Pouvoir d’achat

Auteur: Josiane Blanc

Hier après-midi j’ai fait l’épicerie avec mon frère adoptif et sa femme. Ne lisant pas très bien les étiquettes présentes sur les différentes tablettes du super-marché, je me suis retrouvé à payer 5,00$ US pour une boîte de Q-tips et une barre de chocolat. J’aurais pu décider de laisser mes emplettes mais la vérité c’est que le prix m’a choqué parce que  je suis en Équateur, un  pays où le salaire minimum mensuel est de 250$ après impôt. Plus je parcourais les hallés et plus je me disais qu’une mère monoparentale ayant un enfant telle que l’aînée de la famille avec laquelle je réside doit difficilement joindre les deux bouts. La pâte dentifrice 2,50$…le sac de sucre 1,65$,…1lbs de bœuf hâché 3,50$…

J’ai eu un certain malaise en sortant de l’épicerie voyant que je venais de dépenser 5$ pour des futilités alors que tous les achats de ce dernier venait de coûter moins de 40$. Sur le chemin du retour nous nous sommes arrêtés  pour mettre de l’essence. 1,38$ le litre. En arrivant chez moi nous discutions et j’ai bien sentis que mon frère était intrigué par les prix canadiens après avoir remarqué ma surprise un peu plus tôt lors de nos achats. Il m’a demandé quel était mon salaire. Je lui ai repondu que le salaire minimum au Québec était de 9,50$ de l’heure. Je ne sais pas s’il avait déjà fait le calcul auparavant mais en le faisant en ma présence nous avons tous deux réalisés que s’est 40 heures de travail hebdomadaire lui donnait environ 1,65$ lorsque nous calculions son honoraire.

L’Équateur est le seul pays d’Amérique du Sud à utiliser le dollar américain, adopté au cours de l’année 2000, soit il y a à peine plus d’une dizaine d’année. Même si cette mesure a été mise sur pieds afin de stabiliser l’économie du pays, plusieurs semblent douter du bien fait de ce changement, moi y compris. Si 25 000 sucres, soit l’équivalent de 1US$, permettait jadis d’acheter une blouse ou un pantalon, ce n’est guère le cas aujourd’hui. L’objectif d’équilibre économique a été atteint mais le revenu des salariés n’a guère suivit la hausse des prix du marché. À qui la faute?

Pour dire vrai, j’ai horreur de parler d’argent parce que je n’ai alors d’autre choix que de me rendre à l’évidence que  le pouvoir d’achat  d’un  être humain, que ce soit ici ou ailleurs dans le monde, est ce qui, malheureusement, vient à le définir.  « Dis moi ce que tu peux acheter, je te dirai qui tu es ».

1 commentaire pour le moment ↓

#1 Anouk M.Renaud on 15.06.11 à 18:50

Merci Josiane. Et s’il y a une chose que l’on a a apprendre d’elles et eux, c’est bien sur nos habitudes de consommation. Si la vie peut nous paraître peu chère ici, pour notre salaire, c’est bien pourtant une des fois où j’ai le moins envie de consommer, dépenser, acheter. La sollicitation à la consommation est tellement omniprésente dans notre culture que de se retrouver ici, où la publicité trouve une place mais en laisse pour autre chose, me permet de prendre conscience, encore davantage, de ces  »besoins » que nous revendiquons quotidiennement en Amérique du Nord.

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