Un jeu de poursuites

Auteur: Julie Tremblay

Il est 4 heure du matin, quelques milliers de familles se réveillent, les yeux qui picottent, la respiration lente, les poumons en feu et le coeur qui débat. On sort dans les rues, on court dans les bidonsvilles dans un sens puis dans l’autre sans avoir aucune idée de la situation. La plupart se dirige même en direction du drame; l’usine de pesticides The Union Carbide Factory, ou simplement appelée maintenant The Factory par les habitants. Nous sommes à Bhopal, en Inde, où le plus gros désastre industriel de l’histoire du pays vient d’avoir lieu. Nous sommes le 3 décembre 1984 et 40 tonnes d’isocyanate de méthylemethyl (MIC) viennent d’exploser dans l’atmosphère de la ville dû à un manque de sécurité, de supervision, de leadership.

The Factory a Bhopal

La panique s’installe vite dans la ville et les secours tarderont à remplir leur fonctions faute d.être au courant de la situation. Quand on pense aux ouvriers, partis à la course, qui ont attendus des heures avant de prévenir les autorités ont s’étonne peu du fait que l’usine, une filiale indienne d’un des premiers groupes chimiques des États-Unis ait toujours eu un problème de maintenance et de sécurtité.

Le gaz toxique, répandu sur au moins 25 kilomètres carrés, s’attaquera d’abord aux yeux pour enfin se diriger vers les poumons et le foie. Au moins 5000 personnes perdront la vie au cours des prochains jours et 20,000 autres aux cours des prochaines années. Une catastrophe industrielle. Une catastrophe en plein centre de l’Inde.

Aujourd’hui, il fallait le prévoir, 23 ans plus tard, les générations souffrent de difformités, de problèmes respiratoires, cardiaques et cérébrales. Encore à se jour, l’usine, les ÉU et le gouvernement indien se renvoient la responsabilité dans une poursuite industrielle sans fin. On a payé des redevances aux victimes et aux orphelins mais depuis 13 ans, on accuse le gouvernement de devenir peu à peu insensible à leurs besoins, autant médicals qu’économiques. Des centaines d’enfants aux diverses difformités sont ignorés par le système médical. Parce qu’il est essentiel de prendre en compte que les plus atteints reste les habitants des bidonsvilles, situés juste en face de la Factory. Environ 25,000 habitants y habitent et continuent d’être en contact avec l’eau du sol, contaminée.

Depuis les années 80, entre 400 et 800 tonnes métric de liquides toxiques, toujours sur le site, se dirigent lentement dans les sols, dans la terre, vers les puits d’eau. En 2004, le gouvernement intente une demande de nettoyage du site aux responsables, encore difficile à cibler. Un problème d’environnement persiste; Comment nettoyer un aussi vaste dégât toxique dans un pays où la technologie n’est pas assez avancée dans le domaine? On propose d’aller ensevelir les déchêts dans un autre État mais ça ne ferait que remplacer le problème ailleurs. On propose donc d’acheminer les déchets aux ÉU qui pourront, avec leurs technologies plus avancées, s’en défaire. Mais on se demande tout simplement pourquoi, au lieu de débattre continuellement sur le sujet, pourquoi le gouvernement indien ne peut tout simplement pas investir dans la méthode avancée, le plus rapidement possible, quelle qu’elle soit, parce que les habitants, eux, sont toujours en contact cette eau contaminée.
Que déchets toxiques reposent en paix pour 2008, un espoir parmi tant d’autres…

Pour plus de détails : International Campaign for Justice in Bhopal

4 commentaires ↓

#1 Xavier 'nabab' Leroux on 18.01.08 à 5:04

Salut Julie,

Bon résumé de la situation d’un désastre industriel qui continue de menacer les populations. Même si la situation de l’Inde n’est pas facile, on a peut voir que avec le jugement français du le désastre du navire pétrolier l’Erica, avec la compagnie Total, on va de plus en plus vers la constitution d’un droit qui va sanctionner les désastres moralement, mais aussi de manière financière assez sérieuse pour que les comapagnies entrepennent au moins de considérer les coûts de maintenance de leurs bateaux, usines, etc…Le cas de l’Union Carbide est un cas unique, car de grande ampleur géograpique et temporelle, c’est un désastre au continu. Très content de te lire, et de voir ton implication dans le rappel de la situation à Bhopal. Bien le bonjour. Ici une petite peinture de Rabidranath Tagore, le prix Nobel de littérature indiene 1913, qui donnait aussi dans l’art. À lire. La maison et le monde, Le jardinier de fleurs, Odes lyriques, et bien d’autres

Xavier. Salaam.

#2 juliet on 18.01.08 à 5:43

Namaste Xav!
J’ai oublié de mentionner :
Dernièrement, j’ai lu que le gouvernement Indien était même prêt à ravoir Dow (qui ont racheté Union Carbide en 1999) sur ces terres. On voit clair et on accuse le gouvernement de complètement laissé tomber Bhopal. En plus, l’usine ne fesait qu’accumuler les déficiences dans le système de sécurité lors des inspections.
Voir l’article en question: http://news.scotsman.com/ViewArticle.aspx?articleid=3539771
Comme mes lectures restent centrées sur l’Inde, je prend en note avec joie tes suggestions littéraires. Merci!

#3 Xavier 'nabab' Leroux on 18.01.08 à 13:04

Salut Juliet,

je me suis trompé sur deux titres, ça fait trop longtemps que je ne les ai pas lus quoi: Le jardinier d’amour et l’Offrande lyrique, suivi de La corbeile de fruits.
La nuit bengali de Mircea Eliade est aussi un must.
Xav

#4 Gagner de l'argent on 07.08.12 à 18:15

Article de qualité ! Merci 🙂

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