De jeune fille à jeune mère

Auteur: Anne Thibault

3 août 2011 — Amérique du Sud, Droit, Femmes, Féminisme, Yanez Cossio 2011, Équateur

Nous l’avons suivi dans une petite maison faite de planches de bois espacées, d’un plancher de terre et d’un toit en tôle.  Il y avait deux jeunes filles avec leurs maris et cinq enfants.  Nous nous apprêtions à commencer une entrevue avec ces deux jeunes femmes.  Elles tenaient chacune un poupon dans leurs bras.
On demanda à une des sœurs :
- « Quelle est ton opinion sur la grossesse de ta soeur de 15 ans » ?
- « Je trouve ça normal. »Répondit-elle.

Normal ? Qu’est-ce que cela veut bien dire ? Que c’est normal d’avoir un enfant à cet âge ? Que c’est commun ?  Qu’elle ne voit rien qui pourrait poser problème au fait d’avoir un enfant à cet âge ? Que cela est souhaitable ?

Johanna est tombée enceinte à quinze ans.  Aujourd’hui elle a seize ans et son fils a cinq mois.  Elle a huit sœurs, dont plusieurs ont eux des enfants à un très jeune âge.  En discutant plus longuement nous apprenions que la mère de Johanna était partie de Santo-Domingo depuis un an et son père ayant des problèmes de consommation d’alcool, était complètement absent.  Les sœurs s’offrent donc entre elles, le support dont elles sont capables.  Pour Johanna, son enfant est « un cadeau de Dieu » certes, mais dans quelles conditions de vie son petit grandira-t-il? Dans quelles conditions de vie grandira-t-elle, elle aussi, cette jeune fille de 16 ans ?

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À toi, Montréal

Auteur: Yacouba Sogoba

1 août 2011 — Amérique du Nord, Billets d'humeurs, Canada, Culture

Ce jour 21 juin 2011, premier jour d’été,  j’atterris  aéroport  Pierre Eliott  TRUDEAUÀ l’’accueil, un beau soleil, Mélanie
Et  sur la route pour la ville
De nombreuses belles  voitures

Les voitures symboles de réussite personnelle :
Grosses  voitures américaines, belles japonaises, élégantes européennes.
Sur les plaques d’’immatriculation la mention,
« Québec, je me souviens ».
À moi de demander alors
… Mais, Mélanie, que s’est –il passé de si important ici pour qu’on s’en souvienne toujours ?
… C’est la devise du Québec rappelant ses origines.
Ah,  Montréal

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Deuxième bulldogs à gauche

Auteur: Josiane Blanc

28 juillet 2011 — Billets d'humeurs, Yanez Cossio 2011

À Santo-Domingo, lorsque tombe la nuit,  bon nombre de rues se ressemblent.  Mon unique point de repère lorsque j’entre à mon domicile en taxi le soir est une vielle maison  qui semble avoir été dévorée par les flammes et dont la carcasse est demeurée, jusqu’à ce jour, au coin de ma rue. Bien souvent, je la distingue difficilement dans la pénombre faute de lampadaires pour éclairer mon chemin mais j’ai toujours le temps de crier in extremis au chauffeur de tourner à droite alors que finalement je voulais qu’il tourne à gauche.

Il ne m’est guère plus facile d’indiquer le chemin vers la maison de mes camarades mais  je fais quand même de mon mieux : « à côté du pont, derrière le trou ». Si vous ne vous en étiez pas encore doutez, les rues ont des noms ici mais à l’exception des artères principales personne ne les connaît. De l’homme qui conduit l’autobus au chauffeur de taxi qui parcourent jours et nuits les rues de la ville,  nul ne serait en mesure de vous dire où sont situées les rues Padre Maya, Beloleo, Bruselas et j’en passe.

À Santo-Domingo, il est tout à notre avantage de s’orienter avec les chiens errants et de les utiliser comme point de repère plutôt que de chercher en vain les bonnes indications routières. En effet,  il y a davantage de chiens au beau-fixe dans chacune des rues de la ville que de pancartes indiquant leurs noms aux intersections.

Il y a deux jours de cela nous avons mis 1h15 afin de trouver le seul bureau de poste de la cité. Nous avons d’abord tenté de nous fier à une carte qui nous a été remise par l’institut de tourisme à notre arrivée pour finalement réalisé qu’à l’endroit où était indiqué « Correo nacional » sur le schéma il y avait en effet beaucoup de choses, mais certainement pas de bureau de poste. Nous nous sommes ensuite tourné vers la population qui à notre grand regret ne doit ni recevoir ni envoyer des colis de façon régulière. Celui qui disait savoir, ne savait pas; Celui qui ne savait pas prétendait savoir et nous, pendant ce temps, nous faisions l’aller-retour  de droite à gauche depuis une demi-heure sur une rue en suivant les indications contradictoires des passants. Tout cela pour finalement apprendre que le fameux bureau de poste a déménagé mais que personne n’a jugé bon de réactualiser les cartes de la ville ou dans informer la population.

C’est dans un bureau discrètement dissimulé  au côté d’une chaîne de télévision et avec une feuille 8 ½ x 11 blanche accolée dans la vitrine comme toute enseigne, que nous avons finalement trouvé Charlie* à peine un quart d’heure avant la fermeture des portes. Bonne nouvelle. La mauvaise? Les microphones que l’on  était allé chercher en provenance de Montréal  et que l’on attend depuis trois semaines ne sont toujours pas arrivés. J’aime bien me dire que tout cela fait partie du charme de cette ville au même titre que les coqs qui, à 5 heures du matin, ne cessent jamais de chanter ou encore les conducteurs qui nous insultent lorsque l’on traverse la rue alors que le feu de circulation donne priorité aux piétons.

* Charlie est le personnage principal de la bande dessinée « Où est Charlie » dans laquelle les lecteurs doivent s’amuser à retrouver Charlie dans parmi les milliers de personnages présents sur l’image.

L’Empire

Auteur: Isis Brisebois

26 juillet 2011 — Billets d'humeurs

Ici, il m’est impossible d’étancher ma soif. J’ai l’impression de marcher dans un désert où les sources d’approvisionnement sont homogènes et insatisfaisantes.
Un emblème mondial, une compagnie qui laisse sa marque. Partout on affiche : Disfruta Coca Cola.
Leur drapeau rouge et blanc de conquistador me laisse en bouche un goût amer, partout où je vais. Dans cette ville, démunie de système de filtration des eaux, Coca Cola semble être l’alternative.
Pourtant, on se rappelle que c’est cette même compagnie, qui en Inde, assèche des puits, qui épuise des cours d’eau partout en Amérique du Sud et qui opère un quasi-monopole de la canne à sucre partout dans le monde pour satisfaire sa production…
Une production qui demande toujours plus pour nourrir le géant Coca Cola et qui laisse des milliers de ventres vides.
Pourtant, c’est aussi cette même multinationale qui a assassinée en Colombie, le pays voisin de l’Équateur, des travailleurs qui voulaient et veulent encore se syndicaliser.
Pour les pro-syndicats, c’est la guerre de David contre Goliath. C’est des allures de croisade que prend l’expansion de Coca Cola.
Et on se rend, on baisse les armes, on ferme les yeux devant cet envahisseur.
Et que son règne soit fait, sur la terre comme au ciel.
Son monopole provoque un désastre alimentaire, où l’on dirait que les pays du sud en sont les principales victimes. ..
L’étendard de Coca Cola veille. Dessèche les puits et assoiffe les principes d’équité sociale.
Et…
Nous sommes tous complices de sa perfide ascension, qui réside sous d’autres identités comme Minute Maid, Nestlé ou Fanta.

Imaginez en images

Auteur: Félix Lamarche

26 juillet 2011 — Billets d'humeurs, Communication, Féminisme, Yanez Cossio 2011, Équateur

Question de langage, elles n’ont pu se comprendre vraiment, et la conversation s’est arrêtée là sans pouvoir aller plus loin. C’est qu’elles ne s’entendaient pas sur un mot, un seul. Pas à cause de la langue, mais à cause du langage, à cause de la définition de ce mot.

Féminisme.

Je vois comment il faut être prudent avec les mots. Les mots disent parfois plus que ce que l’on croit. Avec le temps, depuis leur naissance, ils se complexifient. Parfois, ils signifient peut-être trop, quand un mot en vaut mille pour l’expliquer, pour le comprendre. Imaginez une image…

Anouk et Pauline en tournage

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Un Jardin Sur le Toit de Radio Kayira

Auteur: Yacouba Sogoba

25 juillet 2011 — Afrique, Agriculture, Mali

Projet d’innovation et d’anticipation, le jardin sur le toit de radio Kayira à Bamako est à la fois un projet de développement visant à favoriser les initiatives collectives et individuelles de la société civile autour des diverses problématiques touchant l’agriculture urbaine et périurbaine au Mali.

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One Dish

Auteur: Amda holness

21 juillet 2011 — Billets d'humeurs, Culture, Sénégal

It’s so interesting that the reason we came here was for FOOD security and FOOD sovereignty. We are also pushing the education of Rights to FOOD. All of the topics based on FOOD, yet it seems to me they know more about food here than we do individually. Food isn’t only a way to live, but it’s a way of life.

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De la passion et de la mort

Auteur: Étienne Langlois

20 juillet 2011 — Billets d'humeurs, Yanez Cossio 2011, Équateur

Le temps file. Les évènements s’empilent. Le blogue suivant fut rédigé en partie il y a trois semaines, et terminé hier soir.

Samedi matin, Puerto Limòn, arrondissement Centro Poblado, petite communauté de deux mille sept cent âmes, à vingt minutes de Santo Domingo. Les yeux encore alourdis de la nuit dernière, nous revenons lentement à nos corps, entassés à l’intérieur du taxi qui roule deux fois trop vite pour la petitesse de la route et la précarité des courbes. Une vingtaine de jeunes nous attendent dans une petite classe pour leur premier atelier de communication. Beaucoup moins de temps avec eux, nous ferons, espérons-le, de courtes histoires en trois plans de caméra sur leur réalité, leur village, leur vie.

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In Defense of Food

Auteur: kim mcdowell

18 juillet 2011 — Agriculture, Culture, Santé, Sénégal

So if food is in need of defense and security, from whom or what do they need defending, is the question that I ponder strongly? I myself have a vague idea from who it would need defending, but according to the book “In Defense of Food”, by Micheal Pollan, brings up the idea that, with the influence of “Scientific Nutritionism”, we have shift our eating lifestyle from not just eating food, but to eating valuable nutrients. With that I feel we are becoming more dependent on the advice of nutritionist, and as a result delivering a “Narrow concept of physical health”(Pollan, M). He continues to say that food appears to be now a matter of “Biology” eating scientifically by the nutrient and the number under guidance of “experts”. To me food is equivalent to eating: for pleasure, with family, as a community, including expressing our cultural identity. Eating to me has been about culture, bodily health, but with nutritionism on the rise has changed our eating and I believe has elevated sickness (diabetes, obesity etc.) in the lives of eaters. Many people have access to food but with the advice of nutritionist, in my opinion may not necessarily or exactly have access to Food, nonetheless the idea that nutrients is more important than food itself. But with our minds conditioned to think nutrients instead of food; could this be a lack of food security or a sense of insecurity? So what is food security? Is it eating the right amounts of cholesterol, eating saturated fats, eating high or low amounts of calories or, is it having the accessibility to eat whatever we want whenever we want without scientific nutritional values hanging over our heads which “secure” our eating. Is it “secure” to say, eat only saturated fats, lower your cholesterol in order to eat healthy. Or is it secure to say, that it has become a sense of agribusiness to make processed foods that contain the suggested amount of nutrients to maintain “good health”. Why does it matter the amount of nutrients consumed in a single meal and why not focus on just eating natural grown foods that are God’s gift to mankind. While the majority of Americans scramble to eat carbohydrates or foods full in protein, the majority of Africans scramble to eat food period.

Runnin’ in Dakar

Auteur: Asma Babar

11 juillet 2011 — Billets d'humeurs

Since my first walk through Dakar (y’know the most exhilarating one where most of the group, I included, spent their time taking pictures of the pebbles on the road and related superfluous stuff). I’ve noticed the outrageous amount of exercise around me: women, men and children of all ages smilin’ and sweatin’ (and NOT because of the heat).
People are running barefoot on the streets while others are wearing name-brand running shoes. A man walking along a main road will simply drop to the ground to do 20 push ups and keep walking. The national sport is la lutte senegalaise and I recently watched a pay per view fight while drinking some super strong tea with my neighbours. The match is between Papa Sow and Ness (two of the most monstrous wrestlers I’ve ever seen):

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There’s a variety of other activities too: some youth choose to jump rope on the beach (be jealous) while a group of children amuse themselves running with rolling tires on the dirt…
Strong young women are shooting hoops in a full-sized b-ball court outside of the youth center I’m typing in while a group of young ones scoring goals in a makeshift sandy football field across the street. I can hear a group of Senegalese teenagers dressed in white tae kwan do uniforms screaming ‘yaaah’ at the top of their lungs while swinging punches and spin kicks in their martial arts classes. And the beach… omg… anyway… I can’t stop thinking’ and talkin’ about how fit these folk really are.
So how does exercise fit into the daily Senegalese routine? A majority of people exercise in the morning (6-9 a.m.) or the evening (5-8 p.m.) … before and after work or school because of the extreme heat at the peak of the day – it is a desert climate after all. I’m trying to run nowadays along the highway with a couple of running buddies that I’ve made in preparation for the Oasis Marathon in September. Yet, most of the people I informally interviewed don’t have many concrete training goals apart from staying ‘en forme’ and feelin’ good with their friends.