Lors d’une escapade à Machala afin de recueillir en son et en image l’expérience de l’Asociacion cristiana de jóvenes (ACJ) de cette region, nous avons pu découvrir une réalité importante du sud-ouest de l’Équateur. La province de El Oro représente effectivement 85% de l’exportation de bananes du pays qui en est lui-même le #1 mondial. Sur la route, nous avons donc croisé les grandes propriétés de Chiquita, Del Monte et autre Dole de ce monde. À Machala, la limite est floue entre la trame urbaine et les bananeraies. Celles-ci s’étendent à perte de vue sur des centaines de kilomètres. Lors d’une visite informelle d’une de ces plantations, nous avons pu observer la pauvreté dans laquelle vivent les travailleurs et leurs familles. Sur son chemin, le directeur nous décrivait les méthodes de production tout en surveillant le travail fait sur les arbres par les employés. Au passage, il en a sèchement réprimandé quelques-uns tout en continuant nonchalamment la visite. Bien que nous savons tous et toutes que les conditions de travail dans ce type de culture sont mauvaises, s’immiscer dans l’univers de la banane demeure choquant.

Ici, ils sont neuf employés à assurer la production des quelques 33 hectares. La formation de syndicats est interdite pour les travailleurs à contrats et ceux-ci peuvent gagner aussi peu que 6$ quotidiennement[1]. Et c’est sans compter la chaleur suffocante qu’ils doivent supporter puis l’épandage aérien de produits chimiques dont est ponctué leur réalité.

Vu son importance dans le domaine de l’exportation, le port de Machala est l’un des plus important en Équateur. Ironiquement, il s’appelle Puerto Bolivar en l’honneur du grand libérateur Simón Bolivar, alors que ce type d’activité économique axée sur l’exportation et sur la monoculture soumet la terre et le peuple aux rouages de l’économie néolibérale tout en mettant en péril la souveraineté alimentaire.
Finalement, si la province de El Oro est aussi productrice de café, le restaurant de l’hôtel nous a gracieusement servi du café instantané en provenance de… Colombie. Trouver du café équatorien a été un véritable défi et s’est avéré être hors de prix. Ainsi va la mondialisation.
[1] http://www.goecuador.com/magazine/eco-action/banana-ecuador.html

1 commentaire pour le moment ↓
Merci Annie pour la réflexion dans laquelle je te reconnais bien.
Le café équatorien est sur le même principe que les bleuets au Saguenay. Dans les épiceries, du moins quand j’y vivais, ils venaient des États-Unis en saison bleuétière… pour s’en procurer il fallait les cueillir ou les acheter sur la rue.
J’ai vraiment hâte de pouvoir parler avec toi de ce que tu as vu et vécu là-bas.
BeeZoo XXX
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