Lorsque l’on pense au continent le plus pauvre du monde, un des premier stéréotype qui peut nous venir en tête est le manque de sensibilisation face aux problèmes qui l’entoure. Au Mali, les rues sont sales et les déchets extrêmement nombreux, les gens sont pauvres et peu éduqués, les voitures polluent et les légumes ne sont pas accessible à tous. Tous ces problèmes, et tellement d’autre tout aussi important, semblent insurmontables s’ils ne prennent pas conscience rapidement des problèmes qui les entourent. Quelle ne fut pas ma surprise de voir à Bamako, ainsi que dans la plupart des villes croisées lors de notre voyage à Kolondjeba, la multitude de programmes de sensibilisation auxquelles sont exposés les Maliens : Utilisation des sacs en plastique, des préservatifs, regroupement pour l’alphabétisation, pour le droit des femmes, contre l’excision, etc. La liste est extrêmement longue. Il suffit de croiser un nouveau village pour voir les nombreuses affiches indiquant les différentes campagnes de sensibilisation ayant lieu. Pour plus d’informations sur le sujet, vous pouvez consulter l’article de Marie-Pier parut il y a un peu moins de 2 semaines.
Notre travail à la radio Kayira est de sensibiliser à notre tour des Maliens et Maliennes face à l’enjeu de la saine alimentation et aux bienfaits de l’agriculture urbaine. De Montréal, tout ceci semblait facile et évident, même si en bout de ligne la tâche est difficile chez nous. Depuis notre arrivée cependant, notre vision a changé. Oui, il est possible de faire venir les gens sur le toit pour une activité quelconque, mais comment s’assurer qu’après notre départ, ceux-ci continueront à venir et s’approprieront le projet. Il faut un projet qui sans notre présence, puisse être repris par d’autres. Mais la principale question demeure; comment sensibiliser les gens pour qu’ils s’approprient le jardin? L’intérêt envers le Tobabou(l’homme blanc) ne fonctionne que lorsque celui-ci est présent. Les gens de la radio sont intéressés par le projet, mais jusqu’à un certain point. Ils sont content d’avoir le jardin sur le toit, mais la seule personne de la radio s’occupant du jardin, lorsque nous n’y sommes pas, est payé pour le faire et a un ami de la radio pour l’aider. Pourtant tout y est; la verdure, l’aspect alimentaire, la dimension santé publique, l’espace social et l’aspect économique.
Je suis d’avis (et je ne parle qu’en mon nom) qu’il serait nécessaire de convaincre l’un des deux groupes suivant pour la poursuite du projet : Les gens de la radio (animateurs, techniciens et autres) et/ou les femmes du quartier autour de la radio. Pourquoi ces deux groupes en particuliers. D’une part, Alternatives a conclu une entente de trois ans avec le Ministère des relations internationales du Québec qui va permettre au projet de continuer pour les 3 prochaines années. Ce qui veut dire, que l’expansion du nombre de participants au jardin devrait aller en augmentant. D’autre part, puisque l’intérêt est plus ou moins grand pour le jardin en ce moment, je suggère de viser des groupes susceptibles d’être plus facilement interpelés par le projet. Les personnes vivant ou travaillant à la radio ont un accès direct et naturel au jardin ce qui en feraient de bons candidats. Les femmes, principales responsables de la cuisine, habitant dans le quartier pourraient aussi y trouver leur compte si elles avaient accès à un peu de nourriture en échange et/ou la possibilité de se faire un peu d’argent en vendant des repas pour les habitants du coin. Bref, les avenues sont nombreuses.
Pourtant, le problème demeure. Nous sommes étranger. Nous ne parlons pas Bambara (principale langue parlée par la population de Bamako) et n’avons qu’une connaissance limité de leurs besoins. De plus, nous ne sommes ici que pour 2 mois ce qui me semble insuffisant pour cerner ce qui leur manque véritablement. La radio nous dit que les gens veulent de la salade, mais lors de notre arrivée, près d’une centaine de salades n’ont pas été récolté et ne sont maintenant plus bonnes à consommer. Cette article ne se veut pas une réponse aux problèmes de la sensibilisation dans notre projet mais tente de vous permettre de comprendre le questionnement auquel nous essayons de trouver une solution. Pour l’instant notre priorité demeure de rendre le jardin plus efficace et d’agrandir la surface de culture. Les solutions seront probablement nombreuses, mais pour l’instant la réflexion demeure complexe.

1 commentaire pour le moment ↓
Débutez-vous du compost avec les salades non récoltés?
Soyez courageux, rejoindre les femmes c’est plus difficile encore que le reste de la population.
La mi stage c un peu une crise, une prise de conscience de votre petit impact malgré que vous soyez armés de votre bonne volonté!
Bonne chance!
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