Articles classés dans 'Environnement' ↓

Entre primates, on se comprend !

Auteur: Marie-Anne Viau

Cela fait déjà un mois que je suis au Cameroun, et que chaque jour je m’intègre un peu plus à ce pays de l’Afrique centrale bien paradoxal. Pour fêter la mi-stage, notre groupe de stagiaires a décidé d’aller se prélasser sur les plages de Kribi dans le littoral.

Après avoir navigué tout notre samedi en pirogue en passant par les chutes de Lobée, un village de Pygmées et des assiettes débordantes de crevettes, les chauffeurs de taxi, puisqu’ils étaient aussi guides touristiques (les Camerounais ont le don d’avoir plusieurs jobs pour joindre les deux bouts), nous ont laissé à notre hôtel face à la plage avec une proposition bien ancrée dans leur tête.

Ils nous parlent d’un refuge de chimpanzés orphelins victimes du braconnage, malheureusement encore trop pratiqué dans cette partie du monde, sur une île à deux heures de Kribi et proposent de nous y amener le lendemain matin. J’étais suspendue à leurs lèvres jusqu’à ce que finalement ils parlent de prix. 100 000 francs, équivalent à 200 dollars canadiens, est une somme énorme pour le coût de la vie camerounaise que plusieurs paysans n’oseraient même pas penser avoir au fond de leur poche. Après quelques heures de réflexion, j’ai décidé de partir dans cette aventure en divisant la somme en quatre avec 3 autres de mes camarades.

Donc, me voilà le lendemain matin à rouler dans la brousse et à prier pour que le véhicule ne s’enfonce pas dans la boue jusqu’à la destination finale. Puis, nous devons marcher dans la jungle, et à ma grande surprise, ce sont les chimpanzés qui nous trouvent avant même d’avoir aperçu le refuge à l’horizon.

Ils sortent d’entre les arbres, un en position quadrupède et l’autre, plus petit, bien accroché sur son dos. Ils s’approchent de nous sans aucune crainte et sautent dans les bras du vétérinaire qui nous accompagne. Arrivé au refuge, un troisième compagnon, encore plus jeune que les deux autres, se joint à nous. Je craque définitivement lorsque j’apprends qu’elle s’appelle Goyave. Cannelle est la plus vieille, celle qui était venue à notre rencontre avec Miel celle sur son dos. Elles sont toutes de jeunes chimpanzés ayant perdu leurs parents à cause des braconniers. Des paysans les retrouvent abandonnés et les mènent au refuge avant qu’ils ne meurent de faim.

En quelques minutes, nous sommes déjà des membres de la famille. Leurs bras bien tendus vers moi signifient leur envie que je les prenne et tenir ces petites bêtes bien serrées me donne l’impression d’être avec un bambin. Leurs mains si semblables aux miennes et leurs grands yeux doux me regardent avec une vive intelligence. Par contre, leur agilité et leur énergie sont incomparables! Chacun leur tour, elles sautent sur notre dos et un véritable manège de pirouettes interminable se déclenche, amenant un éclat de rire général.

Puis, vint le temps d’aller sur l’île en face du refuge des bébés chimpanzés, où vivent ceux qui sont maintenant devenus adultes. Une pirogue chambranlante nous attend et nous permet de traverser le fleuve. Une fois sur l’île, un mâle adulte est déjà là, un peu méfiant. Il me renife légèrement avant de m’adopter sans aucune difficulté. Il se nommait Patchouli. Che Guevera vient nous accueillir aussi, lorsque je remarque un énorme chimpanzé roux bien en évidence sur une autre branche. C’est le chef, le mâle dominant : Nunéphar. Les spécialistes qui nous accompagnent nous disent de faire attention, puisqu’il est en mode défensif, et de passer tranquillement.

L’inattendu arrive, car ma camarade Évelyne est vite poursuivie par Nénuphar alors qu’elle traverse le chemin et elle se fait littéralement attaquée. Pendant que les Camerounais viennent à son aide, l’énorme singe se tourne vers moi et me mord. Complètement sous le choc, je tremble comme une feuille alors que mon agresseur est déjà loin. Bien entendu, je n’avais aucun danger de transmission de maladies puisqu’ils étaient tous vaccinés depuis l’âge de 6 mois, mais reste que le rappel à la vie sauvage est violent. Revenue à moi-même, je me remplis de courage et continue mon chemin.

Ils sont au moins cinq en comptant les trois mâles déjà rencontrés, en plus d’Arthémiste, la seule femelle du groupe, et Kiwi, le plus jeune mâle. Nénuphar revient vers moi et alors que je recule, on m’explique qu’il veut s’excuser et qu’il faut que je lui tende ma blessure. Il embrasse ma main, tel le ferait un jeune homme qui me courtise, et se lève sur ses deux jambes pour me donner des bisous sur les joues. Je rigole, mais sa lourdeur devient bientôt désagréable et je le repousse gentiment. C’est alors que Patchouli, mon préféré, me tend la main et m’amène proche d’un herbacé. Il tire ma manche et me donne une feuille de la plante. Le vétérinaire me dit qu’il faut que je la roule entre mes mains et de lui redonner par la suite, ce que je fais. Le primate l’applique par la suite sur mes plaies comme un baume, à des endroits où je n’avais même pas remarqué les égratignures. Il sentait où j’avais mal et me soignait avec une plante médicinal.

Après de nombreux et beaux échanges remplis d’affection, spécifiquement avec Arthémiste, (ah, la solidarité féminine!) il vint le temps de rentrer. Au retour, Cannelle avec Miel, éternellement agrippée à elle, nous suivent un moment malgré les demandes incessantes du vétérinaire qu’elles retournent au refuge. De retour dans l’automobile, le guide nous confie qu’il s’agit du seul refuge accessible au public de l’Afrique entier et nous avons alors compris toute la chance que nous avions eue d’y pénétrer. Sur la route, nous apercevons deux Africains transportant deux singes inertes ficelés sur des bouts de bois.

Une fois de plus, la réalité africaine nous frappe en plein visage.

Yaoundé, ville verte

Auteur: Gabrielle Lamontagne-Hallé

Yaoundé, 19 juin 2012

Nous sommes arrivés en sol camerounais il y a à peine quelques jours, et déjà la musique, les klaxons et les bananes plantain font partie de notre quotidien.

Nous sommes en phase lune de miel, en jargon du voyage. Les repas sont des moments de découverte incroyables, de même que chaque déplacement en taxi, qui nous permet d’en apprendre plus sur l’anarchie qui règne dans le code de sécurité routière.

L’émerveillement se fait aussi au niveau des initiatives d’agriculture urbaine, la raison même de notre présence ici pour les deux prochains mois. Les plants de maïs bordent les routes, les ruelles, abondent dans les cours arrière et décorent les façades avant des maisons. Les manguiers offrent un peu d’ombre aux lézards aux couleurs de l’arc-en-ciel et plusieurs citadins cueillent leurs bananes douces (à distinguer des bananes plantain) à même leur bananier le matin. La verdure abonde dans cette ville ensoleillée qui profite ces temps-ci de bonnes averses nocturnes. Des sacs de plastique aux carcasses de vieux modems en passant par les pneus, tout ce que les Camerounais ont sous la main se transforme en bac à fleur!

Yaoundé, à l’image de ce que nous avions lu à son sujet, se prête très bien aux initiatives de culture vivrière en ville. Les bas-fonds qui séparent les collines (Yaoundé, tout en relief, est connue sous le nom de « ville aux sept collines ») conservent l’humidité en saison sèche et permettent d’approvisionner la ville en fruits et légumes variés toute l’année. Notre défi des prochaines semaines : miser sur le « plus-value » des techniques de culture hors-sol que nous leur apportons et surtout, surtout, s’immerger dans les techniques d’agriculture urbaine qui composent la réalité de Yaoundé en ce moment.

Nous adoptons progressivement (certains plus facilement que d’autres!) le rythme de vie camerounais. Le pas aussi. Si mes amis râlent parce que je marche trop vite au Québec, c’est que les Africains ne comprennent vraiment rien à mon empressement! Évidemment, on s’habitue aussi aux regards détournés sur notre passage. Notre teint clair et nos gros sacs à dos ne laissent personne indifférent, et il n’est pas rare de se faire interpeler par « hey la blanche » ou « hey le blanc ».

« Baby I love you » est aussi une amorce que la majorité féminine du groupe commence à bien connaître!

Toujours en phase « lune de miel », nous avons visité Douala, capitale économique du pays, cette fin de semaine. Une rencontre dont tous se souviendront longtemps a teinté notre séjour… la suite très bientôt!

Gabrielle L.

Kaïdama 2012 -Agriculture urbaine à Bamako

Auteur: Sophie Bonnet

logo du groupe

À l’été 2012, le groupe Kaïdama s’envolera vers Bamako, capitale malienne, pour mener à terme un projet triennal d’agriculture urbaine.

Image de prévisualisation YouTube

Cissé Mariam Kaïdama Sidibé est la Première ministre du Mali, première femme à occuper ce poste au pays. Elle a occupé plusieurs postes ministériels depuis le début des années 90, notamment au Ministère de la Coopération internationale et au Ministère de l’Agriculture et de l’Environnement. Un nom tout indiqué pour le groupe.


Kaïdama ce sont:

Alexandre Brunet
Marie-Élaine
Gabrielle Lamontagne-H.
Martin Lopez
Roxanne Piché
Marie-Anne Viau

Et leur accompagnatrice Sophie Bonnet

Du culte de la voiture

Auteur: Étienne Langlois

Sous un nuage infini et permanent, la ville subsiste, persiste, mais ne signe pas.

Pas encore.

Ce plafond à moitié naturel retient les émanations constantes que produisent les voitures, les autobus, les taxis, tiens un quatre-roues, et une multitude de motos, de tailles et de forces différentes, mais arborant presque toujours sur le siège un dessin de femme dénudée offrant ses attributs aux postérieurs des hommes. Évocateur.

Lire la suite →

Cité de sel

Auteur: Marie-Claude Rouillard

C’est une ville fantôme, au bord du plus vaste désert de sel. Pas un son, sinon le hurlement des chiens ou le sifflement incessant du vent. De concert avec le froid, il creuse les traits humbles et profonds des Cholitas, ces femmes aux innombrables jupes et aux chapeaux melons. Quand elles marchent, leurs pas se font lents. Elles se balancent au rythme de cette ville du bout du monde, Uyuni.

IMG_2031 web

Lire la suite →

La calle del pueblo (la rue du peuple)

Auteur: Nahouolo Coulibaly

Après 18 heures de bus, nous nous retrouvons dans un restaurant  de la ville de Sucre, le Gato Negro. On est le 09 Juin 2010.
Ce jour là, plusieurs générations de boliviens occuperont les rues soit pour manifester de l´espoir, de la colère ou juste de la joie de vivre.
En espérant que ces images puissent montrer clairement l´intensité de cette journée inoubliable!

Mosanto charme le Mali

Auteur: MarC 

En novembre 2008, le Mali adopte officiellement une loi sur la biosécurité. «La présente loi s’applique à l’importation, l’exportation, le transit, l’utilisation confinée, la libération ou la mise sur le marché de tout organisme génétiquement modifié qu’il soit destiné à être libéré dans l’environnement ou utilisé comme denrée alimentaire». Cette loi a pour but d’assurer un cadre législatif quant à l’utilisation des biotechnologies et plus spécifiquement des OGMs dans le secteur économique de l’agriculture au Mali. Lire la suite →

MAS verde!

Auteur: Anne-Marie Provost

Quand on sait que la Bolivie est victime de la fonte rapide d’un de ses glaciers géants, on comprend pourquoi ses représentants ont fortement critiqué les résultats du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique.

À qui la faute ? Les hypothèses sont ouvertes, mais les conclusions semblent faciles à tirer. La Bolivie, selon OXFAM, émet aussi peu que 0,35% des gaz à effet de serre dans le monde, la plupart venant, bien sûr, des pays industrialisés…  Ce glacier était un lieu de rassemblement privilégié pour les amateurs de ski, mais représente également 15% de l’eau potable de la capitale de La Paz ainsi qu’un potentiel hydro-électrique important.

Lire la suite →

Protege QV se prononce sur les dangers des dons numériques en Afrique

Auteur: Julien Deschamps-Jolin

La directrice de l’ONG camerounaise Protege QV, Sylvie Siyam, a soulevé, le mois dernier suite a un atelier portant sur le développement écologique des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), le paradoxe lié aux dons numériques en Afrique.
Lire la suite →

La sensibilisation, facile! (partie 2)

Auteur: Philippe Lavallée

Mon premier article traitait de la difficulté qu’éprouvait notre équipe à bien cerner la forme qu’allait prendre notre campagne de sensibilisation. Nous espérions trouver plusieurs moyens pour faire venir les personnes sur le toit, mais toujours dans l’espoir qu’ils adoptent le projet et reviennent sur le toit après notre départ. Nous espérions aussi intéresser des personnes qui pourraient peut-être recréer le modèle chez eux. Nous avions alors quelques difficultés à trouver à qui adresser notre campagne de sensibilisation, comment la mener et sur quel sujet la concentrer

Et bien après un peu plus de 45 jours de travail, l’équipe est, pour l’instant, particulièrement satisfaite du résultat. Les visiteurs sont nombreux et semblent apprécier les différentes constructions que nous avons réalisées. Chaque fois que quelqu’un est venu sur le toit, nous avons tenté de lui permettre de travailler avec nous et d’ainsi bien comprendre nos idées. La radio est évidemment un médium de premier ordre pour attirer les gens de Bamako. Chaque émission ou presque a trouvé le moyen de mentionner le projet du jardin sur le toit. Nous avons également tous participé à des émissions de radio comme celle du stagiaire réciprocité de cette année Korodjo Koulibaly, « Le couloir des jeunes » : émission axée sur la musique où nous avons parlé des aspects positifs du projet et des problèmes que peut parfois rencontrer l’agriculture malienne en milieu urbain. Nous avions aussi la possibilité de discuter avec les auditeurs sur les ondes lors de la période des questions, où ils nous appelaient pour discuter avec nous de nos activités. Ces courtes apparitions et discussions en direct sur le sujet nous a permis d’attirer un nombre important d’auditeurs sur le toit. Il nous est impossible de savoir combien y reviendront avant ou après notre départ, mais les espoirs sont bons que certains d’entre eux tentent une expérience semblable à celle de la radio Kayira., mais à beaucoup plus petite échelle.

Lire la suite →