Le CCC: certificat de compétences camerounaises

Auteur: Sophie Bonnet

Voilà déjà presque trois semaines que nous sommes arrivés au Cameroun. Entre le travail, les barbecues et les petites soirées au «Container», le bar du quartier, le train-train quotidien s’installe subtilement… Aussi subtilement que nous adoptons, peu à peu, le rythme (lire : retards constants) et les habitudes du Cameroun.

Car quiconque séjourne ici doit acquérir certaines compétences et savoirs-faire pour se faire une place et survivre au chaos ambiant…

Compétences obligatoires pour l’obtention du Certificat de compétences camerounaises

Compétence #1 : Savoir prendre le taxi. « Rond-Point express, 100 francs, 2 places! ». Ici, il faut crier au chauffeur depuis le bord de la route sa destination et le prix qu’on est prêt à payer. Pour l’obtention du certificat, le candidat doit être en mesure de se faire laisser au bon endroit sans payer le triple du prix.

Compétence #2 : Repousser de façon ferme mais courtoise les demandes en mariage quotidiennes. L’attrait des peaux pâles est indubitable. La preuve : le commerce de coiffure d’en face s’appelle «Blanche-Beauté». Notre groupe, majoritairement féminin (on t’aime, Alex!), suscite l’émoi chez les Camerounais de tous âges, si bien que nous collectionnons les numéros de téléphone. Pour l’obtention du certificat, le candidat (ou plutôt la candidate), doit retourner dans son pays d’origine sans alliance au doigt.

Compétence #3 : Laver efficacement corps et cheveux sans eau courante. Bon, cette compétence s’applique particulièrement à ceux qui habitent Mendong, en l’occurence Gabrielle et moi-même. Dans notre quartier, les coupures d’eau sont fréquentes et chaque filet d’eau qui s’échappe du robinet suscite un bonheur immense. Pour l’obtention du certificat, le candidat doit pouvoir se trouver dans la même pièce que plusieurs personnes sans engendrer de pincements de nez.

Compétence #4 : Intégrer la banane plantain à sa diète. Lot du quotidien, le plantain occupe une place de choix dans l’alimentation des Camerounais. Pilée, bouillie, tapée ou frite, en croustilles, en beignets ou avec le poulet DG, cette musacée (merci Wikipédia!) est omniprésente. Pour l’obtention du certificat, le candidat doit nommer au moins trois façons d’apprêter la banane plantain.

Évidemment, l’obtention du certificat de compétences camerounaises (CCC) ne s’obtient pas en seulement deux semaines. Afin d’être réellement intégrer à la culture, il faut encore apprendre à cuisiner le Ndolé, à prendre plaisir à manger du poisson plein d’arêtes, à survivre en moins de deux semaines à une crise de paludisme et à considérer une température de 15 degrés comme un froid «terrible».

Bref, on a encore des croûtes à manger.

Auteur : Marie-Élaine Boily

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