Articles classés dans 'Billets d’humeurs' ↓

Du culte de la voiture

Auteur: Étienne Langlois

Sous un nuage infini et permanent, la ville subsiste, persiste, mais ne signe pas.

Pas encore.

Ce plafond à moitié naturel retient les émanations constantes que produisent les voitures, les autobus, les taxis, tiens un quatre-roues, et une multitude de motos, de tailles et de forces différentes, mais arborant presque toujours sur le siège un dessin de femme dénudée offrant ses attributs aux postérieurs des hommes. Évocateur.

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Une leçon de cinéma

Auteur: Félix Lamarche

Elle avait tout. Tout pour que ça fonctionne. Le charisme, le rythme, le souffle, le rire, la joie et la peine (en douces montagnes russe ), le visage qui parle de lui-même avec ses traits qui s’étirent et les recoins de ses plis au travers desquels se lit l’expérience, et ses yeux qui disaient toute la vérité et rien que la vérité, sans besoin de le jurer…

Dans son souffle rapide, elle manœuvrait l’auditoire. Elle nous racontait son histoire.

* * *

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Los paredes que se expresan (les murs qui s’expriment)*

Auteur: Anouk M.Renaud

*Clin d’oeil au documentaire de l’an passé, « Los paredes que hablan ».

Quelles frontières faut-il traverser avant de voir le paysage mural urbain se transformer en un véritable tableau de revendications sociales? Quel est le lieu de passage entre les tags et les slogans à saveur politique? Quelles douanes faut-il franchir?

Paredes blancas, ciudad muda (Murs blancs, ville muette)

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Bamakotte ma cocotte

Auteur: Ambroise Thériault

Le toubabou malien (version moins huileuse du gringo latino) à un comportement particulier. D’abord il faut le voir vouloir mettre la main à la pâte avec ardeur, ardeur d’ailleurs vivement réprimandée par l’Astre. Et s’il veut bien lâcher la pâte, c’est pour mieux donner la patte à tous les vents. Heureusement pour lui comme les vents sont nombreux et comportent leur lot de sable et d’éclairs, il trouve moyen de se la faire pincer, sa patte et avec force à part ça. Le Mali c’est aussi ça. Car il y a la famille, et le sommeil, et encore la famille. C’est une longue histoire. Vous ne pouvez pas comprendre. Moi non plus d’ailleurs. En fait c’est pour rendre hommage à ma mère (la vôtre dans votre cas… à moins que ce ne soit la même, mais ça j’en doute). C’est compliqué. Ce qu’il l’est moins c’est la chaleur humaine avec lequel il est reçu, le toubabou. C’est peut-être ça l’Astre. Car le toubabou part de chez lui et le voilà ici chez lui! Et pourtant, entre les deux, il y a eu les avions, les colons, les banques et toutes ces choses toubab-ubuesques. Mais rien n’y fait, l’humain malien est plus grand que tout cela. Il les dépasse. Il rigole. Fauché, mais pas fâché. Pas con pour autant, seulement plus grand. Alors le toubabou rigole aussi, mais c’est parce qu’il est gêné, émerveillé. Un Astre c’est beau, c’est infini et ça brûle! Alors, il pleure un peu le toubabou, mais secrètement, peut-être parce qu’il a honte. C’est que quand il lève les yeux au-dessus de sa pâte. Le toubabou comprend bien ce qu’il a devant lui. Et forcément c’est dur. Parce lui, il avait un peu oublié ce que ça fait, ça… l’espoir en l’humain!

On m’avait dit…

Auteur: Dominique Abana

On m’avait dit que dès le moment où je mettrais mes pieds à Bamako, j’aurais l’impression d’avoir été catapulté dans une autre dimension tellement les choses seraient différentes. C’est vrai qu’elles le sont, mais pas dans le sens auquel je me serais attendu. Elle n’est pas cette ville si désorganisée à laquelle je me préparais à résister. Quand on l’observe le matin se lever avec les premières lueurs du jour, on dirait une machine bien huilée qui a acquis une certaine autonomie dans son fonctionnement et dont chaque pièce sait exactement quoi faire et quand le faire, c’est fascinant. Lire la suite →

Dans la merde à Santo-Domingo

Auteur: Félix Lamarche

Feu de brousse à Santo-Domingo - Photo: Anouk M. Renaud

Nous nous sommes mis dans la merde en venant ici à Santo-Domingo. C’est hier, assis en groupe autour d’une table que nous nous en sommes rendu compte. L’atmosphère entre nous était calme et détendue alors que nous parlions tous de ce genre de principes de vie que nous voulions suivre : le principe de mise en danger. Le groupe y adhère à merveille. Nous sommes tous les 7 à la recherche du danger qui permet d’apprendre, et nous sommes heureux d’être en plein dedans et de se sentir en vie, ici, à Santo-Domingo.

Mais, pas besoin d’être dans une ruelle sombre et louche d’un barrio, d’embarquer à 8 personnes dans une petite voiture filant à toute vitesse sur une route trop étroite, ou de manger de la street meat pour se mettre dans le pépin. Alors, quelle est donc cette situation difficile au sujet de laquelle nous discutions l’autre jour autour de cette table? Pour moi, elle est la suivante : dans moins d’une semaine, je vais commencer à donner des ateliers sur le cinéma documentaire à deux groupes de 25 jeunes adolescent-es équatorien-nes, avec comme thème les droits des femmes en Équateur, le tout, bien sûr, en espagnol. Si l’on remet les choses en perspective : uno, je n’ai jamais animé un groupe de jeunes; dos,  je jase difficilement 2 phrases de suite en espagnol; tres, je suis comme un extra-terrestre dans le monde des droits des femmes. On gages-tu que ça va être toute une aventure? Mais voilà justement! C’est ça le but. S’il n’y a pas d’antagonisme, s’il n’y a pas de mise en danger, c’est le statut quo et on n’apprend jamais rien. C’est ce qu’on s’est dit : pourquoi rester tranquille à Montréal quand tu peux aller te mettre dans le trouble ailleurs.

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La mélodia de la noche

Auteur: Étienne Langlois

Santo Domingo de Los Colorados.

La nuit tombe tôt. Elle n’appartient pas aux hommes. Elle appartient aux chiens. Leur mélodie ponctuelle perce l’humidité, fend la noirceur par vagues, rappelant en sursauts à nos corps et à nos esprits médusés que nous sommes ailleurs, sur leur territoire. Ils déterminent la direction de nos rêves. Et si la nuit sera courte ou longue.

La sueur m’habille telle une seconde peau.

La pauvreté me pince le cœur tel un barbelé que l’on serre autour.  À chaque fois, et on ne s’y fait pas.

La foi des habitants me touche telle l’étreinte de ma mère.

Je ne peux me l’expliquer, cette foi indicible, immuable.  Cette façon d’accepter son sort, cette résignation devant une force qu’on ne peut toucher, qu’on ne peut raisonner, mais qui résonne partout et en chacun de nous, à différents degrés, à différents moments.

Ainsi je me surprends à prier. Pour ma famille, mon amour, mes amis, qui furent si présents. Pour ce groupe qui m’est si cher, et cette nouvelle famille qui m’inspire tant.

L’église est petite mais sa présence si grande. Elle est remplie, fière et modeste à la fois, surplombant la ville du haut de la montagne Bomboli, ancien site Tsachillas, où ce peuple autochtone y céda sa place il y a quarante-sept ans.  À l’époque, quelques familles  élurent domicile à ses pieds, pour accueillir et offrir un gîte aux voyageurs, commerçants et transporteurs qui y passaient, de Quito à Guayaquil et l’inverse, histoire de couper la route en deux l’instant d’une nuit. Son emplacement stratégique fit que d’autres gens s’y installèrent, flairant la bonne affaire. Aujourd’hui, Santo Domingo abrite plus de 300 000 habitants, majoritairement jeunes, de 30 ans et moins, qui essaient de se façonner une vie, de donner une âme à cette ville champignon qui les a vus naître, où leurs parents sont venus suer leurs rêves d’un avenir meilleur. Du Pérou, de la Colombie, de partout autour.

Une ville jeune, en pleine crise d’adolescence, et dont les parents semblent être sortis prendre un coup. La nuit, les chiens veillent sur elle. Et peut-être que les parents ne reviendront pas. Elle devra s’élever seule, avancer, se casser la gueule, se défendre, se relever, continuer. La jeunesse est l’espoir de cette ville, et de ce monde que nous souhaitons meilleur.

Ça commence ici. Partout.

Dans une maison qui abritera des femmes violentées.

Dans un programme pour éradiquer le travail des enfants. Pour qu’ils trouvent leur chemin vers l’école, vers leur plein potentiel et vers  l’enfance à laquelle ils n’ont pas eu droit.

Dans la tête des hommes dominants, apeurés, ignorants. Leurs œillères noircies de la douce illusion que les femmes sont derrière, et eux devant.

Ça commence ici. Partout.

Dans nos mots. Dans leurs gestes. Dans ma maison. Dans ton cœur.

Un jour elle s’endormira sans soucis, sans peur. Ses prières seront pour d’autres. Les chiens s’assoupiront enfin à ses pieds fatigués. Et la nuit en sera meilleure, pour toute l’humanité.

Mon herbier camerounais, dernière partie: le palmier

Auteur: Audrey Dahl

Le palmier désigne une grande famille d’arbres qui donne différents fruits, par exemple la noix de coco et les dattes. Les Camerounais font une différence dans l’appellation du palmier qui donne la noix de coco, le cocotier, et celui qui donne les noix de palmes, le palmier.  Les noix de palmes sont de la taille d’une datte, poussent en grappe et sont de couleur rouge. C’est avec elles qu’on produit l’huile de palme, une huile orangé avec laquelle on confectionne plusieurs mets dont le coki, un plat délicieux de la région du centre. A la manière du sirop d’érable, on extrait aussi la sève du palmier délicieusement sucrée qu’on fermente à peine 24heures pour produire le vin de palme. Lire la suite →

Les aventures au Cameroun- Les bêtes sauvages

Auteur: Noémie Philibert-Brunet

Lorsque j’ai annoncé aux gens que je partais pour le Cameroun, donc sur le continent africain, la plupart m’ont dit : « Fais attention aux lions » !  Outre les lions indomptables, l’équipe de foot camerounaise, pas de lion en vue.  « Et des éléphants, tu as vue des éléphants ? » me demande-t-on.  Avis à tous, nous ne vivons pas dans la brousse et même notre famille camerounaise n’en a jamais vu de vrais.  Je dois tout de même avouer qu’il y a une jungle à Yaoundé : les routes.  Routes que les taxiusjaunus et les motocyclus sans casccus partagent.  Partout on entend leurs cries, ils sont rois de la jungle, mais ça c’est une autre histoire. Lire la suite →

Salut Palu

Auteur: Noémie Philibert-Brunet

Lorsque dormir est devenu une activité exténuante, c’est qu’on est malade. On m’avait dit que le palu c’était comme une grosse grippe.  Ehh bien, jamais une grosse grippe ne m’a mis aussi K.O.  Pendant 4 jours, j’ai cru que mon corps ne répondrait plus jamais comme avant.

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