La presse occidentale construit une image péjorative du monde Arabe. De ces représentations, un stéréotype a émergé. Les préjudices contre l’islam sont imputables à la dialectique de l’altérité. Ce filtre a permis d’articuler le rapport à l’Autre. Les constructions sociales de l’Islam aliènent l’occident des praxis musulmanes. Parmi les associations inconscientes, l’une des plus fréquentes, s’avère être l’agencement sine qui non avec le terrorisme. S’assoupir dans la condescendance de l’ignorance éveille l’idée d’un dangereux nationalisme négatif. Cependant, les distinctions avec l’Autre, minutieusement vivifiées, s’estompent lorsque nous comparons des pommes avec des pommes.
Grâce à une rencontre riche en information, j’ai constaté des ressemblances flagrantes entre le catholicisme, le néo-libéralisme et l’Islam. Nous verrons que le néo-libéralisme émane d’une mutation du Catholicisme. Donc deux termes quasiment interchangeable. C’est un type au nom de Mohad qui m’a fait découvrir le voile dont porte l’occident. Mohad, R’batii (qui vie à Rabat, Maroc) est un ami sincère et un musulman pratiquant. C’est lui qui m’a éclairé sur les principes directeurs de l’Islam, du coup me confrontant à mon ignorance. Il est surprenant de constater comment les règles prescrites et transmises d’une part par le Christ et d’autre part par Mohamed convergent à quelques exceptions près.
Nés d’une mère catholique et d’un père protestant, mes parents m’ont souscrit à aucune foi religieuse. Ce choix ne révélait pas de leur décision arbitraire. Toutefois, le catholicisme m’a été enseigné puisque j’étais enrolé dans un système scolaire professant cette foi. De plus, j’évolue dans un environnement déterminé par le néo-libéralisme. Le bagage culturel acquis concerté aux nouvelles révélations sur l’Islam ont dissolu la face opaque de l’Autre.
Ramener le débat d’altérité au déterminisme religieux permet de distinguer les ironies internes dont souffre la conception de soi de l’occident. Ce terrain instable et sujet de controverse récurent est le talon d’Achille de l’identité occidentale. À l’instar du discours populaire, l’occident partage des affinités avec le monde Arable.
Dans un premier temps, j’exposerai la nature religieuse du néo-libéralisme. Ainsi, on pourra concerter de façon intelligible le rapport avec l’Islam. Le concept de destin permettra d’approfondir la réciprocité entre les deux idéologies. Les corrélations sont sans aucun doute prématurées et dérisoires. C’est avec adresse qu’elles doivent être appréhendées. Nonobstant, ne refouler pas les constatations.
Si la sécularisation de l’occident est un thème récurrent, c’est qu’antérieurement la religion était axiologique à la société occidentale. Les racines des idéologies contemporaines proviennent, entre autres, de la trilogie judéo, grecque et catholique. Les cadres religieux ne sont pas caducs dans une société dit laïque. Les débats communautaires et nationaux de l’occident mobilisent toujours la religion afin de justifier une action ou de légitimer la crédibilité d’acteurs sociaux et politiques?. La course présidentielle américaine peut témoigner de cela. Malgré la persistance de la foi traditionnelle, une autre religion évolue sur son flanc, le néolibéralisme.
Aujourd’hui, tant les mouvements sociaux alternatifs que les économistes éminents reconnaissent la place capitale de l’argent. Le déterminisme économique est axiologique au néolibéralisme. La genèse du dernier résulterait d’un divorce entre les maximes transcendantes religieuses et de leurs applications respectives. L’ontologie des échanges économiques et de l’accumulation de richesse émane, selon Max Weber, de la religion. L’éthique protestante et l’esprit capitaliste résume l’évolution des pratiques religieuses vers un utilitarisme économique. En 1845, Cobden relatait la vérité éternelle dans sa vision et universelle dans ses applications de l’économie. C’est l’avatar de la post-modernisation. C’est les pierres angulaires de l’idéologie dominante, nul ne peut y échapper. Le monde est soumis au joug du néo-libéralisme.
L’ascension sacrée des échanges économiques, articulée par les néo-libéralistes, fait des premiers les soubassements de la société occidentale. Une forme transcendante émerge, concomitante à une conscience de soi et pour soi du néo-libéralisme. Sa forme est indéterminée mais s’actualise par les échanges économiques. L’Esprit, selon Hegel, illustre bien la contraction religieuse de l’économie
La prépondérance du déterminisme économique articulée en tandem avec l’avènement de la mondialisation a facilité la sanctification des praxis du néo-libéralisme. Ce système s’est doté d’instrument hégémonique pour mater les insoumis au cadre économique. C’est une soumission inconsciente. Cette révolution s’est effectuée au détriment du code d’éthique religieuse. À vrai dire, c’est un transfert de l’éthique vers un autre signifiant. Jadis, les échanges économiques et l’accumulation de richesse étaient considérés comme une activité inculte. Toutefois, l’équation qui stipule que la croissance économique éradiquera la pauvreté fait preuve d’une foi morale intransigeante.
Je me suis élongé pour démonter que la théorie économique avait des caractéristiques religieuses. D’abord, elle est tributaire d’une mutation de la religion. Puis, l’économiste a sanctifié l’économie en l’utilisant à des fins éthiques et morales. Ensuite, c’est une force transcendante qui régule la société. En reprenant la fameuse formule de Churchill, c’est le pire système outre les autres. Le progrès économique est inévitable. Il va de soi. Sécularisée des pouvoirs traditionnels le néolibéralisme est devenue automate. Comme nous le verrons ci-dessous, c’est la romanisation de l’absence de choix. En d’autres termes, le destin.
Maintenant en quoi est-ce que l’Islam est différent de l’Occident? Je désir affirmé qu’il n’y a aucune différence. À près tout, elles sont toutes les deux des religions. Dans les praxis, les différences sont multiples. Toutefois, trois aspects permettre d’endiguer l’apparente différence, Alla, le destin et l’inévitable.
Alla dit : Mon esclave, tu veux, je veux. Si tu fais ce que je veux, tu auras tout ce que tu veux. Dans le cas contraire, tu vas « galèrer » pour avoir ce que tu veux et ce sera ce que je veux. Cette traduction approximative mais aucunement dénuée de son sens m’est parvenue grâce à Mohad. La volonté d’Alla occulte l’autonomie individuel tout comme nous sommes les esclaves des mécanismes économiques. Les prolétaires et de même les capitalistes, enfin l’humanité est résolue à se prosterner devant un système engendrant sa propre synergie.
L’utopie imaginée par George Orwell dans son livre intitulé 1984 ne relève plus du fantastique mais s’est actualisée aujourd’hui. Les technologies, la science et le néolibéralisme représentent respectivement le temple, le démagogue et la philosophie lorsque l’on observe la face religieuse de l’Occident. Par exemple, l’ouvrier est pétrifié à l’état passif, rétrogradé au même statut qu’une machine.
La loterie est strictement interdite pour tout musulman. La chance révèle du socle de la loterie, c’est un concept intrinsèque. La chance ne fait pas longs échos dans la foi musulmane puisque l’Homme ne peut déjouer le parcours qui lui est destiné. Un schéma de vie prédéterminé, inconnu à l’Homme, gouverne ses actions. L’homme ne peut déroger à ce parcours qui lui est inhérent. C’est inévitable.
De toute évidence, l’occident ne déploie pas les mêmes préjudices à l’égard de la loterie. Elle est normalisée et institutionnalisée. C’est un outil de charité pour combler les interstices du filet social laissées par l’imputabilité du néo-libéralisme. À cet effet, l’indulgence religieuse est encore mobilisée. Revenons à nos moutons.
En adhérant inconsciemment ou non à la foi néo-libérale, ces personnes délaissent de leur liberté de choix au profit d’équations mathématiques formulées par des gestionnaires avides de profits. La vie de tous et chacun insérée dans les cadres économiques est réduite aux probabilités du risque. Du fait de l’impératif économique, nous sommes sujets des courants d’échanges économiques sans avoir un mot à dire. Dans plusieurs circonstances, une mutation ou un licenciement est l’oeuvre de forces du marché. Le choix ne nous appartient plus. C’est inévitable.
Je désir avertir tous ceux qui désir s’évanouir dans la rhétorique traditionnelle de l’Autre d’être vigilent. L’intention de l’illustration macabre du néo-libéralisme n’était pas de jugé les praxis de l’Islam mais plutôt d’identifier les paradoxes de notre altérité. Je crois que les musulmans jouissent d’une liberté inlassable puisqu’ils participent au bien être collectif.
Le droit aux libertés fondamentales garanties par les institutions démocratiques est un subterfuge du néolibéralisme. Un discours populaire utilisant la liberté comme outils pour promouvoir le néo-libérale s’avère être un moyen de mobilisation subreptice. C’est un discours illusoire valorisant la réussite individuelle au détriment du bien être collective. Nous ne somme pas libre temps et aussi longtemps que nous ne somme pas tous libres.
Une contemplation ignorante de l’Autre et une conception de soi hermétique est dangereuse. Tous les ingrédients d’un nationalisme pervers sont alignés : l’appropriation d’une vérité religieuse, la peur de l’Autre et l’aliénation culturelle. Ce phénomène est réel dans la mesure où ses conséquences peuvent être tangible Ce cocktail Molotov pourrait être générateur de disséminations ethniques comme il s’est déjà produit dans l’histoire. À minuit moins un, il sera trop tard, la prophétie de l’inévitable se réalisera.
Frères, sœurs, Homme de la terre, l’heure a sonné. Cessons de s’éventrer. En participant au bien être collectif, les différences s’estomperont. Puisqu’un monde mettant à l’avant scène la liberté sera inévitablement plus juste.

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