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	<title>Stagiaires d'Alternatives &#187; Groupes de stagiaires</title>
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	<description>Le blog des stagiaires d'Alternatives</description>
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		<title>De jeune fille à jeune mère</title>
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		<pubDate>Wed, 03 Aug 2011 23:43:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>AnneT</dc:creator>
				<category><![CDATA[Amérique du Sud]]></category>
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		<description><![CDATA[Nous l’avons suivi dans une petite maison faite de planches de bois espacées, d’un plancher de terre et d’un toit en tôle.  Il y avait deux jeunes filles avec leurs maris et cinq enfants.  Nous nous apprêtions à commencer une entrevue avec ces deux jeunes femmes.  Elles tenaient chacune un poupon dans leurs bras. On [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous l’avons suivi dans une petite maison faite de planches de bois espacées, d’un plancher de terre et d’un toit en tôle.  Il y avait deux jeunes filles avec leurs maris et cinq enfants.  Nous nous apprêtions à commencer une entrevue avec ces deux jeunes femmes.  Elles tenaient chacune un poupon dans leurs bras.<br />
On demanda à une des sœurs :<br />
- « Quelle est ton opinion sur la grossesse de ta soeur de 15 ans » ?<br />
- « Je trouve ça normal. »Répondit-elle.</p>
<p>Normal ? Qu’est-ce que cela veut bien dire ? Que c’est normal d’avoir un enfant à cet âge ? Que c’est commun ?  Qu’elle ne voit rien qui pourrait poser problème au fait d’avoir un enfant à cet âge ? Que cela est souhaitable ?</p>
<p>Johanna est tombée enceinte à quinze ans.  Aujourd’hui elle a seize ans et son fils a cinq mois.  Elle a huit sœurs, dont plusieurs ont eux des enfants à un très jeune âge.  En discutant plus longuement nous apprenions que la mère de Johanna était partie de Santo-Domingo depuis un an et son père ayant des problèmes de consommation d’alcool, était complètement absent.  Les sœurs s’offrent donc entre elles, le support dont elles sont capables.  Pour Johanna, son enfant est « un cadeau de Dieu » certes, mais dans quelles conditions de vie son petit grandira-t-il? Dans quelles conditions de vie grandira-t-elle, elle aussi, cette jeune fille de 16 ans ?</p>
<p><span id="more-2188"></span></p>
<p>L’Équateur est un des pays d’Amérique du Sud avec le taux le plus élevé d’adolescentes enceintes. Parmi ces jeunes filles, 11% de celles ayant complétées leurs études secondaires ont eu des enfants durant leur adolescence.  Chez celles n’ayant aucune éducation, ce taux s’élève à 43%.</p>
<p>Johanna a son secondaire deux.  Elle espère pouvoir terminer ses études à distance l’an prochain.  En ce moment, son copain pourvoit à ses besoins et à ceux de son fils.  Cette situation de dépendance est très commune en Équateur, et a un impact encore plus important sur la vie des adolescentes enceintes.  Jeunes, sans revenu propre, sans éducation ; ici, ces conditions engendrent souvent un cercle de pauvreté se reproduisant de génération en génération.</p>
<p><a href="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/08/Sin-título-831.jpg"><img class="alignnone size-medium wp-image-2199" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/08/Sin-título-831-300x198.jpg" alt="" width="262" height="152" /></a></p>
<p>Quand les droits précèdent la justice</p>
<p>Ici, les normes sociales sont encore plus fortes que les droits.  S’il y a de l’éducation sexuelle obligatoire au secondaire en Équateur, il est incontestable que les moyens de contraception sont sous-utilisés chez les jeunes.  S&#8217;il les femmes ont un droit sur leur corps et de décider du nombre d&#8217;enfants dont elles souhaitent avoir, leur capacité de revendiquer ces droits dans leur société est encore réprimé.</p>
<p>Tabous ? Refus du partenaire ? Craintes ?  Les jeunes filles vivant dans les milieux défavorisés et ayant peu d’éducation sont les plus susceptibles d’être prisonnières de cette culture du silence, de soumission et de manque d’informations.  Leurs droits de décider de leur corps sont donc bafoués par la société, par leur propre communauté.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui en Équateur, on veut les responsabiliser, les aider à planifier leur vie.  Le gouvernement crée des programmes axés spécifiquement sur la planification familiale de ces jeunes.  Parfait !  Mais il faut aussi responsabiliser la société.</p>
<p>En discutant avec le groupe de stagiaires ce midi, un constat s’est établi : ce sont aussi les parents qui devraient recevoir des ateliers sur l’éducation sexuelle pour leurs enfants.</p>
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		<title>Deuxième bulldogs à gauche</title>
		<link>http://www.stages.alternatives.ca/archives/2170</link>
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		<pubDate>Thu, 28 Jul 2011 22:57:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>JosianeB</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets d'humeurs]]></category>
		<category><![CDATA[Yanez Cossio 2011]]></category>
		<category><![CDATA[circulation]]></category>
		<category><![CDATA[direction]]></category>
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		<category><![CDATA[transport]]></category>

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		<description><![CDATA[À Santo-Domingo, lorsque tombe la nuit,  bon nombre de rues se ressemblent.  Mon unique point de repère lorsque j’entre à mon domicile en taxi le soir est une vielle maison  qui semble avoir été dévorée par les flammes et dont la carcasse est demeurée, jusqu’à ce jour, au coin de ma rue. Bien souvent, je [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À Santo-Domingo, lorsque tombe la nuit,  bon nombre de rues se ressemblent.  Mon unique point de repère lorsque j’entre à mon domicile en taxi le soir est une vielle maison  qui semble avoir été dévorée par les flammes et dont la carcasse est demeurée, jusqu’à ce jour, au coin de ma rue. Bien souvent, je la distingue difficilement dans la pénombre faute de lampadaires pour éclairer mon chemin mais j’ai toujours le temps de crier in extremis au chauffeur de tourner à droite alors que finalement je voulais qu’il tourne à gauche.</p>
<p>Il ne m’est guère plus facile d’indiquer le chemin vers la maison de mes camarades mais  je fais quand même de mon mieux : « à côté du pont, derrière le trou ». Si vous ne vous en étiez pas encore doutez, les rues ont des noms ici mais à l’exception des artères principales personne ne les connaît. De l’homme qui conduit l’autobus au chauffeur de taxi qui parcourent jours et nuits les rues de la ville,  nul ne serait en mesure de vous dire où sont situées les rues <em>Padre Maya</em>, <em>Beloleo</em>, <em>Bruselas</em> et j’en passe.</p>
<p>À Santo-Domingo, il est tout à notre avantage de s’orienter avec les chiens errants et de les utiliser comme point de repère plutôt que de chercher en vain les bonnes indications routières. En effet,  il y a davantage de chiens au beau-fixe dans chacune des rues de la ville que de pancartes indiquant leurs noms aux intersections.</p>
<p>Il y a deux jours de cela nous avons mis 1h15 afin de trouver le seul bureau de poste de la cité. Nous avons d’abord tenté de nous fier à une carte qui nous a été remise par l’institut de tourisme à notre arrivée pour finalement réalisé qu’à l’endroit où était indiqué « Correo nacional » sur le schéma il y avait en effet beaucoup de choses, mais certainement pas de bureau de poste. Nous nous sommes ensuite tourné vers la population qui à notre grand regret ne doit ni recevoir ni envoyer des colis de façon régulière. Celui qui disait savoir, ne savait pas; Celui qui ne savait pas prétendait savoir et nous, pendant ce temps, nous faisions l’aller-retour  de droite à gauche depuis une demi-heure sur une rue en suivant les indications contradictoires des passants. Tout cela pour finalement apprendre que le fameux bureau de poste a déménagé mais que personne n’a jugé bon de réactualiser les cartes de la ville ou dans informer la population.</p>
<p>C’est dans un bureau discrètement dissimulé  au côté d’une chaîne de télévision et avec une feuille 8 ½ x 11 blanche accolée dans la vitrine comme toute enseigne, que nous avons finalement trouvé Charlie* à peine un quart d’heure avant la fermeture des portes. Bonne nouvelle. La mauvaise? Les microphones que l’on  était allé chercher en provenance de Montréal  et que l’on attend depuis trois semaines ne sont toujours pas arrivés. J’aime bien me dire que tout cela fait partie du charme de cette ville au même titre que les coqs qui, à 5 heures du matin, ne cessent jamais de chanter ou encore les conducteurs qui nous insultent lorsque l’on traverse la rue alors que le feu de circulation donne priorité aux piétons.</p>
<p>* Charlie est le personnage principal de la bande dessinée « Où est Charlie » dans laquelle les lecteurs doivent s’amuser à retrouver Charlie dans parmi les milliers de personnages présents sur l’image.</p>
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		<title>Imaginez en images</title>
		<link>http://www.stages.alternatives.ca/archives/2152</link>
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		<pubDate>Tue, 26 Jul 2011 05:36:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>FelixL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets d'humeurs]]></category>
		<category><![CDATA[Communication]]></category>
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		<description><![CDATA[Question de langage, elles n’ont pu se comprendre vraiment, et la conversation s’est arrêtée là sans pouvoir aller plus loin. C’est qu’elles ne s’entendaient pas sur un mot, un seul. Pas à cause de la langue, mais à cause du langage, à cause de la définition de ce mot.
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			<content:encoded><![CDATA[<div class="mceTemp"><a href="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/07/Sin-título-181.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2157" title="Sin título-18" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/07/Sin-título-181-300x198.jpg" alt="" width="300" height="198" /></a></div>
<p>Question de langage, elles n’ont pu se comprendre vraiment, et la conversation s’est arrêtée là sans pouvoir aller plus loin. C’est qu’elles ne s’entendaient pas sur un mot, un seul. Pas à cause de la langue, mais à cause du langage, à cause de la définition de ce mot.</p>
<p>Féminisme.</p>
<p>Je vois comment il faut être prudent avec les mots. Les mots disent parfois plus que ce que l’on croit. Avec le temps, depuis leur naissance, ils se complexifient. Parfois, ils signifient peut-être trop, quand un mot en vaut mille pour l’expliquer, pour le comprendre. Imaginez une image…</p>
<div id="attachment_2173" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/07/Guerrières-du-documentaire.jpg"><img class="size-medium wp-image-2173" title="Guerrières du documentaire" src="http://www.stages.alternatives.ca/wp-content/2011/07/Guerrières-du-documentaire-300x198.jpg" alt="" width="300" height="198" /></a><p class="wp-caption-text">Anouk et Pauline en tournage</p></div>
<p><span id="more-2152"></span></p>
<p>Ce jour-là, j’étais avec mes amies Anouk et Pauline, deux filles qui ont plus que leur mot à dire sur la question. Elles ont donc posé la question : Te considères-tu féministe? C’est que la dame que l’on interviewait ce jour-là fait partie d’un regroupement de femmes activistes impliquées dans la lutte pour les droits des femmes ici en Équateur, La RED de mujeres*. Fatal. Féministe? Elle? Non. Elle et sa collègue juste à côté ne feraient jamais partie de ce mouvement radical de femmes qui veulent dominer les hommes et prendre le pouvoir. Elles ne sont pas des extrémistes, seulement des femmes qui se battent pour leurs droits et qui désirent un rapport égal entre hommes et femmes. Surprise chez mes deux collègues. Comment ces deux femmes en face de nous, impliquées comme elles sont dans cette lutte, peuvent-elles à ce point mésinterpréter ce mot. En fait, celles-ci se battent exactement pour ce que nous autres considérons comme le féminisme. Simplement, elles n&#8217;utilisent pas le même mot. Mes collègues et elles n’ont donc pu s’entendre, ni élaborer sur ce point et la discussion, ainsi que l’entrevue, se sont ensuite terminées. Je dis bien qu’<em>elles</em> n’ont pas pu s’entendre et non pas <em>nous</em> n’avons pu nous entendre parce que je ne suis pas justement encore en mesure de défendre une position sur ce mot. Plus en observateur sur ce point, j’ai tenté de comprendre. Tout ça pour un mot.</p>
<p>J’ai vu la difficulté du problème : est-ce que faire de la définition du terme féminisme un enjeu pour la lutte est toujours essentiel, ou à un moment faut-il laisser les débats de définitions théoriques derrière pour pouvoir se concentrer sur le concret d’une situation et s’allier dans un combat qui est finalement le même? Dans son ambigüité possible, ce mot est-il devenu un obstacle à l’unité, ou encore un terme simplement dépassé de par sa nature exclusive, c’est-à-dire exclusivement féminin alors que le problème touche aussi bien hommes que femmes? Notez bien que je ne parle ici que du mot en tant que mot et non de sa possible définition. Bref, tout ça sur un seul mot.</p>
<p>J’expérimente ce genre de situations fréquemment dans ma vie, et plus particulièrement récemment avec mes deux amies susmentionnées. Radicalisme, indépendantisme, relativisme, féminisme… Qu’est-ce que ces mots veulent réellement dire. C’est vraiment intéressant, mais c’est aussi vraiment devenu difficile de s’exprimer sur un sujet sans se brûler… et sans devoir s’expliquer. Question de langage.</p>
<p>Et s’il est si difficile de s’exprimer avec des mots, imaginez en images. À 24 images seconde. Mais il est vrai que les images ont ceci de particulier dans leur nature plus abstraite qu’elles sont davantage ouvertes à interprétation. Il faut les prendre pour ce qu’elles sont : une expérience subjective, beaucoup plus que le sont les mots. Par contre, elles font face au même défi, celui de l’interprétation; ce que des experts de la communication appellent le décodage.</p>
<p>***</p>
<p>Un peu de communication.</p>
<p>Communiquer est un combat en soi, difficile à gagner, toujours à recommencer. On est plus souvent mal compris qu’autre chose. Grand drame de notre vie. Nous ne pouvons plus seulement nous borner à survivre, nous devons en plus communiquer et nous comprendre entre nous. Si nous y pensons un instant, langages, médias, comportements, objets matériels, tout contient un message et signifie quelque chose, et c’est à nous de le décoder proprement pour pouvoir évoluer dans notre monde de communication. Pensez maintenant à cette question et jugez de son ampleur : Qu’est-ce que communiquer?</p>
<p>Pourquoi cette question maintenant? Laissez-moi d’abord vous donner une petite tranche de vie.</p>
<p>Dernièrement, je me suis rendu compte de l’importance de la dimension communication en cinéma. Pas fort après plus ou moins 7 ans d’études dans le domaine. Je me rappelle même la drôle de déception sur l’appellation de mon programme au cégep : cinéma et communication. C’est non sans une certaine gêne que j’avoue que le terme était pour moi comme une roche dans le soulier; quelque chose que j’aurais bien aimé enlever. Pire, à l’université, je me suis surpris à éprouver au début de mes études en cinéma le même sentiment étrange par rapport au fait de devoir appartenir à la fac de communication. Je pensais en quelque sorte ne rien avoir à faire avec eux, ceux des «comms». Mais dernièrement, je me suis rendu compte que la communication était partout, dans tous les aspects de ma vie, dans tout ce que j’entreprenais, dans toutes mes relations, dans tout mon travail, dans toute ma conscience et ma pensée. Que finalement, la communication est au centre même de notre existence et est un pilier fondamental dans toute entreprise humaine. Finalement, j’étais fier d’étudier une branche des communications.</p>
<p>***</p>
<p>Les années passées à étudier comment transmettre un message et en décoder un ont ressurgies entre autres ce jour-là où deux groupes avec les mêmes objectifs, mais utilisant des termes différents, n’arrivaient pas à outrepasser un mot pour se comprendre et continuer à communiquer. Ça nous arrive à tous et tous les jours et souvent en plus. Pensez à tous les malentendus dans votre vie, ou tous les problèmes reliés à des malentendus où deux parties n’arrivent pas à s’entendre. Ça varie selon plusieurs échelles, mais ça peut facilement mener à des conflits civils, des conneries politiques, des guerres de points de vue ou de religion, parce qu’on n’est pas capable d’interpréter le monde et de décoder les choses de la même façon. Et tout le monde trouve ça con quand on regarde ça de l’extérieur. En fin de compte, on se chamaille sur des pécadilles.</p>
<p>Bon, ne dramatisons pas, mais disons qu’il est intéressant de le noter. Dans le cas que je vous mentionne, c’est loin d’être dramatique. C’est juste un exemple de difficulté de communication à très petite échelle. Les deux parties ont dans un sens raison, car elles ont des réalités et points de vue différents. Là est tout le problème : qui a raison? Peut-être que je relativise trop et qu’il faut effectivement s’entendre sur une définition des termes qui soit précise et universelle, mais en considérant tout ce que je viens de dire, je trouve que de relativiser ici a l’avantage d’ouvrir la réflexion sur le sujet et de ne pas être pris dans une position figée. J’y repense et pour ce simple exemple, je n&#8217;ai même pas besoin de me forcer pour imaginer les défis et les questionnements reliés à la communication.</p>
<p>***</p>
<p>Autre questionnement: qu’en est-il du cinéma? Ce médium de communication pourrait-il servir à redonner une nouvelle perspective sur le monde qui nous entoure? De par son expérience subjective, il surpasse à mon avis le langage verbal ou écrit sur le terrain de la compréhension abstraite du sens. Parce qu’il peut faire appel à la fois aux émotions et à l’intellect, sur des concepts aussi froids et vastes que «violence», «liberté», «amour» ou «haine», lorsque ceux-ci sont présentés en mot, il permet justement une compréhension beaucoup plus concrète qu’abstraite. Ironique, non? Prenez par exemple le mot «violence». Lisez-le. Maintenant, imaginez-vous le en images, organisées en récits, avec des personnes vivant les événements. Voyez la différence possible au niveau de la compréhension? Finalement, ce que je dis, c’est qu’un mot dans sa forme est concret alors qu’une image est abstraite, et qu’en substance, une image est une expérience concrète, et un mot un concept abstrait. Enfin, loin de moi l’idée de lancer une guerre entre mots et images, même si l’on dit parfois que cette dernière en vaut mille de ce dernier. L’un et l’autre ont leur place dans la grande «famille» de la communication. C’est juste que je suis comme ça, je me pose des questions. Pourquoi fait-on un film et n’écrit-on pas un livre? J’imagine que c’est parce qu’il y a différentes manières de communiquer et que dans certains cas, l’une est plus efficace que l’autre. Dans le miens, le cinéma se trouve à être un moyen beaucoup plus pratique que le langage verbal. Bien des fois dans ma vie, je communique vraiment mal. Je suis poche pour expliquer bien des affaires et pour parler de bien des affaires. J’ai besoin de sous-entendus plus subtils et le cinéma m’offre sans doute cette possibilité. Question de moyen de communication.</p>
<p>***</p>
<p>Et donc jusqu’où doit-on accorder de l’importance à un mot? Je n’ai toujours pas la réponse et sans doute quelqu’un m’éclairera-t-il là-dessus. Mais ceci m’amène à découvrir une nouvelle facette de notre projet ici. Cinéma documentaire et féminisme. Comment l’un et l’autre peuvent-ils fonctionner ensemble pour mieux communiquer les idées? Je vous laisse vous l’imaginer comme vous le voulez. Pour ma part, j’ai l’impression que c’est exactement ce que je suis en train de découvrir ici en ce moment.</p>
<p>* <a href="http://redmujeres.org/">http://redmujeres.org/</a></p>
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		<title>De la passion et de la mort</title>
		<link>http://www.stages.alternatives.ca/archives/2133</link>
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		<pubDate>Wed, 20 Jul 2011 18:59:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>EtienneL</dc:creator>
				<category><![CDATA[Billets d'humeurs]]></category>
		<category><![CDATA[Yanez Cossio 2011]]></category>
		<category><![CDATA[Équateur]]></category>

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		<description><![CDATA[Le temps file. Les évènements s&#8217;empilent. Le blogue suivant fut rédigé en partie il y a trois semaines, et terminé hier soir. Samedi matin, Puerto Limòn, arrondissement Centro Poblado, petite communauté de deux mille sept cent âmes, à vingt minutes de Santo Domingo. Les yeux encore alourdis de la nuit dernière, nous revenons lentement à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le temps file. Les évènements s&#8217;empilent. Le blogue suivant fut rédigé en partie il y a trois semaines, et terminé hier soir.</p>
<p>Samedi matin, Puerto Limòn, arrondissement Centro Poblado, petite communauté de deux mille sept cent âmes, à vingt minutes de Santo Domingo. Les yeux encore alourdis de la nuit dernière, nous revenons lentement à nos corps, entassés à l’intérieur du taxi qui roule deux fois trop vite pour la petitesse de la route et la précarité des courbes. Une vingtaine de jeunes nous attendent dans une petite classe pour leur premier atelier de communication. Beaucoup moins de temps avec eux, nous ferons, espérons-le, de courtes histoires en trois plans de caméra sur leur réalité, leur village, leur vie.</p>
<p><span id="more-2133"></span></p>
<p>À notre arrivée, seulement cinq jeunes nous accueillent, en quelque sorte. Ils ont treize, quatorze, quinze ans. Ils sont timides, endormis et ne sourient pas particulièrement. Après tout c’est notre première rencontre et il est tôt. Ça viendra. Et d’autres vont arriver, en retard. Ça aussi ça vient. Mais pas cette fois. Ils ne seront que cinq tout au long de l’atelier qui s’étirera mollement sur trois heures. Comme du caramel de Banos qui ne prend pas au soleil.</p>
<p>À la pause nous sortons dehors pour admirer la rivière, en bas de la petite falaise que l’école domine. Nous sommes dans la jungle silencieuse. Du vert, des arbres inconnus de nous et une rivière sinueuse tout en bas. La vue est superbe, même avec les ordures en sa bordure. Quand on est entouré par la nature et que la collecte est déficiente, on fait ce que l’on peut. Ou ce que l’on veut…</p>
<p>Gabriella nous rejoint tranquillement. Je marche  un peu avec elle et lui partage ma petite déception de ne pas voir tous les jeunes présents. Elle me répond aussi tranquillement que la plupart sont à l’enterrement. Surprise contenue. Quel enterrement ? Le directeur de l’école, qui était aussi professeur.  Surprise moins contenue. Il est décédé avant-hier. Je redoute la réponse à ma prochaine question. Une maladie, un accident ? Non. Il a été tué à bout portant. À Santo Domingo, en plein jour, en pleine rue. Surprise il n’y a plus. Aucune expression. Il venait avec une collègue acheter du matériel scolaire pour les enfants. Un tableau, des craies, des crayons, des cahiers. Pour poursuivre comme tous les jours depuis trente ans sa mission, sa passion, l’enseignement. En sortant du magasin, il voit sa collègue prisonnière dans sa propre voiture, un homme armé assis à ses côtés, et un autre à l’extérieur collé à sa porte. Reste calme et tout va bien aller. Mais elle panique. L’homme lui assène un coup de crosse au front, un autre à la mâchoire.  Oscar se rue à sa défense, mais n’a pas le temps d’intervenir. Deux balles viennent terminer sa vie de la façon la plus sauvage, gratuite et banale. Le Journal de Montréal de Santo Domingo nous montre son corps sous une couverte rougie et son amie en pleurs, épongeant sa blessure au front. Un article court et sensationnaliste. Les gens de l’ACJ le connaissait peu, mais assez pour le savoir aimant, passionné et dévoué. Nous avions vu son engagement la semaine d’avant, à la fête pour l’éradication du travail infantile. Mort en service, mais un vrai service, du genre qui change les choses, qui ne les empire pas.</p>
<p>Deux jours plus tard, atelier de l’après-midi à l’ACJ. Alors que Félix s’agite à l’avant, après son deuxième café de trop, à expliquer aux jeunes le développement d’une idée documentaire, des pleurs étouffés parviennent à mes oreilles. Au fond de la classe attentive, Romel ouvre la porte et vient reprendre son siège près de moi. Il essuie ses larmes et remet ses lunettes. Mais les pleurs à l’extérieur ne cessent pas. J’étire les yeux par la fenêtre et voit à l’intérieur de la maison jointe à l’ACJ Geoffrey et son fils Oscar, en pleurs, assis dans le hamac de la cuisine, les yeux dans le vide. Geoffrey, c’est le gardien des lieux, l’homme à tout faire, et de la situation. Cinquante-deux ans, les cheveux longs et le regard dur, couteau guettant, toujours à la ceinture. Homme de peu de mots et de peu d’expressions. Ses traits ressemblent à ceux des montagnais. Ils sont maintenant tirés par une profonde tristesse. Ricardo, son neveu aimé, qu’il considérait comme son fils, est décédé lors d’un exercice de routine dans la marine à Guayaquil. Il est tombé du haut d’un mât et s’est fracturé le cou. Romel me raconte l’événement, secoué de voir cet homme solide et fier s’effriter. Il connaît bien son fils, et il connaissait aussi Ricardo. Mes amis et collègues ne voient pas ce qui est en train de se passer, absorbés par l’atelier et l’intérêt des jeunes. Pendant une discussion en petits groupes séparés, Oscar apparaît à la fenêtre et fait signe à Romel de le rejoindre dehors. Je poursuis avec mon groupe  la discussion sur le machisme, sujet qui me semble alors futile. Puis Romel revient, soulagé, et me raconte que Ricardo n’est pas mort. Il était dans un coma; les docteurs et la famille ont décidé de le débrancher et juste quelques secondes avant, la vie lui est revenue. État critique, mais vivant. Nous soufflons. Je vois Geoffrey sortir et embarquer sur sa moto, caché derrière ses lunettes noires. L’atelier se termine, notre routine continue.</p>
<p>Pendant la nuit, la vie quittera pour de bon le corps de Ricardo. Le lendemain, les lieux de nos ateliers accueilleront la grande famille et la dépouille de Ricardo. Et nous travaillerons de façon distraite dans un petit bureau humide, dans un silence  introspectif, à travers les pleurs qui s’intensifieront alors que le jour laisse place à la nuit. Chacun de nous revivra ses douleurs, confronté à cette triste réunion. Avant que la famille arrive, moi et Félix allons dans la salle, décorée et éclairée par des lumières dorées. À la vue des ornements, de la croix et du cercueil, mes propres morts me refrappent de plein fouet. Grand-maman, André, Alex, Dany, Roland, Sonia, Jessica. On pense souvent que le deuil est fait. Puis on réalise que certains ne furent qu’étouffés. Par le temps, et par le manque de temps. Parce qu’on est forts, et parce qu’il y en aura d’autres. Toujours. La vérité, ça aussi ça vient, ça passe. Mais ça ne partira jamais vraiment. Il faut découvrir, savourer, remercier, aimer. Pour soi-même et pour eux.</p>
<p>Il n&#8217;y aura pas d&#8217;autres ateliers à Puerto Limòn, faute de temps. Ce fut le seul. Et ça aussi, ça arrive. J&#8217;espère au moins que nous leur avons donné le goût d&#8217;en savoir davantage sur les médias alternatifs, sur les documentaires, sur les moyens qu&#8217;ils ont pour se faire entendre.</p>
<p>J’ai connu davantage Geoffrey. Oui il est fort, oui il est solide et a le regard dur. Puis, peu à peu, ses yeux sourient, ses traits s’adoucissent. Et sa voix et ses rires s’élèvent dans la nuit à travers ses histoires d’une vie  mouvementée, difficile et oh combien fascinante. Il connaît tout de la nature. C’est son métier, c’est sa passion. Et il la partage avec conviction. L’Équateur est son terrain de jeu. Il en est fier et ne le quittera jamais. Et avec son couteau, il te protège et te découpe les meilleurs fruits. Pour que tu les savoure, pour que tu le remercie, pour que tu aime toi aussi.</p>
<p>À mes chers disparus.</p>
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		<title>Ishaka</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Jul 2011 08:12:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ClemencebR</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd’hui, jour de solstice, j’ai tellement de choses à vous conter. La tempête d’hier soir qui a sue éclairer le ciel, malgré la noirceur et  la coupure du courant. C’était comme si toute la pluie au monde avait tombé en même temps. Et puis le lendemain, plus rien, le sol rapidement redevenu sablonneux et la chaleur qui s’était apaisée est revenue à grand coup de fouet.  Il y a aussi ces images de pauvreté, d’inégalité, ces nouvelles idées de projets et de rencontres. Ah ces magnifiques rencontres. Mais avant tout cela, je veux vous présenter Ishaka.  Puisqu’Ishaka, m’inspire et me nourrit l’espoir et l’amour que j’ai pour ce monde.<span id="more-2105"></span></p>
<p>Ishaka, c’est notre cuisinier, mais avant tout, il est devenu un ami. Il a 36 ans, il vit à Bamako, mais sa famille, sa femme et ses trois enfants habitent Bougouni, près du Burkina. Ishaka, le blagueur. Les jours passent et j’apprends tranquillement à connaitre ce magnifique personnage. Ce que j’apprends me surprend et m’épate. Il n’est jamais allé à l’école, il ne sait ni lire, ni écrire. Il sait par contre donner sans rien attendre en retour. Il sait aussi s’impliquer et travailler pour la collectivité. Il se débrouille bien, malgré qu’on ne lui ait jamais appris l’ABC.</p>
<p>Hier j’ai appris qu’il avait mis sur pied une école de pâtisseries avec une association de femme de Bamako. Au départ, il avait proposé son projet à la mairie. Un projet en or : donner aux femmes du quartier un endroit  pour partager et apprendre la pâtisserie en se servant de produits locaux afin de vendre ces gâteries au marché. Malgré la beauté du projet, il n’a malheureusement pas eu l’appui des mairies.  Il décida donc de commencer le projet avec deux femmes. Ces deux femmes rassemblèrent d’autres femmes, puis d’autres et d’autres et plus encore. Voilà que l’association fût créée.</p>
<p>À part la pâtisserie, il est aussi chauffeur de taxi la nuit. Non pas pour rajouter à ses économies personnelles, mais plutôt pour en donner d’avantage. Puisqu’il  n’a pas eu la chance d’étudier, le surplus qu’il fait, il l’utilise pour acheter des livres aux enfants du quartier. Il paye aussi les voisins de l’ONG qui ont la chance d’étudier à l’université pour que, durant leurs vacances, ils enseignent la lecture et l’écriture a ses mêmes enfants.</p>
<p>Il est petit ce Ishaka, pas plus grand que 5 pieds 3, mais son altruisme et sa capacité de s’oublier pour mieux donner lui donne quelques pieds en plus. Après tout ça, il trouve le temps d’enseigner le karaté, d’animer une émission à Kayira sur l’actualité mauré ( en burkinabé), il cuisine nos repas et nous conte des histoires de chasseurs au souper. Il a une inspirante façon de refaire le monde en quelques phrases. Ce sont ces gens humbles et pleins d’idéaux qui nourrissent nos journées à la radio et j’en suis tellement comblée.</p>
<p>Par contre, je me sens un peu distante face à la réalité de Bamako. Ce sont les aventures au grand marché ou la marche entre l’ONG et la radio qui me fouette en plein visage.  Le dépotoir qui s’étend et s’étend, le marché qui le borde, les enfants qui cherchent de quoi manger ou de quoi vendre dans la boue des caniveaux et l’air lourd de monoxyde de carbone.  Mais il y a ces poignés de main, ces sourires et cette réponse ‘’torosité’’ (rien de mal) quand on demande ‘’Kakene’’ (comment vont les choses). Ces éternelles salutations sont nécessaires, ces réponses superficielles le sont aussi et ces rires du plus profond de l’estomac encore plus. Puisque comment que tout peut aller si ton repas, ton seul fût potentiellement trouvé au dépotoir, que tes enfants pourrons, que s’ils ont de la grande chance, aller à l’école et que ton pays se fait piller depuis bien trop longtemps. Il faut nuancer, ce n’est pas la réalité de tous. Les gens de la radio, par exemple, s’en sortent bien. Ils ont eu la chance d’étudier pour la plupart et leurs enfants sont bien nourris, mais quand tu es entouré de cette pauvreté et que tu en es conscient puisque tu la représente en étant la radio des sans voix, ‘’torosité’’ deviens une formalité et si la réponse était autre, ce serait la noirceur. Mais plutôt, on salut et on s’éclate de rire à tous moments de la journée, on blague, on se traite de mangeur d’haricots et de petit esclave afin de pouvoir espérer et avancer.</p>
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		<title>Feliz Cumpleaños!</title>
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		<pubDate>Thu, 07 Jul 2011 22:26:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>AnoukmR</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Ouin, ouin, ouin, un nom ça voyage, ça voyage&#8230;</p>
<p><a href="http://www.youtube.com/watch?v=4rbUo6n26c8">http://www.youtube.com/watch?v=4rbUo6n26c8</a></p>
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		<title>Pourquoi l&#8217;agriculture urbaine à Bamako?</title>
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		<pubDate>Sat, 02 Jul 2011 11:35:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DominiqueA</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pourquoi l&#8217;agriculture urbaine à Bamako? Cette phrase a résonné dans ma tête comme une cymbale retentissante  tout le long de la formation pré-départ. Comprenez mon interrogation, je m&#8217;interrogeais sur la pertinence d&#8217;un projet de ce genre pour le continent noir parce que je ne voyais pas ce que nous occidentaux, pouvions aller apprendre aux africains [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi l&#8217;agriculture urbaine à Bamako? Cette phrase a résonné dans ma tête comme une cymbale retentissante  tout le long de la formation pré-départ. Comprenez mon interrogation, je m&#8217;interrogeais sur la pertinence d&#8217;un projet de ce genre pour le continent noir parce que je ne voyais pas ce que nous occidentaux, pouvions aller apprendre aux africains dont l&#8217;agriculture constitue une base essentielle de leur économie. C&#8217;est vrai que notre projet a une spécificité, il ne s&#8217;agit pas de l&#8217;agriculture dans son ensemble, mais de l&#8217;agriculture urbaine, c&#8217;est-à-dire l&#8217;agriculture qui est pratiquée dans les villes ou dans les zones en périphérie des villes. Même avec cette spécificité, je n&#8217;en voyais pas la pertinence. Il faut dire qu&#8217;ayant quitté l&#8217;Afrique assez jeune, j&#8217;en avais gardé une image assez romanesque; pour moi elle était une étendue de terre verte avec des personnes résilientes, qui savent faire face aux difficultés dans la joie et qui possède toutes ce lien spécial avec la nature, qui leur permet de comprendre les plantes, la terre et ses besoins. <span id="more-2089"></span>J&#8217;étais bien sûr au courant de l&#8217;exode rural qui sévit dans les contrées africaines, qui a vu tant de villages perdre la force de leur jeunesse pour l&#8217;illusion de réussite qu&#8217;offrait la ville avec ses entreprises et les nombreuses affaires qui peuvent s&#8217;y faire. Encore là, je me disais que même ces jeunes néo-urbains africains n&#8217;avaient pas besoin qu&#8217;on vienne leur parler de jardin collectif, de bacs de jardinage, de compost, parce qu&#8217;ils l&#8217;avaient dans le sang. Comme je me trompais.</p>
<p>C&#8217;est vrai que les personnes avec qui j&#8217;ai parlé ont toutes plus ou moins des notions en agriculture, un peu comme moi d&#8217;ailleurs, mais leur mode vie est tellement axé sur la notion de survie, qu&#8217;ils ne voient pas tout le potentiel alimentaire qui se cache en arrière du concept de l&#8217;agriculture urbaine. C&#8217;est non seulement une façon de se réapproprier  l&#8217;accès à de la nourriture saine, mais c&#8217;est aussi un pied de nez à toutes les grandes compagnies agroalimentaires qui jouent à la bourse avec des denrées essentielles pour la survie des populations.  C&#8217;est une façon pour le peuple de Bamako de reprendre possession de leur terre, de leur espace et de décider eux-même ce qu&#8217;ils veulent en faire. C&#8217;est ainsi qu&#8217;on gagne son indépendance, un espace à la fois, un jardin à la fois.</p>
<p>Pour arriver à atteindre cet objectif d&#8217;autonomie alimentaire, il faut encore passer par certaines étapes, trouver un espace, trouver de la terre, enlever les roches, enrichir la terre, semer, arroser, désherber, arroser encore, utiliser de l&#8217;insecticide (qu&#8217;on aura préalablement préparé avec du neem), arroser encore et après toutes ces étapes on peut enfin récolter. C&#8217;est vrai que quand on considère toutes ces étapes, on comprend qu&#8217;il peut être assez difficile pour une personne qui est habituée à rechercher sa subsistance quotidiennement, de s&#8217;investir dans un projet dont l&#8217;aboutissement n&#8217;arrive pas immédiatement. Mais c&#8217;est justement ça le défi, abandonner des projets qui ne font que soigner superficiellement la plaie pour adopter des projets à long terme qui à la longue referont de l&#8217;Afrique une étendue d&#8217;espaces verts avec des africains maîtres de leur destin.</p>
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		<title>Pour qu&#8217;une indépendance de droit devienne une indépendance de fait</title>
		<link>http://www.stages.alternatives.ca/archives/2026</link>
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		<pubDate>Wed, 29 Jun 2011 14:33:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>DominiqueA</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Colonialisme]]></category>
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		<description><![CDATA[Cet article m'a été insufflé dans les nombreuses rencontres que j'ai faites avec des personnes qui ne seraient pas nécessairement considérées comme des intellectuels selon les normes occidentales, parce qu'ils n'ont pas de longues études universitaires, mais qui pourtant ont une capacité de réflexion dotée d'une rare profondeur et frappée d'un amour du genre humain qui laisse tout simplement coi quand on considère toutes les souffrances auxquelles sont confrontées quotidiennement ces hommes.

Il était une fois, l'Afrique, territoire qui n'a jamais cessé de susciter les convoitises . Terre qui vu la naissance de grands hommes et de grandes femmes comme Affonso 1 (1506-1540), roi du Kongo qui écrivit au roi du Portugal pour dénoncer la traite des esclaves, ou encore Nzingha (1582-1663), reine amazone de Matamba qui constitua une armée de femmes pour lutter contre l'esclavage et Mutato le grand (1440-1480) qui s'évertua à unifier l'Afrique en un seul empire pour résister à ce même trafic.  Malheureusement leurs efforts furent vains et ils ne purent mettre un terme à cette abomination qui fait de l'homme un animal. Première blessure de l'Afrique. Ainsi de millions de jeunes femmes et hommes ont été arrachés à leur contrée et transporter sur une terre étrangère  pour servir de bêtes de somme.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cet article m&#8217;a été insufflé dans les nombreuses rencontres que j&#8217;ai faites avec des personnes qui ne seraient pas nécessairement considérées comme des intellectuels selon les normes occidentales, parce qu&#8217;ils n&#8217;ont pas de longues études universitaires, mais qui pourtant ont une capacité de réflexion dotée d&#8217;une rare profondeur et frappée d&#8217;un amour du genre humain qui laisse tout simplement coi quand on considère toutes les souffrances auxquelles sont confrontées quotidiennement ces hommes.</p>
<p>Il était une fois, l&#8217;Afrique, territoire qui n&#8217;a jamais cessé de susciter les convoitises . Terre qui vu la naissance de grands hommes et de grandes femmes comme Affonso 1 (1506-1540), roi du Kongo qui écrivit au roi du Portugal pour dénoncer la traite des esclaves, ou encore Nzingha (1582-1663), reine amazone de Matamba qui constitua une armée de femmes pour lutter contre l&#8217;esclavage et Mutato le grand (1440-1480) qui s&#8217;évertua à unifier l&#8217;Afrique en un seul empire pour résister à ce même trafic.  Malheureusement leurs efforts furent vains et ils ne purent mettre un terme à cette abomination qui fait de l&#8217;homme un animal. Première blessure de l&#8217;Afrique. Ainsi de millions de jeunes femmes et hommes ont été arrachés à leur contrée et transporter sur une terre étrangère  pour servir de bêtes de somme.<span id="more-2026"></span></p>
<p>Ensuite est arrivé l&#8217;envahisseur, et là il ne voulait plus de la main d’œuvre, mais des terres et tant pis si pour cela il devait massacrer des hordes d&#8217;hommes, de femmes et d&#8217;enfants. Mais les africains ne se sont pas laissés faire, ils se sont organisé et ont résisté, comme Shaka Zulu (1818-1828), qui unifia le royaume Zulu et constitua une véritable armada de guerriers, Nehanda Mbuya (1862-1898), grand-mère du Zimbabwe qui devint un leader militaire pour repousser les anglais qui s&#8217;emparaient des terres et du bétail, Cetshwayo Kampande, dernier roi des Zulu qui infligea une défaite cuisante à l&#8217;armée britannique en janvier 1879. Mais là encore, l&#8217;envahisseur gagna, il s&#8217;empara des terres, traça des frontières à l&#8217;encre rouge, séparant des frères, des familles et marqua son territoire avec des drapeaux colorés par du sang noir. Deuxième blessure.</p>
<p>Aujourd&#8217;hui tous les pays africains ont obtenu leur indépendance, supposément. On pourrait se dire qu&#8217;après toutes ses batailles pour avoir le droit de décider par eux-même de la direction à donner à leur continent, les africains sont arrivés à leur apogée. En effet ils sont enfin reconnus comme des être humains, eh oui des textes scientifiques ont prouvé qu&#8217;ils n&#8217;étaient pas juste des bêtes de somme finalement, ils sont constitués en «États» reconnus par la communauté internationale, ils siègent même à l&#8217;ONU, lieu de rassemblement où il faut être vu quand on veut avoir un droit de parole. La mascarade s&#8217;arrête là.</p>
<p>Dans la plupart des pays d&#8217;Afrique subsaharienne, les élections sont toujours menées sous l’œil des observateurs étrangers, comme si les africains n&#8217;étaient pas capables de gérer leurs affaires à l&#8217;interne. Il faut toujours que tout se passe sous l’œil paternaliste des occidentaux et si encore c&#8217;était vraiment pour s&#8217;assurer que tout se passe selon les normes, ça pourrait se comprendre, mais non il s&#8217;agit toujours de protéger les intérêts occidentaux. Et de quels intérêts parle t-on ici, des intérêts économiques bien sûr. En effet même si les pays d’Afrique subsaharienne sont indépendants, ils ne le sont pas encore assez pour gérer eux-même leurs ressources naturelles, la richesse de leur sol, ou de leurs forêts, ou encore des cours d&#8217;eaux qui traversent leurs pays, non ils ont toujours besoin de «l&#8217;aide occidentale». Troisième blessure, et de loin la plus profonde parce qu&#8217;elle se creuse lentement, mais sûrement sans faire de vague, resserrant de plus en plus les liens autour de ce peuple déjà si meurtri.</p>
<p>Un peuple crie pour son autonomie et son autodétermination, pour avoir le droit de penser librement, d&#8217;agir selon ses traditions, de faire ses erreurs et les réparer soi-même sans recevoir une avalanche de roquettes sur la tête. Un peuple crie à la liberté.</p>
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		<title>Du culte de la voiture</title>
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		<pubDate>Fri, 24 Jun 2011 02:12:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>EtienneL</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Coopération Internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Yanez Cossio 2011]]></category>
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		<description><![CDATA[Sous un nuage infini et permanent, la ville subsiste, persiste, mais ne signe pas. Pas encore. Ce plafond à moitié naturel retient les émanations constantes que produisent les voitures, les autobus, les taxis, tiens un quatre-roues, et une multitude de motos, de tailles et de forces différentes, mais arborant presque toujours sur le siège un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sous un nuage infini et permanent, la ville subsiste, persiste, mais ne signe pas.</p>
<p>Pas encore.</p>
<p>Ce plafond à moitié naturel retient les émanations constantes que produisent les voitures, les autobus, les taxis, tiens un quatre-roues, et une multitude de motos, de tailles et de forces différentes, mais arborant presque toujours sur le siège un dessin de femme dénudée offrant ses attributs aux postérieurs des hommes. Évocateur.</p>
<p><span id="more-2069"></span></p>
<p>Les fumées noires et bleutées montent au ciel, atteignent les nuages et retombent à bout de souffle en coulisses suintantes sur les édifices, les maisons, les rues, noircissant la ville et les poumons des enfants, eux-mêmes poumons de cette ville, de ce pays, de cette planète.</p>
<p>Souvent de longues minutes avant de pouvoir traverser, même lorsque la lumière est verte. Elle est à titre indicatif, sans plus. Tu peux traverser, mais fais comme tes parents t’ont appris : regarde à gauche, à droite et à gauche encore. Et répète la chose une deuxième fois, juste pour être sûr. Une moto, ça arrive vite. Et il y a la femme, le mari et les deux enfants dessus.</p>
<p>Ceinture  de sécurité… Qué ?! Que es esto ?&#8230; Attends, ça vient pas en option? J’ai ça moi ? Un chauffeur de taxi me parle des nombreux accidents qu’il y a chaque jour. Et je lui dis que pourtant il ne porte pas sa ceinture de sécurité. Il me répond en blaguant que ça serre trop son ventre qui déborde de son pantalon, sans plus, et avec un amusement tranquille aux lèvres.</p>
<p>Comme la nuit n’appartient pas aux hommes, la rue n’appartient pas aux piétons. Il nous arrive de nous faufiler, de réussir, parmi une lignée pressée et enfumée de taches jaunes (les taxis), rouges et blanches (les autobus) et oranges (les dossards des motocyclistes). Comme le soleil parvient à percer quelques fois l’épais manteau qui flotte au-dessus de nos têtes.</p>
<p>Ici, pas de lois environnementales que l’on peut apposer sur les tuyaux d’échappement. Ils n’ont pas ça en stock, dans chaque petit garage de chaque coin de rue, près de chaque petit dépanneur; tu sais, juste avant l’autre garage… C’est à se demander comment fonctionne la compétition, et si seulement compétition il y a.</p>
<p>Le culte de la voiture. La culture du trafic. Sur les terre-pleins qui séparent le sens des rues, des petits restaurateurs viennent installer leurs tables et leurs cuisines roulantes. Oui, on peut même manger entre amis ou en famille en plein milieu d’un boulevard bondé, si jamais on n’a pas eu sa dose quotidienne de monoxyde de carbone en marchant jusqu’à la pharmacie pour s’acheter des pastilles pour la gorge. Où elle est la pharmacie ? À côté de chaque petit dépanneur, juste avant chaque petit garage, en face du petit restaurant en plein milieu du boulevard.</p>
<p>À la plage, il y a peut-être des méduses qui piquent quand la nuit tombe, mais on respire mieux en enflant.</p>
<p>Ici c’est le paradis du patenteux, de la pièce de rechange à l’arrache et de la suie plein le chandail et les mains. Mucho gusto, patenteux. Y con respecto. Toi, tu sais te démerder avec (ce qu’on considère chez nous comme) rien.</p>
<p>Une promenade dans le centre-ville a concrétisé dans mon esprit cette évidence : toutes les rues se ressemblent. Tous les commerces ont d’abord cette impression de nouveauté, trop vite rattrapée par ce déjà-vu d’il y a une minute passée, juste là, deux coins de rue avant. Tous les réverbères et poteaux sont lacérés de fils électriques qui s’entrelacent et cisaillent la vue. Tous les édifices sont carrés, ternis, collés les uns aux autres. Va comme je te pousse. Et vite. Un peuple attend. Pas d’architecture. Pas de vision urbaniste à long terme. Aucune règle des tiers. Pourtant une harmonie. Chaotique mais quand même là. Il faut fouiller dans les détails, décortiquer le baroque. Puis ce capharnaüm visuel devient intéressant. La beauté émerge dans les détails. Une fleur pousse à travers le béton. Un glaçage rosé sur les biscuits dans la vitrine crée un contraste charmant avec le carrelage marron. Le chien boitant aux mamelles trop longues a les yeux d’un vert émeraude. Et dans le trafic incessant, on ressent finalement la vie, l’urgence, le pouls de la ville. Et elle ne dort pas à l’ombre sous un sombrero.</p>
<p>Sombre portrait peut-être. Trop plein de ville sûrement.</p>
<p>Heureusement, il y a les gens. Heureusement, il y a les enfants; leurs yeux grands, fixes et amusés nous scrutant incessamment. Nos cheveux, notre peau, notre accent, tout sur nous est intrigant.</p>
<p>Et il y a les adolescents, curieux, rêveurs, motivés, souriants. Source d’énergie quotidienne qui nous pousse chaque jour à traverser la lumière. Même si elle est verte…</p>
<p>Santo Domingo n’est peut-être pas attrayante pour le moment, mais si la jeunesse poursuit son cheminement surprenant et s’accroche à ses rêves, si elle manie plus tard la plume et l’image comme elle sait manier la peinture en aérosol, si elle fait danser ses idées comme son corps virevolte sur le ciment au son de la musique, si elle crée une égalité sexuelle, une justice sociale et environnementale comme elle crée l’espoir et l’émoi en nous, elle dissipera sans aucun doute les restants de nuages qui la couvre. Elle persistera, et signera.</p>
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		<title>Une leçon de cinéma</title>
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		<pubDate>Thu, 23 Jun 2011 02:33:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>FelixL</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Elle avait tout. Tout pour que ça fonctionne...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Elle avait tout. Tout pour que ça fonctionne. Le charisme, le rythme, le souffle, le rire, la joie et la peine (en douces montagnes russe ), le visage qui parle de lui-même avec ses traits qui s’étirent et les recoins de ses plis au travers desquels se lit l’expérience, et ses yeux qui disaient toute la vérité et rien que la vérité, sans besoin de le jurer…</p>
<p>Dans son souffle rapide, elle manœuvrait l’auditoire. Elle nous racontait son histoire.</p>
<p>* * *</p>
<p><span id="more-2056"></span></p>
<p>Pendant ce temps, dehors à travers l’ouverture de la porte, on pouvait apercevoir des enfants jouer au ballon, allant et venant, puis disparaissant. Et il y avait les jeunes adolescents présent dans la salle qui écoutaient tous avec attention.</p>
<p>Parfois, une petite fille entrait avec le ballon en faisant du bruit. Elle venait voir sa grand-mère qui nous racontait sans s’interrompre l’immigration, les réfugiés, les familles séparées, les proches tués (massacrés), la guerre et le conflit armé, l’expérience d’une femme fuyant cette misère avec ce qui lui reste de courage. Une vie qui n’en finit pas de frapper et d’assommer : une vie de réfugiée…</p>
<p>Elle était toutes ces absurdités. Toutes ces vérités</p>
<p>* * *</p>
<p>Une entrevue presque parfaite. On savait que la simple présence de cette femme suffirait à l’image qu’elle imprimerait le droit d’exister. Et on avait aussi tout le reste sous la main : le personnage, la situation, l’histoire, le moment, le cœur d’un sujet énorme. Ça aurait pu être un moment de cinéma. Un vrai.</p>
<p>Pourtant on n’a rien filmé.</p>
<p>Moi et quelques membres du groupe se sommes questionnés. On filmes-tu ou pas? On peut pas rater ça. En plus ça nous tente; on veut faire des images, on veut la réalité d’ici, on veut filmer. Je ne vous donnerai pas les raisons du « non » qui a fait consensus. Seulement, je vous dirais que parfois, vaut mieux laisser les choses comme elles sont et se contenter d’écouter.</p>
<p>De toutes façon, y’a que les touristes qui filment tout ce qu’ils voient sans qu’ils y réfléchissent.</p>
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