Si, se puede!

Auteur: Marie-Ève Julien-Denis

Maintes fois utilisée par el commandante, cette phrase représente à la fois la réalité face au changement rapide de l’agriculture du pays, mais aussi de la situation imposée face à celle-ci.

Les années communistes ont fait de ce peuple des gens solidaires, respectueux et généreux de leur temps, de leur force de travail et de leurs connaissances. Sachant que la permaculture se fonde sur des principes tels que « earth care, people care et fair share », il est de ce fait peu difficile de comprendre que la permaculture soit encouragée dans cette île des caraïbes. Du moins, parmi les gens que nous avons rencontrés depuis les 12 premiers jours de notre périple.
D’aucuns diront que les Cubains n’ont pas eux le choix, et ils n’ont pas tort. Ce concept  (avoir le choix), plutôt occidental ne trouve pas écho à Cuba. À partir des années 1990, avec la chute de l’URSS et le renforcement de l’embargo américain, l’importation du pétrole chute de plus de 50%, les fertilisants et les denrées alimentaires tout autant. Une solution doit être mise en place pour subvenir aux besoins de la population. L’agriculture fait ainsi son entrée dans les villes. Si au départ elle n’est que de subsistance afin d’assurer la sécurité ainsi que la souveraineté alimentaire, aujourd’hui l’agriculture urbaine à Cuba est une façon de vivre.

Les jardins que nous visitons sont des exemples de cette agriculture durable et urbaine, le plus souvent essayant de respecter les principes de la permaculture. Dans ces espaces étatiques loués par des « promoteurs » de permaculture associés à notre partenaire, la FANJ (Fundacion Antonion Nunez Jimenez para la naturaleza y el hombre), le cycle naturel y est recréé. Tout s’utilise et se réutilse, jusque dans les toilettes sèches écologiques, où l’on récupère les excréments pour en faire du compost. C’est dire à quel point rien ne se perd, rien ne se créé…

Il est intéressant de constater qu’une agriculture plus durable peut s’intégrer dans un pays anciennement axé sur la monoculture de façon intensive, principalement la canne à sucre. La transition « obligée » a permis une gestion des terres beaucoup plus efficace, avec des moyens minimes et une innovation étonnante. La preuve qu’une transition est possible et dans une  période de temps record…

Bref, nous n’en sommes qu’aux premiers balbutiements de notre projet. Nous explorons encore ce qui se fait ici, pour pouvoir ensuite évaluer les réels besoins sur le terrain.

Si, se puede!

3 commentaires ↓

#1 lucho on 29.07.09 à 14:22

en quelques mots en quelques gestes vous avez bien cernez la situation cubaine et le comportement à avoir pour ne pas tomber dans l’occidento-centrisme. Lequel défini et affirme encore trop souvent ce qui doit ou ne pas être – régles, classifications & autres notions – L’autre cubain, par exemple, avec les caractéristiques qui lui est propre, géographie comprise, a choisi une autre voie, ici l’agriculture de proximité. D’autres « petits peuples et communautés » revendiquent ce même droit à l’autodétermination, SOUVERAINETE ALIMENTAIRE la bien nommée.
bonne route

#2 Marie-Ève on 04.08.09 à 13:14

« Il est intéressant de constater qu’une agriculture plus durable peut s’intégrer dans un pays anciennement axé sur la monoculture de façon intensive, principalement la canne à sucre. »… C’est assez décourageant de voir que d’un autre côté, les monocultures deviennent la norme partout sur la planète. Peut-être que quelqu’un se réveillera avant qu’il ne soit trop tard? Ou quand chaque pays aura à vivre en autarcie?

#3 Duccio et Greta on 25.11.09 à 14:37

Bonjour,
Sur la premiere foto c’est des briques en terre crue?
On cherche plus d’information sur cette technique de construction a Cuba; en avez vous??
Greta et Duccio

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