Les graines ont germé, il faut maintenant les planter

Auteur: Katrine Soleil Roy

Toit de l'école

Samedi 26 juin 2010

Hier on a rencontré un promoteur (directeur d’écoles privées) qui est tout à fait emballé par l’idée d’avoir un jardin sur le toit de son école, dans le quartier Doumanzana, tout prêt de la radio. Il avait déjà visité celui de la radio et avait été enchanté par l’idée d’être sur un toit de bâtiment, de manger un plat préparé avec les légumes qui ont poussé dans les bacs qui l’entourent.

Lorsqu’on est montés sur le toit, un immense toit, on s’est mis à calculer le nombre de pneus nécessaire pour remplir l’espace.

 «Cent quatre-vingts pneus ».

« Hou là ! »

 Il fallait bien qu’il soit conscient de l’ampleur de la chose ! Cent quatre-vingts pneus, à monter sur le toit d’un troisième étage, ensuite il faut aussi la terre, le fumier, le sable…  Il était toujours souriant! On aurait dit qu’il voyait déjà son jardin sur ce toit… Comme il a aussi d’autres écoles, un jardin d’enfants entre autres, avec une cour intérieure, nous n’avions pas à nous limiter au toit.

 « Je fais la culture d’arachides dans la cour intérieure du jardin d’enfants durant les vacances (de juillet à octobre), on récolte avant la rentrée et alors le sol est prêt pour y jardiner. Et dans mon autre école, en périphérie, j’ai des pintades. Le revenu qu’elles m’apportent me sert à payer le gardien. »

 cour du jardin d'enfant

En lui demandant ce qui l’anime dans ce projet de jardin, il nous dit :

 « L’amélioration de la qualité de l’air, l’environnement, l’éducation, la souveraineté alimentaire… »

 Du haut du toit, il nous a pointé un immeuble tout prêt :

 « Là, j’ai treize enfants à mon école, et là, cinq. Celui à côté avec le toit marron, j’en ai trois. En introduisant le jardin au cursus scolaire, j’espère en voir apparaître sur ces toits, je pourrai les voir d’ici. »

 Voilà.

 Avant la démocratie, chaque école au Mali avait sont jardin, en campagne comme à la ville. Depuis 1991, ca n’est plus le cas. L’idée d’un jardin à l’école n’est pas nouvelle pour ce promoteur d’école.

 Au moment où on quittait le jardin sur le toit de la radio, le matin,  pour se rendre à cette école,  un éducateur est passé sur le toit pour nous demander si on pouvait l’assister dans la construction d’un jardin à son établissement scolaire. Nous avons eu un échange rapide, puisque nous étions déjà attendus ; il devrait revenir sur le toit de la radio au courant de la semaine.

 Le travail des deux dernières années avec la radio Kayira et les stagiaires a porté fruit ?

Les graines ont germé, il faut maintenant les planter.

Enfants de l'école durant leur fête de fin d'année

2 commentaires ↓

#1 Melita on 29.06.10 à 6:43

Alternative et la radio Kayira doivent être fiers de leurs efforts. Comme tu le dis Katrine, ça a porté fruit!
Je suis fière de toi de t’être impliquée dans ce projet.
C’est très bien ce que tu as écris! Très interessant à lire!
Je t’embrasse xxxxx Maman

#2 Nola on 30.06.10 à 6:56

Allo Katrine, Bravo à toi et ton groupe, et toi tu écris bien, fais attention au soleil. Gros becs, tante Nola

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