Arriver à Santa Cruz de la Sierra,le quartier général de l’opposition au gouvernement d’Evo Morales, est comme débarquer dans un autre pays. Après neuf heures de trajet dans un autobus au moteur douteux à se demander si nous allions arriver indemne à destination, nous arrivons dans cette énorme ville, une des plus grosses, sinon la plus grosse de Bolivie. À travers les nouvelles boliviennes, tout ce que nous connaissions de Santa Cruz se résumait à opposition farouche au gouvernement, campagnes de propagande des mouvements de droite et, très important, la quête de l’autonomie départementale. Pas besoin de dire que nous étions assez curieuses de ce que nous allions y trouver. Lire la suite →
Articles classés dans 'Menchu 2007' ↓
L’autre Bolivie
Auteur: Amelia Orellana-Côté
27 décembre 2007 — Amérique du Sud, Billets d'humeurs, Bolivie, Menchu 2007
Le calme après la tempête
Auteur: Stéphane Pageau
20 décembre 2007 — Amérique du Sud, Billets d'humeurs, Menchu 2007, Politique, Venezuela
Depuis le référendum sur la Réforme constitutionnelle, je me suis promené dans plusieurs villes du Venezuela. Et partout, j’en arrive au même constat: une tension est disparue. Autant la fébrilité était palpable dans chaque recoin du pays, avant le 2 décembre, autant maintenant un calme étonnant règne partout, même à Caracas. Comme si tout le monde était déjà passé à autre chose. De plus, Chávez est beaucoup moins présent dans les médias, il espace les sorties publiques, les déclarations incendiaires auxquelles il nous avait habitué dans les semaines précédant le référendum. Que faut-il en conclure? Si je me fie aux deux énormes panneaux publicitaires devant le terminus d’autobus La Bandera, sur lesquels sont simplement écrits les mots « Por ahora… » (en lettres rouges sur fond blanc), Chávez ne renoncera pas à son projet de réforme. Toutefois, il apparaît clair qu’il devra trouver de nouvelles façons de présenter le projet, de susciter l’intérêt des Vénézueliennes et Vénézueliens. En effet, le référendum a connu un taux de participation désastreux, avec 44,11% d’abstention. Pour un événement d’une telle envergure historique, c’est une catastrophe et une preuve qu’un fort désintérêt a balayé les rangs des citoyens.
Pour l’instant, le pays reprend son souffle, jusqu’à une possible prochaine fois. Ce qui devrait réjouir au moins 44,11 % de la population en âge de voter…
El Octavo Congreso Nacional de Delegados de la CTA.
Auteur: Ashley Henbrey
14 décembre 2007 — Argentine, Menchu 2007, Organisations
On December 5th and 6th, El Central de Trabajadores de Argentina (CTA), one of Argentina´s most important workers’ federations, held its 8th annual National Congress for elected delegates. More than 500 national and international delegates gathered in the locally famous Hotel Bauen (a « recuperated » hotel) with two distinct objectives. Firstly, delegates aimed to outline an agenda for the implementation of a recently released social pact entitled the Paritaria Social, and secondly to develop the CTA’s national strategies for the coming year. (For more information on the Paritaria Social http://www.cta.org.ar/base/IMG/doc/Documento_Paritaria_Social.doc ).
Beautés maliennes
Auteur: Pascale Geoffroy
14 décembre 2007 — Billets d'humeurs, Mali, Menchu 2007
A l’instar de mon compatriote qui se trouve avec moi au Mali, j’aimerais beaucoup écrire des articles de fond sur la politique du pays, ses exemples flagrants de corruption et de magouilles, sur le dévouement des gens qui travaillent fort à implanter une réelle démocratie pour améliorer le sort du peuple moyen. Malheureusement, je ne vois que de loin tous ces événements. Le président de mon ONG, le Dr Oumar Mariko, qui est également directeur de la radio Kayira, secrétaire général du SADI et député de l’opposition à l’Assemblée nationale, se fait de plus en plus rare à l’ONG, de sorte que je n’ai plus ces envoûtantes discussions sur l’avenir du Mali. Je n’ai pas l’opportunité d’être dans le feu de l’action, de vivre des aventures trépidantes ou des moments exaltants. J’ai toutefois la chance, dans le cadre de mon travail et au hasard des rencontres, de converser avec panoplie de gens, Maliens, Canadiens, Français, Ivoiriens, Suisses et autres, qui tous vivent ici une réalité différente. Certains sont, comme moi, des stagiaires ayant un contrat de quelques mois, d’autres vivent ici depuis 15 ans, travaillent dans la coopération internationale ou ont une business qui leur profite plus qu’au pays et à sa population, quelques uns sont tombés en amour avec le Mali et ont décidés d’y demeurer, plusieurs sont découragés presque en permanence, mais continuent quand même d’y revenir année après année parce qu’ils y croient. La plupart ont voyagé d’un continent à l’autre, une intéressante minorité le fait quotidiennement de par ses mots, ses pensées, son ouverture d’esprit. Ce melting-pot de gens, de visions et d’expériences me fait réaliser que tout n’est ni noir, ni blanc. Qu’on ne peut généraliser. Qu’on ne peut entretenir les clichés. Qu’on ne peut qu’essayer de comprendre le contexte, à chaque fois, dans chaque situation. Que l’on croise toujours dans un détour des gens merveilleux qui soudain, nous apportent un regard nouveau, nous pousse à considérer la vie, les mentalités, les mœurs, sous un autre angle. Que même au sein d’une même culture, les divergences s’imposent, que des marginaux surgissent. Ce sont mes découvertes à moi : toutes ces discussions vivantes, assise dans un bureau, au coin d’un feu, autour d’un plat de mouton rôti, en flânant au marché ou plantée dans un cadre de porte, à l’improviste. En entendant des enfants rire, un bébé pleurer, Neil Young ou l’imam de la mosquée comme musique de fond. Pensée du jour entendue ici, pour tous les coopérants internationaux : « Il y en a beaucoup qui veulent faire le bien, mais plusieurs qui le font mal. »
BLOQUEO CIVICO
Auteur: Stéphanie Rousseau
7 décembre 2007 — Bolivie, Menchu 2007, Organisations, Politique
Pour la première fois de ma vie, je suis dans une ville barricadée. Aucun véhicule motorisé ne sort de Yacuiba aujourd’hui, la route unique qui relie la ville au reste du pays est occupée par des camions, des autobus, des roches et des bancs de sable. Seuls les piétons et les cyclistes peuvent encore traverser le blocage ordonné par les autorités départementales de Tarija pour protester contre le projet de nouvelle constitution du gouvernement d’Evo Morales.
Le 24 novembre dernier, les asembleistas, qui se réunissent, depuis des mois, pour écrire la nouvelle constitution à Sucre, la capitale historique du pays, ont finalement approuvé un texte préliminaire. Ce texte sera prochainement voté, article par article, par les députés avant d’être vraiment approuvé. Projet controversé à l’intérieur du pays, les travaux de l’assemblée constituante ont, jusqu’à maintenant, souvent été la cible d’importantes manifestations et affrontements dans la ville de Sucre, qui ont déjà fait deux morts et qui ont forcés l’arrêt des travaux déjà à plusieurs reprises.
Cette refonte de la constitution est une demande des groupes sociaux et des peuples originaires depuis plus d’une dizaine d’années. Les gouvernements précédents n’avaient jamais oser mettre en marche ce processus, de peur des conflits internes que cela pourrait occasionner, mais Evo Morales, qui en avait fait la promesse lors des dernières élections a tenu parole et, en août
Marche pour le Sí et les résultats du référendum sur les changements constitutionnels
Auteur: Marilou Lisé-Vincent
4 décembre 2007 — Amérique du Sud, Billets d'humeurs, Menchu 2007, Politique, Venezuela

Vendredi dernier, soit deux jours avant le référendum, je suis enfin allée, en compagnie de Stéphane, à une marche en faveur du Sí. J’aurais bien voulu aller à celle en faveur du No, afin de voir et sentir la différence d’ambiance, mais je n’ai malheureusement pas eu la chance d’y assister. Je dois dire que c’est particulièrement impressionnant de voir une marée rouge de monde et surtout l’argent qui est investi par le gouvernement pour les marches et la publicité. Il serait intéressant de vérifier ces chiffres. Bref, la marche de vendredi dernier était constituée de gens festifs (bières, BBQ, musique, etc.) et engagés, et non d’une ambiance violente comme certains médias semblent véhiculer. L’ampleur de la marche m’a laissé l’impression que la population entière du Venezuela se trouvait dans les rues de Caracas pour appuyer la réforme constitutionnelle…
A Traditional Argentinean BBQ
Auteur: Ashley Henbrey
1 décembre 2007 — Argentine, Billets d'humeurs, Menchu 2007
Some photos from the birthday fiesta of a ‘Compañero de trabajo’…. a belated « ¡Feliz Cumpleaños Guillermo! »
http://picasaweb.google.es/uatito/AsadoOctubre2007CumpleGuille
La Feria internacional del Café de Sanare 2007
Auteur: Stéphane Pageau
28 novembre 2007 — Amérique du Sud, Culture, Menchu 2007, Organisations, Venezuela, Économie
La deuxième édition de la Feria internacional del Café de Sanare s’est déroulée cette fin de semaine. Au total, une quinzaine d’invités, provenant de plusieurs pays (dont les États-Unis, le Guatemala et le Pérou), ont présenté des conférences aux sujets très variés: la présentation de solutions pour éliminer la broca (un insecte qui s’attaque aux grains de café), l’expérience d’une coopérative de femmes productrices de café au Guatemala, le patrimoine gastronomique et le développement du tourisme agro-écologique dans l’état de Lara, le commerce équitable et l’industrie internationale du café, etc. Les conférenciers internationaux ont particulièrement suscité l’intérêt chez les caficulteurs de Sanare. Par exemple, la conférence de la Sra. Zoila Peralta sur la communauté de caficultrices au Guatemala a reçu un accueil des plus chaleureux. À toutes les trois conférences, des périodes de questions permettaient au public d’approfondir les thèmes abordés par les invités. Lire la suite →
Justice, Impunity, and Las Madres de Plaza de Mayo.
Auteur: Ashley Henbrey
28 novembre 2007 — Argentine, Menchu 2007
Las Madres de Plaza de Mayo are legendary in Argentina. Every week, for nearly three decades, Las Madres (the Mothers) have been conducting marches outside the Casa Rosada (the presidential palace) in the Plaza de Mayo of Buenos Aires. A small group of women began this tradition as a form of protest against Argentina´s last military dictatorship, and »disappearances » this regime conducted (1976-1983). Today, Las Madres are considered human rights heroines, and have since formed the Asociación Las Madres de Plaza de Mayo, a multi-faceted NGO. Their white head-scarves have become widely recognized symbols of Peace throughout Argentina.
On ne peut raser la tête d’une personne sans elle
Auteur: Pascale Geoffroy
16 novembre 2007 — Billets d'humeurs, Mali, Menchu 2007
Il s’agit d’un proverbe bambara récemment appris, qui s’avère extrêmement pertinent au Mali.
Chacun vit ses voyages différemment ; rencontre des gens et développe des relations particulières ; apprend la langue, la culture et les mœurs jusqu’à un certain niveau ; réagit et agit d’après ses propres références culturelles et personnelles. Curieux comme deux personnes peuvent évoluer dans la même société et pourtant en retirer une expérience tout à fait différente. Le Mali, c’est comme les cornichons : tu aimes beaucoup ou tu n’aimes pas du tout. L’entre-deux tiède est plutôt rare.
Et puis, qu’est-ce qui déclenche le coup de foudre ? Le milieu dans lequel tu te retrouves plongé ou l’attitude avec laquelle tu plonges dans le milieu ? A ces questions, aucune réponse scientifique. C’est comme se demander qui de l’œuf ou de la poule a surgit le premier sur Terre.
Le Mali est un panier de contradictions. Moins flagrantes et matérielles qu’en Amérique latine, à mon avis. Plus subtiles. Il y a des gens extrêmement avenants, et d’autres complètement détachés. Il y a des gens généreux de leur temps et de leur volonté, et d’autres avares d’un temps dont, pourtant, ils abusent. Il y a des gens brillants et passionnés, et d’autres passifs, sans étincelles dans les yeux. Il y a des gens qui travaillent sous un soleil de plomb à battre le riz, et d’autres qui crachent sur les voitures dont l’occupant refuse de donner quelques francs. Il y a des gens qui accueillent les étrangers à bras ouverts, et des enfants qui pleurent de peur devant un Blanc. Il y a 1800 ONG, et des Mercedes à chaque coin de rue. Il y a beaucoup d’investissement de l’Occident et de l’Orient, mais la pauvreté qui nous frappe dans chaque regard. Il y a beaucoup de crâne à raser, mais peu de gens qui se présentent chez le barbier.
Pourquoi ?

