C’est durant notre séjour à Koutiala que nous avons rencontré deux groupes de femmes qui ramassent des déchets pour en tirer des profits. Cette rencontre s’est faite dans le cadre de la visite de plusieurs clubs « amis des radios Kayira ».
Nous avons été éblouis lorsque nous avons vu ce que les femmes pouvaient faire avec des sachets qu’elles ramassent dans la rue ainsi que dans les dépotoirs. Elles font des chapeaux, des sacs ainsi que des boules de décorations et bien d’autres choses. Cette initiative d’assainissement de leur ville, que l’on disait être la plus sale, avait été recommandée par le député Oumar Mariko. Le directeur de radio Kayira avait trouvé lors de sa visite à Koutiala que la ville était submergée par les caoutchoucs. Dès lors, les femmes du club Kayira ont commencé à ramasser ces caoutchoucs pour ensuite les brûler. C’est par la suite qu’une organisation suisse est venue leur proposer de faires de ces déchets quelque chose de plus utile. À partir de ce moment, cet organisme suisse a pris en charge de former 5 femmes, qui à leur tour ont pris soin de former les autres.
Lors de la deuxième visite, nous avons rencontré les habitants de Lafiala dans une ambiance de festivité exclusivement pour nous. Nous avons admiré la détermination de tout un quartier à se consacrer à la production du savon traditionnel. Ce quartier est situé devant une ancienne usine de coton qui rejetait ses déchets dans la rivière séparant l’usine du quartier. Un jour, par hasard, arriva une dame dans ce village qui expliqua que les villageois étaient en train de gaspiller une grande richesse. En effet, ces déchets, aussi toxiques qu’ils puissent être, mélangés avec de la potasse, produisent du savon à divers usages comme le lavage de vêtements, des ustensiles et même du corps.
Aujourd’hui, la production du savon n’est plus aussi rentable qu’elle l’était à ses débuts. En effet, leur première source d’approvisionnement est maintenant fermée. Dorénavant, les habitants doivent se déplacer sur une longue distance afin de trouver les déchets des autres usines de coton. De plus, ces déchets ne sont plus gratuits. En effet, les propriétaires des usines ont su que les paysans se faisaient de l’argent avec les déchets. Depuis, les usines conservent leurs déchets pour que les producteurs de savon viennent les acheter.
Malheureusement, les deux associations font face à des problèmes semblables, liés aux matériaux. Il ne faut pas oublier que la vie des ces individus est perpétuellement menacée par la toxicité des déchets, surtout celle des producteurs du savon. De plus, les soins médicaux sont entièrement déboursés par le patient. Heureusement, les deux groupes affirment qu’aucun individu n’a contracté des maladies liées à ces travaux. Le réseau Kayira se porte toujours garant en ce qui concerne les matériaux, notamment les gants et les masques, les crochets et bien d’autres choses encore.

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