À toi, Montréal

Auteur: Yacouba Sogoba

Ce jour 21 juin 2011, premier jour d’été,  j’atterris  aéroport  Pierre Eliott  TRUDEAUÀ l’’accueil, un beau soleil, Mélanie
Et  sur la route pour la ville
De nombreuses belles  voitures

Les voitures symboles de réussite personnelle :
Grosses  voitures américaines, belles japonaises, élégantes européennes.
Sur les plaques d’’immatriculation la mention,
« Québec, je me souviens ».
À moi de demander alors
… Mais, Mélanie, que s’est –il passé de si important ici pour qu’on s’en souvienne toujours ?
… C’est la devise du Québec rappelant ses origines.
Ah,  Montréal

Depuis mon Mali lointain dans le sahel d’’Afrique
Après  la Méditerranée et l’’Atlantique
Te voilà enfin.
Ville  très propre et belle, pas de poussière, air  pur
Partout des parcs, piscines, terrains de sport
Les belles avenues et rues verdoyantes
S’étendant  directions  Nord-Sud ou Est-Ouest.

Montréal,
C’est l’’été la ville parée aux couleurs  des festivals  est dans la ferveur.
À l’’affiche la fête  du Québec, la fête du Canada.
Et durant l’’été le festival international du jazz, le festival international des nuits d’’Afrique, le festival international du blues.

Oui, un festival des nuits d’’Afrique à Montréal !

Espace des musiques, des danses,  de la culture africaines.
Pendant deux semaines Montréal vibre aux rythmes de l’’Afrique et de sa diaspora
Cet été, 25ème anniversaire du festival, une trentaine d’’artistes.
Sont particulièrement attendusMeiwey et le Zogang de Côte d’Ivoire créateur du Zoblazo,

Véritable bête de scène qui fait danser le continent depuis les années 1990
Les Soukous Stars du  Congo avec Lokassa,  monument de la guitare
Dont les rythmes éveillent de bons souvenirs  aux générations des années 1985.
Le groupe Kassav’, inventeur du zouk et du coller serrer, mélange de salsa et de blues
Spécialement attendue, Oumou Sangaré la Diva du Mali.
Lorsqu’elle apparût, l’’assistance ne put se retenir de hurler.
Grande et  belle, superbement habillée
Foulard à la tête, camisole,  jupe longue retombant jusqu’aux pieds,
C’est la culture malienne qui se matérialise.
Et que dire de cette voix envoutante et enivrante
Cette voix du sahel qui vous déchire la peau, traverse la chair et les os,
Et pénètre  jusqu’à  la moelle !

Les maliens, comprenant tout, étaient  en délire.
Alors  libre vent à l’’incontournable cousinage à  plaisanterie.
Ah oui, toi un  COULIBALY ? Fais attention si non je te catapulte sur le podium tout de suite!
S’écria un, pointant du doigt un voisin qui riposta aussitôt
Toi TOURE, espèce d’ivrogne, quand pourras tu changer ?
Un peu plus loin d’autres fausses altercations
… Mais que vient faire un sénoufo perdu ici, qui encore pour cultiver dans les champs au pays ?
… Depuis quand avez-vous vu un Gàna américain ?
Ou encore entre les you you et cris de joie, Ba Ladji den i sangare (Sangaré, fille de Ba Ladji)
… ETC.

Au nombre des chansons dont elle gratifia les montréalais
Wayeïna , chanson du nord Mali, qu’elle chante partout en hommage au regretté Ali Farka Touré
Diarabi, hymne à l’amour, tirée de son premier  album
Welewele ,  en honneur aux femmes à qui elle demande de dire non au mariage forcé et au mariage précoce
Seya, belle et élégante jeune fille,  qui se plait et se déambule partout,  symbolisant la joie de vivre.

Ah Montréal …

Comment mieux accueillir une communauté étrangère,
Et lui témoigner respect et reconnaissance ?
Lui dédier un temps consacré à sa culture afin qu’elle s’en souvienne.
Montréal…, je m’en souviendrais !
Vive Montréal pour que vive le festival des nuits d‘’Afrique.

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