
Rouge: la couleur de la terre, la couleur des rues. C’est la teinte que prend mon linge après une journée de travail, comme la teinte que prend ma peau après une journée de plaisir, à 47 degrés celcius. C’est aussi, la merveilleuse sauce aux tomates de notre mère d’accueil, madame Tchienda, et sa sauce pimentée qui crée une forte dépendance – je m’en suis donné un gros mal de tête, mais je ne pouvais plus m’arrêter!
Jaune: J’ai compris, samedi passé, il était où le zénith. Ici, partout! Le soleil, à tout moment, continuellement au-dessus de nos têtes, puissant, frappant, chaud… présent. Évidemment, il en découle la teinte jaune sur mes vêtements blancs, irréversible. Puis les fruits: les ananas immenses, les mangues juteuses, les papayes parfumées et les pommes d’une riche rareté, les bananes. Certains ont déjà craqués, de mon côté je tiens bon. Des bananes plantains frites, bouillies, mûres, non mûres, sucrées, salées, tout ce que tu veux mon ami, j’en mange et remange sans me lasser. Bienvenue en Afrique! Et sans oublier les taxis, essentiel moyen de transport, autant agréable qu’épeurant.
Bleu: le ciel? pas tant – le ciel est jaune ou gris-. L’eau? pas vraiment. L’eau s’absente quand elle le veut. Le bleu, c’est les enfants qui l’honorent. Les écoliers anglophones qui, dans tout le pays, arborent l’uniforme. Des belles bulles de bonheur bleues qui jouent et courent partout.
Blanc: Je pourrais dire la couleur du magnoc, la couleur de mon moustiquaire qui me côtoie toutes les nuits et qui me réveille en me tombant dessus. Je pourrais dire la couleur du lait en poudre, ou des ordinateurs qu’on transporte, ou feu la couleur de mes vêtements. Mais ce n’est pas ça, je mentirais. Le blanc, c’est moi, c’est nous les stagiaires, c’est nous les six occidentaux qui « clash » dans cette mer africaine. « hé les blancs » « viens ici ma blanche » « on a jamais vu les blancs ». J’ai appris beaucoup cette semaine. J’ai appris que j’avais une couleur de peau, que je le veuille ou pas. J’ai appris que certaines choses sont là, existent pour une ou plusieurs raisons et qu’on ne peut pas toujours les ignorer. Ça m’a frappé, comme un coup de gong qui te réveille à 7 heures le matin. Bang. Et puis qu’est-ce que je fais avec ça maintenant? Je pense, je discute, je cogite, j’observe, j’émotionne, j’essaye, j’écoute. Et puis… j’apprends! La routine, quoi…

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