
Être CanadienNE en Équateur, c’est venir du nord, une partie du monde qui prend des positions controversées qui ont des répercussions sur la qualité de vie de millions d’êtres humains. Pour les Équatoriens informés de la situation des zones sauvages du pays, être Canadien c’est avant tout avoir la même nationalité que ces compagnies minières qui viennent creuser le sol afin de s’emparer des ressources en or et en cuivre. L’exploitation minière fait disparaître des montagnes et des paysages entiers de la région amazonienne, alors qu’elle abrite une biodiversité des plus importantes pour l’équilibre écologique de la planète. De plus, ces zones éloignées sont d’abord et avant tout les terres de communautés autochtones qui n’ont jamais épousé le mode de vie occidental. Lors d’une entrevue avec Gloria Chicaiza de l’organisme Acción Ecológica, nous avons pu en apprendre beaucoup plus sur l’industrie extractive équatorienne.
Nous avons d’abord apprit que l’Équateur a traditionnellement été un pays de résistance face à l’industrie minière. Cependant, le gouvernement de Rafael Correa a adopté en 2009 une nouvelle loi sur les mines. En effet, si l’exploitation minière était auparavant limitée et que sa production se faisait à petite échelle, la nouvelle législation autorise maintenant l’opération de mines à ciel ouvert, sans doute la méthode la plus destructrice jamais mit à point pour l’extraction de minerais. Cette nouvelle loi octroie de nombreux privilèges aux grandes entreprises minières transnationales, comme celles provenant du Canada, et néglige les populations autochtones. L’exploitation à grande échelle qui avait donc été évitée jusqu’ici s’apprête à commencer dans le sud-est du pays. Sur quatre des mégas-projets « étoiles » dont le gouvernement fait la promotion, trois sont canadiens et exploités par les compagnies Kinross, IamGold et AMC.
L’article 16 de la nouvelle loi sur les mines prévoit une étape de planification dans le but de garantir le respect de l’environnement ainsi que des populations autochtones. Hors, comme le soulève Mme Chicaiza, les gisements importants d’or, d’argent et de cuivre se trouvent paradoxalement dans des zones qui détiennent la plus importante biodiversité de la planète ainsi que le plus grand nombre de peuples autochtones. La petite histoire de Texaco en Équateur explique toute la réticence que la population peut avoir face à l’industrie minière. En effet, durant les 30 ans d’exploitation de l’entreprise pétrolière, des communautés autochtones comme celle des Sansahuari se sont carrément éteintes. Face à cette situation, Mme Chicaiza a beaucoup de mal à croire que l’exploitation de mines à ciel ouvert se fera de façon responsable comme on le promet. Elle critique le fait qu’à l’heure des changements climatiques, les compagnies étrangères viennent détruire la biodiversité à des seules fins capitalistes, en menaçant du même coup l’existence des rares populations qui ont réussi jusqu’à ce jour à vivre en harmonie avec la nature.

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