Jeudi 2 juillet 2009. Les neufs stagiaires entrent dans une des mines du Cerro Rico à Potosi, armés de lampes frontales, casques, bottes et de vêtements larges. Si je ne m’étais fiée qu’au son, je me serais cru dans le film Blanche-Neige et les sept nains, lorsque ces derniers travaillent à la mine. Mais la réalité est bien loin d’un conte de fée.
La légende voudrait que lorsque le potentiel minier du Cerro Rico a été découvert, on aurait pu construire un pont reliant Potosi et l’Espagne avec l’argent de la mine! Avec tout le développement de cette industrie, en 1625, Potosi avait une population plus élevée que Paris et Londres. Malgré toute cette richesse, la « montagne riche » a été meurtrière et continue de l’être. Déjà, environ 8 millions de Boliviens sont morts dans cette mine ou des suites de maladies qu’ils ont développées dans les mines.
Pendant ce tour touristique de la mine, j’ai vu tout ce qu’on peut s’attendre à voir dans une mine selon nos préjugés : des chariots extrêmement lourds grinçants lorsqu’ils roulent sur les rails, des pioches pour extraire les minéraux qui font un bruit répétitif et sec, des dynamiteurs qui passent leurs journées à respirer de la poussière, des gens travaillant dans une chaleur insupportable durant des heures et des heures. Toutefois, comparativement aux nains sympathiques du film de Disney, les mineurs ne chantent pas des chansons pour se rallier. Plutôt, ils mâchent de la coca, fument des cigarettes et donnent des offrandes au Tio (Dieu souterrain protégeant le monde des mines), afin qu’ils ne finissent pas comme 8 millions d’autres…
Disons qu’en sortant de la mine, après un mince aperçu de la vie de mineurs, j’étais contente de voir le soleil, mais probablement pas autant que le mineur qui sort de la mine après 12 heures de travail…
Mine du Cerro Rico (extrait vidéo de notre tour dans la mine)

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