MAS verde!

Auteur: Anne-Marie Provost

Quand on sait que la Bolivie est victime de la fonte rapide d’un de ses glaciers géants, on comprend pourquoi ses représentants ont fortement critiqué les résultats du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique.

À qui la faute ? Les hypothèses sont ouvertes, mais les conclusions semblent faciles à tirer. La Bolivie, selon OXFAM, émet aussi peu que 0,35% des gaz à effet de serre dans le monde, la plupart venant, bien sûr, des pays industrialisés…  Ce glacier était un lieu de rassemblement privilégié pour les amateurs de ski, mais représente également 15% de l’eau potable de la capitale de La Paz ainsi qu’un potentiel hydro-électrique important.

C’est donc un argument supplémentaire pour ce pays aux tendances socialistes afin de critiquer le système économique dominant dont les piliers sont les pays industralisés. C’est également la conclusion que semble tirer l’ALBA (alliance bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique), composée de la Bolivie et de 9 autres pays latino-américains, dont le Vénézuela.

Dans une déclaration choc sur le sommet de Copenhague, l’ALBA critique les conclusions du sommet ainsi que le processus de négociation. Tellement qu’au mois de janvier, la Bolivie a fait un appel officiel pour organiser une conférence parallèle sur le réchauffement climatique, la Conférence mondiale des peuples. On peut constater, et c’est très positif, que les forces progressistes de gauche s’organisent de plus en plus en Amérique Latine. En effet, la Bolivie met la faute de l’échec de Copenhague sur les « petit groupe de présidents de gouvernements impérialistes » et veut surfer sur la mobilisation de masse créer autour de l’environnement.

Il était temps que les pays s’affirmant socialiste développe une analyse écologique dans leur discours anti-capitaliste. Toutefois, il semble parfois y avoir de l’hypocrisie. Le Vénézuela, allié de la Bolivie sur la question, a nationalisé son industrie pétrolière et rendu l’essence accessible aux couches plus pauvres de sa population. Et rien, sur place, ne nous évoque une prise de conscience environnementale, que ce soit dans le discours préconisant l’utilisation du métro ou la propreté des plages. Nous serions donc légitime de craindre que le discours environnementaliste ne soit qu’un instrument dans les mains de ses pays pour attaquer le capitalisme occidental, mais qu’au fond ceux-ci ne fasse pas grand chose pour changer l’environnement au sein même de leurs pays…

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