En tant qu’occidental fraichement débarqué en Afrique (je me considère encore comme une recrue même après 1 mois !), j’ai eu plus d’une fois la chance de confronter mes réalités à celles du Cameroun. Que se soit la nourriture, les transports, le rythme de vie ou simplement la communication quotidienne, chaque journée a amené son lot d’observations qui m’ont donné les outils nécessaires pour m’adapter à mon nouvel environnement de vie. Toutefois, il est intéressant de noter que parmi ces observations, il y en a qui attirent plus l’attention et qui dirigent certaines recherches. Je m’explique !
Durant la première semaine de notre stage, nous avons eu l’occasion de nous déplacer au Palais des Sports afin d’écouter une conférence sur l’environnement organisé par des étudiants universitaires. À notre arrivée, j’ai tout de suite remarqué 2 faits qui, à mes yeux, étaient étranges. Premièrement, devant l’entrée de l’édifice, il est possible d’observer un immense drapeau chinois flottant à proximité d’un drapeau camerounais de moindre envergure. « Bizarre! » me dis-je, pourquoi uniquement un drapeau chinois lorsqu’il y a assez de poteaux pour mettre ceux de nombreuses nations? Deuxièmement, à l’intérieur du Palais des Sports, tous les écriteaux sur les murs sont, en plus d’être en français et anglais, de langue chinoise. Étonnant ! Je ne savais pas que le mandarin était devenu la 3e langue officielle du Cameroun !
Naïvement, à la fin de la soirée, j’ai fait part de mon observation en m’exclamant :
« Ah ben, c’est spécial ce gros drapeau chinois et ces écriteaux à l’intérieur du bâtiment… il y a une raison pour ça ? »
« Bien sur ! Ce sont les chinois qui ont construit le Palais des Sports il y a seulement quelques années. Ils sont très présent au Cameroun !» me répondit-on !
En réalité, avant mon départ, j’avais déjà entendu parler d’une présence chinoise en Afrique, mais je n’avais pas vraiment lu sur le sujet. La seule chose que je savais c’est que cette présence était basée sur des intérêts économiques ressemblant à ceux des pays européens.
C’est donc suite à cette soirée que j’ai décidé de lire sur ce fait et d’en faire le sujet de ce billet. Attention! Je ne tenterai pas de faire une analyse poussée de la situation puisque je ne suis ni économiste, ni expert en géopolitique, mais j’aimerais vous livrer certains faits qui sont revenus constamment dans les lectures que j’ai faites et qui, je crois, vous intéresseront.
La Chine a manifesté un intérêt pour l’Afrique dès les années 50. Cet intérêt n’était alors que strictement idéologique et politique puisque si nous nous remettons dans le contexte de l’époque, les leaders des états communistes et capitalistes avaient comme objectif d’essayer de placer le maximum de pions d’influence sur l’échiquier mondial afin de faire balancer l’ordre du monde en leur faveur. L’Afrique ne pouvait être laissé en marge de cette stratégie. Toutefois, lors de la mort de Mao Zedong, la Chine est devenu plutôt discrète et n’est restée que dans quelques pays africain. Le Cameroun est un de ces pays.
Il faut se rapporter a la fin des années 90 pour observer un changement important dans les actions de la Chine. En effet, la discrétion observée a fait place a un réel intérêt économique qui s’est soldée par une augmentation fulgurante des échanges économiques avec l’Afrique (cela coïncide naturellement avec l’avènement de la Chine comme Superpuissance mondiale). Comme il est possible de le lire dans l’article de François Lafargue¹, la Chine est passé d’un commerce de 5,7 milliards de dollars (en 1997) a plus de 106,8 milliards de dollars (en 2008) avec le continent africain. Nous parlons ici d’une augmentation de 1873% en une seule décennie.
Cette importante augmentation doit néanmoins être tempérée lorsque nous mettons ces chiffres en comparaison avec ceux des pays de l’Union européenne et des États-Unis. Leurs échanges avec le continent africain restent de loin supérieur… Malgré cela, notons que l’arrivée si rapide de la Chine dans l’équation commerciale africaine laisse sous entendre un futur mouvementé avec ses compétiteurs occidentaux et locaux.
Mais que cherche cet important pays asiatique sur le continent africain? Comment ces échanges notables s’observe-t-il sur le terrain et comment cela influence-t-il la population locale?
Je vous invite a lire la suite de ce billet la semaine prochaine…
¹LAFARGUE, Francois, La Chine en Afrique: une réalité à nuancer, août 2009, http://www.diploweb.com/La-Chine-en-Afrique-une-realite-a.html

2 commentaires ↓
Une petite piste où tu pourrais aisément trouver la réponse: http://www.africaontv.com/Members/rebecca/news/cameroun-petrole-10-des-reserves-mondiales-a-bakassi/
»la région d’une superficie de 1000km2 environ, située dans le Golfe de Guinée « contient 10% des réserves mondiales de pétrole et de gaz et est une bonne zone pour la pêche »
Il faut faire le lien entre ceci et l’industrialisation de la Chine qui se produit en ce moment.
La relation sino-afrique ou Sino-camerounaise marque la fin de la suprématie européenne sur le sol africain et permettra de faire jouer la concurrence pour l’achat des matières premières achetées à l’époque à moindre coût par l’Europe.
Il faut de la concurrence pour faire soit baisser les prix, soit établir des meilleurs prix.
Il y a des raisons économiques dans la présence chinoise en Afrique. Celà est loin d’être étonnant car nous sommes en plein capitalisme et les pays africains devraient juste être vigilants afin d’éviter les dérives et les conséquences dommageables pour leur pays respectif tout en tirant un maximum d’intérêts économiques, diplomatiques et économiques de cette nouvelle relation sino-africaine..
Il n’y a donc rien d’étonnant.. c’est la mondialisation ou le capitalisme mondialisé..
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