Réflexions: Un aspect oublié ? L’Etat dans le développement

Auteur: Émilie Jabouin

Mon stage est presque fini. Je réfléchi à ce que j’ai appris, ce que j’ai lu, observé, retenu et pensé. Dans mes deux articles précédents, j’ai abouti à deux conclusions qui portaient sur le Cameroun et le développement. La première était que selon les gens, il y a avait une certaine mentalité qui freinait l’ouverture d’esprit qu’il faut pour une avancée générale en termes sociaux. La deuxième conclusion portait sur le fait que le développement international fonctionne en prenant l’exemple de la micro-finance. Avec du recul, je penserais non seulement que mes affirmations cachent encore beaucoup de complexités mais aussi que j’aurais oublié une précision majeure : quand est-il de l’Etat ? Je n’ai presque pas parlé du rôle de l’Etat qui est en effet générateur de mentalité. S’il est dit que la mentalité au Cameroun freine le développement c’est presque entièrement la situation politique et la précarité qui fait que les gens pensent d’une certaine manière ! Une fois que l’approche politique change, beaucoup d’aspects néfastes de la société changeraient aussi. Tous les efforts ne devraient pas, selon moi, être laissés à la société civile.

L’Etat ne devrait-il pas s’investir dans les efforts de développement en concordance avec la société civile qui a su se prendre en main (dans certains secteurs précis) ? La micro-finance et les technologies sont des domaines qui ont connu un essor car la volonté et l’expertise y étaient. Mais il faut plus de soutien du gouvernement.
Le pouvoir au Cameroun peut être qualifié de statique. Le gouvernement est défini comme étant un régime présidentiel, c’est-à-dire, que le président détient en majorité le pouvoir. Ce système fait part d’une violation de droits de la personne dont la liberté d’expression en particulier. Les TIC ne pourraient qu’avancer les libertés, rendre transparent l’information et permettre sa libre circulation: elle serait beaucoup plus vérifiable. Comme on l’a vu dans l’article des «Avancements des TIC au Cameroun», on dirait plutôt qu’il y a un semblant d’efforts pour l’avancée des TIC dans le pays. Des actions sont prises pour les petites affaires au niveau gouvernemental et administratif. Le manque d’investissement de la part de l’Etat dans l’infrastructure et le renforcement des TIC serait la cause d’une stagnation des technologies et ainsi en ferait un luxe.
Le développement perçu dans le domaine de la micro-finance bénéficie surtout aux femmes et leur assure un niveau de vie correcte. Ceci dit, les gens ne peuvent rester dans l’entière pauvreté s’ils ont certaines structures qui les maintiennent. Ils sont aussi moins portés à se soulever contre le gouvernement s’ils peuvent subvenir à leurs besoins de base.
Ces constatations supposent peut-être que l’Etat au Cameroun est inerte, statique ou même prédateur. Il cherche à préserver un statu quo et empêche l’épanouissement du potentiel du pays. Le pouvoir en place ne veut pas céder la place à une nouvelle composition politique. Les personnes au pouvoir ne veulent surtout pas que la situation change. Pourtant, des modalités de réformes se font observer. On y compte les programmes tels que SIGIPES et SYDONIA qui favorisent la transparence aux niveaux ministériels et administratifs. L’opération épervier en est aussi une, qui cherche à juger des ministres accusés de détournements de fonds. J’ignore sans doutes d’autres mesures qui peuvent bien avoir été adoptées mais sachez qu’il y en a. Mais en apportant plus d’attention à ces mesures de bonne gouvernance, on se rend compte que les choses sont faites à moitié. SIGIPES élimine-t-il tous les postes fantômes et empêche réellement les multiples salaires ? En permettant le retracement de colis à travers les frontières SYDONIA sert-il vraiment d’exemple d’une avancée technologique considérable au Cameroun ? L’opération Epervier, qui détient pour l’instant onze accusés en prison, est-il aussi efficace en termes de lutte contre la corruption que les média ne le font penser ? Onze accusés sont détenus, et qu’y en est-il des autres ? Il y aurait aussi coïncidence entre ce nombre et ce qu’on appelle au Cameroun le G11 qui est un groupe de onze personnes susceptibles de prendre le pouvoir lors des élections de 2011. Selon moi, sans une volonté politique de l’Etat pour le changement, malgré les efforts inexorables de la société civile le développement et le niveau de bien être d’une société ne peut s’améliorer.

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#1 Matéo on 01.03.10 à 13:40

à lire et à diffuser :

http://bourse.suite101.fr/article.cfm/la-crise-ne-fait-que-commencer

http://bourse.suite101.fr/article.cfm/derive-financiere–attention-danger-

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