Elle avait tout. Tout pour que ça fonctionne. Le charisme, le rythme, le souffle, le rire, la joie et la peine (en douces montagnes russe ), le visage qui parle de lui-même avec ses traits qui s’étirent et les recoins de ses plis au travers desquels se lit l’expérience, et ses yeux qui disaient toute la vérité et rien que la vérité, sans besoin de le jurer…
Dans son souffle rapide, elle manœuvrait l’auditoire. Elle nous racontait son histoire.
Feu de brousse à Santo-Domingo - Photo: Anouk M. Renaud
Nous nous sommes mis dans la merde en venant ici à Santo-Domingo. C’est hier, assis en groupe autour d’une table que nous nous en sommes rendu compte. L’atmosphère entre nous était calme et détendue alors que nous parlions tous de ce genre de principes de vie que nous voulions suivre : le principe de mise en danger. Le groupe y adhère à merveille. Nous sommes tous les 7 à la recherche du danger qui permet d’apprendre, et nous sommes heureux d’être en plein dedans et de se sentir en vie, ici, à Santo-Domingo.
Mais, pas besoin d’être dans une ruelle sombre et louche d’un barrio, d’embarquer à 8 personnes dans une petite voiture filant à toute vitesse sur une route trop étroite, ou de manger de la street meat pour se mettre dans le pépin. Alors, quelle est donc cette situation difficile au sujet de laquelle nous discutions l’autre jour autour de cette table? Pour moi, elle est la suivante : dans moins d’une semaine, je vais commencer à donner des ateliers sur le cinéma documentaire à deux groupes de 25 jeunes adolescent-es équatorien-nes, avec comme thème les droits des femmes en Équateur, le tout, bien sûr, en espagnol. Si l’on remet les choses en perspective : uno, je n’ai jamais animé un groupe de jeunes; dos, je jase difficilement 2 phrases de suite en espagnol; tres, je suis comme un extra-terrestre dans le monde des droits des femmes. On gages-tu que ça va être toute une aventure? Mais voilà justement! C’est ça le but. S’il n’y a pas d’antagonisme, s’il n’y a pas de mise en danger, c’est le statut quo et on n’apprend jamais rien. C’est ce qu’on s’est dit : pourquoi rester tranquille à Montréal quand tu peux aller te mettre dans le trouble ailleurs.
Sur papier, il est clair que les montants alloués à l’aide multilatérale dépassent l’aide bilatérale accordée aux ONG de coopération internationale. Qu’en est-il sur le terrain ? La réponse courte pourrait se résumer ainsi : un contraste bel et bien visible qui détonne sur le paysage urbain de Yaoundé. En tant que stagiaire QSF, partir avec un budget très limité est compris dès le départ. Nous devons nous fondre dans la masse, adopter les cultures locales et tenter d’apporter un soutien à notre partenaire du mieux de notre capacité. Cependant, un malaise s’installe dès que nous utilisons les petits taxis durementnégociés pour nous déplacer dans la ville.
Bien souvent, il est possible de voir des voitures de type 4X4 derniers cris d’un blanc immaculé arborant les logos de l’UNICEF, Banque Mondiale ou du PAM (Programme alimentaire Mondial). Ces bolides roulent à des vitesses folles faisant détourner aux passages de nombreuses paires d’yeux envieuses de ces rutilants signes ostentatoires.
Dès lors, nous sommes forcés de nous questionner sur la pertinence de l’utilisation institutionnalisée des fonds publics des pays donateurs. Ces camions sont surement nécessaires en terrain difficile, mais quel est le but d’utiliser ces engins dans les capitales africaines ? Ceci envoie un message difficile à saisir aux habitants de Yaoundé. Voir les yeux envieux des chauffeurs de taxi naviguant sur les rues de la ville en dit long sur l’inégalité des moyens disposés par ces petites ONG comparés aux grandes institutions internationales de ce monde. Au niveau monétaire, le calcul est simple. Un stagiaire QSF peut traverser la ville pour 1.5$ CAD en stimulant par le fait même l’économie locale. Le camion d’une institution lui traverse cette même ville en gaspillant une bonne dizaine de dollars en gaz, sans oublier le prix d’importation de ses bolides qui ne sont jamais acheté sur place.
Bref, une question se pose, vaut-il mieux faire de la coopération en s’intégrant au maximum à la population à moindre cout ou s’afficher avec de gros moyens pour créer un fossé inséparable entre les experts de la coopération et la population locale ?
Voici deux des vidéos du Forum ouvert de la jeunesse qui s’est déroulé dans le cadre du Forum social mondial 2011 à Dakar, et dont le montage a été accompli par les stagiaires d’Alternatives, des groupes du Sénégal et de l’Équateur, dans le cadre d’une formation!
Photo-reportage par Katerine Martineau et Annie Lamalice
Même après huit mois de formation pré-départ, huit heures d’attente à l’aéroport de Miami nous ont semblé être une éternité. Dès notre arrivée, en fin de soirée, dans la bouillonnante ville de Quito, nous avons fait connaissance avec nos familles respectives. Dans notre cas, c’est quatre générations d’une famille unie qui nous font découvrir la chaleur, la générosité et l’attention propre à la culture latino-américaine.
Après 18 heures de bus, nous nous retrouvons dans un restaurant de la ville de Sucre, le Gato Negro. On est le 09 Juin 2010.
Ce jour là, plusieurs générations de boliviens occuperont les rues soit pour manifester de l´espoir, de la colère ou juste de la joie de vivre.
En espérant que ces images puissent montrer clairement l´intensité de cette journée inoubliable!
Cela fait maintenant pratiquement 1 semaine que nous sommes à Yaoundé. Depuis notre arrivée, nous avons eu la possibilité de constater deux vérités de la vie tout à fait indéniable… Premièrement, la température est chaude et même suffocante lorsque le soleil se met de la partie et deuxièmement, tous les stagiaires ont été reçus admirablement bien dans leurs familles respectives. La vie est-elle belle? Oh oui!
D’ailleurs, parlant de vie, Yaoundé est une ville qui ne s’arrête jamais (quoique ce dimanche, c’est plus calme… Jour du Seigneur oblige!). Des marchands aux 5 mètres, des milliers de taxis qui permettent a monsieur madame tout le monde de se déplacer dans les rues sinueuses, des enfants jouant au foot un peu partout, des bars, des « call box » ou il est possible de téléphoner avec cellulaires. Bref, une vie qui se fait majoritairement à l’extérieur. A la question… « est-il facile de se repérer à Yaoundé? », je répondrai ceci (et c’est bien personnel!): Il est facile de se déplacer… mais de se repérer… oh la! Je n’arrive pas encore a faire la différence entres les différents quartiers de Yaoundé si ce n’est que de quelques immeubles clés pouvant apparaître au tournant d’une rue ou au détour d’une colline. Mais bon, il faut se laisser le temps… dans quelques semaines, je tiendrai peut-être un discours différent.
Nous avons eu l’occasion vendredi de visiter pour la première fois l’école Biyem Assi qui sera majoritairement notre lieu de travail pour les prochaines semaines. Le défi s’annonce assez important puisque le nombre d’enfants qui bénéficieront des cours informatiques se compte dans les centaines. Et nous parlons ici que de l’aspect théorique que nous ferons directement dans les classes. Au niveau pratique, ces mêmes enfants devront aussi être en mesure de toucher à un ordinateur et c’est la que la logistique permettant a tous et chacun d’avoir au moins une expérience concrète s’avèrera complexe. Les salles ne sont pas gigantesques et nous n’avons clairement pas le matériel informatique pour répondre à la demande. Il faudra faire preuve de créativité!
École Biyem Assi et Mr. Avis
Nous débutons donc officiellement notre travail demain dans l’école en installant les locaux informatiques et en préparant le matériel de formation… Nous vous invitons donc à suivre nos péripéties, nos obstacles ainsi que nos solutions
Alternatives est une organisation non gouvernementale de solidarité et de développement international fondée en 1994.
Par ses initiatives, Alternatives veut favoriser la démocratie participative, la justice sociale, des relations égalitaires entre le Nord et le Sud et la protection de l’environnement. Active au Québec et sur quatre continents, Alternatives soutient les initiatives des mouvements sociaux en faveur du respect des droits des personnes et des communautés touchées par la pauvreté,la discrimination, l’exploitation et la violence.
Les réseaux créés au fil des ans auprès de partenaires communautaires permettent un véritable partage entre les pays du Sud et du Nord et entre les pays du Sud entre-eux.