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Chronique d’un 8 mars

Auteur: Gabrielle Lamontagne-Hallé

Par Gabrielle Lamontagne-Hallé

Yaoundé, 8 mars 2013 – Aujourd’hui, c’est la journée internationale de la femme. Dans les rues du centre-ville de Yaoundé, la capitale du Cameroun, elles sont plus de 200 000 à déambuler au son de rythmes traditionnels entraînants. Jeanne, infirmière à l’hôpital public de Biyem-Assi, est du groupe. Pour ses collègues féminines et pour elle, il n’est pas question de travailler un 8 mars.

Comme les centaines de milliers de femmes qui marchent avec elle, Jeanne porte un habit fait sur mesure aux couleurs de la journée de la femme. C’est le pagne, un tissu traditionnel coloré que la femme africaine porte sous toutes ses formes. Chaque année, la Cotonnière industrielle du Cameroun (Cicam) commercialise un nouveau pagne aux inscriptions du 8 mars. Un élément indispensable de la fête pour les femmes camerounaises.

Des deux couleurs offertes, Jeanne a choisi le rose. Des grandes impressions par-dessus les motifs montrent des femmes au champ et aux fourneaux. Certaines de ses collègues plus en moyens sont allées jusqu’à se faire fabriquer des chapeaux et des écharpes avec ce même tissu.

Après avoir paradé pendant près de quatre heures sur les grandes artères de Yaoundé, elles se rassemblent dans les bars de quartier généralement occupés par les hommes après les heures de travail. Jeanne enfile les bières que lui offrent ses amies. Son habit lui aura coûté en tissu et en main-d’œuvre pas moins de 16 000 francs CFA (environ 32$). C’est une semaine et demie de salaire à l’hôpital.

Les femmes dansent jusqu’aux petites heures de la nuit, sachant que la prochaine occasion de se dégourdir ne viendra pas avant le 8 mars prochain. Lorsqu’elles se séparent finalement pour emprunter le chemin de la maison, Jeanne rentre chez sa jeune sœur, qui s’est mariée il y a deux mois à peine. Elle embrasse ses enfants qui dorment sur un petit lit monté dans le salon. Une larme glisse doucement sur sa joue. Elle ne sait comment elle parviendra à traverser les prochaines semaines.

Comme plusieurs femmes de son pays, Jeanne attendait de son mari qu’il lui offre son pagne du 8 mars. Il importait pour elle qu’il reconnaisse ainsi son rôle de femme et qu’il lui accorde le droit de célébrer comme il se doit. Mais cette année, son mari avait décidé qu’il ne céderait pas aux caprices de son épouse.

Au sein de l’entreprise qu’il dirigeait, les femmes avaient fait la grève pendant trois jours pour réclamer que le pagne leur soit offert par l’employeur. Il en avait marre que les femmes de son entourage fassent chaque année la pluie et le beau temps pour le réclamer.

Deux semaines avant les célébrations, Jeanne lui avait imposé un ultimatum. Et comme c’est le cas dans plusieurs ménages chaque année, son couple a volé en éclats lorsqu’à la veille du 8 mars, le pagne convoité n’avait toujours pas été posé sur le lit conjugal.

Demain, elle rentrerait au travail et rien n’aurait changé. Les infirmières de son unité auraient toujours un salaire nettement inférieur à leurs homologues masculins. Aucune femme n’aurait intégré l’étage réservé à l’administration. Et aucune nouvelle mesure n’aurait été adoptée pour favoriser la conciliation famille-travail chez les mères de famille.

Il faudrait attendre le 8 mars prochain.

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Hospitality Club

Auteur: Gabrielle Lamontagne-Hallé

Lorsque vous dites à un Camerounais que chez vous, tout le monde a dans son porte-monnaie un petit bout de plastique rouge surnommé « carte soleil » qui lui permette d’avoir accès à des soins de santé sans débourser le moindre sou, il vient les yeux ronds comme des billes. Puis il vous dévisage en sourcillant et en cherchant l’arnaque.

Car ici, comme dans plusieurs endroits du monde, n’est pas bienvenu à l’hôpital public qui n’a pas les moyens de payer ses services. Et disons-le, on ne vous fait pas de cadeau!

Dès que vous mettez les pieds à l’urgence, on vous renvoie à la caisse payer un thermomètre. Puis des gants. Puis une seringue. Puis d’autres gants. Vous comprenez l’idée. Bref, pas la peine de compter les allers-retours, ils seront nombreux.

En revanche, l’attente est très courte, voire inexistante. Dès mon arrivée, j’ai pu apprécier la rapidité avec laquelle le médecin de service m’a reçue. J’ai aussi pu apprécier la rapidité à laquelle je l’ai perdu! Quelques appels téléphoniques sur son cellulaire et une ou deux urgences plus tard, il m’a finalement redirigée vers le laboratoire pour les tests d’analyse.

L’ambiance au laboratoire était à la fête. Je dus me faufiler à travers une vingtaine d’employés vêtus de blanc qui dégustaient des brochettes de viande et des sandwichs aux œufs durs, prenant place sur les quelques lits d’hôpital disponibles. Ils se passaient les bouteilles de Coca et ne semblaient pas se soucier de ma présence le moins du monde.

J’ai finalement réussi à prendre place sur une chaise pour attendre qu’on me reçoive, ne daignant pas interrompre cette fête improvisée. Je me faisais alors la réflexion qu’en dépit des règles d’hygiène douteuses, les employés avaient au moins le cœur à la fête.

Jusqu’à ce que je vois la bouteille de whisky circuler parmi les sarraus.

Après vingt minutes d’attente, un infirmier m’a invitée à le suivre dans la salle voisine. Déjà que les seringues et moi n’avons jamais connu une grande histoire d’amour, le brouhaha de la salle voisine n’avait rien pour me rassurer.

Pendant la prise de sang, les va-et-vient se chargeaient de tenir mon esprit occupé. Tour à tour, deux infirmières sont entrées en uniforme et sans crier gare, se sont dévêties, avant de se rhabiller en civil. Le tout sous le regard amusé de l’infirmier qui s’occupait de moi.

Si Juste Pour Rire avait une filiale camerounaise, j’aurais cherché les caméras.

Et au moment de quitter la salle, après avoir gentiment demandé mon congé, l’infirmier de me lancer :

« Alors, on fait comment pour aller travailler au Canada?! »

Entre primates, on se comprend !

Auteur: Marie-Anne Viau

Cela fait déjà un mois que je suis au Cameroun, et que chaque jour je m’intègre un peu plus à ce pays de l’Afrique centrale bien paradoxal. Pour fêter la mi-stage, notre groupe de stagiaires a décidé d’aller se prélasser sur les plages de Kribi dans le littoral.

Après avoir navigué tout notre samedi en pirogue en passant par les chutes de Lobée, un village de Pygmées et des assiettes débordantes de crevettes, les chauffeurs de taxi, puisqu’ils étaient aussi guides touristiques (les Camerounais ont le don d’avoir plusieurs jobs pour joindre les deux bouts), nous ont laissé à notre hôtel face à la plage avec une proposition bien ancrée dans leur tête.

Ils nous parlent d’un refuge de chimpanzés orphelins victimes du braconnage, malheureusement encore trop pratiqué dans cette partie du monde, sur une île à deux heures de Kribi et proposent de nous y amener le lendemain matin. J’étais suspendue à leurs lèvres jusqu’à ce que finalement ils parlent de prix. 100 000 francs, équivalent à 200 dollars canadiens, est une somme énorme pour le coût de la vie camerounaise que plusieurs paysans n’oseraient même pas penser avoir au fond de leur poche. Après quelques heures de réflexion, j’ai décidé de partir dans cette aventure en divisant la somme en quatre avec 3 autres de mes camarades.

Donc, me voilà le lendemain matin à rouler dans la brousse et à prier pour que le véhicule ne s’enfonce pas dans la boue jusqu’à la destination finale. Puis, nous devons marcher dans la jungle, et à ma grande surprise, ce sont les chimpanzés qui nous trouvent avant même d’avoir aperçu le refuge à l’horizon.

Ils sortent d’entre les arbres, un en position quadrupède et l’autre, plus petit, bien accroché sur son dos. Ils s’approchent de nous sans aucune crainte et sautent dans les bras du vétérinaire qui nous accompagne. Arrivé au refuge, un troisième compagnon, encore plus jeune que les deux autres, se joint à nous. Je craque définitivement lorsque j’apprends qu’elle s’appelle Goyave. Cannelle est la plus vieille, celle qui était venue à notre rencontre avec Miel celle sur son dos. Elles sont toutes de jeunes chimpanzés ayant perdu leurs parents à cause des braconniers. Des paysans les retrouvent abandonnés et les mènent au refuge avant qu’ils ne meurent de faim.

En quelques minutes, nous sommes déjà des membres de la famille. Leurs bras bien tendus vers moi signifient leur envie que je les prenne et tenir ces petites bêtes bien serrées me donne l’impression d’être avec un bambin. Leurs mains si semblables aux miennes et leurs grands yeux doux me regardent avec une vive intelligence. Par contre, leur agilité et leur énergie sont incomparables! Chacun leur tour, elles sautent sur notre dos et un véritable manège de pirouettes interminable se déclenche, amenant un éclat de rire général.

Puis, vint le temps d’aller sur l’île en face du refuge des bébés chimpanzés, où vivent ceux qui sont maintenant devenus adultes. Une pirogue chambranlante nous attend et nous permet de traverser le fleuve. Une fois sur l’île, un mâle adulte est déjà là, un peu méfiant. Il me renife légèrement avant de m’adopter sans aucune difficulté. Il se nommait Patchouli. Che Guevera vient nous accueillir aussi, lorsque je remarque un énorme chimpanzé roux bien en évidence sur une autre branche. C’est le chef, le mâle dominant : Nunéphar. Les spécialistes qui nous accompagnent nous disent de faire attention, puisqu’il est en mode défensif, et de passer tranquillement.

L’inattendu arrive, car ma camarade Évelyne est vite poursuivie par Nénuphar alors qu’elle traverse le chemin et elle se fait littéralement attaquée. Pendant que les Camerounais viennent à son aide, l’énorme singe se tourne vers moi et me mord. Complètement sous le choc, je tremble comme une feuille alors que mon agresseur est déjà loin. Bien entendu, je n’avais aucun danger de transmission de maladies puisqu’ils étaient tous vaccinés depuis l’âge de 6 mois, mais reste que le rappel à la vie sauvage est violent. Revenue à moi-même, je me remplis de courage et continue mon chemin.

Ils sont au moins cinq en comptant les trois mâles déjà rencontrés, en plus d’Arthémiste, la seule femelle du groupe, et Kiwi, le plus jeune mâle. Nénuphar revient vers moi et alors que je recule, on m’explique qu’il veut s’excuser et qu’il faut que je lui tende ma blessure. Il embrasse ma main, tel le ferait un jeune homme qui me courtise, et se lève sur ses deux jambes pour me donner des bisous sur les joues. Je rigole, mais sa lourdeur devient bientôt désagréable et je le repousse gentiment. C’est alors que Patchouli, mon préféré, me tend la main et m’amène proche d’un herbacé. Il tire ma manche et me donne une feuille de la plante. Le vétérinaire me dit qu’il faut que je la roule entre mes mains et de lui redonner par la suite, ce que je fais. Le primate l’applique par la suite sur mes plaies comme un baume, à des endroits où je n’avais même pas remarqué les égratignures. Il sentait où j’avais mal et me soignait avec une plante médicinal.

Après de nombreux et beaux échanges remplis d’affection, spécifiquement avec Arthémiste, (ah, la solidarité féminine!) il vint le temps de rentrer. Au retour, Cannelle avec Miel, éternellement agrippée à elle, nous suivent un moment malgré les demandes incessantes du vétérinaire qu’elles retournent au refuge. De retour dans l’automobile, le guide nous confie qu’il s’agit du seul refuge accessible au public de l’Afrique entier et nous avons alors compris toute la chance que nous avions eue d’y pénétrer. Sur la route, nous apercevons deux Africains transportant deux singes inertes ficelés sur des bouts de bois.

Une fois de plus, la réalité africaine nous frappe en plein visage.

Lipsynch et royauté

Auteur: Gabrielle Lamontagne-Hallé

Yaoundé, 3 juillet 2012

Il y a des moments, en voyage, où les impacts de la mondialisation nous frappent de plein fouet. Après 13h de vol, on ne s’attend pas nécessairement à manger une omelette avec de la baguette française, attablés un matin sur une terrasse de Bandjoun. On ne s’attend pas non plus à voir une célébration de mariage s’ouvrir avec une performance de lipsynch sur « Je ne vous oublie pas » de Céline Dion. Et pourtant…

Pourtant, plusieurs traditions sont encore (une chance) profondément ancrées dans la culture africaine. Et c’est au cours de ces mêmes mariages, auxquels Marie-Élaine et moi avons été conviées avec nos parents la fin de semaine dernière, qu’on peut le constater. Vendredi soir, à l’Ouest du pays, nous assistions à un mariage coutumier, la première étape des célébrations nuptiales, où doit être présentée la fameuse demande en bonne et due forme. Mais ladite requête ne peut être formulée sans que les deux familles n’argumentent d’abord dans ce qui s’avère finalement être un jeu de rôles interminable.

Ainsi, pendant plusieurs heures, les prises de bec se multiplient dans la langue locale dont seuls les natifs de Bandjoun peuvent saisir les subtilités. La belle-famille fait mine de ne pas trouver la mariée, annonce ensuite qu’elle est toujours à Yaoundé et qu’il faut la faire venir (en bref, ils revendiquent quelques billets à la famille du marié). Ils rencontrent ensuite plusieurs péages routiers, pannes d’essence et autres contrôles qui multiplient les occasions de reconstituer la dot de la mariée. Car au Cameroun, c’est la famille du marié qui fournit la dot. Et c’est au terme de ces échanges abrupts mais pleins d’humour que les belles-familles partagent avec les mariés une boisson traditionnelle (qui unira à jamais ces deux familles) et qu’est finalement servi un copieux repas aux convives affamés…et disons-le, pour certains, endormis sur le dossier de la chaise de devant!

SA MAJESTÉ

Lorsque le lendemain, avant notre départ pour Mbanga (où nous étions attendus pour un mariage civil cette fois), Marie-Élaine et moi avons été présentées au roi de Bandjoun, nous avons aussi compris que le colonialisme n’était pas venu à bout des unités administratives traditionnelles. Si les rois sont depuis devenus des chefs et que leurs royaumes sont désormais des chefferies, il n’en demeure pas moins qu’ils occupent une place considérable dans la communauté.

« Imitez les hommes! », nous a soufflé notre mère lorsque les hommes en notre compagnie se sont alignés, le dos droit, en fixant la porte du bâtiment principal. C’est à ce moment que nous avons compris que sa majesté nous honorerait de sa présence en ce samedi matin. Et tour à tour, nous avons été présentés au roi, qui nous a même accueillis dans son grand salon. Disons que j’étais petite dans mes shorts-gougounes lorsqu’il s’est posé sur son trône de bois sculpté assez haut pour que ses pieds ne touchent pas le sol!

Le chef héritant des femmes et des enfants de ses prédécesseurs, le roi de Bandjoun a à son actif quelques soixante femmes. Ainsi, de chaque côté de la grande case familiale surmontée d’un toit conique en fibres végétales, sont alignées plusieurs cases traditionnelles sur le même modèle où vivent les quelques soixante femmes et leur enfants.

Au mariage civil (l’étape qui suit normalement le mariage coutumier), auquel nous avons assisté à Mbanga, près du littoral, cet après-midi-là, nous avons d’ailleurs bondi sur nos chaises lorsque le maire a demandé au marié s’il choisissait le système polygamie ou monogamie comme on dit « thé ou café? ». « Ah, c’est vrai, ça existe encore ici. » La bonne nouvelle, c’est qu’à la réponse « monogamie », le public a jubilé bruyamment.

Mais la mariée, elle, n’a pas eu le choix… maudite vie!

La panne

Auteur: Gabrielle Lamontagne-Hallé

Yaoundé, 20 juin

Il ne nous aura pas fallu longtemps pour comprendre l’aspect aléatoire des services d’électricité et d’eau courante en Afrique centrale. Ici, ouvrir le robinet est une loterie quotidienne. Surtout dans le quartier Mendong, où Marie-Élaine et moi vivons. Les coupures d’eau surviennent plusieurs fois par semaine et peuvent se prolonger de quelques heures…à quelques semaines.

Les familles sont toutes équipées de fûts, qu’elles s’empressent de remplir dès que le retour de l’eau se fait entendre dans les tuyaux (souvent la nuit). Elles collectionnent les bouteilles, et les entassent sous l’évier de la cuisine, remplies de ce fluide rarissime. Heureusement, elles ont aussi la pluie, qui remplit à chaque averse une série de bacs alignés sur le côté de la maison.

Hier, non seulement les robinets étaient à sec, mais l’électricité nous a aussi abandonné à l’heure du souper. Alors que Marie-Élaine et moi dégustions avec un bonheur incommensurable notre premier plat de pâtes depuis notre arrivée, nous avons été plongés dans le noir. Le téléviseur, bruit de fond de tous les soirs dans notre maison, n’était plus. Le silence.

Nos frères et soeurs, de nature assez muette, sont demeurés quelques minutes en silence, comme s’ils se demandaient ce qu’ils allaient bien pouvoir faire. Sans DS, ni Playstation, ni Facebook, ni séries télévisées. Puis un de nos frères est venu s’asseoir à nos côtés avec une généreuse portion de spaghetti. On a parlé de ses études, de notre projet, des saisons canadiennes, des sports d’hiver.

Maman s’était endormie entre temps sur son canapé, et les filles, toujours assez silencieuses, écoutaient notre conversion du divan, duquel elles n’avaient toujours pas bougé. Jusqu’à ce qu’une d’elle se mouille et propose de jouer à « troud’cul ». Elle avait manifestement eu un coup de coeur pour ce jeu que leur avaient montré les deux stagiaires québécoises de l’été passé.

L’heure qui a suivie, à la lampe de poche, s’est avérée être une féroce course à la présidence dans le cadre de ce jeu de cartes folklorique. S’empilaient au centre de la table les Dames de coeur, les 8 d’arachide (trèfle), les As de macabo noir (pique) et les Valets de biscuit (carreau), parsemés d’éclats de rire et de grimaces.

Même si ce soir, le bruit de fonds des séries télé mal doublées et des vidéoclips de Justin Bieber reprendront, la panne a été vectrice de rapprochements et d’échanges.

Rappelez-vous janvier 1998…

Yaoundé, ville verte

Auteur: Gabrielle Lamontagne-Hallé

Yaoundé, 19 juin 2012

Nous sommes arrivés en sol camerounais il y a à peine quelques jours, et déjà la musique, les klaxons et les bananes plantain font partie de notre quotidien.

Nous sommes en phase lune de miel, en jargon du voyage. Les repas sont des moments de découverte incroyables, de même que chaque déplacement en taxi, qui nous permet d’en apprendre plus sur l’anarchie qui règne dans le code de sécurité routière.

L’émerveillement se fait aussi au niveau des initiatives d’agriculture urbaine, la raison même de notre présence ici pour les deux prochains mois. Les plants de maïs bordent les routes, les ruelles, abondent dans les cours arrière et décorent les façades avant des maisons. Les manguiers offrent un peu d’ombre aux lézards aux couleurs de l’arc-en-ciel et plusieurs citadins cueillent leurs bananes douces (à distinguer des bananes plantain) à même leur bananier le matin. La verdure abonde dans cette ville ensoleillée qui profite ces temps-ci de bonnes averses nocturnes. Des sacs de plastique aux carcasses de vieux modems en passant par les pneus, tout ce que les Camerounais ont sous la main se transforme en bac à fleur!

Yaoundé, à l’image de ce que nous avions lu à son sujet, se prête très bien aux initiatives de culture vivrière en ville. Les bas-fonds qui séparent les collines (Yaoundé, tout en relief, est connue sous le nom de « ville aux sept collines ») conservent l’humidité en saison sèche et permettent d’approvisionner la ville en fruits et légumes variés toute l’année. Notre défi des prochaines semaines : miser sur le « plus-value » des techniques de culture hors-sol que nous leur apportons et surtout, surtout, s’immerger dans les techniques d’agriculture urbaine qui composent la réalité de Yaoundé en ce moment.

Nous adoptons progressivement (certains plus facilement que d’autres!) le rythme de vie camerounais. Le pas aussi. Si mes amis râlent parce que je marche trop vite au Québec, c’est que les Africains ne comprennent vraiment rien à mon empressement! Évidemment, on s’habitue aussi aux regards détournés sur notre passage. Notre teint clair et nos gros sacs à dos ne laissent personne indifférent, et il n’est pas rare de se faire interpeler par « hey la blanche » ou « hey le blanc ».

« Baby I love you » est aussi une amorce que la majorité féminine du groupe commence à bien connaître!

Toujours en phase « lune de miel », nous avons visité Douala, capitale économique du pays, cette fin de semaine. Une rencontre dont tous se souviendront longtemps a teinté notre séjour… la suite très bientôt!

Gabrielle L.

Une premiere année de mini-projets

Auteur: Pauline Cordier

En réponse au désir de développer des projets d’éducation au niveau local et au besoin de trouver des manières plus créatives de former ses stagiaires, Alternatives  a, pour la première fois, lancé ce qui a été baptisé les « Mini-projets de partage de connaissance ».

Nous nous sommes aventurés dans deux « mini-projets » sans trop savoir à quoi nous attendre mais le résultat a donné deux beaux projets.

Ces projets pilotes se sont concrétisés tout au long des 6 mois de formation des stagiaires…Cela a été à la fois une expérience d’apprentissage pour nos stagiaires et a permis en même temps de  répondre à certains besoins d’organismes communautaires. Cela a également eu comme conséquence la création de nouveaux liens dans la communauté locale. L’idée était que les stagiaires acquièrent une expérience concrète qu’ils pourront directement appliquer en Équateur et au Cameroun cet été…

 

Mini-Projet groupe Équateur

L’organisme Les Pousses Urbaines offre à des jeunes adultes en difficulté un parcours d’intégration personnelle, sociale et professionnelle à travers des ateliers d’horticultures.

Les stagiaires du groupe Équateur sont venus les former à la fabrication de documentaires destinés à faire connaître leur travail au sein de cette organisme.

Le but de ces ateliers était de former les jeunes à l’utilisation de la caméra vidéo et à la réalisation d’une capsule vidéo. Les jeunes des Pousses Urbaines filmeront leurs propres projets d’agriculture urbaine pendant l’été. Quand les stagiaires seront de retour du stage outremer, ils aideront les jeunes à monter leur film et il les aideront ensuite à installer ce film sur le site des Pousses Urbaines. Leur travail sera presenté à l’occasion d’une soirée projection.

 

Mini-Projet groupe Cameroun (Anciennement connu sous le nom du groupe Mali)

Les stagiaires du groupe Cameroun ont  formé  les jeunes de l’organisme Carrefour jeunesse-emploi sur le thème de la création de jardins d’agriculture urbaine.

Les jeunes ont appris comment entretenir un jardin pour qu’ils puissent en prendre soin pendant que les stagiaires seront au Cameroun.

Les stagiaires ont aussi créé un plan de jardin et ont réalisé un jardin avec l’aide des stagiaires de CityFarm, un projet en lien avec Les jardins sur les toits.

Quand les stagiaires reviendront de leur stage au Cameroun ils aideront les jeunes à récolter ce qui aura poussé pendant l’été.

 

Formation Médias Alternatifs

Auteur: Pauline Cordier

Les stagiaires du programme Québec sans frontières d’Alternatives se préparent pour leur départ !

Pendant leurs formations sur les médias alternatifs avec l’intervenant David Widgington, ils/elles ont été mis à l’épreuve avec un exercice difficile: ils ont eu 2 heures pour transformer un article venant d’un média de masse en une émission de radio (groupe Mali) et un reportage télévisuel (groupe Équateur) mais tout ça avec un point de vue de médias alternatifs.

L’objectif de cet exercice: les faire réfléchir sur la différence entre un point de vue venant d’un média de masse et celui venant d’un média alternatif, et donc, sur l’importance des médias alternatifs !

Voilà le résultat !

Groupe Mali

1ère émission radio:

Radio Mali 1

2ème émission radio:

Radio Mali 2

Groupe Équateur

1er reportage:

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2ème reportage:

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Kaïdama 2012 -Agriculture urbaine à Bamako

Auteur: Sophie Bonnet

logo du groupe

À l’été 2012, le groupe Kaïdama s’envolera vers Bamako, capitale malienne, pour mener à terme un projet triennal d’agriculture urbaine.

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Cissé Mariam Kaïdama Sidibé est la Première ministre du Mali, première femme à occuper ce poste au pays. Elle a occupé plusieurs postes ministériels depuis le début des années 90, notamment au Ministère de la Coopération internationale et au Ministère de l’Agriculture et de l’Environnement. Un nom tout indiqué pour le groupe.


Kaïdama ce sont:

Alexandre Brunet
Marie-Élaine
Gabrielle Lamontagne-H.
Martin Lopez
Roxanne Piché
Marie-Anne Viau

Et leur accompagnatrice Sophie Bonnet