
Il y a environ un mois, nous étions tous coincés entre deux sièges à demander poliment de la nourriture d’avion, curieux de savoir ce que nous réservait cet inconnu montagneux, émerveillés par le décor majestueux aux travers des hublots. Notre atterrissage s’est fait sur les pistes de la belle Santa Cruz. Après un séjour exotique dans cette ville riche en mélange, nous avons eu notre premier contact avec Sucre, « la volcanique ». On ne dira jamais assez l’intensité de nos premières 24 heures dans cette ville. Nous avons ensuite pris la route d’Uyuni.
Uyuni est aujourd’hui notre humble demeure, avec ses routes poussiéreuses, ses chiens enragés et ses nombreux terrains de sports déserts. Rien de plus reposant que l’horizon au bout de la ville! Les vagues surfaces pleines de sables, d’amas de sels et de…déchets.
En fait, Uyuni connait aussi les revers de l’industrialisation. Les bouteilles de plastiques, les cd-rom qu’aucun vautour ou animal sauvage ne saurait consommer et qui hantent le paysage tels des fantômes modernes. A part ca, la ville affiche une propreté exemplaire. Les gens sont généralement polis, et je crois sincèrement que l’enfant qui a lancé, aujourd’hui, en me voyant « Hay un negrito! » ne connaissait aucune autre façon de le dire. Bien sur, j’ai trouvé ca drôle!
A force de nous voir, certains comprennent que nous ne sommes pas des touristes comme les autres. A force de toujours prendre les mêmes coins de rues, on finit par croire connaitre la ville.
De toutes les façons, ici tout est si différent! Les chiens se déplacent en meutes et se nourrissent dans des poubelles au lieu de dormir confortablement devant la télé. Les émissions télévisuelles sont loin d’être résumées, généralement avec un montage minime, le comble du live! On en rit ou on en pleurt du haut de notre altitude citadine, mais on admire quand même la simplicité de cette culture. Ce monde où les hommes se réunissent dans des « Cumbrés » pour débattre des maux de la société. Des rassemblements qui n’en finissent pas tant tout le monde a droit à la parole. « La palabra! Hermanos! »
La palabra, on aimerait aussi l’avoir chez nous. On aimerait avoir autant d’oreilles attentives que nos « companeros » d’Uyuni. Ici, les gens ne sont pas riches mais on ne voit pas de clochards, pas de mendiants.
Demain, on prend le bus, direction la Paz. J’ai le pressentiment que cette ville porte mal son nom. Le temps nous le dira! En attendant, je pourrais écrire 4000 mots de plus, dans ce coin du monde où nombreuses sont les occasions de prendre du recul.


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