Articles classés dans 'Baobab 2007-2008' ↓

Bonjour de Bamako

Auteur: Geneviève Belhumeur

Nous sommes 5 stagiaires, nommés les baobabs à Bamako au Mali pour semer des idées sur les toits. L’agriculture urbaine est un concept bien farfelu pour plusieurs ici. Notre projet consiste à initier le jardinage urbain pour favoriser la diversification dans l’alimentation et amorcer une production de subsistance urbaine. Nous avions la bonne intention que notre coût de projet soit très bas pour permettre aux Maliens de le reproduire ensuite. Nous souhaitions nous axer sur la récupération des matériaux comme des sceaux (chaudière en bon français) des barils et poche alimentaire des restaurants toubab. Le concept de recyclage au Mali est différent du nôtre. Tout est récupérable ici, qui plus est, tout est revendable. De la poche vide de farine aux chambres à air crevées. Tout est réutilisé déjà et le dépotoir est épuré au cm près. Donc, on doit acheter tout ce que l’on croyait avoir pour un rien. Ça change le coût de projet un peu et on travaille avec ce qui est disponible à bas prix. On va y arriver, il suffit de réfléchir. L’intérêt est là et on s’amuse à travailler.
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Un sapin au milieu des bananiers

Auteur: Steeve Bouchard

La chaleur est un somnifère très puissant.Tout économie d’énergie est essentielle. Adopter le comportement félin demeure une solution. La multiplication des roupillons ainsi que la détente musculaire deviennent une routine quotidienne sévère. Conserver une posture statique conforme en allignant le cou et la colonne optimisent la circulation sanguine tout en augmentant le flux énergitique. Les organes et les muscles constituants notre être sont ainsi bien oxigènés et bien nourris.

« Tel un sapin au milieu des bananiers » sont les mots résonnant dans mon cerveau résumant le mieux ma confrontation physique au pays malien.

Biensur le corps est une machine d’une ingéniosité incomparable. Le conifère perd peu à peu de ses aiguilles et démontre une capacité d’adaptation surprenante et une résistance accrue face à un climat opposé au sien. Dorénavant il peut reprendre des activités sensiblements normales sans devoir actionner le mode économie d’énergie.

Mais où sont passés les déchets?

Auteur: Suzanne Brunet

Il y a maintenant près d`une semaine que nous avons quitté le Québec pour notre nouvelle terre d`accueil, le Mali. Dès notre arrivée, nous avons été reçus d`une manière très chaleureuse et les Maliens ont démontré une grande curiosité envers nous. En fait, nous sommes à Bamako pour réaliser un projet d`agriculture urbaine similaire à celui mis sur pied par Alternatives à Montréal, soit Des jardins sur les toits. Les toits, souvent inutilisés, possèdent pourtant un grand potentiel. Ils constituent de grands espaces qu`il est facile de se réapproprier et de transformer en jardins luxuriants pouvant nourrir un grand nombre de familles, en plus de devenir des espaces agréables pour la détente et l`échange au sein d`une communauté.
Notre projet d`agriculture urbaine a suscité beaucoup d`intérêt dès notre première rencontre avec les membre de l`équipe malienne. Toutefois, nous avons vite été confrontés à un premier obstacle…

En effet, nous sommes arrivés ici avec un projet conçu par des Québécois dans un contexte québécois. Notre idée première était donc non seulement de procurer aux gens des légumes frais en milieu urbain, mais également de construire ce jardin au plus bas prix possible en utilisant des matériaux recyclés considérés chez nous comme des déchets. Erreur ! Ici, tout a une utilité. Les contenants de peinture, d`huile et même les bouteilles d`eau sont ramassés et vendus au marché pour être réutilisés. De plus, à notre grande surprise, les prix sont considérablement élevés, mais il est probable qu`il s`agisse des prix « toubabs ». Difficile de négocier quand on ne parle pas la langue et que notre teint pâle rappelle inévitablement celui du colonisateur…

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Un accueil chaleureux et un projet qui promet

Auteur: Jacinthe Briand-Racine

C’est peut-être le fait des noms maliens qu’on nous a attribués, noms qui nous rendent toubabs (hommes blancs) un peu moins étrangers et que les nouvelles rencontres se plaisent à commenter, critiquer ou approuver, d’après leur conception de l`histoire des peuples et familles associées, mais l’accueil auquel on a droit ici est d’une chaleur difficilement imaginable. Une chaleur qui nous suit toute la journée et qui résiste même à la fatigue éventuelle du soleil qui lui au moins, fini par se coucher. Mais une chaleur qui ne se fait même pas dépasser par les 40 degrés mêlés de soleil plombant, desquels on se libère en avancant tout simplement plus lentement ou en se divertissant de l’incompréhension de nos nouveaux amis devant la crainte de Steve face aux menaces du thé qui déshydrate. Avec les gens de Medes Sapcom et de la radio Kayira, les étranges habitudes toubabs comme celle de se mettre le nez renifleur dans l’assiette avant de manger, font l’objet de moqueries amicales et heureusement, notre maladresse est rie.

J’ai l’impression que nous avons la chance d’être entourés d’une équipe qui mène et qui tient à cœur une noble mission. Tout le monde connaît les radios Kayira, la place grouille de vie depuis les petites heures du matin et jusqu’à tard le soir, et le potentiel mobilisateur de l’organisme semble réel. Si réel qu’il menace aussi. Malgré la démocratie qui fait la fière réputation du Mali, on ne peut pas tout dire. En effet, lorsque les radios Kayira parlent trop fort, lorsque les sans voix prennent la parole, ce que le toubab comprend comme un chaos, mais qui représente tout de même l’ordre, est menacé. Il y a quelques années, des radios ont été fermées dans la région de Niono et plusieurs militants emprisonnés. Mais les activités de Kayira et de Medes Sapcom n’ont pourtant pas été freinées, les dénonciations politiques et sociales se poursuivant et les manifestations s’acroissant au point de permettre la réouverture des stations et des citoyens victimes de censure.

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Dimanche à Bamako…

Auteur: Cynthia Houde

Après une nuit sur le toit pour capter la moindre brise fraîche, je me réveil en ce dimanche à Bamako avec mon nom Malien, Lala Touré. Je sais encore bien peu de chose sur ce nom. On me parle d’éléphants, de plusieurs ethnies, de fondateurs de Bamako…bref doni doni je finirai bien par en savoir davantage. Lala Touré, nom qui m’a fait sourire, dont je ne comprend pas trop la signification, qui m’a permis de me faire 2 frères aujourd’hui. Tous les Touré sont frères, soeurs, cousins, cousines. C’est donc un nouveau réveil en ce dimanche à Bamako. Celle de l’entrée au Mali, bien sûr, et aussi celle de l’entrée dans ma famille.

Lala Touré