Deux semaines bientôt que nous découvrons pas à pas la ville d’Uyuni. Les murs fragiles des maisons et des cours, le sol ensablé, le ciel bleu vif, le soleil brillant qui s’amuse avec le jeu des ombres. Nous prenons nos marques et nous lançons dans notre projet. Les allers-retours à la radio, les rencontres avec l’équipe et les hauts responsables de la ville. À travers ses nouveaux horizons, les souvenirs de notre voyage jusqu’à Uyuni se frayent un chemin et, de temps en temps, se rappellent à notre mémoire, déjà remplie d’images.

Ces images vagabondes des routes, des bus, des manifestations. Observer, ressentir la Bolivie qui nous entoure.
Je partage un souvenir des petites rues blanches de Sucre. Des rues colorées par les vêtements tissés des campesinas. Près du marché aux fleurs à côté du cimetière de la ville, les couleurs dansent sur leurs épaules. Que peuvent signifier ces formes géométriques, ses dessins d’animaux extraordinaires ?
En allant visiter le mirador de la ville, nous passons devant le Musée d’Art indigène. Le lendemain, nous rentrons dans la cour ombragée à la découverte de l’art du tissage. Une exploration minutieuse des tissus, des teintures, de leurs différentes significations. Plusieurs communautés entourent la ville de Sucre dont les Tarabucos et les Jalq’as. Les femmes tissent le Aqsu, un vêtement qu’elles enveloppent amplement sur leur corps et qui scelle leur appartenance. Les dessins sur les textiles diffèrent grandement selon les deux communautés.

- Textile Tarabuco
Les dessins Tarabuco sont segmentés en bandes, jouant avec la symétrie et créant ainsi une impression d’ordre. C’est la nature qui est représentée, la société humaine. Le monde visible est offert à nos yeux curieux. Les tisserandes Tarabuco créent un univers lumineux fait d’un dégradé de couleurs vives sur un fond de coton blanc.
Nous poursuivons la visite du musée où nous nous abreuvons des mots quechua, tentant de percer leurs secrets.

Une représentation du sagra Textile Jalq´a
Les textiles Jalq’a font référence au monde sacré des profondeurs et des lumières diffuses. Les fils des tisserandes se parent alors de rouge et de noir. Leur univers chaotique est peuplé de khurus – d’animaux imaginaires. Oiseaux à quatre pattes, mammifères ailés se dévoilent sur le tissu. Leur maître est une divinité du monde andin : le sagra. Le sagra appartient selon les croyances à l’espace du dedans. Cet espace est appelée ukhu pacha – monde intérieur. Les êtres le peuplant sont souvent confondus avec le diable chrétien. Le sagra également nommé supay appartient à la tradition orale : on entend ses bruits, on imagine ses danses. Il n’existe pas d’images tangibles sauf dans les mines où il est représenté comme tio – oncle. Mais les tisserandes ont donné une forme visible à l’imaginaire, mettant en images un temps mythique.
Le travail des tisserandes s’accompagne de rituels. À la recherche d’inspiration, elles vont prier par exemple les vierges de pierre. Ce sont des pierres auxquelles les communautés confèrent un pouvoir.

Elizabeth, tisserande Tarabuco au Musée d´Art Indigène de Sucre.
Le temps a filé, le coucher de soleil inonde les rues devenues orangées de Sucre. Une après-midi pour s’ouvrir aux traditions… trois mois seront nécessaires pour qu’une femme tisse son appartenance, tisse son aqsu.

1 commentaire pour le moment ↓
halo annie !!!!
bravo pour tout ce que vous faites … j’imagines que le dépaysement est ben ben gros !
j’adore … mais je sais que j’en vois juste un p’tit boutte !!!
j’espère que vous avez passé du bon temps à la plage … ça doit faire du bien un break !!!!
je t’aimes gros xxxxxx
‘tention à tes intestins !!!!
je t’aime xxxx
Faire un commentaire