Il ne nous aura pas fallu longtemps pour comprendre l’aspect aléatoire des services d’électricité et d’eau courante en Afrique centrale. Ici, ouvrir le robinet est une loterie quotidienne. Surtout dans le quartier Mendong, où Marie-Élaine et moi vivons. Les coupures d’eau surviennent plusieurs fois par semaine et peuvent se prolonger de quelques heures…à quelques semaines.
Les familles sont toutes équipées de fûts, qu’elles s’empressent de remplir dès que le retour de l’eau se fait entendre dans les tuyaux (souvent la nuit). Elles collectionnent les bouteilles, et les entassent sous l’évier de la cuisine, remplies de ce fluide rarissime. Heureusement, elles ont aussi la pluie, qui remplit à chaque averse une série de bacs alignés sur le côté de la maison.
Hier, non seulement les robinets étaient à sec, mais l’électricité nous a aussi abandonné à l’heure du souper. Alors que Marie-Élaine et moi dégustions avec un bonheur incommensurable notre premier plat de pâtes depuis notre arrivée, nous avons été plongés dans le noir. Le téléviseur, bruit de fond de tous les soirs dans notre maison, n’était plus. Le silence.
Nos frères et soeurs, de nature assez muette, sont demeurés quelques minutes en silence, comme s’ils se demandaient ce qu’ils allaient bien pouvoir faire. Sans DS, ni Playstation, ni Facebook, ni séries télévisées. Puis un de nos frères est venu s’asseoir à nos côtés avec une généreuse portion de spaghetti. On a parlé de ses études, de notre projet, des saisons canadiennes, des sports d’hiver.
Maman s’était endormie entre temps sur son canapé, et les filles, toujours assez silencieuses, écoutaient notre conversion du divan, duquel elles n’avaient toujours pas bougé. Jusqu’à ce qu’une d’elle se mouille et propose de jouer à « troud’cul ». Elle avait manifestement eu un coup de coeur pour ce jeu que leur avaient montré les deux stagiaires québécoises de l’été passé.
L’heure qui a suivie, à la lampe de poche, s’est avérée être une féroce course à la présidence dans le cadre de ce jeu de cartes folklorique. S’empilaient au centre de la table les Dames de coeur, les 8 d’arachide (trèfle), les As de macabo noir (pique) et les Valets de biscuit (carreau), parsemés d’éclats de rire et de grimaces.
Même si ce soir, le bruit de fonds des séries télé mal doublées et des vidéoclips de Justin Bieber reprendront, la panne a été vectrice de rapprochements et d’échanges.
Il est 11:03 am ici. Le temps est gris et au beau fixe depuis quelques jours. La torride pesanteur de la chaleur des premiers jours s’est estompée. Il fait frais le soir et cette fraîcheur se poursuit durant la matinée. Les atelier avancent. Ils ne pourraient pas faire autrement, mais au pays des Tsa’chila rien ne semble aussi simple que sur papier.
La barrière de la langue nous semble grande lorsque nous tentons de mettre au clair les malentendus et la barrière culturelle n’aide pas non plus. Notre habitude d’horaires ajustés à la minute près nous donne du fil à retordre lorsque mis face à face à un peuple qui voit le temps d’une façon différente.
Lorsqu’on arrive à s’ajuster par contre, tout semble rouler. Les aventures vers les cascades en nature et vers les lagunes volcaniques nous permettent de souffler un peu du rythme routinier de Santo-Domingo.
Nous avons une nouvelle brochette de jeunes dans nos ateliers car quelques uns se sont désistés. Nous avons donc du pain sur la planche pour rattraper le temps perdu. Nos thèmes de documentaires semblent se dessiner de plus en plus (la radio et la langue, le rôle des femmes, la commercialisation de l’image des Tsa’chila et la médecine traditionnelle) et nous en sommes fiers. Nous commenceront les premiers tournages la semaine prochaine.
Dans le cadre de la Journée Internationale des droits de l’enfant, joignez-vous à nous pour le Vernissage de l’exposition photo du groupe Biyem-Assi. Quel moment idéal pour voir les magnifiques photos prises au cours du stage ayant eu lieu des mois d’avril à juin 2010.
Une projection de vidéos tirées du voyage aura également lieu tout au long de la soirée ainsi qu’une visite d’un CACI (Centre d’Accès Communautaire à Internet) québécois où il vous sera possible de découvrir et tester des logiciels libres avec les stagiaires. (8 versions d’Ubuntu sont disponibles sur les ordinateurs du centre)
Cela fait maintenant pratiquement 1 semaine que nous sommes à Yaoundé. Depuis notre arrivée, nous avons eu la possibilité de constater deux vérités de la vie tout à fait indéniable… Premièrement, la température est chaude et même suffocante lorsque le soleil se met de la partie et deuxièmement, tous les stagiaires ont été reçus admirablement bien dans leurs familles respectives. La vie est-elle belle? Oh oui!
D’ailleurs, parlant de vie, Yaoundé est une ville qui ne s’arrête jamais (quoique ce dimanche, c’est plus calme… Jour du Seigneur oblige!). Des marchands aux 5 mètres, des milliers de taxis qui permettent a monsieur madame tout le monde de se déplacer dans les rues sinueuses, des enfants jouant au foot un peu partout, des bars, des « call box » ou il est possible de téléphoner avec cellulaires. Bref, une vie qui se fait majoritairement à l’extérieur. A la question… « est-il facile de se repérer à Yaoundé? », je répondrai ceci (et c’est bien personnel!): Il est facile de se déplacer… mais de se repérer… oh la! Je n’arrive pas encore a faire la différence entres les différents quartiers de Yaoundé si ce n’est que de quelques immeubles clés pouvant apparaître au tournant d’une rue ou au détour d’une colline. Mais bon, il faut se laisser le temps… dans quelques semaines, je tiendrai peut-être un discours différent.
Nous avons eu l’occasion vendredi de visiter pour la première fois l’école Biyem Assi qui sera majoritairement notre lieu de travail pour les prochaines semaines. Le défi s’annonce assez important puisque le nombre d’enfants qui bénéficieront des cours informatiques se compte dans les centaines. Et nous parlons ici que de l’aspect théorique que nous ferons directement dans les classes. Au niveau pratique, ces mêmes enfants devront aussi être en mesure de toucher à un ordinateur et c’est la que la logistique permettant a tous et chacun d’avoir au moins une expérience concrète s’avèrera complexe. Les salles ne sont pas gigantesques et nous n’avons clairement pas le matériel informatique pour répondre à la demande. Il faudra faire preuve de créativité!
École Biyem Assi et Mr. Avis
Nous débutons donc officiellement notre travail demain dans l’école en installant les locaux informatiques et en préparant le matériel de formation… Nous vous invitons donc à suivre nos péripéties, nos obstacles ainsi que nos solutions
Cette fin de semaine durant la formation sur les médias alternatifs donnée par Santiago Bertolino, les stagiaires ont pu mettre en pratique l’usage des différents médiums de la technologie de l’information et des communications tels que la photo, la vidéo, et le journalisme écrit. Voici le montage vidéo du groupe Cameroun.
Médias alternatifs ou médias de masse? Les stagiaires d’Alternatives ont récemment pu débattre de cette question lors d’un atelier sur les médias alternatifs animé par Santiago Bertolino, un cinéaste engagé.
L’ échange a donné lieu tantôt à des consensus, tantôt à des avis plus partagés. Au Québec, la concentration de médias est très marquée. Par ailleurs, afin de contrer le monopole des grands conglomérats, quelques citoyens engagés ont mis en place des blogues et des journaux afin d’explorer les différentes alternatives que les médias peuvent offrir. Dans la même veine, cette capsule vidéo, produite en quelques heures et avec peu de moyens par notre groupe de stagiaires démontre que les médias citoyens sont à la portée de tous…
En 2001, Santiago Bertolino décide de s’armer d’une caméra pour couvrir les événements de la rencontre du Sommet des Amériques sur la Zone de Libre Échange des Amériques (la ZLÉA) à Québec. Il découvre d’autres cinéastes engagés qui couvrent en direct les évènements qui n’ont pas été couverts par les médias traditionnels. Il fondera, avec d’autres, le collectif de vidéastes engagés les Lucioles et plus tard, Funambule Médias. Lire la suite →
La directrice de l’ONG camerounaise Protege QV, Sylvie Siyam, a soulevé, le mois dernier suite a un atelier portant sur le développement écologique des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), le paradoxe lié aux dons numériques en Afrique. Lire la suite →
Le Cameroun est un pays où les technologies de communication et d’information prennent une place plutôt timide dans la vie du camerounais moyen. L’usage de l’ordinateur et de l’internet sont des concepts toujours considérés comme étant nouveaux ou accessibles à ceux qui ont les moyens. Le simple coût d’un ordinateur rend cet outil inaccessible à la majorité de la population camerounaise. Il équivaudrait au revenu annuel d’un ménage moyen[1].
Il faut tout de même préciser que le Cameroun peut être considéré un pays dont le potentiel est très important. Le pourcentage d’alphabétisation s’élève aux environs de 70% selon certains ou même de 80% de la population[2] ce qui est un pourcentage élevé, que ce soit par rapport à un pays industrialisé ou non. J’entends aussi à maintes reprises qu’ici, les gens ne peuvent mourir de faim, il y a toujours de quoi manger et les moyens de se procurer le minimum. Avant tout, il y a la paix dans le pays, que ce soit entre les différentes religions, ethnies ou autre, ces genres de tensions n’existent pas et se limitent peut-être tout simplement à des préjugés qu’ont les uns envers les autres comme partout ailleurs au monde. Selon une amie, les tensions par exemple entre camerounais anglophones et francophones se retrouvent plutôt sinon seulement au niveau politique. Le Cameroun dans une telle situation de paix devrait connaître un développement pratiquement sans contraintes car selon les théoriciens et praticiens du développement la paix est un des éléments cruciaux pour le développement. Donc, que manquerait-il à ce pays qu’on pourrait qualifier de pays de rêve ?
Parmi les obstacles à l’avancement des TICs qui mènerait en quelques sortes de manière plus sûre à un développement proprement dit, il y a deux points qui ressortent : le manque d’infrastructures et le faible investissement dans ce domaine par le gouvernement.[3] L’informatisation dans le pays, ainsi l’usage de l’ordinateur et de l’internet, la connaissance de différents logiciels, programmes et de leur utilisation est peu développée.
Depuis le mois d’août 2007, les stagiaires d’Alternatives bloguent sur WordPress à l’adresse http://www.stages.alternatives.ca/blog . Depuis ce même temps l’application WordPress n’avait pas été mise à jour. La version 2.2.1 de WordPress nous a bien rendu service mais une mise à jour était plus que nécessaire pour multiple raisons: mieux lutter contre les commentaires indésirables (spam), multiples failles de sécurité détectés, nouvelles extensions multimédia à notre disposition, meilleure ergonomie dans l’interface d’administration du site, etc.
À la demande de la grande responsable des stages, Caroline, je me suis donc affairé à la tâche de mettre le WordPress à jour. Je pensais bien que ça allait être un jeux d’enfant! Après tout c’est WordPress… Mais non, les premiers tests de mise à jour n’ont pas réussi complètement… Les liens vers les fichiers multimédias étaient systématiquement bousillés après la mise à jour. Donc, pas de morceau de robot pour moi. J’ai fouillé, sur le site de WordPress dans le coin des développeurs, niet. J’ai finalement été aidé par un membre de la communauté de WordPress dans le canal irc de WordPress! houppie Il m’a donné une piste, j’ai du aller faire un tour dans le code source en php de WordPress pour comprendre exactement où ça coinçait! (Heureusement que c’est du logiciel libre, j’ai pu étudier le code.) J’ai trouvé le bug. une incantation de sql plus loin, j’ai résolu le problème. Pour les curieux(ses),
UPDATE wp_postmeta SET meta_value = replace(meta_value, '/var/alternc/html/a/alt_stages/www/blog/wp-content/', '') WHERE meta_key = '_wp_attached_file' ;
Voilà, on turbine maintenant à la version 2.8 de WordPress!
Comme tout bon ménage dans le cyberespace, j’ai supprimé les 8300 commentaires indésirables qui ont été récolté depuis l’année passé. Conséquence on divise par plus que 10 la grosseur de la base de données! On passe de 38 MiB à 2,3 MiB impressionnant comment les commentaires indésirables peuvent faire perdre de l’espace!
Alternatives est une organisation non gouvernementale de solidarité et de développement international fondée en 1994.
Par ses initiatives, Alternatives veut favoriser la démocratie participative, la justice sociale, des relations égalitaires entre le Nord et le Sud et la protection de l’environnement. Active au Québec et sur quatre continents, Alternatives soutient les initiatives des mouvements sociaux en faveur du respect des droits des personnes et des communautés touchées par la pauvreté,la discrimination, l’exploitation et la violence.
Les réseaux créés au fil des ans auprès de partenaires communautaires permettent un véritable partage entre les pays du Sud et du Nord et entre les pays du Sud entre-eux.