sucre, de cacao, et dans l’extraction d’or et d’argent, permettrent la naissance d’un «système monde Européen/euro-nord américain moderne/colonial capitaliste/patriarcal» (Grosfoguel 2002).
Ce premier cycle de l’hégémonie ibérico-génoise se déploie du XV ème siècle jusqu’à la fin du XVII ème siècle. Mais l’accumulation du capital primitif ne fut pas seulement un processus d’exploitation économique, elle fut aussi culturelle et sociale, où le discours de supériorité raciale occidentale joua un rôle fondamental pour légitimer moralement la mission colonisatrice et établir une hiérarchie entre des peuples supérieurs et d’autres inférieurs. Cet aspect racial constitua une dimension fondamentale dans la naissance du système capitaliste, laquelle reste encore présente dans les enjeux géopolitiques actuels (la guerre contre le terrorisme, l’immigration, la division du travail mondial, le développement, etc.). Lire la suite →
Chroniques de Niamey, Réflexions sur le développement, Observations paysannes
Auteur: Xavier Leroux
29 janvier 2008 — Afrique, Agriculture, Billets d'humeurs, Environnement, Niger, Politique, Sansuukyi 2007-08, Technologie, Économie
En raison de tout ce qui m’habite et me transperce jour après jour, pour écrire car mes yeux ne pourront se souvenir de tout, afin de comprendre un peu plus mes propres réflexions nocturnes sous le ciel du Sahel, pour balancer le pessimisme des des jours avec l’optimisme grandissant de ce qui s’offre déjà à nous, pour vous choquer un peu et vous faire réfléchir sur notre monde injuste et la source de nos richesses, pour faire de la lumière dans la nuit, je présente ici un très long article mûri et travaillé pendant les dernières semaines. Si vous passez à travers, vous aurez fait preuve de votre ouverture d’esprit, dans le cas contraire, arrêtez vous maintenant il serait inutile de lire partiellement. Salaam. Xavier
(Selon la FAO, au Niger, près de 32% de la population est sous-alimentée: 3,7 milions de personnes. 66% de la population rurale est pauvre. L’espérance de vie est de 46 ans. 262 enfants sur 1 000 meurent avant l’âge de 5 ans. Près de 40% d’entre eux présentent des retards de croissance. 36% d’entre eux souffre d’insuffiance pondérale. Plusieurs enfants souffrent de déformations de la bouche et du visage, en raison de la maladie du noma causée par des carences en vitamine A, qui cause également la cécité crépusculaire. Le Niger importe près de 211 548 tonnes métriques de céréales par année, pour un total de près de 35 785 000 $. Le problème de la production agricole est énorme et la hause des rendements un défis de taille. Le climat pour l’agriculture est aride. Voir la carte satellite.) http://www.fao.org/countryprofiles/Maps/NER/19/im/index.html

(Le riz, aliment importé de base. Pourtant, la principale culture ici est le mil)

(La production agricole: il est possible de produire davantage par l’amélioration simple des systèmes paysans et par la production de cultures de rente répondant à la demande des marchés locaux et régionaux)
Toutefois le développement international est un processus complexe. Les enjeux sont nombreux. Celui du secteur agricole représente pourtant un grand potentiel pour la lutte contre la pauvreté et la faim. Le développement de l’agriculture demeure souvent en marge des grands projets de développement qui s’intéressent particulièrement à la bonne gouvernance et aux développements de la société civile. Il est temps de donner une plus grande place au développement agricole, pour l’optimisme d’un développement plus égalitaire et concernant le monde rural, trop souvent oublié.
1) Réflexions/chroniques de Niamey. 2) Pessimisme & Optimisme sur l’aide internationale: de la traite négrière à l’abolition de l’esclavage, de l’extraction des ressources naturelles à l’aide internationale – Le Développement, un concept abstrait. 3) Le commerce équitable, ou la récupération du concept pour le commerce de l’équitable: un système insuffisant. 4) Du système provisoire du GATT à l’OMC, en passant par les accords commerciaux bilatéraux: présentation d’un projet de John Maynard Keynes qui n’a pas vu le jour, l’Organisation Internationale de Compensation. 5) La journée nigérienne du paysan ou les revendications paysannes d’une majorité. 6) Les progrès de la recherche agricole publique et ma visite de l’Institut International de Recherche sur les Cultures des Zones Tropicales Semi-Arides, l’optimisme du développement revu et corrigé.
Petit à petit: le regard d’un ethnologue nigérien sur la «tribu parisienne»
Auteur: Daniel Roy Torunczyk Schein
11 janvier 2008 — Afrique, Billets d'humeurs, Culture, Niger, Sansuukyi 2007-08
Film de Jean Rouch (1971) avec Damouré Zika, Tallaou et Tam.
Souvent, nous voyons les lourds et ennuyants documentaires sur l’Afrique où apparaît un ethnologue occidental, habillé avec une chemise vert kaki et un chapeau d’explorateur, nous relatant la vie d’une tribu africaine.
Cette fois-ci, le film Petit à petit inverse la relation. Un ethnologue africain interprété par Damouré Zika, le Jean Paul Belmondo nigérien, part à Paris pour «décrypter» les inhabituelles habitudes de vie de la tribu parisienne.
Ce film pose une question fondamentale qui est encore actuelle: Comment construisons-nous notre vision sur l’Afrique? Normalement, la vie africaine est conçue par notre regard à partir de la notion de l’exotisme.
On part en Afrique pour avoir des expériences uniques, voire exceptionnelles. On veut rencontrer cet exemple du «bon sauvage» tout en échappant à notre «angoissante»vie occidentale.
En arrivant tout nous fascine. Chaque jour est la découverte d’un paradis perdu, comme si c’était le retour à un état de nature. Mais, il n’y a pas de retour possible au paradis, cette terre est peuplé d’hommes et de femmes qui ont été colonisés, -sous prétexte d’être «civilisés»-. Mais bien sûr nous devons oublier «le crime» de la colonisation européenne, effacer les taches de sang de nos mains, enfin oublier l’histoire, puisqu’elle continue d’une certaine façon sous un nouveau visage.
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Le rôle des médias face au conflit armé au Niger
Auteur: Daniel Roy Torunczyk Schein
2 janvier 2008 — Afrique, Militarisme, Niger, Politique, Sansuukyi 2007-08
Le rôle des médias face au conflit armé au Niger
Est-ce que les Touaregs avaient un autre choix que de prendre les armes? Les Touaregs, identifiés actuellement comme le «groupe rebelle», ont lutté pour la Libye dans le conflit entre le Tchad et le Soudan, la plupart comme mercenaires. Après la guerre que pouvaient-ils faire? Comment l’État pouvait-il les réintégrer dans la vie civile?
En janvier 2007, ils ont décidé de former le MNJ (Mouvement des Nigériens pour la Justice), ayant pour objectif de changer les misérables conditions de vie de la population du Niger qui se classe, [selon les critères de l’indice de développement humain des Nations Unies pour le Développement (PNUD)] en dernière position dans l’ensemble des pays du monde. Le taux d’analphabétisme frappe 89% de la population et est encore plus élevé parmi les femmes.
Dans ce contexte, une grande partie des revendications touaregs ont été comprises par l’État nigérien comme étant excessives et inacceptables. Particulièrement par les Forces Armées, concernant les postes dans la police et dans l’armée.
Le conflit, depuis février 2007, se détériore. D’une part, les Touaregs ne sont pas militairement assez solides pour renverser le rapport de force vis-à vis de l’État, et d’un autre côté, le gouvernement du président Mahamadou Tandja n’a aucun intérêt à reconnaître politiquement le groupe rebelle de Agadez, dans la région Nord du pays.
En 1999, le président élu a prêté serment, en jurant de la main droite sur le Coran, de «respecter et de faire respecter la constitution». Cependant, le droit à la liberté d’expression est loin d’être une réalité. Quatre journalistes restent encore en prison: Ibrahim Manzo Diallo, incarcéré à Agadez depuis le 9 octobre, sous l’accusation “d’association de malfaiteurs”; Moussa Kaka, directeur de la station privée de Radio Saraounia et correspondant de RFI, demeure en prison depuis le 20 septembre, inculpé de «complicité de complot contre l’Autorité de l’État». Le 17 décembre 2007, deux autres correspondants de la chaîne franco-allemande Arte, Thomas Dandois et Pierre Creisson ont subi le même sort que ces autres journalistes, sous prétexte «d’atteinte à la sécurité de l’État».
En gros, ils sont inculpés pour avoir eu des contacts avec les rebelles. Néanmoins, comment peuvent-ils rendre compte de la situation sévissant au Niger s’ils ne peuvent contacter les acteurs du conflit : les rebelles ou le gouvernement nigérien? Jusqu’à présent le gouvernement n’a fourni aucune preuve solide contre eux. D’ailleurs, dans le cas de Moussa Kaka les accusations sont basées sur des écoutes téléphoniques illégales.
Ainsi, les emprisonnements s’inscrivent dans un contexte politique de vastes restrictions aux libertés individuelles et de violation des droits de l’homme. Les exécutions extrajudiciaires, ont été reconnues par le gouvernement comme étant plutôt des «dommages collatéraux», les déplacements massifs de population en raison des combats, la découverte de fausses communes ainsi que plusieurs arrestations de journalistes sans procès. La presse a le droit de protéger ses sources dans le but de satisfaire le droit du peuple à l’information. Néanmoins, dans le cadre du conflit actuel, l’information devient également une arme utilisée par le gouvernement.
La criminalisation croissante de l’activité journalistique par les autorités de l’État, constitue une atteinte à la liberté d’expression, puisque la seule source d’information demeure le site Internet de propagande du MNJ, dans lequel il n’y a aucun traitement journalistique sérieux. Les journalistes ne peuvent pas peser le pour et le contre de l’information et apporter un traitement juste et équilibré sur le conflit, malgré le fait qu’il n’y ait aucune interdiction écrite du gouvernement qui interdit aux journalistes de se rendre à Agadez.
Le grand péril pour la naissante démocratie nigérienne établie depuis 1992, est que le gouvernement utilise le conflit pour réprimer les différents courants progressistes de la société civile. Sous prétexte que la nation nigérienne est en danger, les voix dissidentes doivent être bâillonnées par l’autorité de l’État. L’idéologie de l’unité nationale ferme la possibilité d’établir un discours critique.
Pour conclure, un des enjeux de fond a été clairement exprimé par un des conférenciers dans la Conférence «Médias et conflit armé au Niger» qui a eu lieu le 28 et 29 décembre 2007 à Niamey: «Il faut démocratiser l’armée ou armer la démocratie».
Auteur: Daniel Tounczyk.
Corrections et commentaires: Marianne Laurin et Xavier Leroux.
La Tabaski
Auteur: Daniel Roy Torunczyk Schein
26 décembre 2007 — Niger
Niamey est une grande grillade. La ville célebre la fête de la Tabaski: la force de la foi en la parole divine.
Tel que l’histoire a été ecrite dans la Bible, le Sûpreme voulait qu’Abraham lui prouve sa foi en lui, demandant de tuer son
fils. Alors qu’Abraham était sur le point d’obeir son ordre. Un voix du ciel lui dit: Arret! À la place de tuer ton fils, sacrifice
un mouton!
Dans la «capitale rurale de l’Afrique», pour quelques jours, les moutons ne se confondront plus avec les vielles voitures et les motos.
Une grande grillade à ciel ouvert a envhai chaque rue de Niamey, la fumée fait monter la témperature au-delà de 30 degrés de l’hiver.
Au cours de jours préalables,on sentait l’anxiété des fidèles pour se procurer un mouton à égorger. Les prix étaient exorbitants pour
la plupart de la population dans un pays où le salaire moyen est d’environ 19 000 F CFA (40 CAD) : 35 000 F CFA (70 CAD) pour un petit mouton et jusqu’à 100 000 F CFA (200 CAD) pour un grand.
La ville était plus chaud que d’habitude, dans chauque rue on voyait l’esprit festif. Depuis le matin on entendait les son des tambours et de trompettes qui appelaient les fidèles pour la grande prière collective de la Tabaski. Chacun se vêtit de ses meilleurs vêtements, les costumes africains typiques, colorés aux motifs vivants.
L’abondance de cette fête contraste brutalement avec la pauvreté extrême de chauque jour: les gens qui marchent pieds-nus, les vêtements déchirés, et les signes de malnutrition. Néamoins la fête nous fait oublier pour trois jours, les différences entre les riches et les pauvres. De toute façon, la personne qui n’a pas pu acheter son mouton comme une offrande à Allah mangera tout de même sa portion. Les plus chanceaux devront laisser une partie de leur mouton pour les plus pauvres. Le soir, aprés l’égorge de milliers de moutons, ils seront prêts pour la célebration des festivités de la Tabaski.
La fuméé est partie, le soleil se couche, la brise de la nuit est une bénédiction.
Temps des fêtes et troubles politiques
Auteur: Xavier Leroux
17 décembre 2007 — Billets d'humeurs, Militarisme, Niger, Politique, Sansuukyi 2007-08
la situation politique du Niger
Le Niger est un pays semi-démocratique, laique, et très acceuillant. Les rues de la capitale sont très animées, mais l’étranger n’est jamais interpelé à outrance pour acheter des choses. On ne nous tire pas par le bras et on ne se sent jamais mal à l’aise de marcher dans la rue à n’importe quelle heure de la journée ou du soir. Toutefois, le Niger est réelement un pays où la liberté d’expression n’est pas tout à fait libre et dans les faits il n’est pas correct de trop contester les politiques du gouvernement. Il y a particulièrement un sujet qui capte l’attention ici : le conflit qui fait rage dans le nord du pays et qui oppose les militaires gouvernementaux et les forces du Mouvement National pour la Justice (MNJ). Ce conflit est le fruit du manque de redistribution des profits économiques reliés à l’extraction minière de l’uranium, dont le sous-sol nigérien est rempli. Les ressources d’uranium sont en très grande majorité situées dans le nord du pays, en territoire touareg, et le MNJ lutte pour une meilleure distribution des profits liés à l’uranium, mais aussi pour la mort du chef de l’État nigérien. Le conflit est donc personnalisé entre les chefs des deux mouvements. Ici, il y a, en autre, le journaliste Moussa Kaka, correspondant RFI, qui est emprisonné à Niamey en raison des liens qu’il possède avec le MNJ et des conversations téléphoniques qu’il a eu avec ses représentants afin de couvrir le conflit dans la presse.

