6h30. Le réveil. Nous nous rendons a la FRUTCAS dans un matin glacial. Dans quelques heures, le soleil qui se pointe derrière les montagnes réchauffera Uyuni, et fera fondre la glace qui s´est formée sur les trottoirs dès la tombée du jour.
7h30. Deux autobus attendent. Après trente minutes, les autobus remplis de boliviens et de 9 canadiens, nous quittons la ville. Nous roulons sur une route droite et cahoteuse pendant deux heures. Un mince trait de poussière dans un décor ocre, beige, vert et bleu, où pointent à l´horizon des dizaines de sommets enneigés.
9h50. San Cristóbal. Déjà plusieurs bus s´alignent sur la rue principale de la communauté minière. Trois drapeaux flottent au vent pour accueillir le président. Celui de la Bolivie, celui de San Cristóbal et étonnament, celui du Japon. Rapidement, la surprise s´atténue. J´apprends que la mine de San Cristobál est possédée par des entrepreneurs japonais. Lorsqu`on a découvert le potentiel minier du site, un problème de taille s´est posé. Le village de San Cristóbal y était établi. La solution ? Réétablir quelques kilomètres plus loins les centaines d`âmes du village en leur offrant de reconstruire les maisons et les installations communautaires. Il suffit de pénétrer dans la magnifique Église de style colonial qui retrace les étapes de sa reconstruction et de son transport vers le nouveau site du village. Aujourd´hui, la Sumitomo Corporation exploite sur ce site des gisements de plomb, de zync et d´argent dans l`une des mines à ciel ouvert les plus importantes de Bolivie.
10h45. Un soleil de plomb plonge sur la foule s´est rassemblée autour d´une scène où un groupe de musique joue quelques pièces andines. Les tambours s´élèvent au loin. Une fanfare joue des airs militaires. Il y a de l´électricité dans l´air. Des Wiphalas (drapeaux quadrillés des peuples autochtones des Andes), des drapeaux de la Bolivie et certains d´autres organisations s´élèvent. Des pétales blanches volent. Les gens se pressent. Evo Morales monte sur la scène, acclamé par la population locale et les autres qui ont roulés pendant plusieurs heures pour le voir. Les discours se succèdent : le représentant de la ville, le représentant japonais, et le président. Je remarque tous ces gens autours de moi. À droite, un groupe de travailleurs coiffés de casques bleus, derrière, une organisation autochtone, à gauche, quelques jeunes familles. Plusieurs braquent leur cellulaire pour prendre une photo, ou enregistrer quelques bribes de son discours qui traite de l´importance de l´énergie renouvelable dans les exploitations minières. Et je me questionne devant ce président symbolique qui a été porté au pouvoir par la force et les luttes sociales des plus défavorisés. Aux côtés de ces propriétaires japonais, son discours a-t-il encore toute sa force ?

Evo Morales (casque bleu) aux côtés de l´ambassadeur japonais et de propriétaires de la mine de San Cristóbal.

Plusieurs Wiphalas se sont élevées pour saluer Evo Morales lors de son arrivée sur la scène.

1 commentaire pour le moment ↓
bueno , mi opinion politica no esta a favor de evo morales , pero tal vez la importancia democratica de la eleccion del primer Presidente indigena en Sudamerica le rinde meritos a su figura , la poblacion como muestran en las fotos tiene un cariño especial a la figura de l presidente morales, pero siempre hay que recordar esa viejo adagio español que dice
con un politico jamas debes estar conforme , jamas debes confiar y jamas pensar que es el unico
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