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Chronique d’un 8 mars

Auteur: Gabrielle Lamontagne-Hallé

Par Gabrielle Lamontagne-Hallé

Yaoundé, 8 mars 2013 – Aujourd’hui, c’est la journée internationale de la femme. Dans les rues du centre-ville de Yaoundé, la capitale du Cameroun, elles sont plus de 200 000 à déambuler au son de rythmes traditionnels entraînants. Jeanne, infirmière à l’hôpital public de Biyem-Assi, est du groupe. Pour ses collègues féminines et pour elle, il n’est pas question de travailler un 8 mars.

Comme les centaines de milliers de femmes qui marchent avec elle, Jeanne porte un habit fait sur mesure aux couleurs de la journée de la femme. C’est le pagne, un tissu traditionnel coloré que la femme africaine porte sous toutes ses formes. Chaque année, la Cotonnière industrielle du Cameroun (Cicam) commercialise un nouveau pagne aux inscriptions du 8 mars. Un élément indispensable de la fête pour les femmes camerounaises.

Des deux couleurs offertes, Jeanne a choisi le rose. Des grandes impressions par-dessus les motifs montrent des femmes au champ et aux fourneaux. Certaines de ses collègues plus en moyens sont allées jusqu’à se faire fabriquer des chapeaux et des écharpes avec ce même tissu.

Après avoir paradé pendant près de quatre heures sur les grandes artères de Yaoundé, elles se rassemblent dans les bars de quartier généralement occupés par les hommes après les heures de travail. Jeanne enfile les bières que lui offrent ses amies. Son habit lui aura coûté en tissu et en main-d’œuvre pas moins de 16 000 francs CFA (environ 32$). C’est une semaine et demie de salaire à l’hôpital.

Les femmes dansent jusqu’aux petites heures de la nuit, sachant que la prochaine occasion de se dégourdir ne viendra pas avant le 8 mars prochain. Lorsqu’elles se séparent finalement pour emprunter le chemin de la maison, Jeanne rentre chez sa jeune sœur, qui s’est mariée il y a deux mois à peine. Elle embrasse ses enfants qui dorment sur un petit lit monté dans le salon. Une larme glisse doucement sur sa joue. Elle ne sait comment elle parviendra à traverser les prochaines semaines.

Comme plusieurs femmes de son pays, Jeanne attendait de son mari qu’il lui offre son pagne du 8 mars. Il importait pour elle qu’il reconnaisse ainsi son rôle de femme et qu’il lui accorde le droit de célébrer comme il se doit. Mais cette année, son mari avait décidé qu’il ne céderait pas aux caprices de son épouse.

Au sein de l’entreprise qu’il dirigeait, les femmes avaient fait la grève pendant trois jours pour réclamer que le pagne leur soit offert par l’employeur. Il en avait marre que les femmes de son entourage fassent chaque année la pluie et le beau temps pour le réclamer.

Deux semaines avant les célébrations, Jeanne lui avait imposé un ultimatum. Et comme c’est le cas dans plusieurs ménages chaque année, son couple a volé en éclats lorsqu’à la veille du 8 mars, le pagne convoité n’avait toujours pas été posé sur le lit conjugal.

Demain, elle rentrerait au travail et rien n’aurait changé. Les infirmières de son unité auraient toujours un salaire nettement inférieur à leurs homologues masculins. Aucune femme n’aurait intégré l’étage réservé à l’administration. Et aucune nouvelle mesure n’aurait été adoptée pour favoriser la conciliation famille-travail chez les mères de famille.

Il faudrait attendre le 8 mars prochain.

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De jeune fille à jeune mère

Auteur: Anne Thibault

Nous l’avons suivi dans une petite maison faite de planches de bois espacées, d’un plancher de terre et d’un toit en tôle.  Il y avait deux jeunes filles avec leurs maris et cinq enfants.  Nous nous apprêtions à commencer une entrevue avec ces deux jeunes femmes.  Elles tenaient chacune un poupon dans leurs bras.
On demanda à une des sœurs :
- « Quelle est ton opinion sur la grossesse de ta soeur de 15 ans » ?
- « Je trouve ça normal. »Répondit-elle.

Normal ? Qu’est-ce que cela veut bien dire ? Que c’est normal d’avoir un enfant à cet âge ? Que c’est commun ?  Qu’elle ne voit rien qui pourrait poser problème au fait d’avoir un enfant à cet âge ? Que cela est souhaitable ?

Johanna est tombée enceinte à quinze ans.  Aujourd’hui elle a seize ans et son fils a cinq mois.  Elle a huit sœurs, dont plusieurs ont eux des enfants à un très jeune âge.  En discutant plus longuement nous apprenions que la mère de Johanna était partie de Santo-Domingo depuis un an et son père ayant des problèmes de consommation d’alcool, était complètement absent.  Les sœurs s’offrent donc entre elles, le support dont elles sont capables.  Pour Johanna, son enfant est « un cadeau de Dieu » certes, mais dans quelles conditions de vie son petit grandira-t-il? Dans quelles conditions de vie grandira-t-elle, elle aussi, cette jeune fille de 16 ans ?

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Micro-Gardening with Mama Africa.

Auteur: jeanne lemba

Two weeks ago, we begun our Micro-Gardening project in Liberte 6. Our trainer as well as the brain behind the project, Mme Diouf, known as Mama Africa, started out by teaching us how to build a table from scratch. The sheer experience of assembling these tables, adding the tube that will evacuate the excess water, cutting the wood and hammering in the nails, was empowering. What amazed us the most was the substitute for earth ; peanut shells and rice . The vegetables, fruits and herbs cultivated are 100% organic and pesticide free. The material used as an earth alternative is waste from foods commonly used in Senegalese gastronomy, and thus, the costs involved in the project are reduced. The main expense remains the material used to build the table, as well as the initial purchase of seeds. The beauty of the project lays in its absolute self sustainability; once the tables are built, they can be reused for every other cultivation, and once the plants are harvested, their seeds are cultivated for the next batch. Mme Diouf fervently believes in training as many people as possible, she believes micro gardening can be the difference between being malnourished and being well fed. “Le Micro- jardinage peut eradiquer la faim en Afrique.” she says. Micro-gardening can eradicate hunger from Africa. Whether this agriculture project can be maintained at a larger scale is questionable. One thing is sure, those involved in the project experience its benefits everyday; working under the glaring sun, rain or shine, the women and men supplement their nutrition with fresh produce from the garden. Situated smack in the Urban midst of Dakar, Micro-gardening is like the pebble that creates ripples on the water; because of its high visibility, a population that has been removed from agriculture can now participate and experience food, from earth to the table.

Une leçon de cinéma

Auteur: Félix Lamarche

Elle avait tout. Tout pour que ça fonctionne. Le charisme, le rythme, le souffle, le rire, la joie et la peine (en douces montagnes russe ), le visage qui parle de lui-même avec ses traits qui s’étirent et les recoins de ses plis au travers desquels se lit l’expérience, et ses yeux qui disaient toute la vérité et rien que la vérité, sans besoin de le jurer…

Dans son souffle rapide, elle manœuvrait l’auditoire. Elle nous racontait son histoire.

* * *

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Los paredes que se expresan (les murs qui s’expriment)*

Auteur: Anouk M.Renaud

*Clin d’oeil au documentaire de l’an passé, « Los paredes que hablan ».

Quelles frontières faut-il traverser avant de voir le paysage mural urbain se transformer en un véritable tableau de revendications sociales? Quel est le lieu de passage entre les tags et les slogans à saveur politique? Quelles douanes faut-il franchir?

Paredes blancas, ciudad muda (Murs blancs, ville muette)

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Pouvoir d’achat

Auteur: Josiane Blanc

Hier après-midi j’ai fait l’épicerie avec mon frère adoptif et sa femme. Ne lisant pas très bien les étiquettes présentes sur les différentes tablettes du super-marché, je me suis retrouvé à payer 5,00$ US pour une boîte de Q-tips et une barre de chocolat. J’aurais pu décider de laisser mes emplettes mais la vérité c’est que le prix m’a choqué parce que  je suis en Équateur, un  pays où le salaire minimum mensuel est de 250$ après impôt. Plus je parcourais les hallés et plus je me disais qu’une mère monoparentale ayant un enfant telle que l’aînée de la famille avec laquelle je réside doit difficilement joindre les deux bouts. La pâte dentifrice 2,50$…le sac de sucre 1,65$,…1lbs de bœuf hâché 3,50$…

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Être paralyséE par les mythes

Auteur: Annie Lamalice

J’ai envie de vous raconter une réalité que nous avons découverte de près cette semaine, une réalité qui touche les femmes dans des pays, comme ici, où la contraception est difficile d’accès et où l’avortement est illégal. Je parle ici des jeunes filles enceintes et des jeunes filles mères. Un des thèmes que nous travaillons avec les jeunes pour la production d’un documentaire est celui de la sexualité juvénile. Nous avons donc réalisé deux entrevues avec des adolescentes. La première avec Sheila, 16 ans, qui a une petite fille de treize mois et la deuxième avec Erika, 16 ans, qui attend un petit garçon au mois d’août. Lire la suite →

Être mère avant d’être femme

Auteur: Katerine Martineau

Santo-Domingo, midi. Humidité. Action. Véritable ville économique en expansion, cet endroit est un repère commercial pour les Équatoriens qui désirent faire des affaires. Je suis venue en ces lieux avec deux autres membres d’Alternatives et une jeune fille de la filiale Quito Sud pour découvrir les programmes de l’ACJ (Asociasion Cristiana de Jóvenes) de Santo-Domingo développés pour promouvoir les droits des femmes. Nous marchons dans les petites rues sablonneuses et asséchées, la chaleur fait changement des frissons de Quito. Sur notre chemin les hommes s’arrêtent pour nous regarder. Du fond de leur établi, ils délaissent leurs outils pour le machisme, un travail rigoureux de tous les instants. Sans nous siffler, ils se contentent d’une pause aux bras croisés et au regard fixe. Les femmes d’ici ignorent, elles en ont l’habitude.

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La Chine au Cameroun. Cette amie qui vous veut du bien (2eme partie)

Auteur: Julien Deschamps-Jolin

Établie sur un immense territoire, la Chine doit composer avec une population titanesque à nourrir et à faire travailler. Combinons à cela une révolution industrielle qui dure depuis la fin des années 90 et vous avez sous la main une nation qui ne peut tout simplement pas cultiver et creuser son propre sol afin d’assouvir l’ensemble de ses besoins. Pour survivre et continuer son développement, la Chine doit se tourner vers l’extérieur en multipliant les accords d’échanges.

C’est connu, l’Afrique est un continent qui regorge de ressources naturelles. Si on prends en exemple le Golfe de Guinée (touchant au Cameroun), de grandes réserves de poissons et de pétrole s’y retrouvent et sont présentement exploitées. L’intérêt de la Chine est donc tout à fait « normal » lorsque l’on prend en considération cette variable. En fait, le véritable problème ne semble pas être l’intérêt que porte les Chinois aux commerces des matières premières, mais plutôt la façon dont ils transigent et mettent en actions leurs accords.

Si vous le voulez bien, j’aimerais revenir quelques instants à notre « Palais des Sports », qui est a l’origine de cette réflexion, pour démontrer un exemple d’impact local des actions chinoises. En offrant de construire des infrastructures a prix réduit et dans des temps rapides, la Chine rend en effet service a la localité ou à la région qui bénéficie de ces infrastructures. Que se soit un « Palais des Sports » ou une centrale électrique, l’efficacité et l’ingéniosité chinoise ne peuvent être niées. Toutefois, il y a un prix a payer plus important que l’argent pour faire usage de cette ingéniosité: l’impossibilité de faire participer la communauté locale à la construction de ces infrastructures.

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La Chine au Cameroun. Cette amie qui vous veut du bien? (1ere partie)

Auteur: Julien Deschamps-Jolin

En tant qu’occidental fraichement débarqué en Afrique (je me considère encore comme une recrue même après 1 mois !), j’ai eu plus d’une fois la chance de confronter mes réalités à celles du Cameroun. Que se soit la nourriture, les transports, le rythme de vie ou simplement la communication quotidienne, chaque journée a amené son lot d’observations qui m’ont donné les outils nécessaires pour m’adapter à mon nouvel environnement de vie. Toutefois, il est intéressant de noter que parmi ces observations, il y en a qui attirent plus l’attention et qui dirigent certaines recherches. Je m’explique !

Durant la première semaine de notre stage, nous avons eu l’occasion de nous déplacer au Palais des Sports afin d’écouter une conférence sur l’environnement organisé par des étudiants universitaires. À notre arrivée, j’ai tout de suite remarqué 2 faits qui, à mes yeux, étaient étranges. Premièrement, devant l’entrée de l’édifice, il est possible d’observer un immense drapeau chinois flottant à proximité d’un drapeau camerounais de moindre envergure. « Bizarre! » me dis-je, pourquoi uniquement un drapeau chinois lorsqu’il y a assez de poteaux pour mettre ceux de nombreuses nations? Deuxièmement, à l’intérieur du Palais des Sports, tous les écriteaux sur les murs sont, en plus d’être en français et anglais, de langue chinoise. Étonnant ! Je ne savais pas que le mandarin était devenu la 3e langue officielle du Cameroun !

Naïvement, à la fin de la soirée, j’ai fait part de mon observation en m’exclamant :

« Ah ben, c’est spécial ce gros drapeau chinois et ces écriteaux à l’intérieur du bâtiment… il y a une raison pour ça ? »

« Bien sur ! Ce sont les chinois qui ont construit le Palais des Sports il y a seulement quelques années. Ils sont très présent au Cameroun !» me répondit-on !

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